« Les gens sont trop bêtes : 50 abrutis l’emporteront toujours sur 10 esprits éclairés »

On vous dit :

« Votre intelligence collective, c’est beau sur le papier. Mais quand on voit le niveau des gens… Si 50 abrutis veulent une bêtise, et que 10 esprits éclairés proposent une mesure bénéfique pour tous, ce sont les 50 abrutis qui gagnent. C’est ça, la démocratie. Jamais le bon sens ne l’emportera. »

Voici ce que vous pouvez répondre

Vous avez raison dans un seul cas, et c’est un mathématicien qui l’a démontré en 1785 : quand les 50 se trompent tous dans le même sens. S’ils ne savent pas et votent au hasard, leurs voix s’annulent, et ce sont les 10 qui décident : la bonne option gagne alors 92 fois sur 100. Mieux : dans un jeu de laboratoire sans partisans, ceux qui savent qu’ils ne savent pas s’abstiennent d’eux-mêmes, 91 fois sur 100. Le danger n’est donc pas la bêtise. C’est l’erreur organisée : questions pièges, désinformation, moutons qui se copient.

Organisés, les gens ordinaires font mieux que vous ne le croyez, et parfois aussi bien que les experts. 4 groupes de 5 personnes qui ont débattu 1 minute estiment mieux que 1 400 individus isolés. 9 médecins dont on combine les avis passent de 62,5 % à 85,6 % de bons diagnostics. Un problème de logique que 10 % des gens réussissent seuls est résolu par environ 80 % des groupes qui en discutent.

Et quand 526 Américains tirés au sort délibèrent 4 jours, républicains et démocrates se rapprochent sur 22 des 26 sujets les plus clivants. C’est cela que la Constitution d’urgence organise : questions loyales, arguments contradictoires, petits groupes tirés au sort, vote secret. Le peuple n’est pas bête. Il est mal équipé, et cela se répare.

Sources : Nicolas de Condorcet · Bryan Caplan · Marco Battaglini, Rebecca Morton et Thomas Palfrey · Joaquin Navajas et Mariano Sigman · Michael Barnett · Hugo Mercier et Dan Sperber · James Fishkin. Le détail et les citations sont dans l’onglet « Références utiles ».

Pour aller plus loin

Ce que Condorcet a vraiment démontré

En 1785, Nicolas de Condorcet, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, publie le 1er calcul de ce que vaut une décision prise à la majorité. Si chaque votant, jugeant seul et de bonne foi, a un peu plus d’une chance sur 2 de voir juste, la majorité a d’autant plus de chances d’avoir raison que les votants sont nombreux : « la limite de cette probabilité sera la certitude ». À 60 chances sur 100 chacun, une poignée de 5 citoyens voit juste 68 fois sur 100, une assemblée de 101, 98 fois.

Mais Condorcet a écrit aussi l’envers, que l’on cite rarement : si chacun a moins d’une chance sur 2, plus l’assemblée est nombreuse, plus elle se trompe, et « il peut être dangereux de donner une constitution démocratique à un peuple sans lumières ». Votre interlocuteur a donc un allié illustre. Mais lisez la suite du calcul avec lui : tout dépend de ce que font ceux qui ne savent pas.

Les 50 qui ne savent pas… La bonne option l’emporte
votent au hasard, à pile ou face 92 fois sur 100
penchent un peu du mauvais côté (45 chances sur 100 d’avoir raison) 76 fois sur 100
penchent nettement du mauvais côté (40 chances sur 100) 50 fois sur 100
se trompent massivement (30 chances sur 100) 7 fois sur 100

Calcul du #PIC (loi binomiale) : 60 votants, votes indépendants, majorité simple, égalité tranchée à pile ou face ; les 10 informés votent juste.

Le détail, les hypothèses et les généralisations modernes du théorème sont dans l’entrée Le théorème du jury de Condorcet, avec une simulation que l’on règle soi-même.

Ce n’est pas le niveau des gens, c’est la direction des erreurs

Quand les erreurs sont dispersées, elles s’annulent, et le signal des informés l’emporte : c’est le « miracle de l’agrégation », décrit par Philip Converse (1990), puis démontré par Benjamin Page et Robert Shapiro sur un demi-siècle de sondages américains (1992). Noyez 1 000 citoyens informés dans 99 000 votants au hasard : la bonne option gagne encore plus de 999 fois sur 1 000 (calcul du #PIC).

Les adversaires les plus sérieux de la démocratie le savent, et c’est pourquoi ils déplacent le débat. L’économiste Bryan Caplan concède qu’une démocratie sans restriction choisira les mêmes politiques qu’un pays gouverné par des rois-philosophes, « tant que les erreurs des électeurs sont aléatoires » (nous traduisons, ici et plus bas). Toute sa thèse consiste à soutenir qu’elles ne le sont pas, en économie. Le philosophe Jason Brennan ajoute un « si » : si les électeurs font systématiquement moins bien que le hasard, alors le nombre aggrave l’erreur. Tout est dans ce « si ». Il désigne exactement ce qu’il faut combattre : les causes qui alignent les erreurs.

Et les gens ne votent pas toujours quand ils ne savent pas. Au laboratoire de Princeton, dans de petits électorats privés d’information et sans partisans en jeu, les votants s’abstiennent 91 fois sur 100, pour laisser décider ceux qui savent (Battaglini, Morton et Palfrey, 2010). Faut-il que chacun soit compétent ? Non plus : il suffit que la compétence moyenne dépasse la moitié, ce qui, selon les philosophes Franz Dietrich et Kai Spiekermann, « autorise de nombreux individus incompétents ». Leur théorème de 2013 est d’une sobriété utile : « les grandes foules sont faillibles, mais meilleures que les petits groupes ».

