On vous dit :
« À vous lire, on pourrait penser que la Constitution est gravée dans le marbre, comme une loi divine. Mais une Constitution n’a de valeur que par le consensus qu’elle suggère. »
Voici ce que vous pouvez répondre
Vous avez raison : une Constitution ne vaut que par l’adhésion qu’elle recueille. C’est pourquoi la nôtre l’écrit en toutes lettres : elle « n’est pas gravée dans un marbre immuable ».
Aujourd’hui, c’est un projet, écrit en public : 101 de ses 131 articles ont déjà été réécrits, plusieurs sur la suggestion d’un lecteur. Demain, elle n’existera que si le peuple l’adopte par référendum. Ensuite, il pourra la corriger à chacune des 4 votations de l’année, et il lui sera demandé tous les 7 ans s’il faut la réexaminer.
Ce qui échappe à la révision tient en un principe : le peuple ne peut pas abolir son propre pouvoir de se corriger.
Sources : #PIC, Constitution d’urgence (Titre XVIII, articles 1 à 4 ; Titre II, article 9) et relevé du site au 23 octobre 2026 · vie-publique.fr · Déclaration des droits de 1793 · Thomas Jefferson. Le détail et les citations sont dans l’onglet « Références utiles ».
Pour aller plus loin
La visite guidée : une Constitution en 5 temps
- Elle s’écrit en public. Chaque article de la Constitution d’urgence est une page que chacun peut lire, commenter et noter. Au 23 octobre 2026, 436 commentaires y sont publiés, sur 103 articles. Chaque article garde son historique et ses versions précédentes, avec la raison de chaque changement : 101 des 131 articles ont été réécrits au moins une fois, 259 versions nouvelles en tout, jusqu’à 8 pour certains. Chaque livraison est racontée dans le Journal des modifications.
- Elle ne vaudra que si le peuple l’adopte. Elle « entre en vigueur à la date de la proclamation des résultats du référendum qui l’adopte » (Titre XVIII, article 4), et pas avant. Si le peuple dit non, la Constitution de 1958 demeure, et le président élu en portant notre candidature « remet sa démission dans les 8 jours » (question n° 1).
- Elle se révise par le peuple, et par lui seul. L’initiative appartient à l’Agora citoyenne, au Conseil des Sept et à l’Assemblée nationale ; mais toute révision passe par le référendum, et « aucune révision ne peut être adoptée par la seule voie des pouvoirs constitués » (Titre XVIII, article premier). Elle peut donc être corrigée à chacune des 4 votations de l’année (Titre II, article 9), chaque correction étant soumise au vote 4 mois au moins après avoir été proposée.
- Elle se remet en question tous les 7 ans. La question « Faut-il réexaminer les institutions de la Démocratie française ? » est posée de plein droit au peuple ; s’il répond oui, 777 citoyens tirés au sort préparent en 18 mois, après consultation publique, des projets de révision qui lui sont soumis (Titre XVIII, article 2). Ce rendez-vous s’ajoute au droit permanent de réviser ; il ne le remplace pas.
- Une seule pierre est gravée : celle qui permet de bouger toutes les autres. « Si le peuple peut tout réviser, il est une chose qu’il ne peut pas décider : abolir son propre pouvoir de décider et de se corriger » (Titre XVIII, article 3). Ce n’est pas un marbre posé sur le peuple ; c’est la garantie qu’aucune majorité d’un jour ne pourra le priver de changer d’avis le lendemain.
Ce que l’objection a de juste
Le vocabulaire, d’abord : une Constitution s’écrit en articles, avec des mots qui engagent, et le nôtre peut impressionner. Ensuite, une vraie contradiction, qu’un militant nous a signalée le 23 octobre 2026. Le site disait à la fois « tout est révisable » et, de l’abolition de la peine de mort, « la question est donc close ». Il avait raison, et nous le lui avons dit. Nous resserrons donc le noyau intangible sur ce seul point : le droit du peuple de voter et de réviser sa Constitution. L’abolition reste la règle de départ, que le peuple pourra réviser, mais jamais sous le coup d’une émotion. Les pages concernées sont en cours de réécriture, à commencer par « Juger, ce n’est pas au peuple : il rétablirait la peine de mort ». C’est cela, une Constitution qui n’est pas gravée dans le marbre : une objection juste, et le texte bouge.
Un consensus suggéré, ou un consentement vérifié ?
