On vous dit :
« Votre Égide, c’est un dauphin. Chaque vice-président choisit la sienne, et si son siège se libère, c’est elle qui hérite. Un conjoint, un ami, un fils spirituel : vous dénoncez les héritiers, et vous réinventez la succession. »
Voici ce que vous pouvez répondre
Une dynastie se transmet par le sang ou par le testament ; l’Égide, par le consentement. Elle est désignée en public, avant l’élection présidentielle : chacun sait qui seconde qui avant de voter. Si un siège des Sept devient vacant pendant l’Année Zéro, elle est seulement proposée ; elle n’entre en fonctions que si les 6 autres l’acceptent à l’unanimité, dans les 15 jours. À défaut, les Soixante-dix-sept élisent un remplaçant à la majorité des deux tiers, et le peuple ratifie ou refuse ce choix. Hors de la transition, le siège revient au suppléant que le peuple a élu avec la liste, et le suppléant qui a siégé plus d’un demi-mandat ne peut plus être élu vice-président. Notre Constitution le dit en une ligne : nul n’exerce l’autorité « par droit de naissance ».
Sources : Constitution d’urgence · Protocole du #PIC · Constitution des États-Unis, 25ᵉ amendement — le détail et les citations sont dans l’onglet « Références utiles ».
Pour aller plus loin
Le conseil et le bouclier
Le mot vient de loin. Dans l’Odyssée, Athéna prend les traits de Mentor pour conseiller Télémaque, et c’est la même déesse qui porte l’égide, le bouclier de Zeus. Le conseil et la protection dans la même main : le #PIC en a fait une fonction (voir, dans l’Abécédaire, « L’Égide »).
Notre Protocole la définit par ce qu’elle n’est pas : l’Égide « ne constitue ni une suppléance, qui serait une logique de remplacement, ni un adjoint, qui serait une logique hiérarchique » (Protocole, Titre III, article 1). Elle seconde le mandataire, éprouve ses arguments, l’empêche d’être seul. Elle ne vote jamais à sa place, car « celui qui vote est celui qui répond » (Protocole, Titre III, article 3).
Un dauphin, lui, attend son tour. L’Égide n’a pas de tour : elle n’hérite de rien.
Ce que dit le texte, mot pour mot
Le seul cas où l’Égide peut entrer au Conseil des Sept est écrit dans l’article 5 du Titre XVIII. Il faut une vacance définitive d’un siège, pendant l’Année Zéro, hors le cas où le peuple aurait révoqué le Conseil entier. L’Égide que le vice-président défaillant « avait publiquement désignée, avant le scrutin présidentiel » est alors « proposée pour le mandat restant à courir », et « elle entre en fonctions si les autres vice-présidents l’acceptent à l’unanimité dans les quinze jours de la vacance ».
Une seule voix suffit donc à l’écarter. Et l’accord se donne par une délibération du Conseil, dont le procès-verbal porte le vote nominatif de chacun et part sous 48 heures au Collège des Soixante-dix-sept (Titre II, article 4).
Si l’unanimité manque, ou s’il n’y a pas d’Égide, les Soixante-dix-sept élisent parmi eux, au scrutin secret et à la majorité des deux tiers, un vice-président dont l’élection est soumise à la ratification du peuple ; si le peuple refuse, ils recommencent. Dans tous les cas, la personne choisie signe, avant d’entrer en fonctions, l’engagement notarié des Sept.
Après la transition, l’Égide ne remplace plus personne : chaque candidat de la liste des Sept se présente avec un suppléant, élu en même temps que lui au suffrage universel direct, et « le suppléant qui a siégé plus de la moitié d’un mandat ne peut être élu vice-président » (Titre II, article 2). Le texte ferme ainsi la porte de l’héritier qui se fait d’abord connaître, puis élire.
