Abécédaire · Le #PIC en propre

Le #PIC en propre

Le pari de l’intelligence collective Le mot « pari » n’est pas décoratif. Le #PIC ne prétend pas qu’il soit évident que le peuple décide mieux que les experts : il fait le pari, argumenté et assumé, que la sagesse est mieux répartie dans le peuple entier que concentrée dans une élite.

2 démonstrations l’étayent. Le théorème de Condorcet (1785) : si chacun a un peu plus d’une chance sur deux de voir juste, la probabilité que la majorité ait raison tend vers la certitude à mesure que le groupe grandit.

Le théorème de Hong et Page (2004) : un groupe divers de personnes ordinaires peut surpasser un groupe d’experts semblables, parce que la variété des angles couvre les angles morts. Ce résultat, tiré d’un modèle mathématique dont la portée est contestée (Abigail Thompson, 2014), n’est pas une preuve : c’est une raison de parier.

Mais rien n’est automatique : sans diversité, indépendance des jugements, décentralisation et bonne agrégation des avis (Surowiecki), la foule sage devient une foule moutonnière.

D’où l’édifice entier du #PIC : le tirage au sort produit la diversité, la délibération encadrée et la questiologie réunissent les conditions, le référendum confie la décision au grand nombre, le Conseil des Sept vaut mieux qu’un chef unique.

Parier, enfin, c’est accepter de devoir prouver par les résultats.

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L’involution et la méta-candidature Se présenter à une élection n’oblige pas à vouloir gouverner à la place des autres. La méta-candidature est une candidature dont le seul programme est de changer les règles du pouvoir : on entre dans l’élection pour rendre la décision au peuple, et c’est lui qui tranche.

L’involution est ce mouvement contraire à la pente naturelle du pouvoir, qui cherche d’ordinaire à durer et à s’étendre.

À la différence de la révolution, chaotique, incertaine et souvent confisquée, l’involution utilise les outils du système — ses élections, ses formes juridiques — pour le transformer de l’intérieur : un judo institutionnel plutôt qu’un assaut contre un mur.

Elle s’inscrit dans la lignée des grands effacements, de Cincinnatus retournant à sa charrue au pouvoir constituant qui se retire une fois son œuvre accomplie, et elle déjoue le piège du libérateur devenu tyran par des verrous posés d’avance : engagement devant notaire, mandat à fin programmée.

Son critère de réussite est unique en politique : sa propre disparition. Le #PIC aura gagné le jour où le peuple se gouvernera lui-même sans plus penser à ceux qui le lui ont permis.

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Le processus involutionnaire L’involution au sens du #PIC : entrer dans l’élection pour rendre au peuple, sans violence et par référendum, le pouvoir qu’elle lui confisque.

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La guérilla démocratique L’art légaliste et non violent de la petite force contre la grande : ses sources, ses outils, ses limites, ses garde-fous.

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L’Année Zéro L’expression inquiète, et c’est légitime : elle évoque l’« Année zéro » des Khmers rouges, en 1975, qui prétendait purifier un peuple en l’amputant de sa mémoire.

Le #PIC la reprend pour dire l’exact contraire. Son Année Zéro ne détruit rien de la civilisation : elle refonde pacifiquement les institutions politiques, en chérissant l’héritage. Elle désigne la séquence où le peuple, par référendum, se ressaisit du pouvoir constituant qui sommeille en lui (Sieyès) et se donne la Constitution qu’il a choisie.

Machiavel l’avait vu : les républiques doivent périodiquement renaître en revenant à leurs principes ; on refonde pour retrouver, non pour renier.

Surtout, ce recommencement est entouré de toutes les garanties : processus légal et pacifique, patrimoine préservé, limites inscrites d’emblée, et un organe de transition — le Conseil de l’Année Zéro — dont le nom même porte la date de péremption. Un premier jour qui naît avec ses propres bornes.

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La Charte de Cincinnatus Toute démocratie affronte un dilemme : face à l’urgence, il lui faut des pouvoirs exceptionnels pour ne pas périr ; mais ces pouvoirs, mal encadrés, sont ceux qui la tuent. Le XXe siècle en a fait l’expérience, avec l’état d’exception devenu permanent.

La Charte de Cincinnatus est la réponse du #PIC. Elle tient son nom du Romain qui, appelé à la dictature pour sauver la cité, l’exerça 16 jours avant de retourner à sa charrue.

Ce qui relevait chez lui de la vertu d’un homme devient ici une garantie de structure : des pouvoirs de crise réels, mais bornés dans leur objet et dans leur durée, soumis à un contrôle continu, avec un retour automatique du pouvoir au peuple une fois la tempête passée.

