On vous dit :
« Face à la Chine, aux États-Unis, à la Russie, l’Europe unie compte. La France seule, avec moins de 1 % de la population mondiale, ne pèsera plus rien. Sortir de l’Union, c’est se condamner à l’insignifiance. »
Voici ce que vous pouvez répondre
Peser, c’est d’abord pouvoir dire non. Dans l’Union, la France représente environ 15 % de la population, et la majorité qualifiée peut décider sans elle. Seule, elle reste membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, puissance nucléaire, et garde sa voix entière.
Et elle ne serait pas seule. L’Europe qui réussit le mieux est faite de coopérations entre nations, hors des traités de l’Union : l’Agence spatiale européenne, dont le siège est à Paris, compte la Suisse, la Norvège et le Royaume-Uni parmi ses membres ; le CERN aussi. Notre Constitution le dit en une phrase : « Sortir de ces traités n’est pas sortir de l’Europe. »
Sources : Charte des Nations unies · Agence spatiale européenne · CERN · Eurostat · Parlement européen · Constitution d’urgence — le détail et les citations sont dans l’onglet « Références utiles ».
Pour aller plus loin
Peser à 27, c’est parfois ne plus rien décider
Au Conseil de l’Union, la plupart des décisions se prennent à la majorité qualifiée : 55 % des États membres, représentant au moins 65 % de la population de l’Union. Au 1er janvier 2025, la France comptait 68,9 millions d’habitants sur 451,3 millions, soit environ 15 % (Eurostat). Elle peut donc être mise en minorité, et la règle s’appliquer chez elle malgré son vote.
Dans certains domaines, elle n’a même plus de voix propre. La politique commerciale est une compétence exclusive de l’Union, comme le rappelle le Parlement européen : c’est la Commission qui négocie les accords commerciaux au nom des 27. Et là où le droit de l’Union s’applique, un référendum français ne peut le défaire, car ce droit prime sur les lois nationales.
Une voix qui compte pour 15 %, c’est une influence. Ce n’est pas une souveraineté.
Ce qui fait le poids d’une nation
La Charte des Nations unies nomme la France parmi les 5 membres permanents du Conseil de sécurité (article 23), et aucun amendement de la Charte n’entre en vigueur sans la ratification de « tous les membres permanents du Conseil de sécurité » (article 108). Ce siège ne doit rien aux traités européens, et il ne dépend que de la France.
La France est aussi une puissance nucléaire, et elle abrite le cœur de l’Europe spatiale : l’Agence spatiale européenne a son siège à Paris et sa base de lancement en Guyane. Ces atouts ne disparaissent pas avec la sortie des traités ; ils redeviennent pleinement les nôtres.
L’Europe qui marche n’a pas besoin des traités de l’Union
Les plus belles réussites européennes sont des coopérations entre nations. Le CERN naît d’une convention signée en 1953 par 12 États fondateurs, dont la France ; il compte aujourd’hui 25 États membres, parmi lesquels la Suisse, la Norvège, le Royaume-Uni, Israël et la Serbie. L’Agence spatiale européenne réunit 23 États membres, dont la Suisse, la Norvège et le Royaume-Uni ; son budget atteint 7,68 milliards d’euros en 2025, et chaque État y reçoit, en contrats industriels, à peu près ce qu’il apporte. Airbus est né en 1970 d’un groupement d’industriels européens.
Aucune de ces coopérations n’impose à ses membres leur politique commerciale, budgétaire ou migratoire. Chaque État choisit d’y entrer, d’y payer, d’y rester. C’est le modèle que propose notre Constitution : « des accords de coopération entre nations souveraines, notamment pour le commerce, la recherche, la circulation des personnes et la sécurité » (Titre XVIII, article 7).
Ce que nous concédons
Dans une négociation commerciale avec les États-Unis ou la Chine, un marché de 450 millions de consommateurs pèse plus lourd qu’un pays de 69 millions. La France négocierait avec moins de poids ; elle négocierait pour elle, et pourrait s’allier à ses voisins par des accords. C’est un choix entre la taille et la liberté, et nous le soumettons au peuple au lieu de le trancher à sa place.
Les programmes de l’Union auxquels nous tenons, dans la recherche ou le spatial, devront faire l’objet d’accords ; la riposte « Regardez le Brexit : vous voulez nous infliger la même chose » rappelle ce que coûte une sortie mal préparée. La nôtre est écrite d’avance, et l’accord sur les relations futures revient devant le peuple.
Les relances probables
« Sans l’Union, la Chine nous écrasera. »
La taille protège quand on s’en sert pour ses propres intérêts. Hors des traités, la France pourra s’allier à ses voisins par des accords de coopération, notamment pour le commerce, sans abandonner à d’autres le choix de ses protections.
« Votre siège au Conseil de sécurité, c’est un héritage de 1945. »
C’est un héritage, et il compte : la Charte en fait l’un des 5 membres permanents, et aucun amendement n’entre en vigueur sans la ratification de tous les membres permanents. Il ne dépend que de la France.
« Sans l’Union, plus d’Airbus ni d’Ariane. »
Ils sont nés de coopérations entre nations, et l’Agence spatiale européenne compte la Suisse, la Norvège et le Royaume-Uni parmi ses membres. Notre Constitution propose précisément ce type d’accords.
« Un pays de 69 millions d’habitants ne fait pas le poids. »
La Suisse et la Norvège sont hors de l’Union et membres de l’Agence spatiale européenne comme du CERN. La France aurait en plus un siège permanent au Conseil de sécurité, la dissuasion nucléaire et le port spatial de l’Europe.
