On vous dit :
« Vous vous dites démocrates, et chez vous il faudrait “faire ses preuves” pour être écouté ? C’est de l’élitisme. En démocratie, tout le monde se vaut, et chacun a autant que les autres le droit d’être entendu. »
Voici ce que vous pouvez répondre
Tout le monde se vaut en droits : c’est l’article premier de la Déclaration de 1789, et c’est notre combat. Mais la même Déclaration ajoute que « les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune », et elle rend chacun admissible aux emplois publics « selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents ». L’égalité des droits n’a jamais voulu dire l’équivalence des œuvres.
Chez nous, chaque adhérent vote en plénière, et le membre de la Forge, l’équipe qui exécute, « y vote au même titre ». Entrer dans la Forge n’est pas un droit mais une charge, qui ne s’obtient « ni par l’ancienneté ni par l’insistance » ; on y travaille bénévolement, sans grade ni salaire.
Le mérite que nous reconnaissons ne s’hérite pas, ne s’achète pas, ne s’affiche pas. Il se voit : c’est ce qu’on a fait pour les autres.
Sources : Déclaration des droits de l’homme et du citoyen · #PIC, Protocole · Alexis de Tocqueville · Michael Young · René Descartes · Emmanuel Kant — le détail et les citations sont dans l’onglet « Références utiles ».
Pour aller plus loin
« Tout se vaut » : la phrase qui désarme
Il y a deux manières d’aimer l’égalité, et Tocqueville les a distinguées une fois pour toutes, en 1835. L’une est « une passion mâle et légitime pour l’égalité qui excite les hommes à vouloir être tous forts et estimés » ; elle « tend à élever les petits au rang des grands ». L’autre est « un goût dépravé pour l’égalité, qui porte les faibles à vouloir attirer les forts à leur niveau », et qui finit par faire préférer « l’égalité dans la servitude à l’inégalité dans la liberté ». La première a écrit la Déclaration des droits ; la seconde peuple les assemblées où plus personne ne peut rien entreprendre, parce que toute initiative y passe pour une prétention.
« Tout se vaut » est la devise de la seconde. Elle se donne des airs d’humilité ; c’est une abdication. Si tout se vaut, le travail du militant qui a passé sa nuit à vérifier une source vaut le message de celui qui l’a démoli en 30 secondes ; la question qui fait avancer vaut la question posée pour qu’on n’avance pas ; et celui qui tient parole vaut celui qui la reprend. Aucun collectif n’y survit.
L’égalité que nous défendons est celle des droits et de la dignité, et nous la voulons radicale : elle donne à chaque citoyen le pouvoir de décider, par référendum, de ce qui le concerne (Constitution d’urgence, Titre premier, article 6). Elle ne prétend pas que tous les travaux se valent. Elle prétend que chacun peut faire le sien, et qu’on le lui reconnaîtra.
D’où vient le mot, et pourquoi il fait peur
Le mot « méritocratie » doit sa célébrité à une mise en garde. En 1958, le sociologue britannique Michael Young publie The Rise of the Meritocracy (« L’ascension de la méritocratie »), une satire qui imagine l’Angleterre de 2033 gouvernée par une élite sélectionnée sur l’intelligence et l’effort, si sûre de son mérite qu’elle en perd toute considération pour les autres. 43 ans plus tard, dans The Guardian, il voit les dirigeants de son propre parti brandir le mot comme un idéal, et rappelle ce qu’il voulait dire :
It is good sense to appoint individual people to jobs on their merit. It is the opposite when those who are judged to have merit of a particular kind harden into a new social class without room in it for others. (Il est de bon sens de confier chaque emploi à qui le mérite. C’est l’inverse lorsque ceux dont on juge qu’ils ont un certain type de mérite se durcissent en une nouvelle classe sociale, où il n’y a pas de place pour les autres ; notre traduction.)
On aurait tort de lire Young contre nous : il nous donne raison deux fois. Il ne condamne pas le mérite, il condamne sa pétrification ; et le mot qu’il emploie pour la règle saine est exactement le nôtre, le bon sens. La sociologie française avait fait un diagnostic voisin : dans Les Héritiers, en 1964, Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron montraient comment l’école convertit en mérite scolaire ce qui est d’abord un héritage. Le philosophe américain Michael Sandel, en 2020, a décrit l’orgueil des gagnants persuadés de ne devoir leur place qu’à eux-mêmes, et l’humiliation de ceux qu’on renvoie à leur prétendu manque de talent (La Tyrannie du mérite).
