On vous dit :
« Votre Constitution ne dit rien de ce qui fait encore de la France une puissance : son siège permanent au Conseil de sécurité et sa dissuasion nucléaire. Demain, un gouvernement pourra les partager avec l’Europe, au nom de la défense commune, et personne ne vous demandera votre avis. »
Voici ce que vous pouvez répondre
C’est l’inverse. Depuis le 25 octobre 2026, notre Constitution soumet au référendum obligatoire toute cession, tout partage ou toute mise en commun du siège permanent de la France au Conseil de sécurité des Nations unies, du droit de vote qui s’y attache, et de la force de dissuasion nucléaire, de sa décision d’emploi comme de ses moyens. Aucun gouvernement, aucune majorité ne pourra le faire sans le peuple.
Aujourd’hui, rien n’oblige à le consulter. Un traité relatif à l’organisation internationale se ratifie « en vertu d’une loi », et une révision de la Constitution peut se passer du peuple, par un vote du Congrès. Or changer la composition permanente du Conseil de sécurité suppose d’amender la Charte des Nations unies, que tous les membres permanents doivent ratifier « conformément à leurs règles constitutionnelles respectives » : chez nous, cette règle sera le vote du peuple.
Pour supprimer cette garantie, il faudrait réviser la Constitution : là encore, seul le peuple le peut. Et contre le découpage en petites étapes, tout électeur pourra saisir la Cour de garantie démocratique. Nous n’interdisons rien au peuple ; nous interdisons qu’on décide sans lui.
Sources : #PIC, Constitution d’urgence (Titre premier, article 7 ; Titre II, article premier ; Titre XVIII, article premier) · Charte des Nations unies, articles 23, 27 et 108 · traité sur l’Union européenne, articles 34 et 42 · Constitution du 4 octobre 1958, articles 52, 53 et 89 · OTAN. Le détail et les citations sont dans l’onglet « Références utiles ».
Pour aller plus loin
Ce que dit notre texte
L’article 7 du Titre premier, dans sa version du 25 octobre 2026, soumet au peuple, « sans qu’aucune initiative ne soit requise », 9 catégories de décisions. La dernière est nouvelle : « toute cession, tout partage ou toute mise en commun, avec un autre État ou une organisation internationale, du siège permanent que la France occupe au Conseil de sécurité des Nations unies ou du droit de vote qui s’y attache, ainsi que de la décision d’emploi ou des moyens de la force de dissuasion nucléaire » (9°). Ce 9° n’est pas marqué « point discuté » : c’est la rédaction arrêtée de notre projet.
Le verrou est doublé. Le 2° du même article soumet déjà au peuple « toute ratification ou modification d’un traité emportant transfert, délégation ou partage de compétence à une organisation supranationale ou internationale ». Le texte soumis au référendum obligatoire « n’entre pas en vigueur avant d’avoir été approuvé par le peuple ». Et la décision d’emploi de la force de dissuasion appartient, chez nous, au Conseil des Sept (Titre II, article premier) : la confier à d’autres, ce serait changer la Constitution, ce qui suppose encore un vote du peuple (Titre XVIII, article premier).
Ce qui protège aujourd’hui : presque rien
Sous la Constitution de 1958, c’est le président de la République qui « négocie et ratifie les traités » (article 52). Les traités « relatifs à l’organisation internationale » ne peuvent être ratifiés « qu’en vertu d’une loi » (article 53) : il suffit d’une majorité parlementaire. Et si le traité exige une révision de la Constitution, celle-ci peut se passer du peuple : « le projet de révision n’est pas présenté au référendum lorsque le Président de la République décide de le soumettre au Parlement convoqué en Congrès », à la majorité des 3 cinquièmes (article 89). Sur un tel traité, le peuple peut être consulté ; rien ne l’impose (Constitution de 1958).
Ce que prévoient déjà la Charte et les traités européens
La Charte des Nations unies nomme la France parmi les 5 membres permanents du Conseil de sécurité (article 23). Leurs voix sont nécessaires à toute décision de fond : c’est le droit de veto (article 27). Et aucun amendement de la Charte n’entre en vigueur sans avoir été ratifié par 2 tiers des membres, « y compris tous les membres permanents du Conseil de sécurité », chacun « conformément à leurs règles constitutionnelles respectives » (article 108). Nul ne peut donc toucher au siège de la France sans elle ; notre 9° fait du peuple le seul à pouvoir y consentir (Charte, chapitre V ; chapitre XVIII).