Notre interlocuteur écrit qu’une Constitution n’a de valeur que par le consensus qu’elle suggère. Nous irions plus loin : un consensus que l’on suggère, on peut aussi le supposer, et c’est ce que fait la Ve République. Adoptée en 1958 par 79,3 % des votants de métropole, elle a été révisée 25 fois entre 1958 et 2024 : 2 fois seulement par référendum, en 1962 et en 2000 ; les 23 autres révisions ont été votées par les seuls parlementaires. Parmi elles, celle de février 2008, qui a permis de ratifier le traité de Lisbonne après le non de 2005 (Le référendum confisqué), et celle de juillet 2008, adoptée au Congrès avec 539 voix, une seule de plus que la majorité requise. Le consensus de 1958 sert ainsi de caution à des textes que personne n’a jamais soumis au peuple.
Chez nous, le consentement n’est pas supposé : il est demandé, puis redemandé. Les notes de l’article 2 du Titre XVIII le disent en une phrase : « la stabilité ne naît plus de l’immobilité, mais d’un consentement renouvelé ». Si le peuple répond qu’il garde ce qu’il a, rien ne bouge ; s’il veut changer, il change. C’est la seule réponse que nous connaissions à la vieille objection faite aux théoriciens du contrat, que notre Abécédaire rappelle dans Le contrat social : personne n’a jamais signé le contrat sous lequel il est né.
L’idée n’est pas neuve. La Déclaration des droits de 1793, en son article 28 : « Un peuple a toujours le droit de revoir, de réformer et de changer sa Constitution. Une génération ne peut assujettir à ses lois les générations futures. » Thomas Jefferson en tirait la conséquence en 1789, dans une lettre à James Madison : « Every constitution, then, and every law, naturally expires at the end of 19 years » (toute constitution, et toute loi, expire donc naturellement au bout de 19 ans). Nous ne fixons pas d’expiration : nous fixons un rendez-vous, et nous laissons la porte ouverte entre deux rendez-vous.
Pourquoi une Constitution, alors, et pas un simple programme ?
Parce qu’un programme promet des résultats, et qu’une Constitution fixe qui décide. Nous ne voulons pas imposer nos idées ; nous voulons changer les règles du jeu, pour que le peuple impose les siennes. Une Constitution publiée article par article, c’est le code source des institutions mis sur la table : chacun peut le lire, y trouver une faille, et proposer la correction. C’est l’inverse d’une loi divine : une loi divine ne se discute pas, notre texte ne vit que d’être discuté.
Les relances probables
« Si l’on peut tout changer, elle ne protège rien. »
Elle protège le pouvoir de corriger, qui protège tout le reste. Et elle impose du temps : 4 mois au moins entre la proposition et le vote, une note citoyenne qui expose les arguments opposés, une campagne équitable. On ne réécrit pas une Constitution sur un coup de colère.
« Une Constitution qu’on remet sans cesse sur le métier n’est plus une Constitution : c’est un brouillon. »
Nos propres notes y répondent : « L’objection confond deux choses, changer sans cesse et pouvoir changer. » Rien n’oblige le peuple à réviser ; tout lui permet de le faire (Titre XVIII, article 2).
« Vous la soumettrez en bloc, par oui ou par non : c’est à prendre ou à laisser. »
Le jour du référendum, oui ; mais elle aura été écrite en public, et dès le lendemain le peuple pourra la corriger. Voyez « Votre Constitution, écrite en petit comité, à prendre ou à laisser ».
« Votre noyau intangible, c’est justement le marbre. »
C’est la seule pierre gravée, et nous la resserrons sur l’essentiel : le droit du peuple de voter et de se corriger. Voyez « Votre noyau intangible enferme le peuple ».
« Coécrire une Constitution sur Internet, c’est n’importe quoi. »
Chaque changement est daté, motivé et réversible ; chaque version précédente reste consultable. Voyez « Coécrire une Constitution en ligne, c’est le chaos : laissez faire les juristes » et « Votre Constitution est bancale ».
Les pièges à éviter
- Ne le traitez pas en adversaire : c’est un malentendu, et l’occasion d’une visite guidée.
- Ne dites jamais « tout est révisable » sans ajouter « sauf le droit de réviser ».
- Ne dites pas que la Constitution ne se revoit que tous les 7 ans : ce rendez-vous s’ajoute au droit permanent de la réviser, à chacune des 4 votations de l’année.
- Ne prétendez pas qu’elle a déjà le consensus : elle le demandera, et elle peut être rejetée.
- Ne promettez pas qu’elle sera soumise telle qu’elle est aujourd’hui : elle change encore, et c’est voulu.
- Donnez des liens plutôt que des affirmations : l’historique de chaque article parle mieux que nous.