La Constitution d’urgence en fixe les règles (Titre II, articles 10 à 12). La crise cesse ainsi d’être le cheval de Troie de la tyrannie : la démocratie peut être forte sans se renier.

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L’architecture fractale L’objection est aussi vieille que la démocratie : délibérer ensemble, cela marchait à Athènes, pas pour un peuple de dizaines de millions de citoyens ; d’où, dit-on, la nécessité des représentants. L’architecture fractale fait tomber cet obstacle.

Comme une fractale répète la même forme à toutes les échelles, elle répète la même petite unité démocratique, du village au sommet : des cercles de sept, emboîtés, qui font remonter les sujets de bas en haut.

Sept, parce que c’est assez petit pour que chacun parle et soit entendu, et assez grand pour offrir la diversité de vues qu’exige l’intelligence collective.

Cette construction prolonge la subsidiarité ascendante et les conseils emboîtés qu’ont étudiés Hannah Arendt ou Elinor Ostrom ; elle n’a pas de point unique de défaillance, et aucun niveau n’écrase les autres.

Elle culmine dans les cercles de la souveraineté — les Sept, les Soixante-dix-sept, les Sept cent soixante-dix-sept, les Sept mille sept cent soixante-dix-sept —, puis le peuple. Délibérer à échelle humaine, décider à l’échelle d’une nation : ce que l’on disait impossible.

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Les 7 Au centre de notre schéma, il n’y a rien : un cercle vide. Le premier anneau, lui, porte 7 points rouges. Toute la philosophie du #PIC tient dans l’écart qui les sépare : le pouvoir s’exerce, mais personne ne s’assied sur le trône.

Les 7 forment le Conseil des Sept, qui exerce le pouvoir exécutif en collège : « Aucune hiérarchie n’existe entre eux » (Constitution d’urgence, Titre II, article premier). Élus ensemble, sur une même liste, pour un mandat unique de 7 ans, ils décident à 4 voix au moins ; leur présidence tourne chaque année et ne confère aucun pouvoir propre.

Les premiers Sept sont ceux de la méta-candidature : un seul nom sur le bulletin, parce que la loi l’exige, et 6 autres visibles à ses côtés pendant toute la campagne, chacun avec son Égide.

Pourquoi 7 ? Assez peu pour délibérer autour d’une table ; assez nombreux pour que la diversité des vues l’emporte sur l’humeur d’un seul, et pour qu’il faille acheter 7 consciences au lieu d’une.

Ils gouvernent ; ils ne règnent pas. Les Soixante-dix-sept les surveillent, le peuple peut les révoquer, et ce qui compte se décide par référendum.

Un pouvoir qui a 7 visages n’a plus de visage à adorer. Il n’a que des comptes à rendre.

Les cercles de la souveraineté du #PICAu centre, un cercle vide : il n’y a pas de trône. Autour, les 7 du Conseil des Sept, puis les 77 du Collège du Contrôle démocratique, puis l’anneau fin des 777 Formulateurs tirés au sort, puis l’anneau plus fin encore des 7 777 de l’Agora citoyenne tirée au sort, et tout autour le peuple, qui a le dernier mot.
Les cercles de la souveraineté, du centre vers le peuple

  • 7 Le Conseil des Sept, les Sept, élus ensemble, qui gouvernent à égalité
  • 77 Les Soixante-dix-sept, le Collège du Contrôle démocratique, désigné par les citoyens
  • 777 Les Formulateurs, tirés au sort pour une seule votation, gardiens de la question
  • 7 777 L’Agora citoyenne, tirée au sort pour un an, qui fait remonter les sujets
  • ∞ Le peuple, qui a le dernier mot, par référendum

Au centre, un cercle vide : il n’y a pas de trône. Aucun cercle n’est fait de délégués du cercle d’en dessous : ce sont les sujets qui montent, pas les hommes. Le schéma en mouvement, dans Le #PIC en images →

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Les 77 Les Athéniens gravaient sur un tesson le nom de celui qu’ils voulaient éloigner de la cité : c’était l’ostracisme. Le #PIC propose le geste inverse : écrire le nom de celui qu’on juge digne de veiller sur tous.

Les 77 forment le Collège du Contrôle démocratique. Ils ne gouvernent pas : ils surveillent le Conseil des Sept, veillent au respect de la Constitution, garantissent l’éthique du dispositif, et peuvent demander au peuple de révoquer un vice-président.

Ils ne sont ni candidats, ni tirés au sort parmi tous, ni nommés par un pouvoir. Chaque électeur peut désigner une personne qu’il tient pour intègre, sans qu’elle se soit présentée. Les plus désignées forment un vivier de 7 noms par siège, et un tirage au sort correctif arrête la liste, « afin que la réputation seule n’engendre pas un concours de notoriété » (Constitution d’urgence, Titre II, article 6).