La pression, elle, est déjà écrite dans les traités européens. Les États membres qui siègent au Conseil de sécurité « défendront, dans l’exercice de leurs fonctions, les positions et les intérêts de l’Union, sans préjudice des responsabilités qui leur incombent en vertu des dispositions de la charte des Nations unies » (traité sur l’Union européenne, article 34). Et la politique de sécurité et de défense commune « conduira à une défense commune, dès lors que le Conseil européen, statuant à l’unanimité, en aura décidé ainsi », chaque État adoptant ensuite la décision « conformément à leurs règles constitutionnelles respectives » (article 42). Là encore, chez nous, ces règles constitutionnelles seront le vote du peuple.
Coopérer n’est pas mettre en commun
Le 9° ne vise ni la coopération technique, ni les exercices, ni les déclarations de doctrine : il vise la décision d’emploi et les moyens. La frontière entre coopérer et mettre en commun n’est pas laissée à l’appréciation du gouvernement : « Le juge de cette frontière est la Cour de garantie démocratique », écrivent nos juristes sous l’article 7 du Titre premier ; cette Cour est instituée au Titre XIX, article premier. La France pratique d’ailleurs cette distinction depuis longtemps : revenue en 2009 dans les structures de l’OTAN, elle « a toutefois choisi de ne pas devenir membre du Groupe des plans nucléaires de l’OTAN » (OTAN, « Pays membres de l’OTAN »).
Pourquoi un référendum, et non une interdiction
Une interdiction absolue fige le choix d’une génération. Chez nous, hors les interdits du droit des gens, rien n’est intangible pour le peuple, sauf « ce sans quoi il ne pourrait plus rien réviser du tout : son pouvoir de voter et de se corriger » (Titre XVIII, articles 3 et 3-1). Le reste, le peuple le tranche lui-même ; nos notes le disent d’une phrase : « Le texte n’interdit rien au peuple ; il interdit qu’on décide sans lui. » (voyez aussi « Si vous êtes cohérents, rien ne devrait être intangible »).
Ceux qui veulent aller plus loin, et faire dire au peuple que la dissuasion restera exclusivement nationale, peuvent le lui proposer. La question est déjà en préparation, parmi celles que notre fiche sur l’Alliance propose de poser avant elle : « Approuvez-vous que la décision d’employer l’arme nucléaire française reste exclusivement nationale, sans partage avec un autre État ? » (Projet de référendum n° 4).
Ce que nous concédons
- La frontière entre coopérer et mettre en commun reste à tracer, cas par cas : nos juristes posent la question sous l’article, et c’est la Cour de garantie démocratique qui en jugera.
- Le texte ne dit pas encore si la renonciation unilatérale au droit de veto, ou l’engagement de ne pas l’exercer, relève du 9° ; nos juristes posent la question ouvertement.
- La règle qui fait apprécier ensemble les actes qui concourent à un même objet ne vise expressément que les engagements militaires et l’énergie (4° et 5°). Pour le siège et la dissuasion, c’est le recours de tout électeur contre le fractionnement qui joue ce rôle.
- Un référendum peut dire oui. Si le peuple veut un jour partager l’un ou l’autre, il le pourra : c’est le prix de la souveraineté populaire, et nous l’acceptons.
Les relances probables
« Pourquoi ne pas l’interdire tout court ? »
Parce qu’une interdiction fige le choix d’une génération. Chez nous, parmi les choix de la Constitution, seul demeure intangible le pouvoir du peuple de voter et de se corriger ; le reste, il le tranche. Ceux qui veulent garantir une dissuasion exclusivement nationale peuvent le lui proposer : la question figure parmi celles qui sont en préparation (Projet de référendum n° 4).
« Partager le siège avec l’Union, ce serait peser plus lourd. »
C’est un débat légitime, et il se tranchera par un vote, pas dans un couloir. Voyez « Seule, la France ne pèsera plus rien ».
« Un gouvernement contournera : il ne cédera pas le siège, il s’engagera à voter comme l’Union le décide. »
Le 9° vise aussi le partage « du droit de vote qui s’y attache », et le 2° tout traité qui partage une compétence. Une pratique qui ferait le même effet sans traité ? C’est à la Cour de garantie démocratique de dire où passe la frontière.