Ce qui rend une foule stupide

La science a dressé la liste des poisons, et elle ressemble trait pour trait à notre vie publique. La question piège d’abord : demandez si Philadelphie est la capitale de la Pennsylvanie, la majorité dit oui, à tort (Prelec et ses collègues, 2017). L’imitation ensuite : montrez à une foule ce que pensent les autres, ses estimations convergent sans devenir plus justes (Lorenz et ses collègues, 2011). La figure centrale : dans un réseau organisé autour d’un individu très visible qui se trompe, l’erreur collective augmente de 19 % (Becker, Brackbill et Centola, 2017). Le vote à la file : quand chacun voit les votes précédents, une erreur des tout premiers peut ne jamais être corrigée (Frey et van de Rijt, 2021). Et la tromperie organisée, qui fait s’effondrer l’avantage du nombre quand ses conditions sont « trop gravement violées » (Goodin et Spiekermann, 2018).

Compteurs affichés, vedettes, votes en cascade, fabrique du doute : ce n’est pas le portrait du peuple. C’est le cahier des charges de l’économie de l’attention. Les gens ne sont pas bêtes ; on les place, jour après jour, dans les conditions exactes où un collectif devient bête.

Ce qui la rend intelligente

Les mêmes chercheurs ont trouvé les antidotes. Dans une étude publiée par Galton en 1907, 787 visiteurs d’une foire devinent le poids d’un bœuf : leur médiane tombe à 0,8 % du poids annoncé, et leur moyenne, publiée par Galton quelques semaines plus tard, exactement sur le poids réel établi en 2014 d’après les archives. En 2015, à Buenos Aires, la moyenne de 4 groupes de 5 personnes ayant débattu 1 minute bat celle de 1 400 individus isolés, avec 49 % d’erreur en moins (Navajas, Sigman et leurs collègues, 2018). En médecine, combiner les avis de 9 praticiens fait passer le taux de bons diagnostics de 62,5 % à 85,6 % ; 2 médecins non spécialistes réunis battent le spécialiste seul (Barnett et ses collègues, 2019) ; et 10 diagnostics libres mis en commun passent de 46 % à 76 % (Kurvers et ses collègues, 2023).

Même la vérification des faits cède au nombre bien organisé : la moyenne de 8 à 12 citoyens ordinaires, politiquement équilibrés, qui n’ont lu que le titre et la 1re phrase d’un article, s’accorde avec les vérificateurs professionnels aussi bien que ceux-ci s’accordent entre eux (Allen et ses collègues, 2021). Même entre partisans d’un seul camp, un échange organisé sans figure centrale réduit l’erreur de 31 % à 35 % et l’écart entre les camps de 37 % à 46 % (Becker, Porter et Centola, 2019). Et dans un tournoi de prévision géopolitique de 2 ans, les équipes ont battu les prévisionnistes isolés (Mellers, Tetlock et leurs collègues, 2014). Tout cela est détaillé dans l’entrée La sagesse des foules.

Un groupe n’est pas une moyenne de QI

En 2010, dans la revue Science, Anita Woolley et ses collègues découvrent qu’un groupe a une forme d’intelligence générale, le « facteur c », faiblement liée au QI de ses membres et davantage à leur attention aux autres et à l’égalité des tours de parole : « les groupes où quelques personnes monopolisaient la conversation étaient moins intelligents collectivement ». Une méta-analyse de 1 356 groupes confirme en 2021 que le processus de collaboration pèse plus que la compétence individuelle ; des économistes de Harvard identifient des « équipiers » qui font réussir leur groupe sans se distinguer par le QI ni par le diplôme. Ces résultats sont discutés (une équipe d’Édimbourg attribue l’essentiel des écarts au QI des membres), et nous le disons dans l’entrée Le facteur c, ou le QI des groupes.

Ce qui est mieux établi, c’est le raisonnement à plusieurs sur des problèmes dont la solution se démontre. Un problème de logique classique, la tâche de Wason, est réussi par environ 10 % des gens seuls, et par environ 80 % des groupes qui en discutent (Mercier et Sperber, 2011). Des groupes de 3 à 5 font mieux que le meilleur d’autant d’individus seuls sur des problèmes difficiles (Laughlin et ses collègues, 2006). Et c’est l’argument qui gagne, pas l’aplomb : le membre qui a raison convainc presque toujours le groupe, même quand il n’est pas le plus sûr de lui (Trouche, Sander et Mercier, 2014). À une condition : que des avis divers se confrontent. Entre gens qui pensent pareil, le raisonnement ne fait que conforter les préjugés (Mercier et Landemore, 2012).

Quand le peuple délibère pour de vrai

Imaginé en 1988 par James Fishkin, le sondage délibératif mesure ce que penserait le public s’il avait le temps de s’informer et d’en débattre. Le verdict d’une décennie d’expériences : les gens ordinaires « peuvent délibérer », ils « en tirent profit », et le processus « ne biaise ni ne polarise leurs opinions ». En 2019, 526 Américains tirés au sort se rapprochent sur 22 des 26 propositions les plus clivantes, contre un groupe témoin qui ne bouge pas. En Finlande, des citoyens hostiles à l’immigration, réunis entre eux mais avec un modérateur, deviennent plus tolérants, et la part de bonnes réponses passe de 43 % à 63 % (Grönlund, Herne et Setälä, 2015). Une revue de 80 études conclut : la discussion dépolarise quand elle suit un cadre délibératif (Caluwaerts et ses collègues, 2023).

Dans la vie réelle, la Mongolie impose depuis 2017 un sondage délibératif avant toute révision de sa Constitution ; l’Irlande a fait préparer par des citoyens tirés au sort ses référendums de 2015 et de 2018 ; en France, la Convention pour le climat a montré que des citoyens tirés au sort pouvaient écrire des propositions de niveau législatif sans être capturés par leurs experts (Landemore et Pénigaud, 2026). Yves Sintomer, le meilleur spécialiste français du tirage au sort, juge la compétence de citoyens « ordinaires » délibérant « dans de bonnes conditions » largement corroborée par les enquêtes indépendantes. Et en 2019, 20 chercheurs de premier plan l’écrivent dans Science : la recherche « réfute bon nombre des thèses les plus pessimistes sur la capacité des citoyens à porter des jugements sensés ». Voir l’entrée Le sondage délibératif.