Nul ne peut faire campagne pour en être, ni y entrer s’il a gouverné, siégé dans un Parlement national ou européen, ou dirigé un parti dans les 7 années précédentes. Leurs votes sont nominatifs et publiés : qui contrôle doit pouvoir être contrôlé.

Pendant l’Année Zéro, les 77 sont ceux du mouvement, cooptés après que leurs noms ont été rendus publics et soumis à l’avis des citoyens pendant la campagne ; ils cèdent la place au Collège désigné selon la Constitution, au plus tard 24 mois après son entrée en vigueur.

Il faut que le pouvoir arrête le pouvoir, disait Montesquieu. Ici, c’est la confiance des citoyens qui arrête le pouvoir, et le hasard qui arrête la notoriété.

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Les 777 Une question bien posée est à moitié résolue. Une question mal posée l’est tout à fait, et dans le sens de celui qui l’a écrite.

Les 777 sont les Formulateurs : des citoyens tirés au sort pour une seule votation. Ils ne proposent rien et ne décident rien. Ils arrêtent le libellé des questions que le peuple tranchera, vérifient qu’elles sont claires et loyales, entendent des experts tirés au sort sur les listes des deux camps, et rédigent la note citoyenne que chaque électeur reçoit avec le texte soumis au vote.

Un corps neuf est tiré avant chaque votation ; il se défait à la proclamation des résultats, et nul n’y siège pour 2 votations de suite. Ses membres travaillent en formations d’au moins 77, entre lesquelles les questions sont réparties par le sort. Les auditions sont publiques, le vote est secret, les décisions sont motivées et publiées, et tout électeur peut les contester devant la Cour de garantie démocratique.

Rien d’une rêverie : l’Oregon confie depuis 2010 à des panels tirés au sort le soin d’éclairer les électeurs sur les mesures soumises à leur vote ; la Colombie-Britannique en 2004 et l’Irlande de 2016 à 2018 ont fait préparer par des citoyens tirés au sort des réformes ensuite soumises à référendum.

Pour juger qu’une question est claire pour un citoyen ordinaire, nous n’avons trouvé personne de plus qualifié qu’un citoyen ordinaire.

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Les 7 777 Qui choisit les questions qu’on pose à un pays ? Aujourd’hui, quelques-uns décident de ce dont on parlera, et le peuple répond quand on l’interroge. Le pouvoir le plus discret est celui de l’ordre du jour.

L’Agora citoyenne le rend au peuple. 7 777 citoyens tirés au sort pour un an, échantillon représentatif du pays, convoqués tous les 3 mois, y déposent leurs doléances, hiérarchisent les urgences et déclenchent les référendums, en toute matière, sans seuil de signatures.

Ils délibèrent en groupes de 7, formés par le sort, où nul ne connaît l’identité des autres et d’où chacun peut sortir à tout moment. Chaque groupe classe 12 questions au plus ; les classements s’agrègent selon une méthode publique qui donne à chaque groupe le même poids ; et à chaque votation, les 12 premières questions qui ont réuni la majorité vont au peuple, par la main des Formulateurs.

Pourquoi 7 777 ? Parce qu’un échantillon de cette taille reflète le pays à un point près, et qu’il est trop vaste pour qu’un lobby l’approche tout entier. Renouvelée par moitié tous les 6 mois, l’Agora n’a pas le temps de devenir une caste : nul n’y siège 2 fois.

Athènes confiait déjà l’ordre du jour de son assemblée à 500 citoyens tirés au sort. Depuis 2019, la Communauté germanophone de Belgique laisse des citoyens tirés au sort choisir les thèmes que son Parlement doit examiner.

L’Agora ne vote aucune loi. Elle pose les questions ; le peuple répond.

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La sollicitation d’avis Celui qui fait décide, après avoir consulté les compétents et les personnes concernées, puis il en répond. Une méthode interne, jamais un substitut au référendum.

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L’intelligence collective En 1906, à une foire aux bestiaux de Plymouth, Francis Galton recueille près de 800 estimations du poids d’un bœuf.

Aucun visiteur ne tombe juste ; mais la médiane de leurs estimations, que Galton publie l’année suivante dans Nature, s’écarte de moins de 1 % du poids réel : 1 207 livres pour 1 198.

Le phénomène se retrouve bien au-delà des foires, jusque dans les groupes de travail, où une équipe a mesuré un « facteur c » d’intelligence collective (Woolley, Malone et al., 2010), résultat que des réanalyses et des réplications ont depuis discuté (Credé et Howardson, 2017 ; Bates et Gupta, 2017).

Mais il a son revers : les bulles, les paniques, les emballements — la folie des foules. Ce qui sépare les deux, c’est l’indépendance des jugements. Quand chacun juge d’abord par lui-même, les erreurs s’annulent ; quand chacun imite son voisin, elles s’additionnent. Ses défaites instruisent davantage.

