« Vous n’avez pas de programme : c’est un chèque en blanc »

On vous dit :

« Chômage, école, retraites, immigration : sur tout ce qui compte, vous ne dites rien. Vous proposez une procédure, pas une politique, et on ne vote pas pour une procédure. Un candidat sans programme demande un chèque en blanc. Pire : votre Constitution d’urgence est pleine de choix de fond, plafond fiscal, immigration, armes. Soit vous n’avez rien à proposer, soit votre programme est caché. »

Voici ce que vous pouvez répondre

Nous n’avons pas de programme, et c’est notre engagement le plus précis. Un programme, c’est une liste de mesures que rien n’oblige à tenir : la Constitution de 1958 déclare nul « tout mandat impératif ». Nous prenons un engagement vérifiable, signé devant notaire : dès son entrée en fonctions, notre élu engage le référendum sur une Constitution d’urgence que chacun peut lire aujourd’hui, et, le même jour, par une question distincte, sur la sortie des traités européens. Si vous refusez la Constitution, il démissionne. Si vous l’acceptez, c’est vous qui trancherez, question par question, sur l’école, les retraites ou l’hôpital. Les orientations du texte, comme le plafond fiscal, sont publiques : vos votes pourront les confirmer ou les défaire. Le chèque en blanc, c’est l’élection sur programme ; nous vous proposons de garder le chéquier.

Sources : #PIC, Protocole · #PIC, Manifeste · #PIC, Notre stratégie · Constitution du 4 octobre 1958 — le détail et les citations sont dans l’onglet « Références utiles ».

Pour aller plus loin

Le refus du programme n’est pas une esquive, c’est une règle écrite : le mouvement « ne présente pas de programme et ne s’engage sur aucun contenu de politique publique. Il s’engage sur une procédure et sur une date de sortie » (Protocole, Titre I, article 6).

Notre Manifeste en donne la raison : « Un programme s’impose d’en haut ; une Constitution d’urgence, au contraire, ouvre la porte et rend la main. »

Et notre page de stratégie en tire la conséquence pour l’Année Zéro : « Aucune question n’est taboue ; ce sont les réponses qui feront le programme. »

Le programme électoral a un défaut de fabrication que la science politique a formalisé.

Les politistes Douglas Rae et Hans Daudt ont décrit en 1976 le « paradoxe d’Ostrogorski », du nom du politiste russe Moisei Ostrogorski : même si chacun vote pour le parti avec lequel il est d’accord sur la majorité des sujets, une majorité d’électeurs peut être en désaccord avec le parti vainqueur sur chacun des sujets pris isolément.

Ajoutez le vote de rejet : en avril 2022, selon Ipsos, 42 % des électeurs du président réélu avaient d’abord voté pour lui afin de faire barrage à sa concurrente.

Et l’élu n’est tenu à rien, puisque l’article 27 de la Constitution de 1958 dispose que « tout mandat impératif est nul ».

Rousseau avait vu la limite dès 1762 : le peuple anglais « pense être libre ; il se trompe fort, il ne l’est que durant l’élection des membres du Parlement ».

C’est d’ailleurs nous qui proposons de rendre opposable le programme des élus, en abrogeant cet article 27 (Constitution d’urgence, Titre III, article 5).

Reste le reproche de « programme caché ». Le nôtre est en ligne, et le Manifeste demande de le lire à 2 étages.

Le premier, le noyau, est la machinerie de la décision populaire : référendum d’initiative citoyenne en toutes matières, caractère contraignant du vote, révocabilité, collégialité. Il n’est pas négociable.

Le second rassemble des orientations, du plafond fiscal au dividende citoyen, offertes comme « un brouillon d’urgence, une base de travail assumée, que les premiers référendums pourront confirmer, amender ou renverser ».

Le Manifeste conclut : « Nous ne trichons pas : nous proposons, le peuple dispose. » Si le texte écrit 15 %, c’est pour que le débat porte sur un objet concret, non pour l’imposer.

Voter sans programme ne veut pas dire voter à l’aveugle.

La Constitution d’urgence confie à 777 Formulateurs tirés au sort le soin de vérifier la loyauté des questions, d’auditionner des experts contradictoires et de rédiger, pour chaque question, des notes « exposant, pour chaque question, les arguments opposés » (Constitution d’urgence, Titre II, article 7).

Le dispositif a fait ses preuves dans l’Oregon : depuis 2010, un panel d’une vingtaine d’électeurs tirés au sort y délibère 4 à 5 jours sur une mesure soumise au vote et rédige une note insérée dans la brochure officielle ; les travaux de John Gastil et de ses collègues montrent qu’elle améliore la connaissance des faits chez les électeurs.

Quant aux partis, notre texte les finance sur leur capacité à établir « le coût et la faisabilité » de leurs propositions (Constitution d’urgence, Titre I, article 10). Qui décide paie, et qui propose chiffre.