Ce que le #PIC en a tiré

La Constitution d’urgence est construite contre les poisons et pour les antidotes. Des Formulateurs tirés au sort, renouvelés à chaque votation, arrêtent des questions neutres, d’une seule matière, appelant un oui ou un non, et adressent à chaque électeur une note qui expose les arguments opposés. L’Agora citoyenne délibère « en groupes de sept, formés par tirage au sort, au sein desquels nul ne connaît l’identité des autres », et agrège les groupes à poids égal. Chaque tirage au sort peut être refait et vérifié par n’importe quel citoyen (Titre II, article 9). L’intégrité psychique de chacun est protégée contre la manipulation des foules. Et l’Université populaire de l’intelligence collective existe pour élever le niveau de tous, plutôt que de s’en remettre à quelques-uns.

Et si la majorité se trompe quand même ?

Elle le peut, et nous ne le cachons pas. 2 garde-fous y répondent. Le 1er est la réversibilité : les votations ont lieu 4 fois par an, et ce que le peuple a adopté, le peuple peut le défaire ; une erreur se corrige en quelques mois, quand celle d’un élu se paie 5 ans (voir L’auto-correction démocratique). Le 2e est le noyau intangible, ce que le peuple lui-même ne peut abolir : il protège contre une majorité d’un jour l’égalité devant la loi, la dignité de la personne et les libertés sans lesquelles le peuple ne pourrait se corriger, et répond au soupçon de tyrannie de la majorité. Le peuple n’est pas infaillible. Il est le seul souverain qui puisse reconnaître ses erreurs sans perdre la face.

Les relances probables

« Les gens votent avec leurs tripes, pas avec leur tête. »

Seuls devant un écran, souvent, et l’on fait tout pour cela. C’est pourquoi nous ne leur demandons pas de voter à l’aveugle, mais après une note citoyenne qui expose le pour et le contre. Hugo Mercier et Dan Sperber l’ont montré : nous raisonnons mal seuls, et bien face aux arguments des autres. Et qui sait qu’il ne sait pas tend à s’abstenir : au laboratoire, en l’absence de partisans, 91 fois sur 100.

« Les experts savent mieux : laissons-les décider. »

Sur les faits, les experts sont précieux, et la Constitution d’urgence les fait entendre, de manière contradictoire. Mais 2 médecins non spécialistes réunis battent le spécialiste seul dans sa propre spécialité (77,7 % contre 66,3 % de bons diagnostics), et 8 à 12 citoyens ordinaires s’accordent avec des vérificateurs professionnels aussi bien que ceux-ci entre eux. Notre doctrine tient dans le principe qu’Hélène Landemore et Théophile Pénigaud ont vu à l’œuvre dans la Convention pour le climat : les citoyens aux commandes, les experts à disposition. Voir aussi « Vous méprisez les experts : la science ne se vote pas ».

« Et la propagande ? Les médias leur diront quoi voter. »

C’est le danger le plus sérieux, et la science le confirme : une tromperie organisée peut faire s’effondrer l’avantage du nombre. D’où nos règles : note citoyenne contradictoire adressée à chacun, campagne « loyale et équitable », protection de l’intégrité psychique contre la manipulation des foules. Et la délibération désintoxique : elle « corrige les distorsions préexistantes de la volonté publique », y compris celles qu’a causées la manipulation (Niemeyer, 2011). Voir « Les réseaux sociaux et les médias manipuleront les votes ».

« Le peuple a bien porté Hitler au pouvoir. »

Non : Hitler a été nommé chancelier le 30 janvier 1933 par le président Hindenburg, au terme de tractations de coulisses ; son parti n’avait jamais obtenu la majorité absolue dans une élection libre (37,3 % en juillet 1932, son meilleur score). Ce sont des élites qui ont cru pouvoir l’utiliser. Voir « Le peuple a porté Hitler et Pétain au pouvoir ».

« Vos preuves, ce sont des expériences de laboratoire. »

Beaucoup, oui, et nous le disons. Mais pas toutes : 1 572 cas cliniques résolus par 2 069 médecins et étudiants en médecine ; un tournoi de prévision géopolitique de 2 ans ; 2 référendums irlandais ; une loi mongole ; 2 conventions citoyennes françaises. Et nous publions aussi les limites : hors de la salle, les effets sont modestes, et les gouvernements trient les propositions. C’est précisément pourquoi le #PIC ne s’arrête pas à la consultation : chez nous, c’est le peuple entier qui tranche, et sa décision s’impose.

« Alors donnons plus de voix aux plus diplômés. »

Qui rédigera l’examen ? Un test de compétence politique est une décision politique, et ceux qui l’écrivent se désignent eux-mêmes. La science, d’ailleurs, ne plaide pas pour le diplôme : les « équipiers » qui font réussir leur groupe ne se distinguent ni par le QI ni par l’éducation (Weidmann et Deming, 2021) ; et les philosophes Franz Dietrich et Kai Spiekermann notent que tout critère de compétence peut tromper : exclure les non-diplômés pourrait abaisser la compétence collective au lieu de l’élever. Voir « Votre méritocratie, c’est de l’élitisme : en démocratie, tout le monde se vaut ».