En 2012, deux tiers des votants islandais approuvent un projet de constitution citoyenne : le Parlement l’enterre sans vote. Porto Alegre invente en 1989 le budget participatif ; l’alternance de 2004 le laisse dépérir.

La Convention citoyenne pour le climat, promise au « sans filtre », note la réponse du gouvernement 3,3 sur 10.

L’Irlande réussit, en 2015 puis en 2018, parce que la suite était tracée avant la première séance : jamais la délibération n’a cédé, seulement sa sortie. D’où la conviction du #PIC : l’intelligence collective ne se décrète pas, elle s’organise.

Diversité par le tirage au sort, égalité de parole par la délibération encadrée, qualité par la questiologie, lucidité par une information contradictoire et par la protection des esprits contre la manipulation, débouché par le référendum contraignant.

Une multitude devient alors une intelligence, et non une meute.

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La questiologie Et si l’essentiel n’était pas de bien répondre, mais de bien demander ? La questiologie est l’art et la science des questions.

Socrate faisait accoucher les esprits par des questions ; Lévi-Strauss rappelait que le savant n’est pas celui qui fournit les vraies réponses, mais celui qui pose les vraies questions.

En politique, l’enjeu est redoutable, car la manière de poser une question oriente la réponse : Kahneman et Tversky l’ont démontré, une même décision présentée en vies sauvées ou en vies perdues ne recueille pas les mêmes suffrages.

Il y a donc des questions qui enferment — faux dilemmes, présupposés cachés, formulations orientées — et des questions qui ouvrent — neutres, précises, décomposées.

Pour le #PIC, c’est une garantie démocratique à part entière : un référendum dont la question est biaisée n’est qu’un plébiscite déguisé, et une convention à qui l’on pose la mauvaise question délibère dans le vide.

Rendre la parole au peuple ne suffit pas ; il faut que les questions qu’on lui pose soient dignes de son intelligence.

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La désaliénation et l’éveil critique Pourquoi les peuples obéissent-ils, souvent sans qu’on les y force ? Dès le XVIe siècle, La Boétie parle de « servitude volontaire ».

Platon avait décrit la caverne, où l’on prend des ombres pour la réalité ; Kant définit les Lumières comme la sortie de l’homme hors de l’état de minorité, dont il est lui-même responsable.

Le XXe siècle a nommé les nouveaux murs de la caverne : le spectacle (Debord), la violence symbolique qui fait accepter la domination comme naturelle (Bourdieu).

Paulo Freire indique la sortie : la conscientisation, par laquelle on s’émancipe en comprenant sa situation et en agissant sur elle. Notre siècle a mis la caverne dans nos poches.

Dès 1971, Herbert Simon prévenait qu’une richesse d’information crée une pauvreté d’attention : qui veut égarer n’a plus besoin de censurer, il lui suffit de noyer ; c’est toute l’économie de l’attention.

Mais le filtre le plus zélé, plus que la « bulle » algorithmique, loge dans le crâne : Peter Wason l’a montré en 1960, nous cherchons à nous donner raison, jamais tort.

D’où les gestes des vérificateurs : quitter la page pour savoir qui parle, remonter à la source, ralentir. Une mise en garde, pourtant : l’éveil critique n’est pas le soupçon généralisé, qui voit partout des complots et finit par ne plus croire à rien.

La désaliénation est à la fois la condition et l’aboutissement du #PIC : on ne rend pas la liberté à un peuple qui dort, et les institutions — tirage au sort, référendum, exercice réel du pouvoir — sont les instruments de son réveil.

Pas de souveraineté du peuple sans souveraineté de chacun sur sa propre pensée.

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La maïeutique du réel Socrate se disait accoucheur des esprits : il n’enseignait rien, il aidait chacun à mettre au monde ce qu’il portait déjà. La maïeutique du réel transpose ce geste dans la vie politique.

Le #PIC n’entend pas accoucher le peuple d’une idéologie ni le nourrir de programmes prémâchés ; il veut lui poser les questions fondamentales qui le font passer à l’âge adulte — celui de la souveraineté — et laisser advenir sa propre vérité.

D’où une neutralité active : le mouvement ne tranche pas les questions de fond, il garantit le cadre dans lequel le peuple les tranche.

Il ne s’en écarte qu’une fois, pour la sortie des traités européens, condition du cadre lui-même, et il la soumet encore au peuple par une question distincte (voir « Vous disiez ne rien trancher, et vous tranchez le Frexit »).

