« Qui êtes-vous ? »

« Qui êtes-vous ? »

Procès d’intention, étiquettes, fréquentations : quand on ne peut pas réfuter l’idée, on s’en prend au messager. Voici comment répondre sans tomber dans le piège.

« Vous êtes des populistes »Prenons la définition qui fait autorité chez ceux qui nous lancent ce mot, celle du politiste Jan-Werner Müller : le populiste prétend être le seul représentant authentique d’un peuple homogène et moralement pur. Son signe distinctif est l’antipluralisme : il se dit seul à parler pour le peuple.

Le #PIC fait l’inverse, point par point. Il tire au sort au lieu de désigner un chef ; il accueille toutes les mouvances ; il publie ses textes et invite à les contredire ; et son candidat s’engage devant notaire à rendre le pouvoir si le peuple refuse la Constitution qu’il lui soumet.

Nous ne prétendons pas parler pour le peuple : nous voulons qu’il puisse parler sans nous. Quand 15 % seulement des Français font confiance aux partis, le populisme n’est pas de le constater ; c’est de s’en servir sans rien changer.

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« Vous êtes l’extrême droite déguisée »Jugez-nous sur un critère, pas sur une étiquette. Le politiste Cas Mudde, qui fait autorité sur le sujet, définit l’extrême droite d’abord par le nativisme : l’idée qu’un pays devrait être habité exclusivement par le groupe « natif ».

Notre Constitution dit le contraire. Elle interdit d’invoquer le patrimoine pour exclure un citoyen de la communauté nationale, et elle met la dignité de toute personne humaine hors d’atteinte de toute révision, même par référendum.

Nous n’avons pas de programme sur l’immigration : c’est le peuple qui tranchera, dans ces limites. Et nous venons de la droite, de la gauche et d’ailleurs. Dites-nous quel article vous choque : nous discuterons le texte, pas l’étiquette.

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« Vous êtes des complotistes »Un complotiste cherche des coupables cachés ; nous décrivons des règles publiques. Karl Popper appelait « théorie du complot de la société » l’idée qu’expliquer un phénomène social, c’est trouver ceux qui l’ont voulu et planifié en secret.

Notre Protocole dit l’inverse : l’impuissance des citoyens ne vient ni de leur ignorance ni d’une conspiration, mais du « dispositif » qui les tient à l’écart de la décision. Ce dispositif n’a rien de secret. Sieyès l’a théorisé en 1789, la Constitution de 1958 l’organise, et le Journal officiel le publie.

Quant à la « fabrique du consentement », l’expression vient de Walter Lippmann, qui la décrivait en 1922 pour la défendre. Nos textes sont en ligne, datés, corrigés en public : c’est le contraire d’une doctrine secrète.

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« C’est une secte, avec son gourou »Comparez avec les critères officiels. La commission d’enquête de l’Assemblée nationale retenait en 1995 10 indices, dont la déstabilisation mentale, des exigences financières exorbitantes et la rupture avec l’entourage.

Chez nous, l’adhérent « ne doit de comptes qu’à lui-même » ; il part quand il veut, « sans avoir à s’en justifier » ; le désaccord est une règle de méthode ; la critique du mouvement reste libre, même après le départ, et aucune clause ne peut priver un membre de ses recours devant la justice. Nos règles internes sont publiques, commentables et révisables par tous.

Le seul serment qui existe n’engagera qu’une personne, notre candidat constitutionnel, devant notaire et sous captation publique, à rendre le pouvoir au peuple s’il rejette notre Constitution. Une secte cache ses règles et retient ses membres ; nous publions les nôtres et laissons partir.

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« Qui vous finance ? »Des dons et des cotisations de citoyens : c’est ce que dit notre fiche de presse, et ce qu’impose notre Protocole. La loi ne laisse guère de place au doute : un parti ne peut recevoir aucune aide d’un État étranger ni d’une personne morale de droit étranger, les dons d’un particulier sont plafonnés à 7 500 euros par an, et le code électoral impose la même interdiction à tout candidat.