Les pièges à éviter

  • Ne dites jamais « la foule a toujours raison » : ni Condorcet ni le #PIC ne le prétendent. Dites : organisée, elle se trompe rarement.
  • Ne dites pas que « le QI d’un groupe est supérieur à la moyenne des QI de ses membres » : ces 2 échelles ne se comparent pas. Dites : l’intelligence d’un groupe ne se réduit pas à celle de ses membres, elle dépend de la manière dont il délibère.
  • Ne présentez pas le facteur c comme un acquis : il est discuté. Et pour la méta-analyse de 2021, citez 19,6 %, jamais 44 %, chiffre erroné que ses auteurs ont corrigé en 2022.
  • Les 92 % du cas « 10 contre 50 » sont un calcul (loi binomiale), pas une étude publiée : présentez-les comme tels, avec leurs hypothèses (les 10 votent toujours juste, les 50 à pile ou face, votes indépendants, majorité simple).
  • Ne citez pas le théorème de Hong et Page, « la diversité bat la compétence », comme une preuve mathématique : il a été sévèrement contesté par la mathématicienne Abigail Thompson (2014).
  • « Abrutis » est le mot de votre interlocuteur, jamais le nôtre. Et ne vous moquez pas de lui : il ne fait que répéter ce qu’on lui a appris à penser de ses voisins.
  • La plupart de ces preuves portent sur des questions de fait. Sur un choix de valeurs, la majorité n’a pas « raison » : elle tranche. Ne promettez pas plus que la science.

Références utiles

Les citations, les ouvrages, les études et les chiffres sur lesquels repose cette réponse, avec leurs sources. Pour vérifier, approfondir, et répondre à qui vous demandera d’où vous tenez vos arguments.

Nicolas de Condorcet, Essai sur l’application de l’analyse à la probabilité des décisions rendues à la pluralité des voix, Paris, Imprimerie royale, 1785, Discours préliminaire, p. xxi (orthographe modernisée) : « nous supposerons d’abord les assemblées composées de Votans ayant une égale justesse d’esprit et des lumières égales : nous supposerons qu’aucun des Votans n’a d’influence sur les voix des autres, et que tous opinent de bonne foi ». consulter la source

Même ouvrage, p. xxiii-xxiv : « si la probabilité de la voix de chaque Votant est plus grande que ½, c’est-à-dire, s’il est plus probable qu’il jugera conformément à la vérité, plus le nombre des Votans augmentera, plus la probabilité de la vérité de la décision sera grande : la limite de cette probabilité sera la certitude ». consulter la source

Même ouvrage, p. xxiv-xxv : « alors plus l’assemblée sera nombreuse, plus elle sera exposée à rendre des décisions fausses […] on voit qu’il peut être dangereux de donner une constitution démocratique à un peuple sans lumières ». consulter la source

Philip E. Converse, « Popular Representation and the Distribution of Information », dans J. Ferejohn et J. Kuklinski (dir.), Information and Democratic Processes, University of Illinois Press, 1990, p. 369-388 ; Benjamin I. Page et Robert Y. Shapiro, The Rational Public, University of Chicago Press, 1992 : origine de l’expression « miracle de l’agrégation » et démonstration de la rationalité de l’opinion collective sur un demi-siècle de sondages américains.

Bryan Caplan, « Reply to My Critics », Cato Unbound, 16 novembre 2006 : No matter how low the quality of the electorate, unrestricted democracy will choose the same policies as a land governed by Philosopher-Kings as long as voter errors are random. […] There are plenty of areas where the Miracle of Aggregation probably works as advertised. (« Quelle que soit la faiblesse du niveau de l’électorat, une démocratie sans restriction choisira les mêmes politiques qu’un pays gouverné par des rois-philosophes, tant que les erreurs des électeurs sont aléatoires. […] Il y a bien des domaines où le miracle de l’agrégation fonctionne probablement comme annoncé. » ; trad. IA). consulter la source

Jason Brennan, « The Ethics and Rationality of Voting », Stanford Encyclopedia of Philosophy, révision du 21 février 2025, § 6.2 : If voters do systematically worse than chance (e.g., Althaus 2003; Caplan 2007), then the theorem instead implies that large democracies almost always make the wrong choice. (« Si les électeurs font systématiquement moins bien que le hasard, le théorème implique au contraire que les grandes démocraties font presque toujours le mauvais choix. » ; trad. IA). consulter la source

Marco Battaglini, Rebecca B. Morton et Thomas R. Palfrey, « The Swing Voter’s Curse in the Laboratory », Review of Economic Studies, vol. 77, n° 1, 2010, p. 61-89 (version de travail, p. 13, et résumé) : When m = 0, uninformed voters abstain 91% of the time, vote for A less than one percent of the time, and vote for B 8% of the time. […] The voters act as if they are aware of the swing voter’s curse and adjust their behavior to compensate. (« Sans partisans, les votants non informés s’abstiennent 91 % du temps, votent pour A moins de 1 % du temps et pour B 8 % du temps. […] Les votants agissent comme s’ils avaient conscience de la malédiction de l’électeur pivot et ajustent leur comportement pour la compenser. » ; trad. IA). consulter la source

Franz Dietrich et Kai Spiekermann, « Epistemic Democracy with Defensible Premises », Economics and Philosophy, vol. 29, n° 1, 2013, p. 87-120 (version MPRA, résumé) : This premise carries responsibility for the theorem’s misleading conclusion that ‘large crowds are infallible’. We prove a more useful jury theorem: under defensible premises, ‘large crowds are fallible but better than small groups’. (« Cette prémisse est responsable de la conclusion trompeuse du théorème selon laquelle “les grandes foules sont infaillibles”. Nous démontrons un théorème du jury plus utile : sous des prémisses défendables, “les grandes foules sont faillibles, mais meilleures que les petits groupes”. » ; trad. IA). consulter la source

Franz Dietrich et Kai Spiekermann, « Jury Theorems », Stanford Encyclopedia of Philosophy, 17 novembre 2021, § 3.2 : it suffices that the infinitely many individuals are competent on average, which allows for many incompetent individuals […] members are selected anonymously, rather than (for instance) by competence. Increasing group size no longer means keeping the “old” members and adding “new”, often less competent, members, but it means drawing a fully new (larger) group from the population. […] An epistemic justification points out that any proxy used for competence might be misleading. For instance, it would seem unjustified to exclude citizens without university education because they might be just as competent or more competent; excluding them might lower collective competence. (« il suffit que les individus soient compétents en moyenne, ce qui autorise de nombreux individus incompétents […] les membres sont désignés anonymement plutôt que, par exemple, selon leur compétence. Accroître la taille du groupe ne signifie plus garder les “anciens” membres et en ajouter de “nouveaux”, souvent moins compétents, mais tirer dans la population un groupe entièrement neuf et plus grand. […] Une justification épistémique fait valoir que tout indicateur de compétence peut tromper. Ainsi, il semblerait injustifié d’exclure les citoyens sans diplôme universitaire, car ils pourraient être tout aussi compétents, voire davantage ; les exclure pourrait abaisser la compétence collective. » ; trad. IA). consulter la source