Les relances probables

« Votre Constitution est pleine de mesures : plafond fiscal, immigration, armes. C’est un programme déguisé. »

Un programme déguisé se cache ; le nôtre est publié, commentable article par article, et chacune de ces orientations a sa page de réponse dans cette Autodéfense. Toutes sont révisables par référendum, sauf la machinerie qui permet au peuple de décider. Voyez « Un plafond fiscal de quinze pour cent, c’est un programme ultralibéral » et « Votre noyau intangible enferme le peuple ».

« Pendant dix-huit à vingt-quatre mois, qui gouverne, et pour faire quoi ? »

Le Conseil de l’Année Zéro gère les affaires courantes, ne décide rien d’important sans le peuple, puis se dissout quand les institutions choisies par le peuple sont en place. Voyez « Pendant votre transition, l’État s’arrête ».

« Pas de programme, c’est pour ne fâcher personne et ratisser large. »

Nous prenons des positions nettes sur ce qui nous engage : la méthode, le référendum, la date de notre départ, la démission du président élu si le peuple dit non. Sur le fond, notre règle interne est écrite : « aucune orientation de fond ne peut être opposée à un membre comme condition d’appartenance » (Protocole, Titre I, article 3). Voyez « Droite, gauche, souverainistes, écologistes : votre attelage explosera ».

« Et si le peuple vote l’inverse de ce que vous pensez ? »

Alors il aura raison contre nous : c’est le contrat. Un mouvement qui n’accepterait que les votes qui lui plaisent aurait un programme caché ; nous avons une règle, et elle s’applique d’abord à nous.

« Les gens n’ont pas le temps de voter sur tout. »

Personne ne vote sur tout : une Agora de citoyens tirés au sort fait remonter et hiérarchise les sujets (Constitution d’urgence, Titre II, article 8), et le peuple tranche à intervalles réguliers. Voyez « L’abstention prouve que les gens ne veulent pas décider ».

Les pièges à éviter

  • Ne présentez jamais une orientation de fond comme la position du #PIC : le Protocole en fait une « faute de méthode » (Protocole, Titre I, article 6). Décrivez ce que propose le texte, et renvoyez au vote.
  • Ne dites pas « nous n’avons aucune proposition » : la Constitution d’urgence contient des orientations précises, et l’adversaire les connaît. Dites qu’elles sont proposées au vote et révisables.
  • Ne dites pas « le lendemain de l’élection » : le président élu ne prend ses fonctions qu’une douzaine de jours après le second tour. Dites « dès son entrée en fonctions ».
  • Ne laissez pas croire que les options chiffrées de l’Observatoire existent déjà : c’est une mission annoncée. Et ne présentez pas la note citoyenne de l’Oregon comme une décision : elle informe, elle ne tranche pas.
  • Ne méprisez pas les questions de fin de mois : répondez que le référendum est l’outil pour les trancher, avec un exemple concret de votre commune. Évitez à l’antenne « méta-politique » ou « tuyauterie » ; dites « l’outil pour décider ».

Références utiles

Les citations, les ouvrages, les études et les chiffres sur lesquels repose cette réponse, avec leurs sources. Pour vérifier, approfondir, et répondre à qui vous demandera d’où vous tenez vos arguments.

#PIC, Protocole, Titre I, article 6, « Du refus du programme » : « Le mouvement ne présente pas de programme et ne s’engage sur aucun contenu de politique publique. Il s’engage sur une procédure et sur une date de sortie. Un membre qui présente au nom du #PIC une orientation de fond comme une position du mouvement excède son mandat ; il ne commet pas une faute d’opinion, mais une faute de méthode. ». consulter la source

#PIC, Protocole, Titre I, article 3, « De la primauté de la forme sur le fond » : « En conséquence, aucune orientation de fond ne peut être opposée à un membre comme condition d’appartenance, et aucun désaccord de fond ne constitue à lui seul un motif de sanction. ». consulter la source

#PIC, Manifeste, « La Constitution d’urgence, socle démocratique » (« Pourquoi une Constitution “d’urgence”, et non un programme » ; « Deux étages : le noyau intangible et les orientations révisables ») : « Un programme s’impose d’en haut ; une Constitution d’urgence, au contraire, ouvre la porte et rend la main. » ; « Tout le reste — l’organisation fine des pouvoirs, le plafond fiscal, le dividende citoyen, et jusqu’aux grandes réformes de société — est offert comme un brouillon d’urgence, une base de travail assumée, que les premiers référendums pourront confirmer, amender ou renverser. Nous ne trichons pas : nous proposons, le peuple dispose. ». consulter la source

#PIC, Notre stratégie, « Si nous gagnons : le référendum, puis l’Année Zéro » : « Aucune question n’est taboue ; ce sont les réponses qui feront le programme. ». consulter la source

#PIC, Protocole, Titre II, article 6, « Du Conseil des Sept et de l’engagement patrimonial » (version 3 du 25 septembre 2026) : « Si le peuple la rejette, le pouvoir lui est rendu : le Conseil des Sept ne voit pas le jour, et le président élu démissionne. ». consulter la source