Ces critiques visent un mérite certifié par des diplômes, transmis par des familles, monnayé en salaires et en positions. Le nôtre n’a aucun de ces caractères. Il ne se lit sur aucun parchemin, ne s’hérite pas, ne rapporte rien : au sein du mouvement, aucune mission ne donne lieu à rémunération sans contrat écrit préalable (Protocole, Titre VI, article 1), et le Protocole « n’organise aucune hiérarchie de personnes : il organise une hiérarchie de procédures » (Titre I, article 1).
Le bon sens, chose du monde la mieux partagée
Descartes ouvre le Discours de la méthode, en 1637, par une ironie qu’on cite souvent sans l’entendre : « Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée ; car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose n’ont point coutume d’en désirer plus qu’ils en ont. » Le bon sens est également distribué en puissance ; il ne l’est pas en usage, et toute la méthode qui suit sert à le bien conduire.
Aristote l’appelait phronèsis, la prudence pratique : non la science de ce qui est toujours vrai, mais l’art de bien juger de ce qu’il faut faire, ici et maintenant. Pascal distinguait l’esprit de géométrie, qui raisonne sur des principes peu nombreux et nets, de l’esprit de finesse, qui saisit d’un coup d’œil des principes trop nombreux et trop déliés pour être démontrés. Montaigne voulait pour l’enfant un précepteur qui eût « plustost la teste bien faicte que bien pleine ». Et Antonio Gramsci, dans ses Cahiers de prison, distinguait le sens commun, sédiment de préjugés reçus, de son noyau sain, qu’il appelait précisément le bon sens.
George Orwell a donné à cette sagesse ordinaire son nom politique : la common decency, la décence ordinaire, ce sens spontané de ce qui se fait et ne se fait pas. C’est ce bon sens-là que nous invoquons : non un slogan contre les experts, ni une dispense de règles, mais la capacité de reconnaître, sans formulaire, qui travaille, qui aide et qui entrave.
La bonne volonté, et ce qu’elle oblige
Kant ouvre les Fondements de la métaphysique des mœurs, en 1785, par cette phrase : « De tout ce qu’il est possible de concevoir dans le monde, et même en général hors du monde, il n’est rien qui puisse sans restriction être tenu pour bon, si ce n’est seulement une bonne volonté. » La bonne volonté est notre premier capital, et le seul que chacun possède en entrant. Mais elle ne vaut que par ce qu’elle entreprend. Notre riposte « Vous n’êtes qu’une poignée » l’a dit d’une phrase : « La bonne volonté meurt rarement d’un refus. Elle meurt d’attente. »
Le bon sens et la bonne volonté vont ensemble, et le mérite naît de leur rencontre. La bonne volonté sans le bon sens se dépense en agitation ; le bon sens sans la bonne volonté se contente d’avoir raison. Réunis, ils font ce que nous appelons le mérite : une volonté qui se met au service d’un jugement juste, et qui le prouve en le faisant.
Ni grade ni caste : la loi de la situation
Reconnaître ceux qui font n’oblige pas à leur coudre des galons. En 1926, l’Américaine Mary Parker Follett, l’une des premières à penser l’organisation comme une démocratie du travail, proposait de dépersonnaliser les ordres : réunir tous les intéressés dans l’étude de la situation, découvrir ce qu’elle appelait la loi de la situation, et lui obéir. Le commandement ne vient alors de personne ; il vient de la chose à faire.
C’est l’esprit de notre Protocole. Il s’impose à chaque membre « quel que soit son rang, son ancienneté ou sa contribution », et il n’organise aucune hiérarchie de personnes (Titre I, article 1). La Forge elle-même n’est pas un titre : « En faire partie n’est pas un droit mais une charge », et « nul n’y reste sans y travailler » (Titre II, article 3).
Les ingénieurs qui ont bâti l’Internet se sont donné une règle voisine, en 1992 :
We reject: kings, presidents and voting. We believe in: rough consensus and running code. (Nous rejetons les rois, les présidents et le vote. Nous croyons au consensus approximatif et au code qui tourne ; notre traduction.)
L’ethnologue Pierre Clastres avait trouvé, dans des sociétés amérindiennes, des chefs sans pouvoir de contrainte : ils parlaient, on les écoutait ou non, et leur prestige ne survivait pas à la prétention de commander (La verticalité opérative). Une autorité qui doit se mériter chaque jour ne peut pas se changer en caste : elle s’évanouit dès qu’elle cesse de servir.