Robert E. Goodin et Kai Spiekermann, An Epistemic Theory of Democracy, Oxford University Press, 2018, épilogue « What about Trump and Brexit? » (version acceptée, p. 4) : However at some point, when the conditions are violated too severely, the epistemic benefits of majority voting break down. Our argument can thus also be taken as an analysis of why democracy does not produce epistemically superior outcomes, when it does not (« Cependant, à partir d’un certain point, quand les conditions sont trop gravement violées, les bénéfices épistémiques du vote majoritaire s’effondrent. Notre argument peut donc aussi se lire comme une analyse des raisons pour lesquelles la démocratie ne produit pas de résultats épistémiquement supérieurs, quand elle n’en produit pas. » ; trad. IA). consulter la source

Dražen Prelec, H. Sebastian Seung et John McCoy, « A solution to the single-question crowd wisdom problem », Nature, vol. 541, 2017, p. 532-535, DOI 10.1038/nature21054 : Across all 490 items, the SP algorithm reduced errors by 21.3% relative to simple majority vote (« Sur l’ensemble des 490 questions, l’algorithme de la réponse étonnamment populaire a réduit les erreurs de 21,3 % par rapport au vote à la majorité simple. » ; trad. IA). consulter la source

Francis Galton, « Vox Populi », Nature, vol. 75, 7 mars 1907, p. 450-451 (scan de galton.org) : In these democratic days, any investigation into the trustworthiness and peculiarities of popular judgments is of interest. […] It appears then, in this particular instance, that the vox populi is correct to within 1 per cent. of the real value (« En ces temps démocratiques, toute enquête sur la fiabilité et les particularités des jugements populaires présente de l’intérêt. […] Il apparaît donc, dans ce cas particulier, que la vox populi est juste à 1 % près de la valeur réelle » ; trad. IA). consulter la source

Kenneth F. Wallis, « Revisiting Francis Galton’s Forecasting Competition », Statistical Science, vol. 29, n° 3, 2014, p. 420-424 : Indeed, using the correct value of the outcome, the mean estimate has zero error. (« De fait, avec la valeur correcte du résultat, l’estimation moyenne a une erreur nulle. » ; trad. IA). consulter la source

Jan Lorenz, Heiko Rauhut, Frank Schweitzer et Dirk Helbing, « How social influence can undermine the wisdom of crowd effect », PNAS, vol. 108, n° 22, 2011, p. 9020-9025 (résumé) : we demonstrate by experimental evidence ( N = 144) that even mild social influence can undermine the wisdom of crowd effect in simple estimation tasks. (« Nous démontrons par des données expérimentales (N = 144) qu’une influence sociale même légère peut saper l’effet de sagesse des foules dans de simples tâches d’estimation. » ; trad. IA). consulter la source

Joshua Becker, Devon Brackbill et Damon Centola, « Network dynamics of social influence in the wisdom of crowds », PNAS, vol. 114, n° 26, 2017, p. E5070-E5076 (résumé) : We present theoretical predictions and experimental results showing that, in decentralized communication networks, group estimates become reliably more accurate as a result of information exchange. (« Nous présentons des prédictions théoriques et des résultats expérimentaux montrant que, dans des réseaux de communication décentralisés, les estimations des groupes deviennent de manière fiable plus exactes à la suite de l’échange d’informations. » ; trad. IA). consulter la source

Vincenz Frey et Arnout van de Rijt, « Social Influence Undermines the Wisdom of the Crowd in Sequential Decision Making », Management Science, vol. 67, n° 7, 2021, p. 4273-4286 ; propos d’Arnout van de Rijt rapportés par l’Institut universitaire européen, 2020 : Our experiments show that the positive effect of social information turns negative if group members do not first contribute an independent vote, but instead cast their votes sequentially such that early mistakes can cascade across strings of decision makers. (« Nos expériences montrent que l’effet positif de l’information sociale devient négatif si les membres du groupe n’émettent pas d’abord un vote indépendant, mais votent les uns après les autres, de sorte que les erreurs initiales peuvent se propager en cascade le long de la chaîne des décideurs. » ; trad. IA). consulter la source

Joshua Becker, Ethan Porter et Damon Centola, « The wisdom of partisan crowds », PNAS, vol. 116, n° 22, 2019, p. 10717-10722 (résumé) : In contrast to polarization theories, we found that social information exchange in homogeneous networks not only increased accuracy but also reduced polarization. (« Contrairement aux théories de la polarisation, nous avons constaté que l’échange d’informations sociales dans des réseaux homogènes non seulement accroissait l’exactitude, mais réduisait aussi la polarisation. » ; trad. IA). consulter la source

Joaquin Navajas, Tamara Niella, Gerry Garbulsky, Bahador Bahrami et Mariano Sigman, « Aggregated knowledge from a small number of debates outperforms the wisdom of large crowds », Nature Human Behaviour, vol. 2, 2018, p. 126-132 (résumé de la prépublication) : We found that averaging consensus decisions was substantially more accurate than aggregating the initial independent opinions. Remarkably, combining as few as four consensus choices outperformed the wisdom of thousands of individuals. (« Nous avons constaté que la moyenne des décisions de consensus était nettement plus exacte que l’agrégation des opinions indépendantes initiales. Fait remarquable, combiner aussi peu que 4 choix consensuels surpassait la sagesse de milliers d’individus. » ; trad. IA). consulter la source

