[glossaire]La convergence des verticalités
Nous définissons ici le PIC comme un mouvement « méta-politique » fondé sur la pluralité et la refonte des règles du jeu : un concept s’impose ici, celui de la « convergence des verticalités ».
Ce concept explique techniquement comment des individus aux opinions radicalement opposées peuvent s’unir sans s’effacer : ils ne cherchent pas un consensus mou (horizontal), mais une cohérence structurelle (verticale).
C’est une rupture inédite avec la « politique de fusion » (où l’on demande aux gens de se ressembler pour s’assembler). Le PIC propose une architecture « liquide » où l’unité ne se fait pas sur l’idéologie, mais sur la souveraineté opérative : c’est la réunion de « verticalités » individuelles, chaque citoyen reste ancré dans ses convictions (droite, gauche, etc.), mais tous convergent vers un point unique, la reprise du Pouvoir Constituant. On ne cherche pas à être « amis », on cherche à être cohérents pour briser la cage commune. Une fois la cage ouverte (la Constitution refondue), chaque verticalité reprend sa trajectoire propre dans un cadre enfin assaini.
C’est ici un concept « pivot » : pas de « programme clé en main ». La convergence des verticalités légitime cette posture : proposer un programme, ce serait redevenir un « maître » ou un « histrion » de plus.
→ à lire dans l’Abécédaire du #PIC
→ à lire dans l’Abécédaire
Décider comment décider : une question opérationnelle qui conditionne toutes les actions à venir
Le PIC n’est pas un mouvement politicien mais politique : au sens noble, pour renouer avec la vie de la Cité, rendue à ses citoyens.
Le PIC revendique n’avoir pas de programme à proprement parler. C’est un mouvement citoyen unitaire dont le projet est de nature méta-politique. Nous ne venons pas avec un programme clés en main, ni une liste de promesses que nous imposerions une fois élus : nous proposons d’abord des questions, posées aux citoyens, pour qu’ils puissent s’autodéterminer.
Notre programme tient en une seule ambition : permettre au peuple français de décider souverainement de quelle manière il veut être acteur de son propre destin : écrire et voter lui-même ses lois, ou continuer de déléguer ce pouvoir à des maîtres ?
Par conséquent, notre objectif primordial, celui qui passe avant tous les autres, est de décider comment nous allons décider.
C’est la condition sine qua non de toute démocratie digne de ce nom. Pour cela, le PIC est fondamentalement a-partisan et pluraliste. Nous ne cherchons pas l’uniformité idéologique. Bien au contraire : nous recherchons le débat et la controverse.
Nous ne conjuguons pas nos efforts dans ce collectif en dépit de nos divergences, mais précisément PARCE QUE nous avons des opinions divergentes. Et parce que nous voulons être un jour en mesure de reprendre nos débats et controverses dans le cadre d’une démocratie authentique.
Ceux qui rejoignent le PIC n’y viennent donc pas en dépit de leurs différences, mais parce qu’ils sont différents. Droite, gauche, écologistes, souverainistes, libéraux, centristes, démocrates et autres : tous ceux qui partagent et déplorent le constat de notre impuissance populaire sont les bienvenus.
Notre unité ne se fait pas sur ce qu’il faut décider (le fond), mais sur comment nous devons décider (la forme institutionnelle). Nous nous unissons pour refondre les institutions et la Constitution.
Une fois cet objectif accompli, le débat des idées pourra reprendre, mais dans un cadre assaini où les citoyens seront enfin émancipés, législateurs et souverains.
Subsidiarité ascendante
[glossaire]La verticalité opérative.
Pour éclairer la subsidiarité ascendante et la distinction entre Pouvoir et Leadership, le concept le plus affûté qu’aient produit les débats du « cerveau collectif » du #PIC est celui de « verticalité opérative ».
Ce concept permet de résoudre la tension entre le besoin de structure (leadership) et le refus de la domination (pouvoir), tout en validant le principe de subsidiarité.
C’est une distinction chirurgicale : on ne rejette pas ici la hiérarchie en soi, mais la hiérarchie de domination.