Les pièges à éviter
- Ne dites pas que la France pèserait autant qu’un bloc de 27 dans une négociation commerciale : concédez la taille, défendez la liberté.
- Ne confondez pas l’Union européenne et l’Europe : l’Agence spatiale européenne, le CERN et le Conseil de l’Europe ne sont pas des institutions de l’Union.
- Ne dites pas que l’Union prive la France de sa voix à l’ONU : elle y garde son siège ; c’est dans les domaines de l’Union qu’elle a cédé la sienne.
- Ne parlez pas d’isolement souhaité : nous voulons des accords entre nations libres, pas un repli.
Pour prolonger
Dans l’Abécédaire et le Lexique du Pouvoir :
- La primauté du droit international
- La souveraineté populaire contre la souveraineté nationale
- La subsidiarité ascendante
- Les globalistes
Dans nos textes :
- Constitution d’urgence, titre XVIII, art. 7 : le retrait des traités européens
- Constitution d’urgence, titre XVIII, art. 8 : la continuité du droit et les droits acquis
Dans l’Autodéfense :
Références utiles
Les citations, les ouvrages, les études et les chiffres sur lesquels repose cette réponse, avec leurs sources. Pour vérifier, approfondir, et répondre à qui vous demandera d’où vous tenez vos arguments.
Charte des Nations unies, article 23 : « La République de Chine, la France, l’Union des Républiques socialistes soviétiques, le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, et les États-Unis d’Amérique sont membres permanents du Conseil de sécurité ». consulter la source
Charte des Nations unies, article 108 : « Les amendements à la présente Charte entreront en vigueur pour tous les Membres des Nations Unies quand ils auront été adoptés à la majorité des deux tiers des membres de l’Assemblée générale et ratifiés, conformément à leurs règles constitutionnelles respectives, par les deux tiers des Membres de l’Organisation, y compris tous les membres permanents du Conseil de sécurité ». consulter la source
Agence spatiale européenne, « ESA facts » : « ESA’s headquarters are in Paris which is where policies and programmes are decided » (Le siège de l’ESA est à Paris, où se décident les politiques et les programmes ; notre traduction) ; « Who belongs to ESA? Austria, Belgium, Czech Republic, Denmark, Estonia, Finland, France, Germany, Greece, Hungary, Ireland, Italy, Luxembourg, the Netherlands, Norway, Poland, Portugal, Romania, Slovenia, Spain, Sweden, Switzerland and the United Kingdom » (Qui sont les membres de l’ESA ? L’Autriche, la Belgique, la République tchèque, le Danemark, l’Estonie, la Finlande, la France, l’Allemagne, la Grèce, la Hongrie, l’Irlande, l’Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Norvège, la Pologne, le Portugal, la Roumanie, la Slovénie, l’Espagne, la Suède, la Suisse et le Royaume-Uni ; notre traduction) ; « ESA’s budget for 2025 is €7.68 billion. ESA operates on the basis of geographical return, i.e. it invests in each Member State, through industrial contracts for space programmes, an amount more or less equivalent to each country’s contribution » (Le budget de l’ESA pour 2025 est de 7,68 milliards d’euros. L’ESA fonctionne selon le principe du retour géographique : elle investit dans chaque État membre, par des contrats industriels, un montant à peu près équivalent à sa contribution ; notre traduction). consulter la source
CERN, « Our Member States » : « The CERN convention was signed in 1953 by the 12 founding states Belgium, Denmark, France, the Federal Republic of Germany, Greece, Italy, the Netherlands, Norway, Sweden, Switzerland, the United Kingdom and Yugoslavia » (La convention du CERN a été signée en 1953 par les 12 États fondateurs : la Belgique, le Danemark, la France, la République fédérale d’Allemagne, la Grèce, l’Italie, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède, la Suisse, le Royaume-Uni et la Yougoslavie ; notre traduction) ; « Today CERN has 25 Member States » (Le CERN compte aujourd’hui 25 États membres ; notre traduction). consulter la source
Eurostat, population au 1er janvier 2025 (tableau tps00001, données provisoires) : « Union européenne à 27 : 451 284 558 ; France : 68 882 600 ». consulter la source
Majorité qualifiée, notice Wikipédia : « la majorité qualifiée est définie comme 55 % des suffrages des membres du Conseil de l’Union européenne représentant au moins 15 États et au moins 65 % de la population de l’Union européenne ». consulter la source
Parlement européen, fiches thématiques sur l’Union européenne, « Le traité de Lisbonne » : « Cela s’applique à l’union douanière, aux règles de concurrence, à la politique monétaire pour les États membres dont la monnaie est l’euro, à la conservation des ressources biologiques de la mer et à la politique commerciale commune, y compris les accords commerciaux ». consulter la source
Airbus, notice Wikipédia : « Création 18 décembre 1970 » ; « Airbus qui existait auparavant sous la forme d’un GIE ». consulter la source
#PIC, Constitution d’urgence, Titre XVIII, article 7 : « Sortir de ces traités n’est pas sortir de l’Europe. La France propose aux États européens des accords de coopération entre nations souveraines, notamment pour le commerce, la recherche, la circulation des personnes et la sécurité ». consulter la source
Version 1 du 5 octobre 2026 — première publication.
Le procédé, dans le Lexique du Pouvoir : Les globalistes · Le gouvernement par la peur
Le mot juste, dans l’Abécédaire : La primauté du droit international · La souveraineté populaire contre la souveraineté nationale · La subsidiarité ascendante
Pour agir : s’engager
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