« Votre méta-candidature, c’est la candidature d’un homme »

On vous dit :

« Votre “méta-candidature”, c’est surtout la candidature d’un homme : son nom sur le bulletin, son média, ses vidéos, son compte. Le collectif sert de vitrine à une ambition personnelle. »

Voici ce que vous pouvez répondre

Jugez-le à ses verrous, pas aux intentions qu’on lui prête. Un seul nom sur le bulletin, parce que la loi l’exige ; 6 visages à ses côtés pendant toute la campagne, et auprès de chacun, une Égide désignée publiquement.

Élu, il s’engage devant notaire à n’exercer ses pouvoirs qu’après avoir délibéré avec les 6, et à publier la date et l’objet de chaque délibération. Sa seule mission : soumettre la Constitution d’urgence au peuple dans les 8 jours. Si le peuple dit non, il démissionne. S’il dit oui, la présidence disparaît, et il n’est plus qu’une voix sur 7.

Notre Constitution le pose : « le prestige attaché à une personnalité ne saurait fonder à lui seul une délégation de pouvoir ». Une ambition personnelle n’écrirait pas elle-même la fin de sa propre fonction.

Sources : Hannah Arendt · Arthur Schopenhauer · Constitution d’urgence · #PIC, Protocole — le détail et les citations sont dans l’onglet « Références utiles ».

Pour aller plus loin

L’attaque vise la personne pour éviter le dispositif.

Schopenhauer en a fait l’« ultime stratagème » de la dispute : quand on ne peut plus rien opposer à l’argument, on s’en prend à celui qui le porte. Sa parade reste la bonne : répondre calmement que l’attaque n’a rien à voir avec l’objet du débat, et y ramener la conversation.

Le dispositif, le voici. La Constitution d’urgence (Titre XVIII, art. 4) oblige le président élu à soumettre la Constitution d’urgence au référendum d’ouverture et à renoncer, « quelle qu’en soit l’issue », à « l’exercice personnel et prolongé du pouvoir présidentiel ».

Le Protocole précise : « Si le peuple la rejette, le pouvoir lui est rendu : […] le président élu démissionne » (Titre II, art. 6). S’il l’adopte, le pouvoir de transition revient au Conseil de l’Année Zéro, qui réunit les Sept et les Soixante-dix-sept, chacun révocable (Titre II, art. 5).

Avant même le référendum, le président élu s’engage à n’exercer ses pouvoirs « qu’après en avoir délibéré avec les six personnes publiquement présentées à ses côtés pendant la campagne », et à rendre publics « dans les huit jours » la date et l’objet de ces délibérations (Constitution d’urgence, Titre XVIII, article 4). Et auprès de chacun des Sept se tient une Égide, désignée publiquement avant le scrutin, « partenaire qui le seconde sans jamais le suppléer ni voter à sa place » (Titre XVIII, article 5). Un homme qui veut régner seul ne s’entoure pas de témoins.

Dans la Démocratie française proposée, la présidence du Conseil des Sept est « purement honorifique », tournante, sans « aucune voix prépondérante » (Constitution, Titre II, art. 3).

Le Protocole, lui, n’organise « aucune hiérarchie de personnes » mais « une hiérarchie de procédures » (Titre I, art. 1).

Arendt donne la clé : dire de quelqu’un qu’il est « au pouvoir », c’est dire qu’il a été habilité par un certain nombre de personnes à agir en leur nom ; si le groupe se défait, « son » pouvoir disparaît.

Le Manifeste le formule à sa façon : « On peut abattre un leader, mais pas un collectif résilient. »

Les relances probables

« Il dirige un média politique : c’est de l’autopromotion permanente. »

C’est public, et la page Presse le dit. La vraie question est de savoir si nos textes lui donnent un pouvoir personnel : ils font l’inverse. Citez-nous l’article qui lui en donne un.

« Où sont les six autres ? »

Ils seront présentés un par un sur notre site, avant le scrutin, et chacun désignera publiquement son Égide (Titre XVIII, article 5). Jusque-là, jugez-nous sur les engagements écrits, qui lient les Sept à égalité.

« S’il gagne, il reste dix-huit à vingt-quatre mois au pouvoir. »

Pas comme président, et pas seul. Si le peuple adopte la Constitution d’urgence, la présidence disparaît : il devient l’un des 7 vice-présidents, sans hiérarchie, pour un mandat unique qui court de l’entrée en vigueur du texte, et il ne décide plus qu’avec 3 autres voix au moins (Titre II, article 2). Pendant l’Année Zéro, le Conseil expédie les affaires courantes, et toute mesure qui relève du référendum obligatoire est soumise au peuple (Titre XVIII, article 5). Et il reste révocable par référendum, à l’initiative de l’Agora citoyenne ou des Soixante-dix-sept (Titre II, article 6).