Encore faut-il que l’accouchement ait lieu dans de bonnes conditions : c’est le sens de la réforme des médias et de la lutte contre les guerres cognitives, qui protègent l’intégrité psychique des citoyens pour qu’ils répondent depuis leur propre jugement, et non sous hypnose.

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L’évasion du logiciel Le système n’est pas en crise : il est la crise. L’évasion du logiciel part de ce constat. Si le parlementarisme oligarchique est un système d’exploitation arrivé en phase terminale, il ne suffit plus de protester à l’intérieur de la prison : il faut en sortir.

L’évasion n’est pas un repli, c’est un saut hors du logiciel, le passage de la résistance passive à l’offensive méta-politique.

Elle a une condition : l’union — non pas une fusion idéologique, mais l’alliance temporaire d’individus souverains aux trajectoires divergentes, qui s’accordent sur un seul point, briser le verrou constitutionnel pour rendre la décision au peuple.

Une fois ce verrou levé, chacun retrouve ses convictions, et le débat reprend ses droits, cette fois dans une démocratie véritable.

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La convergence des verticalités Le pouvoir a une méthode éprouvée pour neutraliser ceux qui veulent s’unir contre lui : leur proposer la fusion.

Un programme commun, arrondi aux angles, où chacun abandonne ce qui le fait tenir debout ; puis un consensus mou, puis le sentiment d’avoir été trahi, puis la dispersion.

Le #PIC forge une notion pour en sortir, et la livre comme une hypothèse de méthode : la convergence des verticalités.

Chacun reste planté dans ses convictions, droit comme une verticale ; toutes ces verticales convergent vers un point unique, qui n’est pas une doctrine mais une procédure : la reprise du pouvoir constituant par les citoyens.

Une fois la cage ouverte, chacun reprend sa trajectoire. L’idée a des précédents.

En 1903, dans La Démocratie et l’organisation des partis politiques, Moisei Ostrogorski, qui avait disséqué les machines partisanes anglaises et américaines, réclamait l’abolition des partis permanents au profit d’associations temporaires, formées pour un seul objet et dissoutes une fois l’objet atteint.

En 1993, John Rawls décrit le « consensus par recoupement » : des doctrines inconciliables peuvent s’accorder sur des principes politiques communs, chacune pour ses propres raisons.

Et la France en a connu une incarnation : le 27 mai 1943, au 48 rue du Four, à Paris, Jean Moulin réunit autour d’une même table les mouvements de résistance, 2 syndicats et 6 partis, des communistes à la très catholique Fédération républicaine. Ils ne s’aimaient pas ; ils voulaient la même chose.

Précisons la limite, puisqu’on nous la jettera au visage : le Conseil national de la Résistance a fini par rédiger un programme, et Ostrogorski a été jugé irréaliste par nombre de ses commentateurs.

Le #PIC en retient la leçon et laisse l’illusion. Son Protocole l’écrit en toutes lettres : ses membres ne se rassemblent pas malgré leurs divergences, mais à cause d’elles ; leur unité porte sur la manière de décider, non sur ce qu’il faut décider ; et le mouvement ne présente pas de programme — il s’engage sur une procédure et sur une date de sortie.

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La verticalité opérative Le #PIC se heurte à une objection qu’il se fait d’abord à lui-même : un mouvement qui dénonce l’oligarchie a-t-il le droit d’avoir des responsables ?

La loi d’airain de Robert Michels répond que toute organisation secrète ses chefs, et que ses chefs finissent par la confisquer.

L’horizontalité pure répond qu’il suffit de n’en avoir aucun, et produit des assemblées interminables où ceux qui ont le plus de temps et le plus de voix gouvernent sans le dire.

La verticalité opérative est la réponse forgée par le #PIC, et elle se présente comme une hypothèse d’organisation. Elle ne refuse pas la hiérarchie : elle refuse la hiérarchie de domination.

Le responsable n’est pas au-dessus de la base, il est à son service ; il fournit la méthode, les outils et le cadre qui permettent aux autres de décider, et il se juge à ce qu’ils deviennent.

Sa légitimité tient à sa compétence et à son franc-parler — la parrêsia des Grecs, ce dire-vrai risqué que Michel Foucault étudiait dans son dernier cours au Collège de France, en 1984 —, non à la cooptation. L’idée n’est pas neuve.

En 1970, Robert Greenleaf, qui avait passé sa carrière dans la recherche en management chez le géant américain des télécommunications AT&T, publie The Servant as Leader (« le serviteur comme dirigeant ») : le vrai dirigeant est d’abord un serviteur, et le test consiste à savoir si ceux qu’il sert deviennent plus libres et plus autonomes.

Rome avait son modèle : selon Tite-Live, Cincinnatus reçoit la dictature en 458 avant notre ère, sauve la ville et retourne à sa charrue au seizième jour. Mais un modèle n’est pas une garantie, et la vertu d’un chef n’a jamais arrêté personne.