Michael L. Barnett, Dhruv Boddupalli, Shantanu Nundy et David W. Bates, « Comparative Accuracy of Diagnosis by Collective Intelligence of Multiple Physicians vs Individual Physicians », JAMA Network Open, vol. 2, n° 3, 2019, e190096 (résumé) : Collective intelligence was associated with increasing diagnostic accuracy, from 62.5% (95% CI, 60.1%-64.9%) for individual physicians up to 85.6% (95% CI, 83.9%-87.4%) for groups of 9 (« L’intelligence collective était associée à une exactitude diagnostique croissante, de 62,5 % pour un médecin seul jusqu’à 85,6 % pour des groupes de 9 » ; trad. IA). consulter la source

Ralf H. J. M. Kurvers, A. G. Nuzzolese, A. Russo, G. Barabucci, Stefan M. Herzog et V. Trianni, « Automating hybrid collective intelligence in open-ended medical diagnostics », PNAS, vol. 120, n° 34, 2023, e2221473120 (résumé) : While single diagnosticians achieved 46% accuracy, pooling the decisions of ten diagnosticians increased this to 76%. Improvements occurred across medical specialties, chief complaints, and diagnosticians’ tenure levels. (« Alors que les diagnosticiens seuls atteignaient 46 % d’exactitude, la mise en commun des décisions de 10 diagnosticiens l’a portée à 76 %. Les améliorations s’observaient dans toutes les spécialités, pour tous les motifs de consultation et à tous les niveaux d’ancienneté. » ; trad. IA). consulter la source

Jennifer Allen, Antonio A. Arechar, Gordon Pennycook et David G. Rand, « Scaling up fact-checking using the wisdom of crowds », Science Advances, vol. 7, n° 36, 2021, eabf4393 (résumé) : We find that the average rating of a small politically-balanced crowd of laypeople is as correlated with the average fact-checker rating as the fact-checkers’ ratings are correlated with each other. (« Nous constatons que la note moyenne d’une petite foule de non-spécialistes politiquement équilibrée est aussi corrélée à la note moyenne des vérificateurs que les notes des vérificateurs le sont entre elles. » ; trad. IA). consulter la source

Barbara Mellers, L. Ungar, Jonathan Baron et al. (dont Philip E. Tetlock), « Psychological Strategies for Winning a Geopolitical Forecasting Tournament », Psychological Science, vol. 25, n° 5, 2014, p. 1106-1115 (discussion) : Results strongly disconfirm the expectations of pro-independence theorists. Team forecasters were more accurate than crowd-belief forecasters, and crowd-belief forecasters outperformed independent forecasters. (« Les résultats démentent nettement les attentes des théoriciens de l’indépendance. Les prévisionnistes en équipe étaient plus exacts que ceux qui connaissaient l’opinion de la foule, et ceux-ci surpassaient les prévisionnistes indépendants. » ; trad. IA). consulter la source

Anita Williams Woolley, Christopher F. Chabris, Alex Pentland, Nada Hashmi et Thomas W. Malone, « Evidence for a Collective Intelligence Factor in the Performance of Human Groups », Science, vol. 330, 2010, p. 686-688, DOI 10.1126/science.1193147 (résumé et p. 2 de la version Science Express) : This “c factor” is not strongly correlated with the average or maximum individual intelligence of group members but is correlated with the average social sensitivity of group members, the equality in distribution of conversational turn-taking, and the proportion of females in the group. […] In other words, groups where a few people dominated the conversation were less collectively intelligent than those with a more equal distribution of conversational turn-taking. (« Ce “facteur c” n’est pas fortement corrélé avec l’intelligence individuelle moyenne ou maximale des membres du groupe, mais il est corrélé avec la sensibilité sociale moyenne des membres, l’égalité dans la répartition des tours de parole et la proportion de femmes dans le groupe. […] Autrement dit, les groupes où quelques personnes monopolisaient la conversation étaient moins intelligents collectivement que ceux où les tours de parole étaient répartis plus également. » ; trad. IA). consulter la source

Christoph Riedl, Young Ji Kim, Pranav Gupta, Thomas W. Malone et Anita Williams Woolley, « Quantifying collective intelligence in human groups », PNAS, vol. 118, n° 21, 2021, e2005737118 ; correctif, PNAS, vol. 119, n° 19, 2022 : We also find that, overall, group collaboration process is more important in predicting CI than the skill of individual members. […] The standardized factor loadings range between 0.27 and 0.52 (all P < 0.001) with average variance extracted of 19.6%. (« Nous constatons aussi que, globalement, le processus de collaboration du groupe compte davantage que la compétence de ses membres pour prédire l’intelligence collective. […] Les saturations factorielles standardisées vont de 0,27 à 0,52 (toutes P < 0,001), avec une variance moyenne extraite de 19,6 %. » ; trad. IA). consulter la source

Ben Weidmann et David J. Deming, « Team Players: How Social Skills Improve Team Performance », Econometrica, vol. 89, n° 6, 2021, p. 2637-2657 (résumé de la version de travail NBER 27071, 2020) : Some people consistently cause their group to exceed its predicted performance. We call these individuals “team players”. Team players score significantly higher on a well-established measure of social intelligence, but do not differ across a variety of other dimensions, including IQ, personality, education and gender. (« Certaines personnes font systématiquement dépasser à leur groupe la performance prévue. Nous les appelons des “équipiers”. Ils obtiennent des scores nettement plus élevés à une mesure éprouvée de l’intelligence sociale, mais ne diffèrent pas sur diverses autres dimensions, dont le QI, la personnalité, l’éducation et le sexe. » ; trad. IA). consulter la source