L’autorité qui ne s’impose pas
Hannah Arendt définissait l’autorité par ce qu’elle n’est pas : ni la contrainte par la force, ni la persuasion par les arguments. On ne l’impose pas, on ne la plaide pas : on la reconnaît. C’est pourquoi elle ne se réclame pas. Celui qui exige d’être suivi au nom de l’égalité réclame en vérité une autorité qu’il n’a pas acquise ; il demande qu’on lui accorde par principe ce que d’autres ont gagné par leur peine.
La Rochefoucauld en avait averti, avec sa cruauté ordinaire : « Le monde récompense plus souvent les apparences du mérite que le mérite même. » Notre règle vise exactement cet écart. Elle ne récompense ni l’aplomb, ni l’éloquence, ni l’ancienneté (« aux âmes bien nées / La valeur n’attend point le nombre des années », disait déjà le Cid) : elle reconnaît le travail fait, au vu de tous, et seulement lui.
Ce que cela signifie pour le #PIC
Première conséquence : deux statuts, et une seule voix chacun. L’adhérent « vote en plénière, contribue à son rythme et ne doit de comptes qu’à lui-même » ; le membre de la Forge « y vote au même titre » (Protocole, Titre IV, article 1). Les décisions ordinaires se prennent à la majorité simple des présents et représentés (Titre V, article 2). Le mérite ne donne pas une voix de plus.
Deuxième conséquence : le pays que nous proposons ne demande de mérite à personne. Dans la Constitution d’urgence, nul n’a rien à prouver pour voter, et les Formulateurs comme l’Agora citoyenne sont tirés au sort parmi tous les citoyens. Le sort pour représenter, le vote pour décider : la démocratie n’a pas à trier ses citoyens. L’équipe qui travaille à l’instaurer, elle, se doit d’être efficace, et l’efficacité a besoin qu’on reconnaisse ceux qui font.
Troisième conséquence : le mérite ne se change jamais en pouvoir sur les personnes. La Forge réunit « des bénévoles » qui travaillent ensemble « sans salaire qui les retienne ni hiérarchie qui autorise à les rudoyer » (Titre V, article 7). Le mérite donne l’écoute et la confiance ; il ne donne ni grade, ni salaire, ni droit de punir.
Dernière conséquence : chacun peut partir et chacun peut critiquer. Tout membre peut quitter le mouvement à tout moment, « sans avoir à s’en justifier » (Titre IV, article 6), et « la critique du mouvement, de ses décisions et de ses responsables est libre » (Titre VII, article 5).
Ce que nous concédons
La reconnaissance du mérite a ses injustices. Le travail visible se voit mieux que le travail discret : celui qui relit, vérifie, accueille ou console est moins remarqué que celui qui publie. Le prestige, aussi, peut aller à ceux qui parlent le mieux plutôt qu’à ceux qui font le plus : La Rochefoucauld n’avait pas tort. Et une équipe qui se sait méritante peut glisser vers l’orgueil que décrit Sandel.
La cooptation a ses angles morts : une candidature à la Forge est ouverte à l’opposition pendant 21 jours, et l’absence d’objection vaut consentement (Titre IV, article 3), ce qui sert plus volontiers ceux qu’on connaît déjà. La parade n’est pas un règlement de plus : c’est la sortie toujours ouverte, la critique toujours libre, et un Protocole qui prévoit sa propre fin, parce qu’« un mouvement qui se donnerait des règles destinées à lui survivre aurait déjà trahi son objet » (Titre IX, article 4). Une élite qui se sait provisoire a moins de raisons de se croire élue.
Les relances probables
« Qui décide de qui a du mérite ? »
Personne ne le décerne. Pour la Forge, la règle est écrite : la candidature est présentée, ouverte à l’opposition pendant 21 jours, et l’absence d’objection vaut consentement (Protocole, Titre IV, article 3). Il n’y a ni jury du mérite, ni classement, ni prime.
« C’est la loi du plus fort en gueule. »
C’est l’inverse. Le plus fort en gueule réclame du temps de parole ; chez nous, chacun est écouté, mais l’entrée dans la Forge ne s’obtient « ni par l’ancienneté ni par l’insistance » (Protocole, Titre IV, article 1), et le Protocole s’impose à chacun, « quel que soit son rang, son ancienneté ou sa contribution » (Titre I, article 1).
