« Vous n’êtes pas républicains : vous moquez les valeurs républicaines »

On vous dit :

« Les valeurs républicaines, ce sont les nôtres : la liberté, l’égalité, la fraternité, la laïcité. Vous les tournez en dérision, vous refusez l’arc républicain. Vous n’êtes pas républicains. »

Voici ce que vous pouvez répondre

Quelle valeur violons-nous, et où est-elle écrite ? Posez d’abord cette question. Car nous les signons toutes, mot pour mot : notre Constitution d’urgence garde la devise, la laïcité, l’égalité devant la loi, la forme républicaine du gouvernement, la Déclaration de 1789 et le Préambule de 1946.

Ce que nous contestons, c’est l’usage du mot pour trier les citoyens. Une valeur écrite dans la loi vaut pour tous et se défend devant un juge : c’est le cas du contrat d’engagement républicain que signent les associations subventionnées depuis 2022. L’« arc républicain », lui, n’a ni texte, ni juge, ni appel ; il change selon qui parle.

Rousseau appelait république un État régi par des lois dont le peuple doit être l’auteur. Sur ce critère, nous sommes plus exigeants que ceux qui nous excluent.

Sources : Constitution d’urgence · Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 · #PIC, Abécédaire · Contrat d’engagement républicain — le détail et les citations sont dans l’onglet « Références utiles ».

Pour aller plus loin

Les valeurs qu’on nous oppose sont écrites, et nous les reprenons.

La langue, le drapeau, la Marseillaise, la devise et le principe « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple » figurent dans la Constitution d’urgence, Titre I, article 2, comme à l’article 2 de la Constitution de 1958.

La laïcité, l’indivisibilité, la forme républicaine du gouvernement, l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion, et l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats et responsabilités sont inscrits dans la Constitution d’urgence, Titre I, article 1.

Le Préambule fondateur précise que la Déclaration de 1789 et le Préambule de 1946, qui proclame les droits de « tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance », sont conservés.

Notre Abécédaire revendique même la tradition républicaine la plus exigeante, celle de Cicéron, de Machiavel (celui des Discours, qui n’avait rien de machiavélique), de Quentin Skinner et de Philip Pettit, pour qui la liberté consiste à ne dépendre du pouvoir arbitraire de personne.

Il faut donc distinguer 2 choses que le débat confond.

Il existe des valeurs républicaines au sens juridique : depuis le décret du 31 décembre 2021, toute association qui demande une subvention publique signe un contrat d’engagement républicain en 7 points, du « respect des lois de la République » au « respect des symboles de la République », en passant par l’égalité, la non-discrimination et la dignité de la personne.

On peut discuter ce texte ; il a au moins une qualité : il vaut pour tous, et un juge peut en contrôler l’application. L’« arc républicain » n’a rien de tel.

Aucun texte n’en fixe le tracé, aucune instance ne le vote, aucun recours n’existe contre lui.

La philosophe Chantal Mouffe, qu’on ne peut soupçonner de complaisance envers la droite radicale, reprochait dès 2001 à la condamnation morale de l’extrême droite d’en faire un « eux maléfique » et d’empêcher de la combattre « sur un terrain véritablement politique ».

Albert Camus l’avait dit d’une phrase : « Mal nommer un objet, c’est ajouter au malheur de ce monde. » Quand « républicain » sert à désigner les fréquentables, le mot cesse de nommer la chose publique ; il nomme un club.

Notre désaccord réel est ailleurs, et il est honorable. Rousseau, dans le Contrat social, appelle république « tout État régi par des loix », et précise aussitôt : « Le Peuple soumis aux loix en doit être l’auteur. »

Aujourd’hui, le peuple n’est l’auteur d’aucune loi : il élit ceux qui les écrivent. Nous voulons qu’il puisse les proposer, les abroger et révoquer ses délégués. Si c’est cela, ne pas être républicain, alors Rousseau ne l’était pas non plus.

Les relances probables

« Le Conseil constitutionnel parle de “principes fondamentaux reconnus par les lois de la République” : ce sont bien des valeurs. »

Oui, et ce sont des normes dégagées par un juge, qui s’imposent à tous. Nous les gardons avec le Préambule de 1946 qui les mentionne. Aucun juge, en revanche, n’a jamais décidé qui se trouve dans l’« arc républicain ».