Les républiques désignent aussi leurs successeurs
Désigner d’avance qui prendra le relais n’a rien de monarchique ; de grandes républiques le font à visage découvert. Aux États-Unis, le candidat à la présidence choisit son colistier, que les électeurs élisent avec lui, et la Constitution dispose qu’en cas de départ du président, the Vice President shall become President (« le vice-président devient président »). Si la vice-présidence se libère, le président désigne lui-même un successeur, qui n’entre en fonctions qu’avec l’accord des 2 chambres du Congrès (25ᵉ amendement, ratifié en 1967).
Notre mécanisme est plus strict sur chaque point : l’Égide ne gouverne pas avant la vacance, elle n’entre au Conseil qu’avec l’accord unanime de 6 personnes que le peuple a élues, et, à défaut, c’est le peuple lui-même qui ratifie le remplaçant.
Ce que nous combattons n’est pas la désignation à découvert ; c’est la transmission à huis clos, celle des réseaux, des écuries et des fidélités. Notre Titre premier, article 1 la condamne d’une phrase : « la chose publique appartient au peuple tout entier, et nul n’y exerce l’autorité par droit de naissance ».
Ce que nous concédons
Notre texte n’interdit pas qu’un vice-président choisisse un proche pour Égide. Il le soumet à 2 contrôles : la publicité, puisque le choix est connu de tous avant l’élection, et le consentement unanime des 6 autres le jour venu. Si ce consentement est donné, l’Égide entre au Conseil sans nouveau vote du peuple ; c’est la contrepartie de sa désignation publique. Si vous jugez ces garde-fous insuffisants, dites-le en commentaire : le texte est fait pour être amendé.
Nous concédons aussi que le mécanisme ne vaut que pour l’Année Zéro. Faut-il le prolonger au-delà, ou s’en remettre au seul suppléant élu ? La question reste ouverte, et elle se tranchera en public.
Les relances probables
« Et si un vice-président désigne sa femme ? »
Il le ferait en public, avant le vote, et chacun en jugerait dans l’isoloir. Puis, si un siège se libérait, il faudrait l’accord unanime des 6 autres : un seul refus suffit à l’écarter. À défaut, les Soixante-dix-sept élisent un remplaçant, et le peuple le ratifie ou le refuse.
« Les 6 autres s’arrangeront entre eux. »
Leur vote est nominatif, consigné au procès-verbal et transmis sous 48 heures aux Soixante-dix-sept. Celui qui accepte un choix de complaisance le fait sous son nom. Et l’arrangement n’aurait qu’un enjeu limité : la fin d’un mandat de transition, borné à 24 mois au plus, sauf prolongation par le peuple.
« Pourquoi ne pas faire élire directement le remplaçant ? »
Parce qu’en pleine transition, une élection prend des mois, quand les institutions nouvelles s’installent à peine. Hors de la transition, c’est bien un élu qui remplace : le suppléant, choisi par le peuple en même temps que le vice-président.
« L’Égide, c’est l’éminence grise. »
L’éminence grise conseille dans l’ombre et n’a pas de nom. L’Égide est nommée avec son mandataire et figure de plein droit au générique officiel des instances du mouvement (Protocole, Titre III, article 4). Une éminence, peut-être, mais en pleine lumière.
Les pièges à éviter
- Ne dites pas que l’Égide succède automatiquement : elle est proposée, et un seul des 6 autres vice-présidents peut l’écarter.
- Ne confondez pas l’Égide et le suppléant : le suppléant est élu avec la liste et remplace hors transition ; l’Égide seconde sans jamais suppléer, et n’est proposée pour un siège vacant que pendant l’Année Zéro.
- Ne dites pas que le texte interdit de choisir un proche : il ne le dit pas ; il impose la publicité et le consentement.
- Ne dites pas que l’Égide est élue par le peuple : elle est désignée publiquement avant le scrutin ; seul le remplaçant élu par les Soixante-dix-sept est soumis à la ratification du peuple.
