[glossaire]La Maïeutique du Réel
Pour éclairer ce troisième et dernier volet, qui détaille la mise en œuvre de la « Grande Transition Démocratique » et l’importance cruciale de l’assainissement de l’information, peut-être pourrions-nous invoquer un aytrre concept éclairant : celui de « Maïeutique du Réel » – qui nous tient très à cœur.
Pourquoi ? – Parce que ce concept illustre parfaitement le rôle du PIC : il ne s’agit pas d’accoucher d’une idéologie, mais d’être « l’accoucheur » (le maïeute) de la vérité souveraine du peuple, en purifiant le canal de naissance (les médias et la cognition).
Ainsi le Conseil de l’Année Zéro est-il cet organe collégial dont la fonction n’est pas de dire le vrai, mais de permettre au vrai d’advenir.
C’est bien la « Maïeutique du Réel » : un processus où l’on cesse de nourrir le peuple avec des programmes pré-mâchés pour lui poser les questions fondamentales qui le font passer à l’âge adulte (souveraineté).
La réforme des médias et la criminalisation des guerres cognitives sont ici les conditions de stérilité nécessaires à cet accouchement : elles visent à extraire le citoyen de l’hypnose collective pour qu’il puisse enfin répondre depuis sa propre Verticalité.
Pourquoi ce concept est-il l’aboutissement logique du Manifeste ?
C’est que, nous insistons ici sur le fait que le PIC ne « tranche pas » les questions mais garantit le cadre. La « Maïeutique du Réel » valide cette neutralité active. Une seule exception, la sortie des traités européens, parce qu’elle est la condition du cadre lui-même : le #PIC la propose, et le peuple la tranchera par une question distincte (partie IV, point 9). En protégeant l’intégrité biologique et psychique (points 7 et 8), nous protégeons le « matériel biologique » du souverain contre les hacks de la caste.
Le Conseil de l’Année Zéro n’est pas un gouvernement au sens classique ; c’est un système d’exploitation de transition qui s’auto-efface une fois que le « Peuple Constituant » a ré-écrit son propre code source.
C’est l’acte final de sortie de la Paracosmie : le moment où la simulation s’arrête et où la réalité politique commence.
→ à lire dans l’Abécédaire du #PIC
Depuis la première version de ce Manifeste, le PIC a franchi une étape décisive. Nous avons cessé de seulement dénoncer, et de seulement promettre une méthode : nous avons écrit, noir sur blanc, un projet complet de Constitution — la « Constitution de la première Démocratie française ». Un lecteur pressé pourrait y voir une contradiction avec notre refus obstiné du « programme ». Il n’en est rien, et il faut comprendre précisément pourquoi : c’est même le cœur de notre dispositif.
Pourquoi une Constitution « d’urgence », et non un programme
Ce que nous avons rédigé n’est ni un manifeste bis, ni un catalogue de promesses. C’est un projet de Constitution, conçu pour se substituer, par voie référendaire, à la Constitution du 4 octobre 1958. Nous l’appelons « Constitution d’urgence » parce qu’elle a une fonction première et précise : rendre immédiatement opérationnel le mécanisme référendaire qui ouvre l’« Année Zéro ». Un programme s’impose d’en haut ; une Constitution d’urgence, au contraire, ouvre la porte et rend la main.
Ce n’est pas un programme figé — un programme peut être déprogrammé —, c’est une pâte à remodeler : une fois adoptée, le processus référendaire qu’elle institue pourra réviser n’importe laquelle de ses dispositions.
Le strict nécessaire : ne constitutionnaliser que ce qui fait exister la démocratie
La tentation, dans un tel exercice, est d’écrire trop — d’inscrire dans le marbre constitutionnel des dispositions qui relèveraient, en réalité, de la loi ordinaire et du débat citoyen. Nous nous en sommes gardés, selon un critère unique : ne retenir au rang constitutionnel que ce qui permet au processus référendaire de fonctionner, et donc à l’« Année Zéro » de s’enclencher. Le reste, nous le rendons au peuple, qui en débattra. C’est la traduction fidèle, en articles, du « décider comment décider » exposé au chapitre I.
Deux étages : le noyau intangible et les orientations révisables
Pour lever toute ambiguïté sur ce que nous « imposons » et ce que nous « proposons », il faut lire notre projet à deux étages.