« Vous excluez ceux qui n’ont pas le temps. »
Personne n’a besoin de temps pour voter : chaque adhérent a sa voix en plénière et contribue à son rythme. La Forge est une charge, pas un droit, et nos façons de s’engager commencent à 5 minutes par mois. Celui qui n’a pas le temps aujourd’hui est des nôtres quand même.
« La méritocratie, c’est le mot des élites qui nous gouvernent. »
Leur mérite est celui des diplômes et des héritages, celui-là même contre lequel Michael Young, qui rendit le mot célèbre, mettait en garde dès 1958. Le nôtre ne s’hérite pas, ne s’achète pas et ne rapporte rien. Si vous voulez parler des élites qui se reproduisent, nous sommes d’accord avec vous : c’est l’une des raisons d’être du #PIC.
« Le bon sens, c’est le mot des populistes. »
C’est aussi celui de Descartes, de Gramsci et d’Orwell. Le bon sens que nous invoquons n’est pas un slogan contre le savoir : c’est la capacité de juger de ce qu’il faut faire, ici et maintenant, que tous possèdent et que peu exercent. Et il s’exerce chez nous dans des règles écrites et publiques (Le populisme).
Les pièges à éviter
- Ne dites jamais « tout le monde ne se vaut pas ». Dites : « tout le monde a les mêmes droits ; tous les travaux ne se valent pas ». La première phrase est encadrable ; la seconde est irréfutable.
- N’attribuez « tout se vaut » à aucun camp politique : le nivellement n’a pas de bord, et le #PIC n’en a pas davantage.
- Ne faites valoir ni vos diplômes, ni ceux de quiconque : le mérite dont nous parlons n’en dépend pas, et l’argument se retournerait contre vous.
- Ne confondez pas la plénière, où chaque adhérent a une voix, et la Forge, où l’on entre par cooptation et où l’on reste en travaillant : c’est cette distinction qui fait toute la réponse.
- Ne présentez pas le mérite comme une récompense : chez nous, il ne rapporte ni argent, ni grade, ni pouvoir sur personne.
- Ne prêtez pas à Michael Young ce qu’il n’a pas dit : il ne condamnait pas le mérite, mais sa pétrification en classe.
Pour prolonger
Dans l’Abécédaire et le Lexique du Pouvoir :
- La verticalité opérative
- La sollicitation d’avis
- La sécurité psychologique
- La loi d’airain de l’oligarchie
- Le despotisme doux
Dans nos textes :
- La Forge
- Protocole, titre I, art. 1 : l’objet du Protocole
- Protocole, titre II, art. 3 : la Forge
- Protocole, titre IV, art. 1 : les deux statuts
- S’engager
Dans l’Autodéfense :
Références utiles
Les citations, les ouvrages, les études et les chiffres sur lesquels repose cette réponse, avec leurs sources. Pour vérifier, approfondir, et répondre à qui vous demandera d’où vous tenez vos arguments.
Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789, articles 1 et 6 : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune » ; « Tous les citoyens étant égaux à ses yeux sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents ». consulter la source
Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, tome I (1835), première partie, chapitre 3, édition de 1848 : « Il y a en effet une passion mâle et légitime pour l’égalité qui excite les hommes à vouloir être tous forts et estimés. Cette passion tend à élever les petits au rang des grands, mais il se rencontre aussi dans le cœur humain un goût dépravé pour l’égalité, qui porte les faibles à vouloir attirer les forts à leur niveau, et qui réduit les hommes à préférer l’égalité dans la servitude à l’inégalité dans la liberté ». consulter la source
Michael Young, The Rise of the Meritocracy, 1870-2033, Thames and Hudson, 1958 ; « Down with meritocracy », The Guardian, 29 juin 2001 : « It is good sense to appoint individual people to jobs on their merit. It is the opposite when those who are judged to have merit of a particular kind harden into a new social class without room in it for others » (Il est de bon sens de confier chaque emploi à qui le mérite. C’est l’inverse lorsque ceux dont on juge qu’ils ont un certain type de mérite se durcissent en une nouvelle classe sociale, où il n’y a pas de place pour les autres ; notre traduction). consulter la source
Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, Les Héritiers. Les étudiants et la culture, Minuit, 1964 ; Michael J. Sandel, The Tyranny of Merit, 2020, trad. française La Tyrannie du mérite, Albin Michel, 2021.
