On vous dit :
« Votre édifice repose sur la bonne foi de tout le monde : des tirés au sort honnêtes, sept dirigeants désintéressés, un peuple informé et soucieux du bien commun. Les hommes réels sont intéressés, jaloux, paresseux et corruptibles. Votre système est conçu pour des saints ; et tous les régimes qui ont parié sur un homme nouveau ont fini en cauchemar. »
Voici ce que vous pouvez répondre
Vous avez raison : les hommes sont faillibles. C’est précisément pour cela que nous avons écrit ce texte.
Depuis Hume, en 1741, toute constitution sérieuse part du pire : il faut supposer que chaque gouvernant est un fripon. C’est la Ve République qui fait le pari inverse, en confiant l’essentiel du pouvoir à un seul homme pour 5 ans et en espérant qu’il soit vertueux.
Chez nous, 7 dirigeants à égalité, un mandat unique, aucune carrière à protéger. Si l’un d’eux ment au peuple et qu’un juge le constate définitivement, les 77 peuvent proposer au peuple de renvoyer le Conseil entier. Et les tirés au sort ? Personne ne sait d’avance qui ils seront : on n’achète pas un inconnu.
Nous ne comptons pas sur des saints. Nous posons des freins.
Sources : David Hume · James Madison · Montesquieu · Elinor Ostrom · Constitution d’urgence, Titre II. Le détail et les citations sont dans l’onglet « Références utiles ».
Pour aller plus loin
Une règle d’architecte
Édimbourg, 1741. Un jeune philosophe écossais, David Hume, publie ses premiers essais politiques. Il y rapporte, comme une évidence admise par les écrivains politiques de son temps, une maxime qui mériterait d’être gravée au fronton de toutes les assemblées : en concevant un gouvernement et ses contrôles, il faut supposer que tout homme est un fripon, sans autre fin que son intérêt privé.
Faute de quoi, ajoute-t-il, nos libertés n’auraient d’autre rempart que la bonne volonté de nos gouvernants ; et il conclut sèchement :
we shall have no Security at all (nous n’aurons aucune garantie du tout ; notre traduction).
Notez la finesse : Hume concède qu’une telle maxime est vraie en politique, quoique fausse en fait. Il ne prétend pas que les hommes sont des fripons ; il dit qu’un architecte prudent bâtit comme s’ils l’étaient. Celui qui calcule un pont pour la charge maximale n’insulte pas les automobilistes.
47 ans plus tard, le 8 février 1788, James Madison en tire la règle du Fédéraliste n° 51 :
If men were angels, no government would be necessary. (Si les hommes étaient des anges, aucun gouvernement ne serait nécessaire ; notre traduction.)
Il faut donc, poursuit-il, permettre d’abord au gouvernement de contrôler les gouvernés, puis l’obliger à se contrôler lui-même. Montesquieu l’avait dit en 1748, avec une exclamation qu’on oublie toujours de citer : « Qui le diroit ! la vertu même a besoin de limites. » Notre Abécédaire en a fait une devise : « Espérer la vertu, se protéger de son absence. »
Le régime qui parie sur un saint
Retournez maintenant l’objection vers ceux qui la lancent.
La Ve République remet l’impulsion de l’exécutif à un seul homme, pour 5 ans. Il y a, bien sûr, un Parlement, des juges, un Conseil constitutionnel ; mais le peuple, lui, n’a aucun moyen de congédier son président avant le terme. Pendant 5 ans, il n’a d’autre recours que d’espérer.
Ce n’est donc pas nous qui misons sur la sainteté. C’est un régime qui, faute de freins entre les mains du peuple, n’a plus que la vertu de son titulaire pour rempart. Hume aurait dit : aucune garantie du tout.
La méfiance, verrou par verrou
Notre Constitution d’urgence fait l’inverse, et le dit article par article.
Les Sept exercent un mandat unique de 7 ans, non renouvelable (Titre II, article 2) : pas de réélection à préparer, pas de carrière à protéger. Ils décident à la majorité de leurs membres, « soit quatre voix au moins » (Titre II, article 4) : aucun ne décide seul.
