On vous dit :
« Votre Manifeste jurait que le #PIC ne tranchait aucune question de fond et se contentait de rendre la décision au peuple. Et voilà que vous prenez parti pour la sortie de l’Union. Vous êtes des girouettes, ou des souverainistes masqués. »
Voici ce que vous pouvez répondre
Même cette question, nous ne la tranchons pas à la place du peuple : il y répondra par un vote distinct, et il peut dire non.
Notre neutralité porte sur le fond des décisions, jamais sur le droit du peuple à les prendre. Or c’est ce droit que les traités européens confisquent : douanes, commerce, concurrence, pêche, monnaie, la décision y appartient à des institutions que le peuple n’élit ni ne révoque, et leur droit prime sur notre Constitution.
Nous avons décidé de ne pas trancher les questions de fond ; ce n’est pas pour laisser d’autres les trancher à notre place. Proposer la question de la sortie n’est donc pas une contradiction : c’est la condition pour que notre neutralité ait un sens.
Sources : Manifeste du #PIC · traité sur le fonctionnement de l’Union européenne · Cour de justice de l’Union européenne · Jean-Claude Juncker — le détail et les citations sont dans l’onglet « Références utiles ».
Pour aller plus loin
Relisez le Manifeste. Il n’a jamais promis une neutralité absolue.
Dès l’origine, il exceptait de sa neutralité 3 points : des médias libérés, le référendum d’initiative citoyenne et un processus constituant permanent, « conditions sine qua non de l’avènement de notre souveraineté ».
La neutralité du #PIC a toujours eu une borne : elle porte sur les réponses, jamais sur le droit du peuple à répondre. Un arbitre est neutre entre les équipes ; il ne l’est pas sur l’existence du terrain.
Or le terrain est occupé. Dans des domaines entiers, douanes, concurrence, politique commerciale, pêche et, pour les pays de l’euro, monnaie, l’Union dispose d’une compétence exclusive (traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, article 3).
La Commission, dont les membres ne sont pas élus par les citoyens, détient en principe l’initiative des lois de l’Union. Et depuis 1964, la Cour de justice fait primer le droit de l’Union sur les lois nationales, depuis 1970 sur les Constitutions elles-mêmes.
Un président de la Commission l’a dit sans détour en janvier 2015 : « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens. »
Laisser ces traités en place, ce n’est pas rester neutre : c’est laisser une bureaucratie trancher, à la place du peuple, une partie des questions que notre Manifeste promet de lui rendre.
Ce n’est pas le #PIC qui a changé de cap : il a tiré la conséquence du cap.
Notre Constitution rendait déjà au peuple la décision en toutes matières (Titre I, article 6) et la souveraineté monétaire (Titre VI, article 4) : ces articles ne pouvaient pas s’appliquer pleinement dans l’Union.
La sortie des traités devient donc le quatrième point du Manifeste, la condition de l’exercice de notre souveraineté après les 3 conditions de son avènement. C’est une consolidation, pas un revirement.
Des économistes et des politistes de bords opposés ont décrit la même impasse. Dani Rodrik l’a résumée en un trilemme : on ne peut avoir à la fois l’intégration économique poussée à l’extrême, la souveraineté nationale et la démocratie ; il faut en sacrifier une.
Fritz Scharpf a montré que l’Union tire sa légitimité de ses résultats plutôt que de la participation des citoyens.
Et Quinn Slobodian a raconté comment les globalistes ont voulu mettre les règles de l’économie à l’abri des majorités. Le #PIC choisit la démocratie ; il en tire les conséquences.
Enfin, même cette question, nous ne la tranchons pas à la place du peuple.
Nous la proposons, et nous la lui posons par une question distincte, le jour même où il adopte la Constitution (Titre XVIII, article 4). S’il dit oui à la Constitution et non à la sortie, nous nous inclinerons.
Une girouette tourne avec le vent ; nous posons la question au vent.