Constitution du 4 octobre 1958, article 27, alinéa 1 (texte en vigueur, Conseil constitutionnel) : « Tout mandat impératif est nul. ». consulter la source

Constitution d’urgence, Titre III, article 5, « De l’abrogation du mandat non impératif et de la révocabilité » : « Le mandat des délégués élus est impératif, et aucune norme ne peut en prononcer la nullité : le programme sur lequel un délégué a été élu lui est juridiquement opposable. ». consulter la source

Douglas W. Rae et Hans Daudt, « The Ostrogorski Paradox: A Peculiarity of Compound Majority Decision », European Journal of Political Research, vol. 4, n° 4, 1976, p. 391-398 ; définition reprise de l’article « Ostrogorski’s paradox », Wikipédia (en anglais) : « if each voter during an election voted for the political party with which they agreed on a majority of issues, then it is still possible that a majority of voters will disagree with the winning majority party on every issue » (notre traduction : « si chaque électeur votait pour le parti avec lequel il est d’accord sur la majorité des sujets, il resterait possible qu’une majorité d’électeurs soit en désaccord avec le parti vainqueur sur chacun des sujets ») ». consulter la source

Public Sénat, « Sondage : 42 % des électeurs d’Emmanuel Macron ont d’abord voté pour faire barrage à Marine Le Pen », 24 avril 2022 (enquête Ipsos-Sopra Steria) : « 42 % des électeurs du président sortant ont d’abord voté pour lui afin de faire barrage à la candidate d’extrême droite, Marine Le Pen. ». consulter la source

Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social, 1762, livre III, chapitre 15 (édition de 1762, Wikisource) : « Le peuple Anglois pense être libre ; il se trompe fort, il ne l’est que durant l’élection des membres du Parlement ; sitôt qu’ils sont élus, il est esclave, il n’est rien. ». consulter la source

Constitution d’urgence, Titre II, article 7, « Des Formulateurs : les Sept cent soixante-dix-sept » : « Ils vérifient la loyauté et la clarté des questions soumises au référendum, auditionnent des experts contradictoires, et rédigent les notes citoyennes exposant, pour chaque question, les arguments opposés. ». consulter la source

Constitution d’urgence, Titre II, article 9, « Du peuple souverain, cinquième cercle » : « Le peuple se prononce sur les questions parvenues à ce stade lors des votations ordinaires prévues au 1° […]. Les votations ordinaires ont lieu quatre fois par an, un dimanche, à des dates séparées de huit semaines au moins et de seize semaines au plus. ». consulter la source

Constitution d’urgence, Titre I, article 10, « De la transformation des partis en organismes de formation » : « Leur financement procède de la certification de leurs formations, où ils établissent le coût et la faisabilité de leurs propositions, et non de la seule adhésion. ». consulter la source

John Gastil et al., résumé de leurs travaux sur le Citizens’ Initiative Review de l’Oregon, blog USAPP de la London School of Economics, 13 décembre 2017 : « The CIR gathers a representative cross-section of 20-24 voters for 4-5 days of deliberation on a single ballot measure. » (notre traduction : « Le CIR réunit un échantillon représentatif de vingt à vingt-quatre électeurs pour quatre à cinq jours de délibération sur une seule mesure soumise au vote. ») ». consulter la source

#PIC, Observatoire de la pensée démocratique, mission « Cartographier les possibles » : « Avant chaque grand choix, présenter des options chiffrées et contradictoires, avec leurs coûts, leurs délais et leurs risques, plutôt qu’une réponse clés en main. ». consulter la source

Version 1.4 du 5 octobre 2026 — encadré « Entre nous » et réponse courte réécrits (lot 3). Version 1.3 du 2 octobre 2026 — citations de la Constitution d’urgence (Titre II, article 9 ; Titre I, article 10 ; Titre II, article 7) et du Protocole (Titre II, article 6) alignées sur le texte en vigueur ; encadré « Entre nous » ; « la date de sortie » devient « la date de notre départ », pour ne pas la confondre avec la sortie des traités. Version 1.2 du 28 septembre 2026 — réponse courte resserrée pour que le partage la reprenne en entier. Version 1.1 du 27 septembre 2026 — harmonisation avec les textes validés le 27 septembre : citation du Titre III, article 5, mise à jour ; la section devient l’Autodéfense, kit de répartie du #PIC. Version 1 du 25 septembre 2026 — première publication.

Le procédé, dans le Lexique du Pouvoir : La captation des mots · L’aristocratie élective · Le programme homologué

Le mot juste, dans l’Abécédaire : La révocabilité · Les deux mandats · La maïeutique du réel

Pour agir : notre stratégie · l’Observatoire de la pensée démocratique · les questions au peuple

Le doute, bienvenu : une erreur, un contre-exemple, une source plus solide ? Dites-le en commentaire. Notre Protocole fait du doute un canal, non une faute.

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