Le #PIC ajoute donc un disjoncteur : le mandat impératif et révocable, qui garantit que le responsable reste un outil et ne devient jamais un maître. Son Protocole pose une hiérarchie des procédures et non des personnes, opposable à tous quel que soit le rang ; il adjoint à chaque détenteur de mandat un Binôme-Égide qui le conseille et le contredit, sans jamais voter à sa place ; et sa Constitution rend tout délégué révocable par référendum.

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La collégialité « Qui dirige la Suisse ? » La question laisse muets la plupart des Européens, et c’est le plus bel éloge qu’on puisse faire d’une constitution.

Depuis le 16 novembre 1848, la Confédération est gouvernée par un Conseil fédéral de 7 membres qui décident ensemble ; son président, élu pour un an et non rééligible l’année suivante, n’est qu’un primus inter pares qui préside les séances et reçoit les ambassadeurs.

Rome avait posé le principe en chassant ses rois : 2 consuls, pour un an, chacun armé d’un veto contre l’autre ; les villes du Midi l’ont prolongé des siècles durant avec leurs consuls et leurs capitouls.

La collégialité ne parie pas sur la vertu des gouvernants. Elle rend l’ambition inutile, car nul ne confond le fauteuil avec sa personne quand il change d’occupant chaque année ; elle renchérit la capture, car il faut acheter 7 consciences au lieu d’une. La Constitution d’urgence va plus loin que Berne.

Le Conseil des Sept exerce en commun les attributions du Président de la République et du Gouvernement ; sa présidence tourne chaque année et reste honorifique, privée même de la voix prépondérante que garde le président suisse en cas d’égalité ; toute décision, une fois prise, devient celle des sept, qui en répondent solidairement.

Et les Soixante-dix-sept les surveillent, qui peuvent saisir le peuple d’un référendum révocatoire. Une pyramide se prend par la pointe ; un collège, il faut le convaincre tout entier.

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L’Égide Au chant II de l’Odyssée, Télémaque prie seul au bord de la mer : les prétendants dévorent la maison de son père disparu, et le jeune homme n’a personne. Athéna vient à lui, « semblable à Mentôr par l’aspect et par la voix ».

La même déesse porte l’égide, le bouclier de Zeus. Au chant XXII, elle l’agite au faîte de la salle, et les prétendants s’épouvantent. Le conseil et le bouclier, dans la même main.

Le #PIC a fait de ces deux dons une fonction. Chaque mandataire du mouvement est secondé par son Égide, un partenaire stratégique et moral.

Elle est l’ailier, qui surveille les angles morts ; le partenaire de joute, qui éprouve à huis clos chaque argument ; l’ancre et le miroir, qui tient le cap sous la pression et transmet le métier.

Elle n’est ni un suppléant ni un adjoint, encore moins une éminence grise. Elle est nommée au grand jour avec le mandataire, et elle ne vote jamais à sa place, car, dit le Protocole, « celui qui vote est celui qui répond ».

Pour les Sept, elle est désignée publiquement avant le scrutin présidentiel. Si un siège se libère pendant l’Année Zéro, c’est elle qu’on propose d’abord, à condition que les six autres l’acceptent à l’unanimité.

Le pouvoir isole, et l’Ecclésiaste le savait : « malheur à celui qui est seul et qui tombe, sans avoir un second pour le relever ».

Le #PIC ne promet pas des mandataires infaillibles. Il promet qu’aucun ne sera seul, ni privé de quelqu’un pour lui dire non.

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Le plan Le 17 novembre 2018, des Gilets jaunes tentent à plusieurs reprises d’approcher l’Élysée. Le samedi suivant, 3 000 membres des forces mobiles en bouclent les abords. Rarement une colère citoyenne était allée si vite si loin : l’attention du pays, l’inquiétude du pouvoir, le soutien d’une grande majorité de Français.

Ce qui leur a manqué n’était ni le courage ni l’intelligence collective, dont les ronds-points ont donné 1 000 preuves. C’était un plan, et la matrice qui le rend exécutable. Faute d’un texte prêt à prendre la place de l’ancien, la percée ne débouchait sur rien qu’on pût installer ; le pouvoir a répondu par des mesures d’urgence, puis par un grand débat, et la brèche s’est refermée.

Un plan est le troisième étage d’une construction : d’abord une vision, bâtie à plusieurs ; puis une stratégie, qui calcule le chemin avec les ressources dont on dispose ; puis le plan, qui ordonne les étapes ; enfin l’exécution. Mais un plan ne vaut qu’à l’intérieur d’un système, comme un programme ne tourne que sur le système d’exploitation qui l’accepte.