Notre Constitution va plus loin, et pour tout le monde, partis compris : tout groupement qui dépense plus de 10 000 euros par an pour peser sur le débat public publiera ses ressources et l’origine de chaque financement de plus de 1 500 euros ; et aucun financement occulte, national ou étranger, ne pourra soutenir une entreprise d’influence.

Les ingérences russes existent, l’État les documente. La réponse n’est pas le soupçon jeté sur tous ; c’est une règle commune.

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« Encore un parti, encore un sauveur »Des partis, la France en compte plus de 600 tenus de déposer leurs comptes, et 15 % des Français leur font confiance. Nous n’en proposons pas un de plus, et nous n’avons pas de programme à vendre : nous proposons une question.

Le sociologue Robert Michels l’a montré dès 1911 : « Qui dit organisation, dit tendance à l’oligarchie ». Nous le prenons au mot, et nous écrivons nos limites avant de demander une seule voix. Pas un sauveur, mais 7 citoyens à égalité, liés entre eux par un pacte d’honneur public ; un seul d’entre eux, notre candidat constitutionnel, s’engagera devant notaire, par un acte irrévocable, à soumettre une Constitution au peuple dès son entrée en fonctions, avec le même jour une question distincte sur la sortie des traités européens, et à démissionner si le peuple refuse la Constitution. S’il l’adopte, les Sept n’auront qu’un mandat, non renouvelable et révocable.

Un sauveur veut rester ; nous avons écrit comment on nous congédie.

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« Vous êtes des Gilets jaunes recyclés »Nous ne recyclons pas les Gilets jaunes : nous prenons au sérieux une demande qui n’a jamais été la leur seulement. En février 2019, 77 % des Français soutenaient le référendum d’initiative citoyenne de proposition, y compris une majorité des sympathisants de la majorité présidentielle.

Pour le reste, nous faisons l’inverse de ce que voulait l’essentiel du mouvement : 81 % des Gilets jaunes interrogés jugeaient que les partis n’y avaient pas leur place ; nous, nous nous organisons, avec une Constitution de 129 articles, des règles internes publiques et un candidat.

Et nous retenons la leçon de leur échec : la rue épuise les élans sans toucher à la loi. Nous ne bloquons rien ; nous passons par la seule porte que le système ne peut pas fermer, l’élection, pour ouvrir celle du référendum.

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« Chez vous, on croise des infréquentables »C’est vrai, et c’est écrit : nous accueillons des citoyens de toutes les mouvances. Notre Constitution décrit même le collège qui contrôlera le pouvoir comme composé de citoyens « issus de toutes les mouvances », que réunit « le seul désir d’un processus délibératif loyal ».

Nous ne trions pas les opinions ; nous exigeons des comportements. La violence, le harcèlement et la discrimination sont proscrits par notre Protocole et peuvent valoir l’exclusion ; la duplicité et le sabotage justifient qu’on s’oppose à l’entrée de quelqu’un dans une équipe de travail.

Ce que nous refusons, c’est de confier à un comité de pureté le soin de décider qui a le droit de vouloir que le peuple décide. John Stuart Mill l’écrivait : celui qui ne connaît que sa propre position la connaît mal.

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« Gouverner, c’est un métier : vous êtes des naïfs »Commençons par un fait. En Irlande, une assemblée de 99 citoyens tirés au sort a préparé la réforme que le peuple a approuvée à 66 % en 2018 ; la Suisse est gouvernée depuis 1848 par un collège de 7. L’expérience n’est pas le monopole des professionnels.

Max Weber disait que la politique consiste à forer lentement des planches dures ; nous ne prétendons pas le contraire. C’est pourquoi nous ne demandons pas le pouvoir pour gouverner seuls, mais pour poser une question au peuple dès le début du mandat, pendant que les services de l’État continuent de fonctionner, comme notre Constitution le prévoit en toutes lettres.