Timothy C. Bates et Shivani Gupta, « Smart groups of smart people: Evidence for IQ as the origin of collective intelligence in the performance of human groups », Intelligence, vol. 60, 2017, p. 46-56 (résumé) : Contrary to prediction, individual IQ accounted for around 80% of group-IQ differences. Hypotheses that group-IQ increases with number of women in the group and with turn-taking were not supported. (« Contrairement à la prédiction, le QI individuel expliquait environ 80 % des différences de QI de groupe. Les hypothèses selon lesquelles le QI de groupe augmente avec le nombre de femmes et avec l’alternance des tours de parole n’ont pas été confirmées. » ; trad. IA). consulter la source

Hugo Mercier et Dan Sperber, « Why do humans reason? Arguments for an argumentative theory », Behavioral and Brain Sciences, vol. 34, n° 2, 2011, p. 57-74 (résumé et § 2.3) : Poor performance in standard reasoning tasks is explained by the lack of argumentative context. When the same problems are placed in a proper argumentative setting, people turn out to be skilled arguers. […] However, when participants had to solve the task in groups, they reached the level of 80% of correct answers. (« Les mauvaises performances aux tâches classiques de raisonnement s’expliquent par l’absence de contexte argumentatif. Quand les mêmes problèmes sont placés dans un cadre argumentatif approprié, les gens se révèlent d’habiles argumentateurs. […] Cependant, quand les participants devaient résoudre la tâche en groupe, ils atteignaient 80 % de bonnes réponses. » ; trad. IA). consulter la source

Patrick R. Laughlin, Erin C. Hatch, Jonathan S. Silver et Lee Boh, « Groups perform better than the best individuals on letters-to-numbers problems: effects of group size », Journal of Personality and Social Psychology, vol. 90, n° 4, 2006, p. 644-651 (résumé) : These results suggest that 3-person groups are necessary and sufficient to perform better than the best individuals on highly intellective problems. (« Ces résultats suggèrent que des groupes de 3 personnes sont nécessaires et suffisants pour faire mieux que les meilleurs individus sur des problèmes hautement intellectuels. » ; trad. IA). consulter la source

Emmanuel Trouche, Emmanuel Sander et Hugo Mercier, « Arguments, more than confidence, explain the good performance of reasoning groups », Journal of Experimental Psychology: General, vol. 143, n° 5, 2014, p. 1958-1971 (résumé) : Moreover, the group member with the right answer nearly always managed to convince the group even when she was not the most confident. These results show that argument quality can overcome confidence among the factors influencing the discussion of intellective tasks. (« De plus, le membre du groupe qui avait la bonne réponse parvenait presque toujours à convaincre le groupe, même lorsqu’il n’était pas le plus confiant. Ces résultats montrent que la qualité des arguments peut l’emporter sur l’assurance parmi les facteurs qui influencent la discussion de tâches intellectuelles. » ; trad. IA). consulter la source

Hugo Mercier et Hélène Landemore, « Reasoning Is for Arguing: Understanding the Successes and Failures of Deliberation », Political Psychology, vol. 33, n° 2, 2012, p. 243-258 (résumé) : According to this theory, individual reasoning mechanisms work best when used to produce and evaluate arguments during a public deliberation. It predicts that when diverse opinions are discussed, group reasoning will outperform individual reasoning. […] When people reason either alone or with like-minded peers, this confirmation bias leads them to reinforce their initial attitudes, explaining individual and group polarization. (« Selon cette théorie, les mécanismes individuels du raisonnement fonctionnent le mieux lorsqu’ils servent à produire et à évaluer des arguments au cours d’une délibération publique. Elle prédit que, lorsque des opinions diverses sont discutées, le raisonnement en groupe surpasse le raisonnement individuel. […] Quand les gens raisonnent seuls ou entre pairs qui pensent comme eux, ce biais de confirmation les conduit à renforcer leurs attitudes initiales, ce qui explique la polarisation individuelle et collective. » ; trad. IA). consulter la source

James S. Fishkin et Robert C. Luskin, « Experimenting with a Democratic Ideal: Deliberative Polling and Public Opinion », Acta Politica, vol. 40, 2005, p. 284-298 (résumé) : The results, responding to ‘defeatist,’ ‘extenuationist,’ and ‘alarmist’ critiques, show that ordinary people can deliberate, that they benefit from doing so, and that the process neither biases nor polarizes their opinions. (« Les résultats, qui répondent aux critiques défaitistes, exténuationnistes et alarmistes, montrent que les gens ordinaires peuvent délibérer, qu’ils en tirent profit et que le processus ne biaise ni ne polarise leurs opinions. » ; trad. IA). consulter la source

James S. Fishkin, Alice Siu, Larry Diamond et Norman Bradburn, « Is Deliberation an Antidote to Extreme Partisan Polarization? Reflections on “America in One Room” », American Political Science Review, vol. 115, n° 4, 2021, p. 1464-1481 (conclusion, p. 1478) : These results from a national field experiment offer proof of concept that deliberation, with an appropriate design, can dramatically narrow differences between Republicans and Democrats on issues where they are initially deeply polarized. (« Ces résultats d’une expérience de terrain nationale apportent la preuve de principe que la délibération, avec un dispositif approprié, peut réduire spectaculairement les écarts entre républicains et démocrates sur des sujets où ils sont au départ profondément polarisés. » ; trad. IA). consulter la source

Kimmo Grönlund, Kaisa Herne et Maija Setälä, « Does Enclave Deliberation Polarize Opinions? », Political Behavior, vol. 37, n° 4, 2015, p. 995-1020 (résumé, p. 995, et p. 1014) : The main finding of our experiment is that people with anti-immigrant attitudes become more tolerant even when they deliberate in like-minded groups. […] it should also be acknowledged that social desirability might be hard to separate from the actual effect of deliberation (« Le principal résultat de notre expérience est que les personnes hostiles aux immigrés deviennent plus tolérantes, même lorsqu’elles délibèrent entre personnes du même avis. […] il faut aussi reconnaître que la désirabilité sociale peut être difficile à distinguer de l’effet réel de la délibération » ; trad. IA). consulter la source