« Et en cas de guerre, vous ferez un référendum avant de tirer ? »
Jamais. Le peuple ne vote pas l’emploi de l’arme : la décision appartient au Conseil des Sept (Titre II, article premier), et la riposte à une agression n’attend pas son vote. Il ne vote que si l’on veut en partager la décision ou les moyens.
« Et l’OTAN ? »
C’est une autre question, et elle ne touche pas à la dissuasion, restée nationale. Rester dans l’Alliance ou en sortir, nous le demandons au peuple : Projet de référendum n° 4.
Les pièges à éviter
- Ne dites pas que notre texte interdit le partage : il le soumet au peuple.
- Ne dites pas que le peuple votera sur l’emploi de l’arme : il ne vote que sur la cession, le partage ou la mise en commun de la décision d’emploi ou des moyens.
- Ne dites pas que les actes qui concourent au même objet sont « appréciés ensemble » pour le siège et la dissuasion : le texte réserve cette règle aux engagements militaires et à l’énergie. Dites que tout électeur peut déférer à la Cour l’acte fractionné.
- Ne dites pas que la France perdrait son siège en sortant des traités européens : ce siège ne doit rien à l’Union, la Charte des Nations unies le lui attribue (article 23).
- Ne confondez pas la coopération (technique, exercices, doctrine), que le 9° ne vise pas, et la mise en commun de la décision ou des moyens, qu’il soumet au peuple.
- Ne prêtez à personne un projet de partage que vous ne pouvez pas sourcer, et ne nommez aucun responsable, français ou étranger : l’argument porte sur la règle, pas sur des intentions.
Pour prolonger
Dans l’Autodéfense :
- « Seule, la France ne pèsera plus rien »
- « Avec vos référendums obligatoires, la France ne tiendra plus ses alliances »
- « Je voudrais la liste simple de ce qui est protégé : notre souveraineté y est-elle ? »
- « Si une majorité hostile s’installe, en combien d’étapes pourra-t-elle tout détricoter, en toute légalité ? »
- « Si vous êtes cohérents, rien ne devrait être intangible »
- « Budget, nucléaire, géopolitique : c’est trop complexe pour le peuple »
- « À sept, on ne dissuade personne : le feu nucléaire exige un seul homme »
- « Sur l’UE vous appelez au oui, sur l’OTAN vous vous défilez : deux poids, deux mesures »
Dans l’Abécédaire :
- La primauté du droit international
- La souveraineté populaire contre la souveraineté nationale
- La clause d’éternité
Dans le Lexique du Pouvoir :
Dans nos textes :
- Constitution, Titre I, art. 7 : le référendum obligatoire par matière
- Constitution, Titre II, art. 1 : le Conseil des Sept
- Constitution, Titre XVIII, art. 1 : l’initiative et l’adoption de la révision
- Constitution, Titre XIX, art. 1 : la Cour de garantie démocratique
- Projet de référendum n° 4 : la France et l’OTAN
Références utiles
Les citations, les ouvrages, les études et les chiffres sur lesquels repose cette réponse, avec leurs sources. Pour vérifier, approfondir, et répondre à qui vous demandera d’où vous tenez vos arguments.