Et regardons le bilan : 76 % des Français jugent que la démocratie fonctionne mal. L’expérience qu’on nous oppose a produit cette défiance.

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« Votre méta-candidature, c’est la candidature d’un homme »Jugez-le à ses verrous, pas aux intentions qu’on lui prête. Un seul nom sur le bulletin, parce que la loi l’exige ; 6 visages à ses côtés pendant toute la campagne, et auprès de chacun, une Égide désignée publiquement.

Élu, il est tenu par l’acte qu’il a signé devant notaire avant le scrutin : n’exercer ses pouvoirs qu’après avoir délibéré avec les 6, et publier la date et l’objet de chaque délibération. Sa seule mission : soumettre la Constitution d’urgence au peuple, en engageant la procédure dans les 8 jours. Si le peuple dit non, ou n’a pas été consulté dans les 365 jours, il démissionne. S’il dit oui, la présidence disparaît, et il n’est plus qu’une voix sur 7.

Notre Constitution le pose : « le prestige attaché à une personnalité ne saurait fonder à lui seul une délégation de pouvoir ». Une ambition personnelle n’écrirait pas elle-même la fin de sa propre fonction.

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« En refusant le cordon sanitaire, vous légitimez les extrêmes »Popper est le bon arbitre, à condition de le lire jusqu’au bout. Il écrit que la tolérance illimitée détruit la tolérance ; mais il ajoute qu’il ne faut pas toujours interdire les idées intolérantes : tant qu’on peut les contrer par l’argument et l’opinion publique, les faire taire serait « très imprudent ». Son critère, c’est le refus de l’argument et le recours aux poings. C’est le nôtre.

Nous sommes intraitables sur les règles : la non-violence, le référendum, la dignité de la personne, que notre Constitution met hors d’atteinte de toute révision. Nous restons ouverts sur les opinions. Le cordon sanitaire trie des partis ; nous jugeons des comportements.

Une philosophe de gauche, Chantal Mouffe, l’écrit : faire de l’adversaire le « mal » empêche de le combattre sur un terrain politique.

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« L’intelligence collective, c’est du socialisme »Le meilleur argument contre la planification, c’est un libéral qui l’a donné : Friedrich Hayek, en 1945. Le savoir est dispersé entre tous, aucun bureau ne peut le rassembler. C’est notre point de départ, et c’est le contraire du collectif qui décide à la place de chacun.

Car vous confondez 2 questions. Le socialisme répond à « qui doit posséder ? » ; l’intelligence collective, à « comment décide-t-on ? ». On peut être socialiste et décider seul, les comités centraux l’ont montré ; on peut être libéral et décider à plusieurs, comme une coopérative, ou le tribunal des eaux de Valence depuis des siècles.

Notre Constitution garantit d’ailleurs la liberté d’entreprendre et plafonne tout prélèvement à 15 % de son assiette : d’autres nous traitent d’ultralibéraux. Notre sujet n’est pas la propriété ; c’est la décision.

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« Vous n’êtes pas républicains : vous moquez les valeurs républicaines »Quelle valeur violons-nous, et où est-elle écrite ? Posez d’abord cette question. Car nous les signons toutes, mot pour mot : notre Constitution d’urgence garde la devise, la laïcité, l’égalité devant la loi, la forme républicaine du gouvernement, la Déclaration de 1789 et le Préambule de 1946.

Ce que nous contestons, c’est l’usage du mot pour trier les citoyens. Une valeur écrite dans la loi vaut pour tous et se défend devant un juge : c’est le cas du contrat d’engagement républicain que signent les associations subventionnées depuis 2022. L’« arc républicain », lui, n’a ni texte, ni juge, ni appel ; il change selon qui parle.

Rousseau appelait république un État régi par des lois dont le peuple doit être l’auteur. Sur ce critère, nous sommes plus exigeants que ceux qui nous excluent.