« Il se fait appeler “parrhésiaste” : il se prend pour Socrate. »

Le mot grec désigne celui qui dit ce qu’il tient pour vrai, en son nom, en acceptant d’en payer le prix. Michel Foucault, qui lui a consacré ses derniers cours, en faisait une affaire de risque, pas de prestige. Ce pseudonyme est donc une promesse, et elle se vérifie : citer ses sources, pour que chacun puisse le démentir. Jugez-le sur cette promesse. Le jour où il affirme sans preuve, dites-le publiquement : ce sera votre propre parrêsia.

« Un mouvement ne survit jamais à son fondateur. »

Le Conseil national de la Résistance a perdu son président, Jean Moulin, arrêté à Caluire le 21 juin 1943, moins d’un mois après la première séance. Il a continué : après l’intérim de Claude Bouchinet-Serreulles, Georges Bidault a été porté à sa présidence, et le programme a été adopté le 15 mars 1944, moins de 9 mois après l’arrestation. La légitimité était dans la table, pas dans un homme. Notre Manifeste le dit : « On peut abattre un leader, mais pas un collectif résilient. »

« Vous dénoncez la personnalisation du pouvoir, et c’est toujours le même homme qu’on voit en direct, seul face à sa caméra. »

L’objection est juste, et nous la prenons au mot. Nos règles écrites instituent un Binôme-Égide : chaque mandataire du mouvement est secondé par un partenaire qui prépare, contredit et veille avec lui (Protocole, Titre III, article 1), et ce principe a vocation à s’étendre à toutes les fonctions clés. Nul membre ne peut présenter une orientation de fond comme la position du mouvement (Protocole, Titre I, article 6). Et le Conseil des Sept, dont les visages seront présentés un par un, parle d’une seule voix à sept. Jugez-nous à ce que ces règles rendront visible : plusieurs voix, et pas une.

« Votre Manifeste dit que “quiconque se présente aux élections” trahit une “ambition narcissique” : votre fondateur aussi ? »

La phrase s’applique à lui comme aux autres, et c’est pourquoi nous ne demandons pas qu’on nous croie sur parole. Le Manifeste l’écrit : « En remplaçant l’ambition personnelle par un engagement devant notaire, nous tuons l’hybris dans l’œuf. » Avant le scrutin, les Sept, dont le candidat constitutionnel, s’engageront devant notaire, sur leurs biens personnels, à soumettre la Constitution d’urgence au référendum dès l’entrée en fonctions du président élu, avec le même jour une question distincte sur la sortie des traités européens ; si le peuple rejette la Constitution, le président élu démissionne. La règle protège contre l’hubris de tous, y compris la sienne. Voyez aussi « Vous faites ce que vous dénoncez ».

Les pièges à éviter

  • Ne défendez pas les qualités personnelles du candidat : vous feriez de la question une affaire de personne, ce qui est précisément le terrain de l’adversaire.
  • Ne prêtez pas d’intention à celui qui attaque (« vous êtes jaloux », « vous êtes payé ») : c’est le même stratagème, retourné.
  • Parlez de l’engagement notarié au futur : il sera signé avant le scrutin.
  • Ne dites pas que le candidat quittera tout pouvoir à la fin de l’Année Zéro : si la Constitution d’urgence est adoptée, il siège parmi les Sept, à égalité, pour un mandat unique. Dites plutôt qu’il n’y sera qu’une voix sur 7, révocable.

Références utiles

Les citations, les ouvrages, les études et les chiffres sur lesquels repose cette réponse, avec leurs sources. Pour vérifier, approfondir, et répondre à qui vous demandera d’où vous tenez vos arguments.

Hannah Arendt, On Violence, Harcourt, Brace & World, 1970 (trad. fr. « Sur la violence », dans Du mensonge à la violence, Calmann-Lévy, 1972) : « Power corresponds to the human ability not just to act but to act in concert. Power is never the property of an individual; it belongs to a group and remains in existence only so long as the group keeps together. When we say of somebody that he is « in power » we actually refer to his being empowered by a certain number of people to act in their name. — Notre traduction : « Le pouvoir correspond à l’aptitude de l’homme non seulement à agir, mais à agir de concert. Le pouvoir n’est jamais la propriété d’un individu ; il appartient à un groupe et ne subsiste qu’aussi longtemps que ce groupe reste uni. Quand nous disons de quelqu’un qu’il est “au pouvoir”, nous voulons dire en réalité qu’il a été habilité par un certain nombre de personnes à agir en leur nom. ». consulter la source

Même passage d’Arendt, On Violence, recopié intégralement (troisième phrase comprise) sur la liste de discussion foucault.info. consulter la source

Arthur Schopenhauer, L’Art d’avoir toujours raison, « Ultime stratagème » (argumentum ad personam), traduction des contributeurs de Wikisource : « Garder son sang-froid peut cependant être salutaire : dès que l’adversaire passe aux attaques personnelles, on répond calmement qu’elles n’ont rien à voir avec l’objet du débat, on y ramène immédiatement la conversation, et on continue de lui montrer à quel point il a tort, sans tenir compte de ses insultes. ». consulter la source