René Descartes, Discours de la méthode (1637), première partie, éd. Cousin : « Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée ; car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose n’ont point coutume d’en désirer plus qu’ils en ont ». consulter la source
Michel de Montaigne, Essais, livre I, chapitre 26 : « plustost la teste bien faicte que bien pleine ». consulter la source
Aristote, Éthique à Nicomaque, livre VI (la phronèsis) ; Blaise Pascal, Pensées (esprit de géométrie et esprit de finesse) ; Antonio Gramsci, Cahiers de prison (le bon sens, noyau sain du sens commun) ; George Orwell et la common decency, voir Jean-Claude Michéa, Orwell, anarchiste tory, Climats, 1995.
Emmanuel Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs (1785), première section, trad. Victor Delbos : « De tout ce qu’il est possible de concevoir dans le monde, et même en général hors du monde, il n’est rien qui puisse sans restriction être tenu pour bon, si ce n’est seulement une bonne volonté ». consulter la source
Mary Parker Follett, « The Giving of Orders », 1926 : la « loi de la situation ».
David D. Clark, assemblée plénière de l’Internet Engineering Task Force, juillet 1992, rapporté par Pete Resnick, RFC 7282, 2014 : « We reject: kings, presidents and voting. We believe in: rough consensus and running code » (Nous rejetons les rois, les présidents et le vote. Nous croyons au consensus approximatif et au code qui tourne ; notre traduction). consulter la source
Pierre Clastres, La Société contre l’État, Minuit, 1974 ; Hannah Arendt, « Qu’est-ce que l’autorité ? », dans La Crise de la culture, Gallimard, 1972.
François de La Rochefoucauld, Réflexions ou sentences et maximes morales, maxime CLXVI : « Le monde récompense plus souvent les apparences du mérite que le mérite même ». consulter la source
Pierre Corneille, Le Cid (1637), acte II, scène 2 : « Je suis jeune, il est vrai ; mais aux âmes bien nées / La valeur n’attend point le nombre des années ». consulter la source
#PIC, Protocole, Titre I, article 1 : « Il est opposable à tout membre, quel que soit son rang, son ancienneté ou sa contribution. Il n’organise aucune hiérarchie de personnes : il organise une hiérarchie de procédures ». consulter la source
#PIC, Protocole, Titre II, article 3 : « En faire partie n’est pas un droit mais une charge : la Forge suppose une disponibilité, une transparence d’identité et une discipline d’exécution supérieures à celles que le mouvement demande à ses adhérents. Nul n’y entre sans l’avoir demandé, nul n’y reste sans y travailler ». consulter la source
#PIC, Protocole, Titre IV, article 1 : « Le membre de la Forge y vote au même titre ; il conçoit en outre, exécute et engage le mouvement par sa parole. Le passage du premier au second ne s’obtient ni par l’ancienneté ni par l’insistance : il suppose la cooptation prévue à l’article 3 ». consulter la source
#PIC, Protocole, Titre IV, article 3 : « La candidature est ouverte à l’opposition pendant vingt et un jours francs. Passé ce délai, l’absence d’objection formelle vaut consentement, et aucune opposition tardive n’est recevable ». consulter la source
#PIC, Protocole, Titre V, article 7 : « des ateliers, où des bénévoles travaillent ensemble sans salaire qui les retienne ni hiérarchie qui autorise à les rudoyer ». consulter la source
#PIC, Protocole, Titre VI, article 1 : « En l’absence de contrat écrit préalable, aucune mission, production ou expertise ne peut donner lieu à rémunération, indemnité ou requalification ». consulter la source
#PIC, Protocole, Titre VII, article 5 : « La critique du mouvement, de ses décisions et de ses responsables est libre, pendant l’engagement comme après le départ, en interne comme en public ; nul ne peut être inquiété pour l’avoir exercée ». consulter la source
#PIC, Protocole, Titre IX, article 4 : « Un mouvement qui se donnerait des règles destinées à lui survivre aurait déjà trahi son objet ». consulter la source
Version 1 du 5 octobre 2026 — première publication.
Le procédé, dans le Lexique du Pouvoir : La loi d’airain de l’oligarchie · Le despotisme doux
Le mot juste, dans l’Abécédaire : La verticalité opérative · La sollicitation d’avis · La sécurité psychologique
Pour agir : s’engager
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Un argument ne vaut que par ceux qui le portent.

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