Leur responsabilité est solidaire, et elle a désormais un déclencheur précis. Le manquement de l’un, « mensonge au peuple, trahison de ses engagements », doit être « constaté par une décision devenue définitive du juge compétent » ; le Collège du Contrôle démocratique peut alors « soumettre au peuple, à la majorité de ses membres, la révocation du Conseil entier » (même article). Un juge constate, le peuple tranche.
Cette arme lourde ne remplace pas l’arme légère. Les Soixante-dix-sept peuvent toujours saisir le peuple d’un référendum révocatoire contre l’un des Sept (Titre II, article 6), sans attendre aucun juge. Et la solidarité donne à chacun une raison très concrète de surveiller les 6 autres : qui couvre la faute d’un collègue risque son siège avec lui.
Quant à la faute personnelle, elle a son juge. Le manquement caractérisé d’un vice-président (carence persistante à exécuter une décision du peuple, violation délibérée des bornes des pouvoirs de crise, second manquement au devoir de véracité) est constaté par une formation de la Cour de garantie démocratique, 3 juristes et 4 citoyens tirés au sort, à la majorité de 5 voix sur 7, au terme d’une procédure contradictoire et publique (Titre II, article 5) ; les Soixante-dix-sept peuvent en outre soumettre au peuple la révocation de son seul auteur (Titre II, article 6), lequel encourt aussi l’inéligibilité (Titre XVII, article 4). On répond de sa propre faute, pas de celle du voisin.
Les Formulateurs, qui jugent la loyauté des questions posées au peuple, sont tirés au sort « pour une seule votation », et « nul ne peut siéger pour deux votations consécutives » (Titre II, article 7). On n’achète pas d’avance un inconnu ; on ne cultive pas une relation qui s’achève avec la proclamation des résultats.
Enfin, le noyau intangible interdit la concentration de l’exécutif « entre les mains d’une seule personne » (Titre XVIII, article 3), et le texte organise son propre réexamen tous les 7 ans, « afin qu’aucune génération ne soit prisonnière des choix de celles qui l’ont précédée » (Titre XVIII, article 2).
Des voisins qui se méfient intelligemment
En 2009, Elinor Ostrom reçoit le prix Nobel d’économie pour avoir démonté une idée reçue : un bien commun serait forcément mal géré, sauf à le confier à l’État ou à le privatiser. Sur le terrain, elle a documenté des communautés d’usagers qui gèrent durablement pêcheries, pâturages ou forêts, parce qu’elles se donnent des règles, en surveillent le respect et sanctionnent graduellement les écarts.
Ses paysans ne sont pas des saints. Ce sont des voisins qui se méfient intelligemment les uns des autres. C’est exactement l’esprit de notre texte.
Ce que nous concédons
L’objection a raison sur 2 points.
D’abord, plus un système compte de rouages, plus il compte de points faibles. Mais la question n’est pas de savoir si un système peut être corrompu : tous le peuvent. Elle est de savoir combien de personnes il faut corrompre à la fois, et si la faute se répare. Chez nous, il faudrait acheter ensemble 7 dirigeants solidaires, un collège de contrôle désigné par les citoyens, des tirés au sort dont personne ne connaît les noms à l’avance, puis le peuple lui-même.
Ensuite, aucune mécanique ne fabrique la vertu. Une constitution peut la protéger, l’encourager, l’économiser ; elle ne peut pas l’exiger. C’est pourquoi la nôtre ne la réclame nulle part.
L’homme nouveau, ou l’inverse de nous
Reste le spectre des régimes de « l’homme nouveau ». Ils ont fait l’exact contraire de ce que nous proposons : un parti prétendait savoir mieux que le peuple ce que le peuple devait vouloir, et il fallait refaire l’homme pour qu’il entre dans le plan.
Notre Protocole part de l’aveu inverse. Sur ce qu’il faut décider, « nous n’en savons rien, et nul ne le sait » (Protocole, Titre I, article 3). C’est pour cela que le peuple décide, et qu’il peut se corriger.