Pour prolonger
Dans l’Abécédaire et le Lexique du Pouvoir :
Dans nos textes :
- Constitution d’urgence, titre XVIII, art. 5 : la période de transition
- Constitution d’urgence, titre II, art. 2 : la durée et le renouvellement
- Protocole, titre III, art. 1 : la nature de l’Égide
- Protocole, titre III, art. 3 : la non-subrogation
Dans l’Autodéfense :
Références utiles
Les citations, les ouvrages, les études et les chiffres sur lesquels repose cette réponse, avec leurs sources. Pour vérifier, approfondir, et répondre à qui vous demandera d’où vous tenez vos arguments.
#PIC, Constitution d’urgence, Titre XVIII, article 5 : « Si un siège du Conseil des Sept devient définitivement vacant pendant l’Année Zéro, hors le cas où le peuple a révoqué le Conseil entier, la personne que le vice-président dont le siège est vacant avait publiquement désignée, avant le scrutin présidentiel, comme son Égide, partenaire qui le seconde sans jamais le suppléer ni voter à sa place, est proposée pour le mandat restant à courir ; elle entre en fonctions si les autres vice-présidents l’acceptent à l’unanimité dans les quinze jours de la vacance » ; « Si aucune Égide ne peut être proposée, ou si l’unanimité n’est pas réunie, les Soixante-dix-sept élisent parmi eux, dans les trente jours, au scrutin secret et à la majorité des deux tiers de leurs membres, un vice-président qui siège pour la durée du mandat restant à courir ; son élection est soumise à la ratification du peuple à la première votation dont les questions sont arrêtées après elle » ; « La personne acceptée ou élue souscrit, avant d’entrer en fonctions, l’engagement prévu à l’article 5 du Titre II ». consulter la source
#PIC, Constitution d’urgence, Titre II, article 2 : « chaque liste comprend sept candidats et, pour chacun d’eux, un suppléant » ; « Le suppléant qui a siégé plus de la moitié d’un mandat ne peut être élu vice-président ». consulter la source
#PIC, Constitution d’urgence, Titre II, article 4 : « Aucune décision ne requiert l’unanimité, hors l’accord par lequel les vice-présidents pourvoient un siège vacant pendant l’Année Zéro, dans les conditions de l’article 5 du Titre XVIII » ; « Chaque délibération du Conseil fait l’objet d’un procès-verbal où figure le vote nominatif de chacun de ses membres ; il est transmis dans les quarante-huit heures au Collège du Contrôle démocratique des Soixante-dix-sept ». consulter la source
#PIC, Constitution d’urgence, Titre premier, article 1 : « Sa forme de gouvernement est républicaine : la chose publique appartient au peuple tout entier, et nul n’y exerce l’autorité par droit de naissance ». consulter la source
#PIC, Protocole, Titre III, articles 1, 3 et 4 : « Elle ne constitue ni une suppléance, qui serait une logique de remplacement, ni un adjoint, qui serait une logique hiérarchique » ; « La règle d’or de la responsabilité individuelle et de la coresponsabilité collégiale demeure intacte : celui qui vote est celui qui répond » ; « L’Égide est nommée conjointement avec le mandataire et figure de plein droit au générique officiel des instances du mouvement ». consulter la source
Constitution des États-Unis, 25ᵉ amendement (adopté par le Congrès le 6 juillet 1965, ratifié le 10 février 1967), sections 1 et 2, National Archives : « In case of the removal of the President from office or of his death or resignation, the Vice President shall become President » (En cas de destitution, de décès ou de démission du président, le vice-président devient président ; notre traduction) ; « Whenever there is a vacancy in the office of the Vice President, the President shall nominate a Vice President who shall take office upon confirmation by a majority vote of both Houses of Congress » (Lorsque la vice-présidence est vacante, le président désigne un vice-président, qui entre en fonctions après confirmation à la majorité des voix par les deux chambres du Congrès ; notre traduction). consulter la source
Version 1 du 5 octobre 2026 — première publication.
Le procédé, dans le Lexique du Pouvoir : La société de cour · Le besoin d’incarnation · L’hubris
Le mot juste, dans l’Abécédaire : L’Égide · L’Année Zéro · La collégialité
Pour agir : s’engager
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Un argument ne vaut que par ceux qui le portent.

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