Constitution d’urgence, Titre XVIII, art. 4 — Du référendum unificateur et de l’ouverture de l’Année Zéro : « Le Président de la République élu sur l’engagement de soumettre la présente Constitution au peuple, et de lui poser la seconde question, engage la procédure référendaire sans délai, dès son entrée en fonctions et au plus tard dans les huit jours qui la suivent, par toutes les voies que lui ouvre la Constitution alors en vigueur, y compris un premier référendum ouvrant le processus constituant et en fixant les règles. Quelle qu’en soit l’issue, il renonce à l’exercice personnel et prolongé du pouvoir présidentiel, conformément à l’engagement notarié souscrit avant le scrutin. ». consulter la source

#PIC, Protocole, Titre II, art. 6 — Du Conseil des Sept et de l’engagement patrimonial : « Si le peuple la rejette, le pouvoir lui est rendu : le Conseil des Sept ne voit pas le jour, et le président élu démissionne. ». consulter la source

Constitution d’urgence, Titre I, art. 5 — De la primauté du vote sur l’élection : « Le prestige attaché à une personnalité ne saurait fonder à lui seul une délégation de pouvoir. ». consulter la source

Constitution d’urgence, Titre II, art. 3 — De la présidence tournante et honorifique : « Cette présidence est purement honorifique : elle confère la représentation protocolaire de la Démocratie, non un pouvoir propre. […] Le président annuel ne dispose d’aucune voix prépondérante. ». consulter la source

#PIC, Manifeste, partie II : « On peut abattre un leader, mais pas un collectif résilient. ». consulter la source

Michel Foucault, Discourse and Truth: the Problematization of Parrhesia, six conférences à l’université de Californie à Berkeley, octobre-novembre 1983 (éd. française : Discours et vérité, Vrin, 2016) : « parrhesia is a verbal activity in which a speaker expresses his personal relationship to truth, and risks his life because he recognizes truth-telling as a duty to improve or help other people (as well as himself) » (la parrêsia est une activité verbale dans laquelle celui qui parle exprime son rapport personnel à la vérité, et risque sa vie parce qu’il tient le dire-vrai pour un devoir d’améliorer ou d’aider les autres, et lui-même ; notre traduction) ». consulter la source

Constitution d’urgence, Titre XVIII, article 4, la délibération avant le référendum : « jusqu’à la proclamation des résultats, il n’exerce les pouvoirs attachés à sa fonction qu’après en avoir délibéré avec les six personnes publiquement présentées à ses côtés pendant la campagne, sous réserve du secret de la défense nationale, et la date et l’objet de ces délibérations sont rendus publics dans les huit jours ». consulter la source

Constitution d’urgence, Titre XVIII, article 5, l’Égide : « la personne que le vice-président dont le siège est vacant avait publiquement désignée, avant le scrutin présidentiel, comme son Égide, partenaire qui le seconde sans jamais le suppléer ni voter à sa place, est proposée pour le mandat restant à courir ». consulter la source

Constitution d’urgence, Titre II, article 2, dernière phrase : « Les premiers vice-présidents sont désignés dans les conditions de l’article 5 du Titre XVIII ; leur mandat court de l’entrée en vigueur de la présente Constitution. ». consulter la source

Version 2 du 5 octobre 2026 — encadré « Entre nous » et réponse courte refaits autour d’un nom sur le bulletin, de 6 visages à ses côtés et de leurs Égides ; délibération publique du président élu avec les 6 avant le référendum (Titre XVIII, article 4) ; relance sur la durée au pouvoir corrigée : si la Constitution est adoptée, le candidat élu siège parmi les Sept pour un mandat unique (Titre II, article 2) ; citation du Protocole (Titre II, article 6) rétablie avec sa coupure. Version 1.4 du 2 octobre 2026 — citations de la Constitution d’urgence (Titre XVIII, article 4) et du Protocole (Titre II, article 6) alignées sur le texte en vigueur ; encadré « Entre nous ». Version 1.3 du 27 septembre 2026 — harmonisation avec les textes validés le 27 septembre : citation du Titre XVIII, article 4, mise à jour ; ajout de relances vérifiées sur le vocabulaire de nos textes ; la section devient l’Autodéfense, kit de répartie du #PIC. Version 1.2 du 25 septembre 2026, au soir — harmonisation avec la Constitution d’urgence et le Protocole amendés le même jour (référendum engagé dès l’entrée en fonctions, engagement notarié unique, Conseil de l’Année Zéro subordonné à l’adoption, citations et chiffres vérifiés). Version 1.1 du 25 septembre 2026 — ajout de relances, de références et de développements tirés des cailloux blancs et des directs, vérifiés ; alignement sur le Protocole (Titre II, article 6, version 3 du 25 septembre) : en cas de rejet, c’est le président élu qui démissionne, et le référendum est convoqué dès l’entrée en fonctions. Version 1 du 25 septembre 2026 — première publication.

Le procédé, dans le Lexique du Pouvoir : L’hubris · Le besoin d’incarnation

Le mot juste, dans l’Abécédaire : La verticalité opérative · L’involution et la méta-candidature · La révocabilité

Pour agir : nos réponses à la presse

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