Pour prolonger
Dans l’Abécédaire et le Lexique du Pouvoir :
Dans nos textes :
- Constitution, titre XVIII, art. 1 : l’initiative et l’adoption de la révision
- Constitution, titre XVIII, art. 2 : le droit au tâtonnement et la révision périodique
- Constitution, titre XVIII, art. 3 : le noyau intangible
- Constitution, titre XVIII, art. 4 : le référendum unificateur
- Projet de référendum n° 1 : l’adoption de la Constitution d’urgence de la Démocratie française
- Projet de référendum n° 11 : la révision de la Constitution soumise au peuple, et son réexamen tous les 7 ans
- Le Journal des modifications
Dans l’Autodéfense :
- « Votre Constitution, écrite en petit comité, à prendre ou à laisser »
- « Votre Constitution est bancale »
- « Votre noyau intangible enferme le peuple »
- « Coécrire une Constitution en ligne, c’est le chaos : laissez faire les juristes »
- « Trop d’informations tuent l’information : une Constitution en 10 points suffirait »
Références utiles
Les citations, les ouvrages, les études et les chiffres sur lesquels repose cette réponse, avec leurs sources. Pour vérifier, approfondir, et répondre à qui vous demandera d’où vous tenez vos arguments.
#PIC, Constitution d’urgence, Titre XVIII, article 2, et ses notes aux Picouriens : « La présente Constitution n’est pas gravée dans un marbre immuable. Le peuple dispose du droit permanent de la corriger, de l’amender et de la perfectionner à la lumière de l’expérience. » ; tous les 7 ans : « Faut-il réexaminer les institutions de la Démocratie française ? » ; dans les notes : « L’objection confond deux choses, changer sans cesse et pouvoir changer », « la stabilité ne naît plus de l’immobilité, mais d’un consentement renouvelé ». consulter la source
#PIC, Constitution d’urgence, Titre XVIII, article premier : « Toute révision de la Constitution est soumise au référendum obligatoire et n’est définitive qu’après avoir été approuvée par le peuple. Aucune révision ne peut être adoptée par la seule voie des pouvoirs constitués. ». consulter la source
#PIC, Constitution d’urgence, Titre XVIII, article 3 : « Si le peuple peut tout réviser, il est une chose qu’il ne peut pas décider : abolir son propre pouvoir de décider et de se corriger ». consulter la source
#PIC, Constitution d’urgence, Titre XVIII, article 4 : « La présente Constitution est soumise à l’approbation du peuple français par référendum ; elle entre en vigueur à la date de la proclamation des résultats du référendum qui l’adopte. ». consulter la source
#PIC, Constitution d’urgence, Titre II, article 9 : « Les votations ordinaires ont lieu quatre fois par an » ; les questions sont arrêtées 4 mois au moins avant le scrutin. consulter la source
#PIC, projet de référendum n° 1 : si le non l’emporte : « La Constitution de 1958 demeure ; le président élu remet sa démission dans les 8 jours, et une nouvelle élection présidentielle a lieu. ». consulter la source
#PIC, relevé du site au 23 octobre 2026 : 131 articles de la Constitution d’urgence ; 101 réécrits au moins une fois ; 259 versions nouvelles au total, jusqu’à 8 pour un même article ; 436 commentaires publiés, sur 103 articles (décompte du #PIC à partir des historiques et des commentaires en ligne).
vie-publique.fr, L’essentiel n° 11, « Les révisions de la Constitution », 7 mars 2025 : « Depuis 1958, 25 révisions constitutionnelles ont été adoptées » ; en 1962, par référendum, l’élection du chef de l’État au suffrage universel direct. consulter la source
Référendum du 24 septembre 2000 sur le quinquennat : 73,21 % de oui, avec une participation de 30,19 %. consulter la source
Référendum du 28 septembre 1958 : 79,3 % de oui en métropole. consulter la source
Acteurs publics, « Le Parlement adopte la réforme à une voix près », juillet 2008 : Congrès du 21 juillet 2008 : 539 voix pour, 357 contre, la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés étant de 538. consulter la source
Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1793, article 28 : « Un peuple a toujours le droit de revoir, de réformer et de changer sa Constitution. Une génération ne peut assujettir à ses lois les générations futures. ». consulter la source
Thomas Jefferson, lettre à James Madison, 6 septembre 1789 : « the earth belongs in usufruct to the living » (la terre appartient en usufruit aux vivants) ; « Every constitution, then, and every law, naturally expires at the end of 19 years ». consulter la source
Version 1 du 23 octobre 2026 : première publication.
Le mot juste, dans l’Abécédaire : Le contrat social · Le code source
Le procédé, dans le Lexique du Pouvoir : Le référendum confisqué
Pour agir : lire et commenter la Constitution · s’engager
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Un argument ne vaut que par ceux qui le portent.

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