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« Le RIC, d’autres partis le proposent déjà : pourquoi vous ? »Une promesse de RIC, de référendum d’initiative citoyenne, la France en a déjà entendu. En 2019, face aux Gilets jaunes, le Président de la République a écarté le RIC et promis d’abaisser à un million de signatures le seuil du référendum d’initiative partagée : ce seuil n’a pas bougé.

Un parti qui promet le RIC l’inscrit parmi 100 autres mesures, et c’est lui qui décidera, une fois au pouvoir, quand et comment l’appliquer. Chez nous, ce n’est pas une mesure parmi d’autres : c’est notre seul mandat. Notre candidat constitutionnel s’engage devant notaire à soumettre la Constitution d’urgence au référendum, avec le même jour une question distincte sur la sortie des traités européens, en lançant la procédure au plus tard 8 jours après son entrée en fonctions, et à rendre le pouvoir si le peuple rejette la Constitution.

Et l’initiative citoyenne ne dépendra d’aucun seuil de signatures, parce qu’elle appartiendra à l’Agora, 7 777 citoyens tirés au sort qui y déposeront leurs doléances et en tireront les questions ; 777 Formulateurs en arrêteront le libellé loyal, sous l’œil des Soixante-dix-sept du Collège du Contrôle démocratique. Nous n’apportons pas une promesse de plus ; nous apportons la garantie qu’elle sera tenue.

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« Vous annexez les penseurs et taisez ceux qui vous contredisent »Le reproche est sérieux ; nous nous le sommes adressé avant vous, et par écrit. Notre Observatoire de la pensée démocratique s’est donné une règle : citer, ne jamais annexer, car « s’inspirer d’un auteur n’est pas s’en réclamer ».

Sa bibliothèque range aussi ceux qui nous contredisent. La philosophe Cristina Lafont met en garde contre tout petit groupe tiré au sort qui déciderait à la place de tous ; c’est pourquoi, chez nous, le dernier mot revient au peuple entier. Notre Lexique du Pouvoir affiche ses réserves : Slobodian « n’est pas des nôtres », Putnam est contesté, l’efficacité du nudge aussi.

John Stuart Mill l’a dit une fois pour toutes : qui ne connaît que ses propres arguments en connaît bien peu. Montrez-nous la citation tronquée : nous la corrigerons, en public.

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« Votre université populaire, c’est un catéchisme militant »Une école militante qui ne forme que des militants est un catéchisme : c’est nous qui l’avons écrit, en tête de nos écueils. Notre Université populaire s’impose donc 3 règles.

Elle enseigne aussi les objections au référendum, comme Condorcet refusait que la Constitution et même la Déclaration des droits soient présentées « comme des tables descendues du ciel ». Elle fait entendre des intervenants qui ne sont pas d’accord avec nous, avec l’avocat du diable et la vérification des faits en direct. Et chaque session laisse une trace utile à tous, comme les notes citoyennes de l’Oregon.

Un catéchisme demande de croire. Nous demandons de vérifier, y compris contre nous.

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« Vous méprisez les experts : la science ne se vote pas »Les faits se constatent, les choix se votent : c’est toute notre ligne. Que le climat se réchauffe, la science le dit ; faut-il rouler à 110 sur l’autoroute, c’est un choix, et il revient au peuple. Les experts, nous les voulons partout : avant chaque vote, les Formulateurs, des citoyens tirés au sort, auditionnent des experts contradictoires.

Ce que nous refusons, c’est le pronostic sans compte à rendre. Le psychologue Philip Tetlock a noté des dizaines de milliers de prédictions de 284 experts : en moyenne, à peine mieux que le hasard, et les plus médiatisés étaient parmi les moins fiables.

Et quand 150 citoyens tirés au sort ont été informés sur le climat, ils ont proposé davantage que ce que le gouvernement a osé retenir.