#PIC, Constitution d’urgence, Titre premier, article 7 (version 8 du 25 octobre 2026) : « Sont soumis obligatoirement au vote du peuple, sans qu’aucune initiative ne soit requise : » […] « 2° toute ratification ou modification d’un traité emportant transfert, délégation ou partage de compétence à une organisation supranationale ou internationale, ainsi que toute dénonciation d’un tel traité ; » […] « 9° toute cession, tout partage ou toute mise en commun, avec un autre État ou une organisation internationale, du siège permanent que la France occupe au Conseil de sécurité des Nations unies ou du droit de vote qui s’y attache, ainsi que de la décision d’emploi ou des moyens de la force de dissuasion nucléaire. » ; « Pour l’application des 4° et 5°, les actes qui concourent à un même objet sont appréciés ensemble » ; « Tout électeur peut déférer à la Cour de garantie démocratique l’acte dont le fractionnement tend à soustraire une décision au vote du peuple. Le texte soumis au référendum obligatoire n’entre pas en vigueur avant d’avoir été approuvé par le peuple. ». consulter la source
#PIC, Constitution d’urgence, Titre premier, article 7, notes : « Le texte n’interdit rien au peuple ; il interdit qu’on décide sans lui. » ; « Le 9° vise la décision d’emploi et les moyens de la force, non la coopération technique, les exercices ou les déclarations de doctrine. » ; « Le juge de cette frontière est la Cour de garantie démocratique. » ; « Faut-il viser aussi la renonciation unilatérale au droit de veto, ou l’engagement de ne pas l’exercer ? ». consulter la source
#PIC, Constitution d’urgence, Titre II, article premier (version 3 du 25 octobre 2026) : « La décision d’employer la force de dissuasion nucléaire appartient au Conseil des Sept. ». consulter la source
#PIC, Constitution d’urgence, Titre XVIII, article premier (version 3 du 25 octobre 2026) : « Toute révision de la Constitution est soumise au référendum obligatoire et n’est définitive qu’après avoir été approuvée par le peuple. Aucune révision ne peut être adoptée par la seule voie des pouvoirs constitués. ». consulter la source
#PIC, Constitution d’urgence, Titre XVIII, article 3-1 (version 2 du 26 octobre 2026), notes aux Picouriens : « Seul demeure intangible, parmi les choix de la Constitution, ce sans quoi il ne pourrait plus rien réviser du tout : son pouvoir de voter et de se corriger ». consulter la source
#PIC, Projet de référendum n° 4, « Les questions à poser avant » : « Approuvez-vous que la décision d’employer l’arme nucléaire française reste exclusivement nationale, sans partage avec un autre État ? ». consulter la source
Charte des Nations unies, articles 23, paragraphe 1, et 27, paragraphe 3 : « La République de Chine, la France, l’Union des Républiques socialistes soviétiques, le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, et les États-Unis d’Amérique sont membres permanents du Conseil de sécurité. » ; « Les décisions du Conseil de sécurité sur toutes autres questions sont prises par un vote affirmatif de neuf de ses membres dans lequel sont comprises les voix de tous les membres permanents ». consulter la source
Charte des Nations unies, article 108 : « Les amendements à la présente Charte entreront en vigueur pour tous les Membres des Nations Unies quand ils auront été adoptés à la majorité des deux tiers des membres de l’Assemblée générale et ratifiés, conformément à leurs règles constitutionnelles respectives, par les deux tiers des Membres de l’Organisation, y compris tous les membres permanents du Conseil de sécurité. ». consulter la source
Traité sur l’Union européenne, article 34, paragraphe 2 (version consolidée, JO C 202 du 7 juin 2016) : « Les États membres qui sont membres du Conseil de sécurité défendront, dans l’exercice de leurs fonctions, les positions et les intérêts de l’Union, sans préjudice des responsabilités qui leur incombent en vertu des dispositions de la charte des Nations unies. ». consulter la source
Traité sur l’Union européenne, article 42, paragraphe 2 (même version) : « La politique de sécurité et de défense commune inclut la définition progressive d’une politique de défense commune de l’Union. Elle conduira à une défense commune, dès lors que le Conseil européen, statuant à l’unanimité, en aura décidé ainsi. Il recommande, dans ce cas, aux États membres d’adopter une décision dans ce sens conformément à leurs règles constitutionnelles respectives. ». consulter la source
Constitution du 4 octobre 1958, articles 52, 53 et 89 : « Le Président de la République négocie et ratifie les traités. » ; « Les traités de paix, les traités de commerce, les traités ou accords relatifs à l’organisation internationale, […] ne peuvent être ratifiés ou approuvés qu’en vertu d’une loi. » ; « Toutefois, le projet de révision n’est pas présenté au référendum lorsque le Président de la République décide de le soumettre au Parlement convoqué en Congrès ; dans ce cas, le projet de révision n’est approuvé que s’il réunit la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés. ». consulter la source
OTAN, « Pays membres de l’OTAN », page actualisée le 11 mars 2024 : « Au sommet de Strasbourg-Kehl, en avril 2009, la France a officiellement annoncé sa décision de participer pleinement aux structures de l’OTAN. » ; « La France a toutefois choisi de ne pas devenir membre du Groupe des plans nucléaires de l’OTAN. ». consulter la source
Version 1 du 26 octobre 2026 : première publication.
Le procédé, dans le Lexique du Pouvoir : Le référendum confisqué · Les globalistes
Le mot juste, dans l’Abécédaire : La souveraineté populaire contre la souveraineté nationale · La primauté du droit international
Pour agir : les questions au peuple · s’engager
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