Le premier étage — le noyau intangible. C’est la machinerie de la décision populaire, et ce qui la rend humaine : la souveraineté du peuple, le suffrage et le référendum d’initiative citoyenne au caractère contraignant, les cercles de la souveraineté tirés au sort, la révocabilité des mandats, la collégialité du pouvoir, le droit permanent de se corriger avec les libertés qui le rendent possible, l’égalité des citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion, et la dignité de la personne, qui exclut la peine de mort et la torture. La liste exacte est celle de l’article 3 du Titre XVIII de la Constitution d’urgence. Cet étage-là n’est pas négociable, parce que c’est lui, et lui seul, qui fait exister la démocratie. Le trahir, ce serait retomber dans l’oligarchie élective.
Le second étage — les orientations proposées. Tout le reste — l’organisation fine des pouvoirs, le plafond fiscal, le dividende citoyen, et jusqu’aux grandes réformes de société — est offert comme un brouillon d’urgence, une base de travail assumée, que les premiers référendums pourront confirmer, amender ou renverser. Nous ne trichons pas : nous proposons, le peuple dispose.
Ainsi, lorsque nous écrivons « quinze pour cent » pour le plafond fiscal, nous ne l’imposons pas d’autorité : nous l’inscrivons comme un point de départ chiffré, précisément pour que le débat porte sur un objet concret plutôt que sur une abstraction, et pour que chacun puisse le contester, simulations à l’appui. Voilà comment une Constitution peut porter des orientations fortes sans jamais cesser d’être « une pâte à remodeler ».
Pourquoi calquer 1958 — et pourquoi « Démocratie française »
Nous avons délibérément calqué l’architecture de notre texte sur celle de la Ve République, pour la refonder ensuite en profondeur — là où elle installe un président, par exemple, nous installons une gouvernance collégiale à sept, inspirée du modèle suisse. Ce choix n’est pas une timidité : conserver un cadre familier est une exigence pédagogique. Chacun peut alors mesurer, noir sur blanc, la nature et la portée exactes de l’évolution proposée — car on comprend d’autant mieux une transformation qu’on peut la rapporter à ce qu’elle transforme.
Le lecteur remarquera aussi que nous nommons le régime « Démocratie française » plutôt que « République française ». Que l’on ne s’y méprenne pas : nous ne récusons pas la notion de République. La res publica, la chose commune, va de soi : la première Démocratie française sera une république, puisque nul n’y gouvernera par droit de naissance et que la chose publique y appartiendra à tous. Ce que nous écartons, c’est l’usage qui a fait du mot un mot-valise, chargé de « valeurs » à géométrie variable : l’alibi commode des cordons sanitaires et de l’« arc républicain », qui permet d’écarter du débat sans avoir à répondre. Une république se définit par l’adjectif qui l’accompagne, et une république islamique n’a rien de commun avec une république française ; le mot, à lui seul, ne dit pas qui décide. Mieux eût valu dire que la France est républicaine que proclamer une République qui serait française. Nommer le régime « Démocratie française », c’est le nommer par son principe réel, le pouvoir du peuple, et par la nation qui l’exerce. C’est ce nom que ce Manifeste appelait déjà de ses vœux dans sa conclusion, et qui trouve désormais son assise dans le Préambule fondateur de notre projet.
Le référendum CONTRAIGNANT : la leçon de l’Islande
Ce Manifeste posait déjà, dans sa première version, une exigence non négociable : les questions référendaires doivent être contraignantes, et non consultatives. Nous en donnons désormais la démonstration historique. L’Islande en a fait la douloureuse expérience en 2012 : un projet de constitution citoyenne, approuvé par une large majorité (jusqu’à près de 83 % sur certaines de ses dispositions), est resté lettre morte parce que la consultation n’avait qu’une valeur indicative — ce qui a permis à la classe politique en place de l’enterrer sans risque.
Nous refusons de répéter cette faute. Notre Constitution d’urgence a vocation à être soumise à un référendum contraignant — et non consultatif. C’est cette précision qui sépare une vraie reprise de souveraineté d’un simple sondage grandeur nature.
Une démocratie qui affronte la tempête sans se donner de maître
On nous oppose souvent l’objection hobbesienne évoquée dès notre préambule : sans un pouvoir fort, un peuple ne serait qu’une proie — pour le désordre intérieur comme pour les ingérences étrangères. Nous y répondons, mais jamais par le retour d’un homme providentiel. Notre projet institue un régime de crise collégial (Titre II) : l’état de crise n’y est jamais déclaré par une seule personne, mais collégialement et sous ratification citoyenne ; les pouvoirs de crise sont strictement bornés — interdiction absolue de suspendre la Constitution, de toucher au référendum, de modifier les mandats ou la loi électorale ; la durée est plafonnée, avec extinction automatique. Autrement dit : une démocratie qui sait s’armer contre la tempête sans jamais remettre les clés à un maître. C’est la réponse que la Ve République n’a jamais su donner autrement que par l’article 16 et ses pleins pouvoirs.