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« Vous êtes contre le progrès : pour vous, c’était mieux avant »Le progrès qui guérit, nous le voulons ; celui qui se retourne contre son but, nous le mesurons. Ivan Illich ne niait ni les antibiotiques ni l’école ; il a montré qu’au-delà d’un certain point, une entreprise « contrarie d’abord la fin pour laquelle elle a été conçue ».

Ce seuil se mesure : selon l’enquête nationale ENEIS de 2019, les séjours en médecine et en chirurgie occasionnent chaque année entre 55 000 et 130 000 événements indésirables graves évitables. Le vrai progrès, c’est une institution capable de corriger ses erreurs, donc de rendre des comptes à ceux qui les subissent. Notre Constitution d’urgence le dit des machines : elle refuse « la déshumanisation contrainte ».

Nous ne regrettons aucune époque ; nous voulons choisir la suivante.

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« Vous nourrissez la défiance qui fait le lit des extrêmes »Le thermomètre ne fabrique pas la fièvre. Le CEVIPOF mesure la défiance chaque année depuis 2009 : en janvier 2026, 15 % des Français font confiance aux partis, 20 % à l’Assemblée nationale, et quand ils pensent à la politique, la méfiance et le dégoût viennent en tête. Nous ne la créons pas ; nous refusons qu’elle se perde en abstention ou en vote de colère.

L’historien Pierre Rosanvallon l’a montré : la défiance est un organe de la démocratie, une « contre-démocratie » de surveillance et d’empêchement, qui devient dangereuse quand elle ne sait plus rien fonder.

Le référendum d’initiative citoyenne ne demande pas de croire les élus sur parole : il rend le droit de corriger. C’est ainsi qu’on désarme les extrêmes, en donnant à la colère une issue qui décide.

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« Le CNR, c’est la gauche : vous êtes la gauche déguisée »Regardez qui a signé. Le programme du CNR, le Conseil national de la Résistance, adopté en mars 1944 sous le titre « Les Jours heureux », l’a été au nom des communistes et des socialistes, mais aussi des démocrates-chrétiens, des radicaux et de 2 partis de droite, l’Alliance démocratique et la Fédération républicaine ; le délégué de l’Alliance, Joseph Laniel, sera président du Conseil sous la IVe République.

Le texte appelle à un gouvernement provisoire « formé par le général de Gaulle », et c’est ce gouvernement qui crée la Sécurité sociale en octobre 1945. Même Denis Kessler, qui voulait le « défaire méthodiquement », y voyait « un compromis entre gaullistes et communistes ».

Et nous n’en reprenons pas le contenu : nous n’avons pas de programme. Nous en reprenons la méthode : des adversaires qui écrivent ensemble les règles, avant de se disputer le pouvoir.

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« Vous vous drapez dans la Résistance : c’est de la récupération »Nous ne risquons rien de ce qu’ils ont risqué, et nous ne nous comparons pas à eux : disons-le d’abord. Mais le programme du CNR n’appartient à personne. Un ancien dirigeant du patronat a écrit en 2007 qu’il fallait le « défaire méthodiquement » ; un Président a promis en 2020 de retrouver « les Jours Heureux ». Nul ne leur a demandé de permis.

Ce que nous en retenons n’est pas une gloire, c’est une méthode : des mouvements, des partis et des syndicats qui se combattaient ont adopté ensemble un texte pour l’après-guerre, et leur conseil a survécu à l’arrestation de son président.

Nous en disons aussi les limites : le peuple n’était pas à la table, et ce programme n’a jamais été soumis à son vote. Honorer, c’est examiner, pas embaumer.

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« Vous exigez la démocratie pour la France, pas pour votre mouvement »Vous avez raison d’exiger la cohérence ; notre Protocole l’exige le premier. Il juge qu’un mouvement qui vivrait comme ce qu’il combat serait « absurde, et, pour tout dire, disqualifiant ». Alors ses règles sont publiques, commentables, et opposables à tout membre.

