On vous dit :
« Vous vous croyez plus solides à sept ? Vous offrez sept cibles. Il suffira d’exhumer une vieille photo, une fréquentation douteuse ou une phrase malheureuse de l’un d’eux pour éclabousser les six autres, et votre propre Constitution prévoit de révoquer le Conseil entier pour la faute d’un seul. La machine à scandales n’aura jamais eu la tâche aussi facile. »
Voici ce que vous pouvez répondre
7 visages, ce sont aussi 7 regards posés les uns sur les autres. Chez nous, les grandes questions sont tranchées par le peuple : abattre un visage n’abat aucune de ses décisions. Les Sept ne sont pas des sauveurs ; ils garantissent le bon fonctionnement des institutions, sous le contrôle des Soixante-dix-sept, qui reçoivent sous 48 heures le vote nominatif de chacun. Si l’un d’eux se révélait corrompu, le peuple pourrait le révoquer sans mettre l’État en danger : le Conseil décide toujours à 4 voix, et un remplaçant prévu d’avance reprend le siège. La faute d’un seul ne peut entraîner la révocation du Conseil entier que si un juge a définitivement constaté un mensonge au peuple ou une trahison des engagements ; et c’est encore le peuple qui tranche. Une vieille photo n’est pas un verdict.
Sources : Constitution d’urgence · Constitution fédérale suisse · Constitution de 1958 · Benjamin Ginsberg et Martin Shefter — le détail et les citations sont dans l’onglet « Références utiles ».
Pour aller plus loin
On ne vote plus pour des personnes
L’objection suppose un régime où tout repose sur des visages. Ce n’est pas le nôtre. La Constitution d’urgence pose que la souveraineté « s’exerce d’abord par le vote sur les idées, les projets, les budgets et les orientations, avant de s’exercer sur le choix des personnes appelées à les mettre en œuvre ».
Les sujets remontent de l’Agora citoyenne, les Formulateurs en arrêtent le libellé, puis le peuple tranche par référendum ; sa décision « s’impose à tous les pouvoirs constitués », et ce qu’il a adopté ne peut être défait que par lui (Titre II, article 9). Abattre un visage n’abat donc aucune décision du peuple.
Dans cette architecture, les Sept ne sont pas des sauveurs. Le Conseil des Sept exerce l’exécutif collégialement, sans hiérarchie entre ses membres : ils « assurent l’exécution des lois et des décisions du peuple ». Ils sont les garants du bon fonctionnement d’institutions fondées sur l’intelligence collective, non les propriétaires d’un destin.
Sous le contrôle des Soixante-dix-sept
Ils ne travaillent ni seuls, ni sans témoins. Le Collège du Contrôle démocratique, les Soixante-dix-sept, « surveille le Conseil des Sept, veille au respect de la présente Constitution » ; il reçoit sous 48 heures le procès-verbal où figure le vote nominatif de chacun des Sept (Titre II, article 4) et peut saisir le peuple de la révocation d’un vice-président. Pendant l’Année Zéro, ce contrôle revient aux Soixante-dix-sept de la transition (Titre XVIII, article 5).
Débattre à sept, parler comme un seul homme
Les débats entre les Sept ont bien lieu, et ils sont voulus : avant la décision, chacun défend librement son analyse. Après, la règle est écrite : la décision prise « devient la décision de tous : chaque vice-président la défend publiquement, quel qu’ait été son vote » (Titre II, article 4). Pendant la campagne déjà, chacun des Sept parle au nom des six autres.
Ce n’est pas une utopie de laboratoire. Depuis 1848, la Suisse est gouvernée par un Conseil fédéral de 7 membres qui, selon sa Constitution, « prend ses décisions en autorité collégiale » : des générations de conseillers fédéraux y ont appris à débattre entre eux, puis à se comporter devant le pays comme un seul homme. La riposte « La France a besoin d’un chef, pas d’un collège de sept » développe l’exemple.