Une démocratie ne réclame pas des saints. Elle réclame des citoyens qui veillent, et des règles qui veillent quand ils dorment.
Les relances probables
« Plus vous multipliez les cercles, plus vous multipliez les occasions de corruption. »
Plus il y a de verrous indépendants, plus il faut corrompre de monde à la fois, et plus la fraude devient visible. Un système à un seul verrou n’est pas plus sûr : il est plus simple à forcer. Voyez aussi « Vous dénoncez la complexité et vous ajoutez des cercles : une usine à gaz ».
« Responsabilité solidaire : vous ferez payer 6 innocents pour la faute d’un seul. »
Personne n’est sanctionné pour la faute d’un autre : la révocation individuelle et l’inéligibilité ne visent que l’auteur du manquement. La solidarité est politique. Un juge constate d’abord, par une décision définitive, le manquement de l’un ; les Soixante-dix-sept peuvent alors demander au peuple s’il garde le Conseil ou s’il le renvoie en entier. Le peuple peut le garder. Et cette règle a un but : que chacun des Sept ait intérêt à surveiller les 6 autres.
« Hobbes l’a dit : l’homme est un loup pour l’homme. »
Et Hobbes en concluait qu’il fallait un souverain absolu, le Léviathan. Si les hommes sont des loups, la pire solution est de donner à l’un d’eux l’essentiel du pouvoir pour 5 ans. Nous tirons de ce pessimisme la conclusion inverse : diviser le pouvoir, le rendre révocable, et garder au peuple le dernier mot.
« Sans une morale commune, aucune mécanique institutionnelle ne tient. »
Il y a du vrai : le juriste allemand Ernst-Wolfgang Böckenförde a soutenu que l’État sécularisé vit de présupposés qu’il ne peut pas lui-même garantir. Notre texte reconnaît un héritage commun, « transmis en partage à tous ses citoyens, quelle que soit leur origine » (Constitution d’urgence, Titre IX, article premier), sans imposer aucune foi : la Démocratie française « respecte toutes les croyances » (Constitution d’urgence, Titre I, article premier). Une Constitution peut cultiver la vertu ; elle ne peut pas l’exiger.
« Les gens ne pensent qu’à leur porte-monnaie. »
Comme les élus pensent à leur réélection. La différence : un peuple qui vote sur une question paie lui-même la facture de son choix, et l’on n’achète pas des millions d’électeurs comme on achète quelques décideurs. Voyez « Le peuple votera toujours pour son porte-monnaie ».
« L’histoire des utopies montre que l’homme nouveau finit au goulag. »
Nous ne voulons pas d’homme nouveau. Nous voulons des règles pour l’homme tel qu’il est. C’est l’utopie qui exige la vertu ; la démocratie se contente du contrôle.
Les pièges à éviter
- Ne répondez pas par l’optimisme (« les gens sont bons », « les neurosciences prouvent la coopération ») : c’est accepter le terrain de l’adversaire. Notre force est un pessimisme sur le pouvoir, pas un optimisme sur l’homme.
- Ne dites jamais que notre système est « incorruptible » : il est plus coûteux à corrompre, et plus facile à réparer.
- Ne faites pas dire à Ostrom qu’elle a validé la démocratie directe à l’échelle d’un pays : elle a étudié des communautés d’usagers de ressources communes.
- Ne citez pas Montesquieu à moitié : dans le même chapitre, il écrit que « la démocratie & l’aristocratie ne sont point des états libres par leur nature ». C’est justement pourquoi il faut des limites, y compris au peuple : notre noyau intangible.
- « La Ve République confie l’essentiel à un seul homme » est une formule politique, pas une description juridique complète (Parlement, Conseil constitutionnel) : ne l’étirez pas. Et dans la relance sur la morale commune, ne laissez jamais entendre que le christianisme serait une condition de citoyenneté : le texte parle d’héritage, pas de croyance.