D’où la place de la Constitution d’urgence. Elle n’est pas le plan du #PIC ; elle en est la pièce maîtresse, parce qu’elle en publie le code source, comme ces logiciels libres qui progressent sous les yeux de tous. Et si le peuple l’adopte, elle devient la matrice qui permet de défier le système existant et d’en rendre enfin possible le débogage.

Le reste est écrit dans notre stratégie : une élection, un référendum, une Année Zéro dont le calendrier est fixé d’avance. Le #PIC refuse le programme pour cette raison même. Un programme demande au système la permission de tourner ; un plan prépare, sous les yeux de tous, celui que le peuple pourra choisir à sa place.

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La stratégie En 1962, le général Beaufre ouvre sa grande étude sur la stratégie par une pique : comme M. Jourdain faisait de la prose sans le savoir, beaucoup font de la stratégie sans le savoir. Plus de 60 ans plus tard, la situation s’est inversée. Tout le monde dit « stratégie », et l’on cherche qui en fait.

Le mot désigne pourtant un métier précis : atteindre un objectif avec les ressources dont on dispose, en modélisant le chemin qui y mène, ce qui donne un plan. Beaufre assignait au stratège ce but : atteindre les objectifs fixés par la politique « en utilisant au mieux les moyens dont on dispose ». Un but, des moyens comptés, un chemin calculé ; tout le reste est littérature.

Il faut la distinguer de la tactique. Clausewitz traçait la frontière : la tactique est l’usage des forces dans le combat, la stratégie l’usage des combats pour le but de la guerre. Pour un mouvement citoyen, une pétition, une rencontre avec un maire, un débat télévisé sont des tactiques ; la stratégie est ce qui les ordonne vers un but unique. Sans elle, elles s’annulent.

La France a eu une grande école stratégique, et un Plan. En 2006, elle a remplacé le Plan par un centre d’analyse ; ses partis vivent au rythme des sondages et des campagnes ; son État a confié une part croissante de sa réflexion à des cabinets de conseil. Ce qu’on a appelé l’« État stratège » survit surtout dans les discours.

Au #PIC, la stratégie porte un nom, le processus involutionnaire, et tient en une phrase : gagner la seule élection qui donne accès au sommet, pour rendre la décision au peuple par référendum. Elle est publiée dans notre stratégie, avec ses ressources, ses étapes et ses risques. La tactique gagne des samedis ; la stratégie change les règles.

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La stratégie indirecte En 1929, un ancien capitaine de l’armée britannique relit 25 siècles de guerres et en tire une loi, qu’il résumera plus tard d’une phrase : en stratégie, le plus long détour est souvent le plus court chemin du retour.

Basil Liddell Hart avait observé qu’une attaque lancée sur la ligne où l’adversaire l’attend raffermit son équilibre au lieu de le rompre. La voie directe ne coûte pas seulement plus cher : elle consolide ce qu’elle attaque.

Pour une force citoyenne sans sièges, sans budget public et sans télévision, toute stratégie part de ce constat. Un parti de plus, avec un programme de plus, avance exactement sur la ligne que le système sait filtrer, absorber ou ignorer.

Le #PIC prend donc le biais. Il entre dans l’élection présidentielle, la seule porte que le système est tenu de laisser ouverte, non pour gouverner, mais pour poser une question : c’est la méta-candidature.

Élu, son candidat engagerait aussitôt le référendum qui soumet au peuple la Constitution d’urgence, par l’article 11 et en 2 temps, sur le modèle de la loi constitutionnelle du 3 juin 1958. Si le peuple dit non, il démissionne.

C’est ce que nous appelons le hack, au sens que les informaticiens donnent au mot : l’art de faire produire à un système ce que ses auteurs n’avaient pas prévu, en n’usant que de ses propres règles. Le contraire d’une effraction.

Reste un paradoxe. Les stratégies indirectes de la tradition se cachent ; celle-ci s’affiche. Tout est écrit, publié, scellé par un engagement notarié et soumis au peuple, qui reste libre de refuser.

Le détour n’est pas une ruse : c’est le seul chemin que le système ne peut barrer sans renier ses propres règles.

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Le programme et le système Le 13 août 2020, au petit matin, l’éditeur de Fortnite active dans son jeu un paiement direct qui contourne celui d’Apple. Dans la matinée, Fortnite a disparu de l’App Store.

La règle était publique. Le magasin impose son propre système de paiement et se réserve le reste : il rejettera, écrit-il, ce qui franchit « la ligne », et la ligne, il la reconnaîtra quand il la verra.

Une application acceptée par le magasin ne renverse pas le magasin : elle s’y conforme, ou elle en sort.

La politique parle la même langue. Les partis proposent des « programmes », et le mot est juste : ce sont des applications qui tournent sur un système d’exploitation qu’ils n’ont pas écrit.