Les relances probables
« Alors vous êtes des souverainistes. »
Si la souveraineté du peuple est une étiquette, nous la portons : c’est l’article 4 de notre Titre I. Mais nous ne sommes pas le parti de la nation contre l’Europe : notre Constitution propose aux États européens des coopérations entre nations libres (Titre XVIII, article 7, 6°).
« Et les électeurs attachés à l’Europe qui voulaient le RIC ? »
Ils votent oui à la Constitution et non à la sortie. Ils auront le RIC, dans les limites des traités, et nous respecterons leur choix.
« Demain, vous trancherez l’immigration, l’énergie, le nucléaire. »
Non. L’exception se limite aux conditions de la souveraineté : médias libres, RIC, processus constituant, sortie des traités qui la confisquent. L’immigration, l’énergie et le nucléaire reviennent au peuple, par référendum (Titre I, article 7 ; Titre X).
« Vous faites le jeu des partis souverainistes. »
Nous ne faisons le jeu d’aucun parti : nous ne présentons pas de programme, nous rendons la décision. Que d’autres proposent aussi la sortie ne la rend ni vraie ni fausse ; c’est au peuple d’en juger.
Les pièges à éviter
- Ne dites pas que « Bruxelles décide de tout » : l’Union n’a que les compétences que les traités lui attribuent (traité sur l’Union européenne, article 5).
- Ne confondez pas la Commission et le Conseil, où siègent les gouvernements élus : le problème n’est pas que personne n’est élu, c’est que le peuple, lui, ne décide jamais.
- N’employez ni « dictature bruxelloise » ni aucune attaque personnelle contre des responsables européens.
- Ne dites pas que le #PIC a « toujours » voulu le Frexit : dites qu’il en a tiré la conséquence de sa doctrine.
Pour prolonger
Dans l’Abécédaire et le Lexique du Pouvoir :
- La maïeutique du réel
- La primauté du droit international
- Les globalistes
- Le technocratisme
- Le référendum confisqué
Dans nos textes :
- Manifeste, IV : le projet de la Grande Transition démocratique
- Constitution d’urgence, titre XVIII, art. 7 : le retrait des traités européens
- Constitution d’urgence, titre I, art. 6 : le référendum d’initiative citoyenne
Dans l’Autodéfense :
Références utiles
Les citations, les ouvrages, les études et les chiffres sur lesquels repose cette réponse, avec leurs sources. Pour vérifier, approfondir, et répondre à qui vous demandera d’où vous tenez vos arguments.
Manifeste du #PIC, IV, « Le projet : la Grande Transition démocratique ». consulter la source
Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, article 3, § 1, c : « L’Union dispose d’une compétence exclusive dans les domaines suivants: […] c) la politique monétaire pour les États membres dont la monnaie est l’euro ». consulter la source
Cour de justice, Costa contre ENEL, 15 juillet 1964 : le transfert consenti par les États « entraîne donc une limitation définitive de leurs droits souverains contre laquelle ne saurait prévaloir un acte unilatéral ultérieur incompatible avec la notion de Communauté ». consulter la source
Jean-Claude Juncker, entretien au Figaro, 29 janvier 2015, cité par Politis : « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens. » consulter la source
Dani Rodrik, The Globalization Paradox, W. W. Norton, 2011 : le trilemme politique de l’économie mondiale.
Fritz W. Scharpf, Governing in Europe: Effective and Democratic?, Oxford University Press, 1999.
Quinn Slobodian, Les Globalistes, Seuil, 2022.
Version 1.2 du 5 octobre 2026 — encadré « Entre nous » et réponse courte réécrits (lot 3). Version 1.1 du 2 octobre 2026 — encadré « Entre nous », adressé au militant qui porte la réponse. Version 1 du 28 septembre 2026 — première publication.
Le procédé, dans le Lexique du Pouvoir : Les globalistes · Le technocratisme · Le référendum confisqué
Le mot juste, dans l’Abécédaire : La maïeutique du réel · La primauté du droit international
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