- Ne dites pas que les Sept « paient tous » pour la faute d’un seul : la révocation du Conseil entier est soumise au peuple, après une décision définitive du juge, et la révocation individuelle comme l’inéligibilité ne visent que l’auteur du manquement.
Pour prolonger
Dans l’Abécédaire et le Lexique du Pouvoir :
- Le tirage au sort
- La révocabilité
- Le bien commun
- La démocratie directe
- La vertu civique
- L’auto-correction démocratique
- L’hubris
- La pathocratie représentative
- La loi d’airain de l’oligarchie
Dans nos textes :
- Constitution d’urgence, titre II, art. 2 : la durée et le renouvellement
- Constitution d’urgence, titre II, art. 4 : le principe collégial et la solidarité
- Constitution d’urgence, titre II, art. 5 : l’acte du candidat constitutionnel et le manquement caractérisé
- Constitution d’urgence, titre II, art. 6 : le Collège du Contrôle démocratique : les Soixante-dix-sept
- Constitution d’urgence, titre II, art. 7 : les Formulateurs, les Sept cent soixante-dix-sept
- Constitution d’urgence, titre XVIII, art. 2 : le droit au tâtonnement et à la révision périodique
- Constitution d’urgence, titre XVIII, art. 3 : le noyau intangible : ce que le peuple lui-même ne peut abolir
- Constitution d’urgence, titre III, art. 5 : le mandat impératif et la révocabilité
- Constitution d’urgence, titre I, art. 6 : le référendum d’initiative citoyenne en toutes matières
- Protocole, titre I, art. 3 : la primauté de la forme sur le fond
- Constitution d’urgence, titre IX, art. 1 : l’héritage civilisationnel de la France
Dans l’Autodéfense :
- « Le peuple votera toujours pour son porte-monnaie »
- « Vous dénoncez la complexité et vous ajoutez des cercles : une usine à gaz »
- « Milgram l’a prouvé : les gens obéissent, ils suivront n’importe qui »
- « Les Français sont des veaux »
- « Vos Formulateurs changent à chaque votation : des amateurs sans expérience écriront les questions du pays »
- « Tirer au sort 777 citoyens avant chaque votation ? Impossible, ou alors vous ficherez tout le monde »
Références utiles
Les citations, les ouvrages, les études et les chiffres sur lesquels repose cette réponse, avec leurs sources. Pour vérifier, approfondir, et répondre à qui vous demandera d’où vous tenez vos arguments.
David Hume, « Of the Independency of Parliament », Essays, Moral and Political, Édimbourg, 1741, essai VIII (édition de 1741, Wikisource) : « Political Writers have establish’d it as a Maxim, That in contriving any System of Government, and fixing the several Checks and Controuls of the Constitution, every Man ought to be suppos’d a Knave, and to have no other End, in all his Actions, but private Interest. […] Without this, say they, we shall in vain boast of the Advantages of any Constitution, and shall find, in the End, that we have no Security for our Liberties or Possessions, except the Good-will of our Rulers; that is, we shall have no Security at all. ’Tis therefore a just political Maxim, That every Man must be supposed a Knave: Tho’ at the same Time, I must own it appears somewhat strange, that a Maxim should be true in Politics, which is false in Fact. » (notre traduction : « Les écrivains politiques ont établi comme maxime qu’en concevant un système de gouvernement et en fixant les divers freins et contrôles de la constitution, tout homme doit être supposé fripon, et n’avoir d’autre fin, dans toutes ses actions, que son intérêt privé. […] Sans cela, disent-ils, nous vanterons en vain les avantages d’une constitution, et nous découvrirons à la fin que nous n’avons pour garantir nos libertés et nos biens que la bonne volonté de nos gouvernants, c’est-à-dire aucune garantie du tout. C’est donc une juste maxime politique que tout homme doit être supposé fripon ; bien que, je l’avoue, il paraisse un peu étrange qu’une maxime soit vraie en politique, qui est fausse en fait. ») ». consulter la source