« Refuser l’arc républicain, c’est le discours du Rassemblement national. »

La critique de fond, celle qui transforme l’adversaire en ennemi moral, la philosophe de gauche Chantal Mouffe la formulait dès 2001. Une critique ne devient pas fausse parce qu’un parti la reprend ; elle se juge sur ses raisons.

« Donc vous ne ferez jamais barrage à personne ? »

Nous sommes intraitables sur les règles. Notre Constitution d’urgence met hors d’atteinte de toute révision, même par référendum, la souveraineté du peuple, l’interdiction du pouvoir personnel et la dignité de la personne humaine (Constitution d’urgence, Titre XVIII, article 3) ; notre Protocole proscrit toute violence (Protocole, Titre VII, article 1). Nous combattons les idées au grand jour, pas les personnes par l’exclusion. La réponse complète est dans la riposte sur le cordon sanitaire.

« Votre Constitution supprime jusqu’au mot “République” ! »

Elle le retire du nom de l’État, pas de la chose : l’article premier dispose que « sa forme de gouvernement est républicaine » et que la substitution du nom « n’est pas une rupture avec l’héritage républicain : elle en accomplit la promesse » (Constitution d’urgence, Titre I, article 1). La devise, la laïcité, l’égalité devant la loi et le principe « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple » demeurent. Le débat est légitime, et c’est le peuple qui le tranchera par référendum.

« Vos vidéos comparent la France à la Corée du Nord. »

Le propos n’est pas de comparer la France à une dictature, c’est de rappeler que le mot ne garantit rien par lui-même : il coiffe aussi bien la République et canton de Genève que la République populaire démocratique de Corée. Ce qui garantit, ce sont des règles vérifiables.

Les pièges à éviter

  • Ne dites jamais « les valeurs républicaines n’existent pas » : certaines sont écrites (article 2, Préambule de 1946, contrat d’engagement républicain). Dites : « nous les signons ; montrez-nous celle que nous violons ».
  • Ne reprenez pas le vocabulaire « matraque symbolique » ou « cordon d’exclusion » : il est proche de celui du Rassemblement national et vous serez classé avant d’avoir argumenté.
  • Ne cachez pas que la Constitution d’urgence remplace « République » par « Démocratie » dans le nom de l’État : dites-le d’emblée, en ajoutant que la forme républicaine du gouvernement est maintenue en toutes lettres (Titre I, article premier).
  • N’attaquez pas les personnes qui invoquent l’arc républicain : beaucoup le font de bonne foi, par peur réelle de l’extrême droite. Répondez à la peur par des règles.

Références utiles

Les citations, les ouvrages, les études et les chiffres sur lesquels repose cette réponse, avec leurs sources. Pour vérifier, approfondir, et répondre à qui vous demandera d’où vous tenez vos arguments.

Constitution d’urgence, Titre I, article 2 : « La langue de la Démocratie est le français. L’emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge. L’hymne national est la Marseillaise. La devise est « Liberté, Égalité, Fraternité ». Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. ». consulter la source

Constitution d’urgence, Titre I, article premier — De la nature du régime : « La France est une Démocratie indivisible, laïque, sociale, souveraine, délibérative et collégiale. Sa forme de gouvernement est républicaine : la chose publique appartient au peuple tout entier, et nul n’y exerce l’autorité par droit de naissance. Le nom de Démocratie, qui désigne le régime par son principe, le pouvoir du peuple, se substitue à celui de République dans la dénomination de l’État et de ses institutions, en tous les points de la présente Constitution. Cette substitution n’est pas une rupture avec l’héritage républicain : elle en accomplit la promesse. La Démocratie française assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation reconnaît la souveraineté du peuple comme principe premier, le référendum et l’initiative citoyenne comme modes normaux de son exercice, et la subsidiarité comme règle de répartition des compétences. La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu’aux responsabilités professionnelles et sociales ; elle veille à ce que le tirage au sort respecte cette égalité. ». consulter la source

Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, alinéas 1 et 3 (site du Conseil constitutionnel) : « Au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes qui ont tenté d’asservir et de dégrader la personne humaine, le peuple français proclame à nouveau que tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés. […] 3. La loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l’homme. ». consulter la source