La verticalité opérative est ainsi le leadership qui ne s’exerce pas sur le peuple, mais au service de son ascension. Contrairement au « Pouvoir » de la caste (fondé sur la cooptation et le « bruit » administratif), la verticalité opérative repose sur le mérite technique et la « Parrhésia » (le courage de la vérité).
C’est un leadership de catalyse : il n’est pas là pour capturer la décision, mais pour fournir l’architecture (la méthode) permettant à la base de décider. Le mandat impératif et révocable est ici le « disjoncteur de sûreté » qui garantit que le leader reste un outil et ne devienne jamais un maître.
→ à lire dans l’Abécédaire du #PIC
→ à lire dans l’Abécédaire
Nous portons une ambition centrale : instaurer la « subsidiarité ascendante ». Faisant nôtre la pensée de Simone Weil, qui combattait la centralisation écrasante, nous voulons renverser la pyramide du pouvoir.
Le peuple souverain, source et initiateur des lois, doit redevenir la pierre angulaire de toute société légitime. Notre mission est de lui restituer son droit fondamental : écrire lui-même sa législation, localement et nationalement. Cette approche vise à renforcer l’autonomie et la responsabilité des communautés, en leur permettant de définir leurs propres règles et de participer activement à la construction d’une société plus juste et plus équitable. (Cette ambition n’est plus seulement une intention : elle est désormais rédigée, article par article, dans le Titre VII de notre projet de Constitution — « Des collectivités, de la subsidiarité et de la libération des communes ».)
Implication : la nécessité d’un leadership adapté
Les principes qui précèdent n’excluent pas la nécessité d’un leadership, mais suggèrent la meilleure compréhension de ce qu’il doit être. Nous réfutons d’ailleurs l’hypocrisie démagogue de « l’horizontalité toxique » qui paralyse l’action par excès de méfiance envers toute forme de leadership. Nous distinguons : le Pouvoir — la capacité de contraindre, que nous refusons dans ses excès actuels, aboutissement logique du gouvernement représentatif ; et le Leadership — la capacité d’initier, de catalyser les énergies, d’inspirer et de structurer l’action collective, et de délivrer une compétence politique au sens le plus noble du terme.
Pour saisir cette distinction, il suffit de faire le constat suivant : aujourd’hui nos institutions confèrent du Pouvoir à des élus sans leadership au sens où nous l’entendons. Autrement dit, un Pouvoir sans légitimité autre que celle que lui confèrent la coercition, le contrôle, la cooptation dans l’entre-soi pour ne pas dire le trafic d’influence. C’est un véritable « Pouvoir », mais sans mérite autre que celui d’appartenir à une caste donnée, et d’en perpétuer les codes.
Le leadership véritable est fondé sur la compétence et le mérite, et pour renouer avec un contrat social équilibré, il accepte que les mandats soient impératifs et révocables : c’est aussi simple que cela. (Là encore, ce principe a désormais force de texte : le Titre III, article 5, abolit le vieil adage selon lequel « tout mandat impératif est nul » et institue la révocabilité par référendum.)
L’efficience exige de la méthode ; de même, la démocratie exige des garde-fous contre la captation du Pouvoir par des séducteurs, des manipulateurs qui exerceront toutes les formes d’influence et de contrainte pour l’acquérir et le conserver sans légitimité. Il nous faut donc établir les règles nous permettant de congédier les menteurs (et autres Machiavel de poche…) qui n’hésitent pas à tordre les règles du jeu pour qu’elles leur soient favorables. Nous ne pouvons plus les laisser notamment accaparer les processus législatif et constituant, tenus hors de portée du contrôle populaire.
Voilà pourquoi nous devons d’abord nous mettre d’accord sur la bonne façon de décider de notre destinée, tout en définissant les règles associées à l’exercice du Pouvoir par ceux qui auront mandat : c’est la base méthodique d’un retour à notre souveraineté.
Version 2 du Manifeste — septembre 2026. Les versions antérieures de ce passage seront accessibles ici dès la première modification.
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