James Madison, The Federalist n° 51, 8 février 1788 (Avalon Project, Yale Law School) : « If men were angels, no government would be necessary. If angels were to govern men, neither external nor internal controls on government would be necessary. In framing a government which is to be administered by men over men, the great difficulty lies in this: you must first enable the government to control the governed; and in the next place oblige it to control itself. » (notre traduction : « Si les hommes étaient des anges, aucun gouvernement ne serait nécessaire. Si des anges gouvernaient les hommes, aucun contrôle, ni externe ni interne, sur le gouvernement ne serait nécessaire. Quand on forme un gouvernement qui doit être exercé par des hommes sur des hommes, la grande difficulté est celle-ci : il faut d’abord permettre au gouvernement de contrôler les gouvernés, et ensuite l’obliger à se contrôler lui-même. ») ». consulter la source
Montesquieu, De l’esprit des lois, 1748, livre XI, chapitre IV (édition de 1777, Wikisource) : « La démocratie & l’aristocratie ne sont point des états libres par leur nature. […] mais c’est une expérience éternelle, que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il va jusqu’à ce qu’il trouve des limites. Qui le diroit ! la vertu même a besoin de limites. Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir. ». consulter la source
#PIC, Abécédaire, « La vertu civique » : « Mais nul régime durable ne peut reposer sur la seule bonté des hommes : « Si les hommes étaient des anges, aucun gouvernement ne serait nécessaire », écrivait Madison. […] Espérer la vertu, se protéger de son absence. ». consulter la source
Académie royale des sciences de Suède, communiqué du prix d’économie 2009 (Elinor Ostrom) : « Elinor Ostrom has demonstrated how common property can be successfully managed by user associations. » ; « Elinor Ostrom has challenged the conventional wisdom that common property is poorly managed and should be either regulated by central authorities or privatized. » (notre traduction : « Elinor Ostrom a démontré comment la propriété commune peut être gérée avec succès par des associations d’usagers. » ; « Elle a remis en cause l’idée reçue selon laquelle la propriété commune serait mal gérée et devrait être soit réglementée par des autorités centrales, soit privatisée. ») ». consulter la source
Constitution d’urgence, Titre II, article 2, « De la durée et du renouvellement » : « Les sept vice-présidents sont élus ensemble, au suffrage universel direct, pour un mandat unique de sept ans, non renouvelable. ». consulter la source
Constitution d’urgence, Titre II, article 4, « Du principe collégial et de la solidarité » : « Il décide à la majorité de ses membres, soit quatre voix au moins, quels que soient le nombre des présents et celui des sièges vacants. […] La responsabilité des sept est solidaire : le manquement de l’un (mensonge au peuple, trahison de ses engagements), constaté par une décision devenue définitive du juge compétent, dans les conditions de l’article 5 du présent titre ou de l’article premier du Titre V, permet au Collège du Contrôle démocratique de soumettre au peuple, à la majorité de ses membres, la révocation du Conseil entier. ». consulter la source
Constitution d’urgence, Titre II, article 5, « De l’acte du candidat constitutionnel et du manquement caractérisé » : « Le manquement est constaté par une formation de la Cour de garantie démocratique réunissant trois membres du collège de juristes et quatre membres du collège citoyen, saisie par onze membres du Collège du Contrôle démocratique ou par soixante-dix-sept membres de l’Agora citoyenne, au terme d’une procédure contradictoire et publique ; elle statue à la majorité de cinq voix. […] Devenue définitive, elle ouvre la révocation du Conseil entier dans les conditions de l’article 4 du présent titre, sans préjudice de la révocation de son auteur, que le Collège du Contrôle démocratique peut soumettre au peuple en vertu de l’article 6. ». consulter la source
Constitution d’urgence, Titre II, article 6, « Du Collège du Contrôle démocratique : les Soixante-dix-sept » : « Ce Collège surveille le Conseil des Sept, veille au respect de la présente Constitution, garantit l’éthique du dispositif et accompagne la transition vers la culture référendaire. Il peut saisir le peuple par voie de référendum révocatoire à l’encontre d’un vice-président. ». consulter la source