Didier Caluwaerts, Kamil Bernaerts, Rebekka Kesberg, Lien Smets et Bram Spruyt, « Deliberation and polarization: a multi-disciplinary review », Frontiers in Political Science, vol. 5, 2023, article 1127372 (résumé) : we find depolarizing effects when group discussions adhere to a deliberative democracy framework, and polarizing effects when they do not. (« Nous constatons des effets dépolarisants lorsque les discussions de groupe respectent un cadre de démocratie délibérative, et des effets polarisants lorsqu’elles ne le respectent pas. » ; trad. IA). consulter la source

Simon Niemeyer, « The Emancipatory Effect of Deliberation: Empirical Lessons from Mini-Publics », Politics & Society, vol. 39, n° 1, 2011, p. 103-140 (résumé) : Evidence from two case studies suggests that deliberation corrects preexisting distortions of public will caused by either active manipulation or passive overemphasis on symbolically potent issues. (« Les données de 2 études de cas suggèrent que la délibération corrige les distorsions préexistantes de la volonté publique, qu’elles soient causées par une manipulation active ou par une focalisation passive sur des enjeux à forte charge symbolique. » ; trad. IA). consulter la source

John S. Dryzek, André Bächtiger, Simone Chambers, Joshua Cohen, James N. Druckman, Andrea Felicetti, James S. Fishkin, David M. Farrell, Archon Fung, Amy Gutmann, Hélène Landemore, Jane Mansbridge, Sofie Marien, Michael A. Neblo, Simon Niemeyer, Maija Setälä, Rune Slothuus, Jane Suiter, Dennis Thompson et Mark E. Warren, « The crisis of democracy and the science of deliberation », Science, vol. 363, n° 6432, 15 mars 2019, p. 1144-1146 : Deliberative experimentation has generated empirical research that refutes many of the more pessimistic claims about the citizenry’s ability to make sound judgments. […] it is important to remain vigilant against incentives for governments to use them as symbolic cover for business as usual, or for well-financed lobby groups to subvert their operation and sideline their recommendations. (« L’expérimentation délibérative a produit des recherches empiriques qui réfutent bon nombre des thèses les plus pessimistes sur la capacité des citoyens à porter des jugements sensés. […] il importe de rester vigilant face à la tentation des gouvernements de s’en servir comme d’une couverture symbolique pour continuer comme avant, ou face aux lobbies bien financés qui chercheraient à en pervertir le fonctionnement et à écarter leurs recommandations. » ; trad. IA). consulter la source

Hélène E. Landemore et Théophile Pénigaud, « Citizen Legislators: Citizens on Top and Experts on Tap in the French Convention for Climate (2019–20) », Perspectives on Politics, 2026 (résumé) : The CCC, we conclude, demonstrates the feasibility of involving ordinary citizens qua legislators in more inclusive and participatory forms of democratic governance. (« La Convention citoyenne pour le climat, concluons-nous, démontre qu’il est possible d’associer des citoyens ordinaires, en tant que législateurs, à des formes de gouvernement démocratique plus inclusives et participatives. » ; trad. IA). consulter la source

Yves Sintomer, « Tirage au sort et démocratie délibérative. Une piste pour renouveler la politique au XXIe siècle ? », La Vie des idées, 5 juin 2012, p. 6 et 8 : « Le postulat sous-tendant les dispositifs contemporains, à savoir qu’une délibération de citoyens “ordinaires” menée dans de bonnes conditions peut mener à des résultats raisonnables, tend à être largement corroboré par les enquêtes empiriques de sciences sociales menées par des observateurs extérieurs aux dispositifs analysés. […] il faut cependant convenir que les effets précis de la délibération sur les individus restent encore à prouver ». consulter la source

Ramon van der Does et Vincent Jacquet, « Small-Scale Deliberation and Mass Democracy: A Systematic Review of the Spillover Effects of Deliberative Minipublics », Political Studies, vol. 71, n° 1, 2023 (version auteur, p. 19) : Substantively, the quantitative evidence offers a sobering outlook on minipublics’ potential to transform participants. (« Sur le fond, les données quantitatives donnent une image qui dégrise quant au potentiel des mini-publics à transformer leurs participants. » ; trad. IA). consulter la source

Abigail Thompson, « Does Diversity Trump Ability? An Example of the Misuse of Mathematics in the Social Sciences », Notices of the American Mathematical Society, vol. 61, n° 9, 2014, p. 1024-1030, DOI 10.1090/noti1163 (p. 1028) : In all cases, a maximally “diverse” group performed less well than the median performance of 200 random groups of ten agents. In the spirit of [1], we might claim that randomness trumps diversity. (« Dans tous les cas, un groupe de “diversité” maximale a fait moins bien que la performance médiane de 200 groupes aléatoires de 10 agents. Dans l’esprit de [Hong et Page], on pourrait dire que le hasard l’emporte sur la diversité. » ; trad. IA). consulter la source

#PIC, Constitution d’urgence, Titre II, article 7 : « Ils vérifient la loyauté et la clarté des questions soumises au référendum, auditionnent des experts contradictoires, et rédigent les notes citoyennes exposant, pour chaque question, les arguments opposés. […] La question est rédigée en termes neutres, selon une forme fixe déterminée par la loi organique ; elle ne suggère aucune réponse et ne fait état d’aucune conséquence présumée du vote ». consulter la source

#PIC, Constitution d’urgence, Titre II, article 8, 3° et 4° : « Au cours de chaque cycle, ses membres délibèrent en groupes de sept, formés par tirage au sort, au sein desquels nul ne connaît l’identité des autres […] Les listes des groupes sont agrégées selon une méthode publique qui donne à chaque groupe un poids égal ». consulter la source

#PIC, Constitution d’urgence, Titre II, article 9, 1° : « Chaque tirage au sort s’opère sur une liste arrêtée et scellée avant le tirage, au moyen d’un aléa produit en public, que nul ne peut maîtriser seul, et d’un programme dont le code source est publié ». consulter la source

Version 1 du 21 octobre 2026 : première publication.

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