La continuité de l’État n’est plus suspendue à un homme
Admettons le pire : l’un des Sept est corrompu. Dans le régime actuel, écarter un président exige un manquement à ses devoirs « manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat », prononcé par le Parlement constitué en Haute Cour ; la vacance ouvre un intérim confié au président du Sénat, puis une élection dans les 20 à 35 jours (Constitution de 1958, articles 7 et 68). Toute la continuité de l’État passe par une seule personne, et un scandale au sommet peut tourner à la crise de régime.
Chez nous, on le révoque, et l’État continue. Le Conseil décide toujours à 4 voix, « quels que soient le nombre des présents et celui des sièges vacants » (Titre II, article 4). Le siège revient au suppléant élu avec la liste (Titre II, article 2) ou, pendant l’Année Zéro, à l’Égide que le vice-président avait désignée avant le scrutin, si les six autres l’acceptent à l’unanimité (Titre XVIII, article 5). Un maillon cède, la chaîne tient.
Quand le scandale remplace l’élection
L’objection décrit pourtant un phénomène réel. En 1990, 2 politistes américains, Benjamin Ginsberg et Martin Shefter, publient Politics by Other Means : à mesure que les élections décident moins, les adversaires se combattent par d’autres armes, qu’ils résument d’un sigle, RIP, pour revelation, investigation, and prosecution (révélation, enquête, poursuite). 10 ans plus tard, le sociologue britannique John B. Thompson décrit le scandale politique comme une lutte pour le pouvoir symbolique, dont la réputation et la confiance sont l’enjeu.
Nul besoin d’y voir un complot : il suffit que le jugement porté sur une personne tienne lieu de jugement sur une politique pour que la révélation devienne l’arme la plus rentable. Le Lexique du Pouvoir démonte ce ressort à l’entrée « Le besoin d’incarnation ». C’est précisément ce que nos institutions désamorcent : quand on vote sur des idées, abattre une personne ne rapporte plus rien.
Ce qui fait tomber le Conseil entier, et ce qui ne le fait pas
L’objection vise un texte réel : la responsabilité des Sept est solidaire (Titre II, article 4). Encore faut-il le lire jusqu’au bout. Seuls un mensonge au peuple ou une trahison des engagements, constatés par une décision devenue définitive du juge compétent, permettent aux Soixante-dix-sept de proposer au peuple la révocation du Conseil entier ; et c’est le peuple qui décide. Une photo, une fréquentation, une phrase ancienne ne sont rien de tout cela.
La révocation individuelle obéit aux mêmes précautions (Titre III, article 5) : griefs motivés et publiés, 15 jours pour répondre, réponse jointe à égalité de place. Surtout, la Cour de garantie démocratique écarte la proposition qui ne repose que sur les griefs d’une révocation déjà rejetée par le peuple, sans fait nouveau. On ne rejoue pas indéfiniment le même procès.
Examiner n’est pas abattre
Nous ne demandons aucune immunité. La presse a le droit, et même le devoir, de fouiller le passé des personnes publiques ; un électeur a le droit de le connaître. Ce que nous refusons, c’est que ce jugement tienne lieu de décision : dans nos institutions, il ne le peut plus.
Les relances probables
« Et si l’un des Sept a vraiment quelque chose à cacher ? »
Alors il faut que cela sorte, et notre Constitution en donne les moyens : contrôle des Soixante-dix-sept, griefs publics, révocation par le peuple, engagement notarié sur ses biens. Et l’État n’en souffre pas : le siège est repris, le Conseil continue. Nous préférons 7 personnes vérifiables à une seule intouchable.
« Vous préparez déjà votre défense : tout scandale sera une cabale. »
Non. Une révélation se discute sur les faits, jamais sur l’intention prêtée à celui qui la publie. Si les faits sont établis, le peuple jugera ; c’est précisément ce que nos procédures lui permettent.
« Sept qui parlent d’une seule voix, c’est l’omerta. »
La voix est commune, les votes sont signés. Le vote de chacun figure au procès-verbal, transmis sous 48 heures aux Soixante-dix-sept et rendu public 3 ans après la décision. Voyez « Sans chef, personne ne sera responsable ».