Les décisions communes se prennent au vote, après un débat contradictoire. On part quand on veut, sans se justifier. Nul ne peut être écarté pour ses opinions : une opposition à l’entrée d’un candidat n’est recevable que pour un motif de sécurité ou d’intégrité, et doit être motivée devant un collège.

La cooptation ? Tout citoyen peut adhérer ; seule la Forge, qui engage le mouvement par sa parole, se rejoint par cooptation. Et le tirage au sort, nous le réservons au pays : les Formulateurs et l’Agora ne pourront jamais être cooptés.

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« Droite, gauche, souverainistes, écologistes : votre attelage explosera »La Suisse le vit depuis 1959 : socialistes, radicaux, démocrates-chrétiens et droite conservatrice gouvernent ensemble, à 7, et le pays n’a pas explosé.

Notre attelage tiendrait mal s’il devait s’accorder sur l’immigration, l’Europe ou le nucléaire. Il n’a pas à le faire. Notre règle le dit : notre unité « ne porte pas sur ce qu’il faut décider », mais « sur la manière dont nous devons décider » ; aucune opinion de fond n’est une condition d’appartenance, et nous n’avons pas de programme.

Ces questions, nous ne les trancherons pas entre nous : le peuple les tranchera, par référendum, et chacun défendra ses convictions en son nom propre. Le désaccord n’est pas notre point faible ; c’est notre méthode.

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« Votre volonté générale, c’est Rousseau, Robespierre et la Terreur »Le danger qu’a décrit Talmon est réel, et il a un visage : l’interprète. Un chef, un parti, un comité qui prétend dire la volonté générale à la place du peuple. Notre texte l’écarte : chez nous, la volonté générale n’est pas un secret que devinerait un prophète, c’est le résultat compté d’un vote, après délibération.

Et le mot n’est pas de nous : il est dans la Déclaration de 1789, qui fait partie de notre droit. Son article 6 : « La loi est l’expression de la volonté générale. Tous les citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs représentants, à sa formation. » Personnellement : c’est ce que nous voulons rendre possible.

Le totalitarisme confisque la parole du peuple ; nous la lui rendons.

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« Votre projet, c’est la VIe République de Mélenchon »Comparez les textes, et la différence saute aux yeux. La France insoumise propose un référendum pour lancer une Assemblée constituante, qui soumettrait son projet au peuple après 2 ans de travaux. Notre texte, lui, est déjà écrit, public et commentable article par article : chacun peut le juger avant de voter.

Si le peuple le rejette, le président élu démissionne ; quelle que soit l’issue, il renonce à exercer seul le pouvoir. Notre préambule refuse d’être « la sixième d’une série de Républiques déclinantes » : il fonde la Démocratie française, avec un exécutif collégial de 7.

Que d’autres veuillent rendre la parole au peuple, tant mieux : le référendum d’initiative citoyenne n’appartient à personne. Mais nous ne sommes l’annexe d’aucun parti : nous venons de la droite, de la gauche et d’ailleurs.

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« Vos militants récitent des slogans : ils n’y connaissent rien »Sur un point, vous avez raison : l’indignation ne suffit pas. C’est pourquoi le #PIC bâtit une Université populaire, dans la lignée de Condorcet, qui voulait que l’instruction rende « réelle l’égalité politique » ; son premier enseignement apprend à lire une constitution, celle de 1958 comprise.

Quant à notre texte, ce n’est pas un slogan : au 5 octobre 2026, 129 articles en 21 titres, chacun mis en regard de la Constitution de 1958 et commenté en public ; 99 ont déjà été corrigés au moins une fois, pour 235 révisions en tout.

Nos militants n’ont pas tout lu ; personne n’a tout lu. Mais tout est ouvert, sourcé, discutable. Venez le lire avec nous : c’est un travail, pas une incantation.

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« Vous voulez abolir la République et ses garde-fous »Lisez le premier article de notre Constitution : « Sa forme de gouvernement est républicaine : la chose publique appartient au peuple tout entier, et nul n’y exerce l’autorité par droit de naissance » (Titre premier, article premier).