Une pâte à remodeler, déjà en mouvement
La structure fractale des cercles de la souveraineté — sept, soixante-dix-sept, sept cent soixante-dix-sept, sept mille sept cent soixante-dix-sept — fait remonter les sujets, formule loyalement les questions et prépare la décision : elle est l’incarnation concrète de la subsidiarité ascendante défendue au chapitre I. Et surtout, la preuve que ce texte n’est pas figé, c’est qu’il bouge déjà : un premier tour de relecture citoyenne a d’ores et déjà fait évoluer plusieurs articles (le mot « dissident » abandonné, « entraînent » substitué à « emportent » au nom de l’intelligibilité, une présomption inscrite en faveur du contrôle politique pour empêcher toute confiscation par les juristes, un mode de repli du processus référendaire en cas de défaillance technique, etc.).
Le Processus Constituant Populaire Permanent que nous appelions de nos vœux n’est donc pas une promesse lointaine : il fonctionne déjà, sous vos yeux.
Où la lire, où la façonner
Notre projet complet — les vingt-et-un titres, du Préambule fondateur à la refonte de la justice administrative, avec sous chaque article la correspondance exacte avec la Constitution de 1958 — est désormais publié sur le site du mouvement, pari-intelligence-collective.org. Il n’y est pas seulement consultable : il est notable (par un système d’étoiles), partageable sur les réseaux, et surtout commentable article par article. Des modules pédagogiques (« cailloux blancs ») et un glossaire raisonné des concepts-clés en accompagnent la lecture.
Votre relecture est le carburant de la pâte à remodeler. C’est là, sur le texte lui-même, que le débat doit désormais vivre.
Ce que nos aspirations sont devenues
Pour prendre la mesure du chemin parcouru, voici comment les grandes aspirations de ce Manifeste se sont traduites, concrètement, en articles de la Constitution d’urgence :
| Aspiration du Manifeste | Sa traduction dans la Constitution d’urgence |
|---|---|
| Voter les lois plutôt qu’élire des maîtres | RIC en toutes matières et primauté du vote sur l’élection (Titre I, art. 5 et 6) |
| Supprimer le régime hyper-présidentiel | Conseil des Sept, gouvernance collégiale sans chef (Titre II, art. 1 à 4) |
| Un leadership collectif, jamais un chef unique | Collégialité, solidarité et responsabilité patrimoniale notariée (Titre II, art. 4 et 5) |
| Subsidiarité ascendante (Simone Weil) | Collectivités, subsidiarité et libération des communes (Titre VII) |
| Transformer le statut des partis | Partis devenus organismes de formation, financés sur la connaissance vérifiable (Titre I, art. 9 et 10) |
| Criminaliser les guerres cognitives | Intégrité psychique protégée et atteintes imprescriptibles (Titre V, art. 1 et 2) |
| Protéger l’intégrité biologique | Intégrité physique, précaution médicale, consentement libre et éclairé (Titre V, art. 3) |
| Des médias libérés et réellement pluralistes | Liberté d’expression refondée, pluralisme opposable, régulateur tiré au sort, fin des subventions (Titre V, art. 4 à 6) |
| Une justice citoyenne tirée au sort | Participation citoyenne au jugement (Titre IV, art. 6) ; peine de mort abolie (art. 8) |
| En finir avec la pathologie fiscaliste | Plafond fiscal, non-cumul des prélèvements, dividende citoyen (Titre VI) |
| Congédier les menteurs : mandat révocable | Mandat impératif et révocabilité par référendum (Titre III, art. 5) |
| Les cercles de la souveraineté | Cercles fractals 7 / 77 / 777 / 7777 (Titre II, art. 6 à 9) |
| Une Constitution écrite par le peuple (PCPP) | Révision permanente par référendum (Titre XVIII) |
| Que deviennent les institutions supprimées ? | Sénat → Chambre citoyenne (III) ; Conseil constitutionnel → Cour de garantie (XIX) ; CESE → Chambre des corps intermédiaires (XX) ; Conseil d’État → justice administrative refondée (XXI) |
Version 5 — 28 septembre 2026 : la neutralité active connaît une exception, la sortie des traités européens, que le #PIC propose et que le peuple tranchera par une question distincte. Voir les versions précédentes
Vous commentez et notez ce passage ci-dessous. La discussion est regroupée ici pour ne pas alourdir la lecture du Manifeste.
Ce texte ne vaut que par les femmes et les hommes qui le tiennent.

0 commentaire