« Les médias ne parleront que de vos personnes, jamais de vos idées. »
C’est pourquoi notre Constitution soumet d’abord les idées au vote. Et c’est pourquoi nous présentons 7 visages : il est plus difficile de réduire un projet à une personne quand il en porte sept.
Les pièges à éviter
- Ne présentez pas les Sept comme des chefs : ils sont les garants du bon fonctionnement des institutions, sous le contrôle des Soixante-dix-sept ; c’est le peuple qui décide.
- Ne niez pas les désaccords entre les Sept : ils débattent, et c’est voulu ; la voix unique vient après la décision.
- Ne dites jamais qu’une révélation est « montée » : répondez sur les faits, pas sur l’intention prêtée à ceux qui les publient.
- Ne dites pas que la faute d’un seul fait tomber automatiquement le Conseil : il faut une décision définitive d’un juge, puis un vote du peuple.
- Ne confondez pas le suppléant et l’Égide : le suppléant, élu avec la liste, reprend un siège vacant ; l’Égide seconde son titulaire sans jamais le suppléer, et n’est proposée pour un siège vacant que pendant l’Année Zéro.
- Ne visez aucun journaliste ni aucun média : la liberté d’informer est aussi la nôtre.
Pour prolonger
Dans l’Abécédaire et le Lexique du Pouvoir :
Dans nos textes :
- Constitution d’urgence, titre I, art. 5 : la primauté du vote sur l’élection
- Constitution d’urgence, titre II, art. 1 : le Conseil des Sept
- Constitution d’urgence, titre II, art. 4 : le principe collégial et la solidarité
- Constitution d’urgence, titre II, art. 6 : le Collège du Contrôle démocratique
- Constitution d’urgence, titre II, art. 2 : la durée et le renouvellement
- Constitution d’urgence, titre XVIII, art. 5 : la période de transition, le Conseil de l’Année Zéro et la continuité de l’État
Dans l’Autodéfense :
Références utiles
Les citations, les ouvrages, les études et les chiffres sur lesquels repose cette réponse, avec leurs sources. Pour vérifier, approfondir, et répondre à qui vous demandera d’où vous tenez vos arguments.
#PIC, Constitution d’urgence, Titre I, article 5 — De la primauté du vote sur l’élection : « La souveraineté s’exerce d’abord par le vote sur les idées, les projets, les budgets et les orientations, avant de s’exercer sur le choix des personnes appelées à les mettre en œuvre. » ; « Le prestige attaché à une personnalité ne saurait fonder à lui seul une délégation de pouvoir. ». consulter la source
#PIC, Constitution d’urgence, Titre II, article 9 — Du peuple souverain, cinquième cercle : « La décision du peuple a force obligatoire : elle a la valeur de la norme qu’elle adopte, modifie ou abroge, et s’impose à tous les pouvoirs constitués. ». consulter la source
#PIC, Constitution d’urgence, Titre II, article premier — Du Conseil des Sept : « Le pouvoir exécutif est exercé collégialement par un Conseil de sept membres, appelés vice-présidents de la Démocratie française. Aucune hiérarchie n’existe entre eux. » ; « ils assurent l’exécution des lois et des décisions du peuple ». consulter la source
#PIC, Constitution d’urgence, Titre II, article 6 — Du Collège du Contrôle démocratique : « Ce Collège surveille le Conseil des Sept, veille au respect de la présente Constitution, garantit l’éthique du dispositif et accompagne la transition vers la culture référendaire. Il peut saisir le peuple par voie de référendum révocatoire à l’encontre d’un vice-président. ». consulter la source
#PIC, Constitution d’urgence, Titre II, article 4 — Du principe collégial et de la solidarité : « Il décide à la majorité de ses membres, soit quatre voix au moins, quels que soient le nombre des présents et celui des sièges vacants. » ; « Une fois la décision prise, elle devient la décision de tous : chaque vice-président la défend publiquement, quel qu’ait été son vote. » ; « La responsabilité des sept est solidaire : le manquement de l’un — mensonge au peuple, trahison de ses engagements —, constaté par une décision devenue définitive du juge compétent […], permet au Collège du Contrôle démocratique de soumettre au peuple, à la majorité de ses membres, la révocation du Conseil entier ». consulter la source