#PIC, Abécédaire, « La République » : « Res publica : la chose publique, la chose commune. Cicéron en a donné la définition restée classique : la chose publique est la chose du peuple, et le peuple n’est pas n’importe quel rassemblement d’hommes, mais une multitude associée par un droit reconnu de tous et par la communauté des intérêts. De cette source est née une tradition que le #PIC revendique : […] Quentin Skinner et Philip Pettit ont remis au jour une liberté républicaine entendue comme absence de domination, le fait de ne dépendre du pouvoir arbitraire de personne. ». consulter la source

Contrat d’engagement républicain, décret n° 2021-1947 du 31 décembre 2021 (pris pour l’application de l’article 10-1 de la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000), présentation de la DREETS Hauts-de-France : « Les sept engagements : « Respect des lois de la République » ; « Liberté de conscience » ; « Liberté des membres de l’association » ; « Égalité et non-discrimination » ; « Fraternité et prévention de la violence » ; « Respect de la dignité de la personne humaine » ; « Respect des symboles de la République ». ». consulter la source

Chantal Mouffe, « Why the left needs a political adversary not a moral enemy », transversal texts, janvier 2001 : « the « extreme right » – a rather undifferenciated and unexamined entity- is increasingly presented as the personnification of the « evil them » against which all the good democrats should unite. […] Moreover it does not help understanding the reasons behind the increasing success of right-wing populist parties and impedes envisaging how one can struggle against them on a truly political terrain. — Notre traduction : « l’“extrême droite”, entité assez indifférenciée et jamais examinée, est de plus en plus présentée comme la personnification du “eux maléfique” contre lequel tous les bons démocrates devraient s’unir. […] En outre, cela n’aide pas à comprendre les raisons du succès croissant des partis populistes de droite, et empêche d’envisager comment les combattre sur un terrain véritablement politique. ». consulter la source

Albert Camus, « Sur une philosophie de l’expression », Poésie 44, n° 17, décembre 1943-février 1944, p. 21 ; vérification de la leçon exacte par le site Citations vérifiées : « Mal nommer un objet, c’est ajouter au malheur de ce monde. ». consulter la source

Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social, 1762, livre II, chapitre VI « De la loi » (édition de 1762, Wikisource) : « J’appelle donc République tout État régi par des loix, sous quelque forme d’administration que ce puisse être : car alors seulement l’intérêt public gouverne, & la chose publique est quelque chose. […] Le Peuple soumis aux loix en doit être l’auteur ». consulter la source

Constitution du 4 octobre 1958, articles 1er et 2 (texte en vigueur, site du Conseil constitutionnel) : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée. La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives […] » ; « La devise de la République est « Liberté, Égalité, Fraternité ». Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. ». consulter la source

#PIC, Constitution d’urgence, Préambule fondateur, note de lecture : « ce préambule ne remplace pas le Préambule de 1958 renvoyant aux Déclarations de 1789 et 1946, que la présente Constitution conserve. ». consulter la source

#PIC, Protocole, Titre VII, article 1 — Du code de conduite : « Toute forme de violence verbale ou physique, de harcèlement moral ou sexuel et de discrimination est proscrite. ». consulter la source

Version 1.4 du 5 octobre 2026 — encadré « Entre nous » et réponse courte réécrits (lot 3). Version 1.3 du 2 octobre 2026 — citations de la Constitution d’urgence (Titre I, article premier) alignées sur le texte en vigueur ; encadré « Entre nous ». Version 1.2 du 27 septembre 2026 — présentation des traductions harmonisée dans les références ; la section devient l’Autodéfense, kit de répartie du #PIC. Version 1.1 du 25 septembre 2026, au soir — harmonisation avec la Constitution d’urgence et le Protocole amendés le même jour (référendum engagé dès l’entrée en fonctions, engagement notarié unique, Conseil de l’Année Zéro subordonné à l’adoption, citations et chiffres vérifiés). Version 1 du 25 septembre 2026 — première publication.

Le procédé, dans le Lexique du Pouvoir : La captation des mots · La fenêtre d’Overton

Le mot juste, dans l’Abécédaire : La République · La laïcité · La démocratie agonistique

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