Nous ne voulons abolir ni la république ni ses libertés. Notre texte garde la devise, la laïcité, la Déclaration de 1789, et place la dignité de la personne hors d’atteinte de tout vote. Ce que nous refusons, c’est qu’un cadre devienne un tribunal.

Le mot seul ne dit pas qui décide : l’Iran est une république islamique. La république dit que la chose est commune ; la démocratie dit qui décide. Nous voulons les deux, et c’est pourquoi nous nommons le régime par son principe.

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« Le #PIC s’allie avec n’importe qui »Parler et s’allier sont 2 choses, et nous ne les confondons pas. Parler, c’est reconnaître un citoyen : nul n’est exclu de la délibération.

S’allier est autre chose, et notre Protocole en fixe le critère : vouloir rendre au peuple la décision confisquée, et renoncer à la violence. Alors, sur un objet précis, public et limité, nous pouvons agir avec des gens qui nous contredisent ailleurs, sans fusion ni programme commun.

Qui s’allie sur tout se dissout ; qui ne parle à personne s’enferme. Ce n’est pas un manque de principes : c’est notre principe.

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« Vous traitez les électeurs de bétail »Mépriser le peuple, c’est lui refuser la décision ; nous faisons l’inverse. Notre Constitution d’urgence lui donne le dernier mot, par référendum, au moins 4 fois par an.

Relisez la phrase du Manifeste : le « bétail », c’est ce que le système fait de nous, pas ce que nous sommes. Le mot appartient à ceux qui gouvernent les foules : Gustave Le Bon écrit en 1895 que « la foule est un troupeau servile », Walter Lippmann veut en 1925 vivre à l’abri d’un « troupeau désorienté ». Nous leur renvoyons leurs mots pour les réfuter.

Et « élire, c’est abdiquer », c’est la thèse de Rousseau : le peuple anglais n’est libre « que durant l’élection », ensuite « il n’est rien ».

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« Votre jargon pseudo-savant cache des idées minces »Un mot n’est pas une preuve, et certaines de nos images vont trop loin : le « système limbique » qui donnerait des insomnies n’a pas de fondement établi. Nous le disons.

Pour le reste, chacun de ces mots a une source et une définition publique : notre Lexique les présente comme « des hypothèses offertes à la critique, non des vérités à réciter ». La plupart ne sont d’ailleurs pas de nous : l’état agentique vient de Stanley Milgram, la néoténie de la biologie. On forge des mots quand une chose n’a pas de nom : La Boétie a nommé la servitude volontaire, et on la pense encore.

Jugez-nous sur la phrase qui résume tout : élire, c’est choisir un maître ; voter, c’est décider.

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« Vous faites ce que vous dénoncez »Le reproche est juste dans son principe : qui dénonce doit s’appliquer ce qu’il dénonce. Alors appliquons-le.

Le Manifeste dit que l’élection sélectionne l’ambition ; c’est pourquoi notre candidat ne demande pas qu’on le croie : il s’obligera devant notaire, par un acte irrévocable, à démissionner si le peuple rejette la Constitution d’urgence, et remettra d’avance au notaire sa lettre de démission signée. L’Autodéfense, elle, est signée, sourcée, commentable, et avoue nos faiblesses ; quand une citation est douteuse, comme celle qu’on prête à Margaret Mead, nous écrivons « attribuée ».

L’hypocrisie cache l’écart entre le discours et l’acte ; nous le publions.

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« Vous disiez ne rien trancher, et vous tranchez le Frexit »Même cette question, nous ne la tranchons pas à la place du peuple : il y répondra par un vote distinct, et il peut dire non.

Notre neutralité porte sur le fond des décisions, jamais sur le droit du peuple à les prendre. Or c’est ce droit que les traités européens confisquent : douanes, commerce, concurrence, pêche, monnaie, la décision y appartient à des institutions que le peuple n’élit ni ne révoque, et leur droit prime sur notre Constitution.