#PIC, Constitution d’urgence, Titre II, article 2 — De la durée et du renouvellement : « En cas de vacance, le siège est occupé, pour la durée du mandat restant à courir, par le suppléant du vice-président défaillant ou, à défaut, par le premier des suppléants de la liste qui n’a pas encore été appelé ». consulter la source
#PIC, Constitution d’urgence, Titre XVIII, article 5 — De la période de transition, du Conseil de l’Année Zéro et de la continuité de l’État : « Si un siège du Conseil des Sept devient définitivement vacant pendant l’Année Zéro, hors le cas où le peuple a révoqué le Conseil entier, la personne que le vice-président dont le siège est vacant avait publiquement désignée, avant le scrutin présidentiel, comme son Égide, partenaire qui le seconde sans jamais le suppléer ni voter à sa place, est proposée pour le mandat restant à courir ; elle entre en fonctions si les autres vice-présidents l’acceptent à l’unanimité dans les quinze jours de la vacance. ». consulter la source
#PIC, Constitution d’urgence, Titre III, article 5 — De l’abrogation du mandat non impératif et de la révocabilité : « La Cour de garantie démocratique […] écarte la proposition qui ne repose que sur les griefs d’une révocation que le peuple a rejetée, sans invoquer de fait nouveau. ». consulter la source
Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999, articles 175 à 177 (état au 3 mars 2024), Fedlex : « Le Conseil fédéral est composé de sept membres. » ; « Le Conseil fédéral prend ses décisions en autorité collégiale. ». consulter la source
Constitution du 4 octobre 1958, articles 7 et 68, Conseil constitutionnel : « En cas de vacance de la Présidence de la République pour quelque cause que ce soit, ou d’empêchement constaté par le Conseil constitutionnel […], les fonctions du Président de la République […] sont provisoirement exercées par le président du Sénat » ; « Le Président de la République ne peut être destitué qu’en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat. La destitution est prononcée par le Parlement constitué en Haute Cour. ». consulter la source
Benjamin Ginsberg et Martin Shefter, Politics by Other Means. The Declining Importance of Elections in America, New York, Basic Books, 1990 ; nouvelle édition sous le sous-titre Politicians, Prosecutors, and the Press from Watergate to Whitewater, New York, W. W. Norton, 1999 : l’ouvrage qui décrit le recul de l’élection comme lieu de la décision et l’essor, aux États-Unis, d’un combat politique mené par la révélation, l’enquête et la poursuite, que les auteurs résument par le sigle RIP (revelation, investigation, and prosecution). consulter la source
John B. Thompson, Political Scandal. Power and Visibility in the Media Age, Cambridge, Polity Press, 2000 : une théorie sociale du scandale politique à l’ère des médias, analysé comme une lutte pour le pouvoir symbolique dont la réputation et la confiance sont l’enjeu.
Version 1.3 du 5 octobre 2026 — encadré « Entre nous » et réponse courte réécrits (lot 3). Version 1.2 du 2 octobre 2026 — encadré « Entre nous », adressé au militant qui porte la réponse. Version 1.1 du 30 septembre 2026 : le vote sur les idées, les Sept garants des institutions sous le contrôle des Soixante-dix-sept, la collégialité et la continuité de l’État passent au premier plan. Version 1.0 du 30 septembre 2026 — première publication. Les versions antérieures de cette page seront accessibles ici dès la première modification.
Le procédé, dans le Lexique du Pouvoir : Le besoin d’incarnation · La médiacratie
Le mot juste, dans l’Abécédaire : L’intelligence collective · La collégialité · L’Égide
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