Pour s’installer à l’Élysée, un programme franchit des filtres publiés, sans le moindre complot : cinq cents parrainages d’élus, un remboursement des frais de campagne qui décuple au-delà de 5 % des suffrages, un temps d’antenne mesuré, jusqu’à la campagne officielle, à l’aune notamment des sondages et des scores passés. Les médias tiennent la vitrine ; les têtes de gondole vont à ceux qui se vendent déjà.

Le programme qui passe ces filtres n’est plus tout à fait celui qu’on avait écrit. Au pouvoir, il règle des taux, des seuils, des subventions ; il touche rarement à la règle. Tant qu’on dépend du système, on n’a pas un plan : on a un programme compatible.

Le #PIC n’a pas de programme, et c’est une règle écrite. Il propose de changer la règle qui décide quels programmes s’installent : une Constitution d’urgence soumise au référendum, dont le code source est public. Les programmes, ensuite, le peuple les écrira, question par question.

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Le méta-programme Dans l’isoloir, personne n’a jamais voté pour un programme. On vote pour un nom, et le nom porte un programme entier, à prendre ou à laisser : la retraite avec l’Europe, l’école avec le nucléaire. Ensuite, l’élu trie seul ce qu’il tiendra.

Le #PIC, le Pari de l’Intelligence Collective, n’a pas de programme : c’est une règle écrite. Il a des idées et ne les cache pas, mais il refuse de les livrer en solutions clés en main. Il les traduit, autant que possible, en questions à poser au peuple. C’est son méta-programme : un cadre, la Constitution d’urgence, et des questions. Les réponses font le programme. Les vôtres.

L’image vient de l’informatique. Le système en place est un système d’exploitation ; les programmes des partis sont des applications qui passent par son magasin et en sortent conformes. La Constitution d’urgence est un autre code source : elle ne dit pas quoi penser de l’école, elle dit qui en décidera, et comment.

D’où la méta-candidature. Un seul nom sur le bulletin, parce que la loi l’exige : celui du candidat constitutionnel, qui parle au nom des Sept. On ne vote plus pour une personne, mais pour un cadre et pour des questions.

L’ordre des questions ne nous appartient pas. Le jour du référendum unificateur, 2 questions : la Constitution d’urgence et, par un vote distinct qui vaut par lui-même, la sortie des traités européens. Ensuite, c’est l’Agora citoyenne qui fixe l’ordre ; les questions naîtront des doléances de ses 7 777 citoyens tirés au sort, et le #PIC n’y aura pas plus de prise que quiconque. D’ici là, ses fiches référendum préparent, sans aucune valeur légale, le travail de l’Année Zéro.

Le #PIC n’est pas neutre sur tout, et il le dit. 4 points forment le cadre lui-même : des médias libres et pluralistes, le RIC, un processus constituant permanent, la sortie des traités. Et, en cas de victoire, la gestion des affaires courantes n’attendra pas de référendum. Le reste vous revient.

Un programme se promet. Un méta-programme se vote.

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Le code source Le mot est juridique avant d’être informatique. Un code, ce fut le Code de Justinien, puis le Code civil de 1804, bien avant les instructions qu’on écrit pour une machine.

En 2000, le juriste américain Lawrence Lessig avertissait que, dans le cyberespace, le code fait la loi. Le #PIC retourne la formule : la loi est un code. Elle a des auteurs, une architecture, des failles ; elle dit qui décide, et qui ne décidera jamais. C’est la suite de l’évasion du logiciel : pour sortir d’un logiciel, il faut savoir le lire.

Le système en place a son code source, et il n’a rien de secret : la Constitution de 1958 et les lois qui l’appliquent, publiées au Journal officiel. Encore faut-il les lire en ingénieur, pour voir ce qu’ils rendent possible et ce qu’ils rendent impossible.

La Constitution d’urgence est le code source d’un autre système d’exploitation, et ce code est ouvert. Chacun peut le lire, le commenter, proposer de réécrire un article ; la proposition retenue entre dans l’historique de l’article, avec le nom de son auteur (charte des contributions). C’est la loi du logiciel libre : avec assez d’yeux, tous les bogues deviennent superficiels.

Ce code ne compte pas sur la vertu des gouvernants : il contraint l’ambition à servir le collectif, ou à se montrer. Mandat impératif et révocation, votes nominatifs du Conseil des Sept publiés au bout de 3 ans, primauté du vote sur l’élection : la confiscation n’est pas interdite par décret, elle perd ses abris.

Sans cette matrice écrite et lue d’avance, une victoire ne serait qu’une percée sans lendemain. Avec elle, on peut légiférer vite, et dans la bonne direction : celle que le peuple aura lue avant de la voter.

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