Nous avons décidé de ne pas trancher les questions de fond ; ce n’est pas pour laisser d’autres les trancher à notre place. Proposer la question de la sortie n’est donc pas une contradiction : c’est la condition pour que notre neutralité ait un sens.

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« Pourquoi ne travaillez-vous plus avec Étienne Chouard ? »Nous lui devons beaucoup, et nous le disons : il a fait découvrir à des centaines de milliers de Français que les citoyens peuvent écrire leurs propres règles. Nous nous sommes séparés sur la méthode.

Le #PIC veut agir : présenter une candidature, gagner, puis rendre le pouvoir au peuple par référendum. Il pensait que cela ne marcherait jamais.

Le #PIC réunit toutes les mouvances qui veulent un processus délibératif loyal ; il nous reprochait d’accueillir trop de gens de droite. Enfin, nous ne pouvions pas cautionner certaines de ses déclarations publiques.

Un mouvement démocratique ne se construit pas autour d’un maître, et cette règle vaut aussi pour nos amis.

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« Votre méritocratie, c’est de l’élitisme : en démocratie, tout le monde se vaut »Tout le monde se vaut en droits : c’est l’article premier de la Déclaration de 1789, et c’est notre combat. Mais la même Déclaration ajoute que « les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune », et elle rend chacun admissible aux emplois publics « selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents ». L’égalité des droits n’a jamais voulu dire l’équivalence des œuvres.

Chez nous, chaque adhérent vote en plénière, et le membre de la Forge, l’équipe qui exécute, « y vote au même titre ». Entrer dans la Forge n’est pas un droit mais une charge, qui ne s’obtient « ni par l’ancienneté ni par l’insistance » ; on y travaille bénévolement, sans grade ni salaire.

Le mérite que nous reconnaissons ne s’hérite pas, ne s’achète pas, ne s’affiche pas. Il se voit : c’est ce qu’on a fait pour les autres.

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« Qu’est-ce qui prouve que vous n’allez pas renouveler le syndrome de 1789, en nous confisquant plus tard la révolution du peuple ? »Rien ne le prouve par la parole : c’est pourquoi nous l’avons écrit dans le texte. En 1795, pour justifier le suffrage réservé aux propriétaires, Boissy d’Anglas lançait à la Convention : « Nous devons être gouvernés par les meilleurs ». La Constitution d’urgence fait l’inverse.

L’initiative y appartient à 7 777 citoyens tirés au sort, renouvelés par moitié tous les 6 mois. Les questions posées au peuple sont vérifiées par 777 autres, tirés au sort pour une seule votation. Tout élu, « à quelque échelon que ce soit, est révocable par référendum révocatoire ». Et notre candidat constitutionnel, et lui seul, s’oblige devant notaire, par un acte irrévocable, à remettre sa démission si le peuple rejette le texte : sa lettre de démission, signée le jour même, est déjà sous séquestre.

Une caste qui se donnerait tant de mal pour se rendre révocable serait une caste bien maladroite.

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« Êtes-vous bien sûrs de supporter la critique et la contradiction ? »Oui, et nous en donnons la preuve chaque jour : la Constitution d’urgence a connu 244 révisions, nées pour beaucoup des remarques de citoyens, et chaque commentaire intégré est crédité à son auteur dans l’historique de l’article.

Mais supporter la critique ne veut pas dire la sanctifier. Une critique ouvre un droit de réponse, qui en ouvre un autre : c’est ainsi que le débat a lieu, et il peut durer aussi longtemps qu’il le faut. Sa seule condition, et elle est non négociable, c’est le respect de l’interlocuteur. Celui qui ouvre par l’insulte ne critique pas : il sabote. À celui-là, notre réponse est cinglante, et nous l’assumons.

Karl Popper l’avait vu : une tolérance sans limites finit par faire disparaître la tolérance.

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Un argument ne vaut que par ceux qui le portent.

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