Constitution d’urgence, Titre II, article 7, « Des Formulateurs : les Sept cent soixante-dix-sept » : « Les Formulateurs sont tirés au sort, dans les conditions de l’article 11 du Titre premier, pour une seule votation : un corps neuf est tiré au sort à l’approche de chaque votation, ordinaire ou extraordinaire, quel que soit le nombre des questions qui y sont soumises, avant que la première lui soit transmise, et le mandat de ses membres s’achève avec la proclamation des résultats ; nul ne peut siéger pour deux votations consécutives ». consulter la source
Constitution d’urgence, Titre XVIII, article 3, « Du noyau intangible » : « 5° le caractère collégial du pouvoir exécutif, exercé par un Conseil de sept membres, et l’interdiction de sa concentration entre les mains d’une seule personne ». consulter la source
Constitution d’urgence, Titre XVIII, article 2, « Du droit au tâtonnement et à la révision périodique » : « Afin qu’aucune génération ne soit prisonnière des choix de celles qui l’ont précédée, la question suivante est soumise de plein droit au peuple à la première votation ordinaire de la septième année civile qui suit l’entrée en vigueur de la présente Constitution, puis tous les sept ans : “Faut-il réexaminer les institutions de la Démocratie française ?”. ». consulter la source
#PIC, Protocole, Titre I, article 3, « De la primauté de la forme sur le fond » : « Notre unité ne porte pas sur ce qu’il faut décider (nous n’en savons rien, et nul ne le sait) mais sur la manière dont nous devons décider. ». consulter la source
« Ernst-Wolfgang Böckenförde », Wikipédia (en français) : « Sa thèse est que l’État sécularisé vit de présupposés qu’il est incapable de garantir ». consulter la source
Constitution d’urgence, Titre IX, article premier, « De l’héritage civilisationnel de la France » : « La France reconnaît la continuité de son héritage historique, culturel et civilisationnel comme un bien commun transmis en partage à tous ses citoyens, quelle que soit leur origine. […] Sa reconnaissance vaut transmission, non exclusion : nul n’en est écarté, et chacun, en devenant citoyen, en devient l’héritier. ». consulter la source
Version 2.1 du 5 octobre 2026 : renvois vers les deux ripostes nouvelles sur les Formulateurs ; correction de la mise en page des pièges et du bloc « Pour prolonger ». Version 2 du 5 octobre 2026 : réécriture : encadré « Entre nous… », réponse courte, « Pour aller plus loin » recomposé (la règle d’architecte de Hume, le régime qui parie sur un saint, la responsabilité solidaire des Sept après décision définitive du juge, les Formulateurs tirés au sort pour une seule votation, ce que nous concédons) ; relance et piège nouveaux sur la solidarité ; citations du Titre II, articles 4 et 7, alignées sur le texte en vigueur. Version 1.3 du 2 octobre 2026 : citations de la Constitution d’urgence (Titre II, article 4 ; Titre II, article 2 ; Titre II, article 5 ; Titre XVIII, article 3 ; Titre XVIII, article 2) alignées sur le texte en vigueur ; encadré « Entre nous ». Version 1.2 du 28 septembre 2026 : réponse courte resserrée pour que le partage la reprenne en entier. Version 1.1 du 27 septembre 2026 : harmonisation avec les textes validés le 27 septembre : citation du noyau intangible (Titre XVIII, article 3) mise à jour ; la section devient l’Autodéfense, kit de répartie du #PIC. Version 1 du 25 septembre 2026 : première publication.
Le procédé, dans le Lexique du Pouvoir : L’hubris · La pathocratie représentative · La loi d’airain de l’oligarchie
Le mot juste, dans l’Abécédaire : La révocabilité · La vertu civique · L’auto-correction démocratique
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Le doute, bienvenu : une erreur, un contre-exemple, une source plus solide ? Dites-le en commentaire. Notre Protocole fait du doute un canal, non une faute.
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