On vous dit :
« Sortir de l’Union, c’est priver nos agriculteurs de la PAC : des milliards d’aides en moins chaque année. Nos campagnes souffrent déjà ; vous allez les achever. »
Voici ce que vous pouvez répondre
La PAC n’est pas un cadeau de Bruxelles : c’est une partie de notre argent qui nous revient. En 2025, selon la Commission européenne, la France a versé près de 23 milliards d’euros au budget de l’Union et en a reçu 9,4 au titre de la PAC. Pour chaque euro d’aide agricole reçu, elle en verse près de 2,5.
Hors de l’Union, la France garderait cet argent : de quoi financer une politique agricole au moins égale, décidée ici, et que le peuple pourra porter plus loin. La PAC n’a d’ailleurs pas protégé nos campagnes : le Sénat constatait en 2022 que la France était passée en vingt ans du 2e au 5e rang des exportateurs agricoles mondiaux. Le vrai défi n’est pas la subvention, c’est l’accès aux marchés ; il se négociera, et le peuple jugera l’accord.
Sources : Commission européenne · Sénat · Parlement européen · Constitution d’urgence — le détail et les citations sont dans l’onglet « Références utiles ».
Pour aller plus loin
D’où vient l’argent de la PAC
Le budget de l’Union est financé par les États. En 2025, d’après les données que publie la Commission européenne, la France lui a versé 4,2 milliards d’euros au titre de la TVA, 16,6 milliards au titre de son revenu national brut, 1,4 milliard au titre des emballages plastiques non recyclés, et 1,5 milliard pour financer les rabais accordés à d’autres États membres. Après les ajustements de l’année, sa contribution s’établit à près de 23 milliards d’euros, sans compter les droits de douane qu’elle perçoit pour le compte de l’Union.
La même année, l’Union a dépensé 16,4 milliards d’euros en France, dont 7,4 milliards d’aides directes et de soutien aux marchés agricoles et 2 milliards pour le développement rural : 9,4 milliards de PAC. La France est donc contributrice nette, d’environ 6,6 milliards. Le plan de relance européen, financé par un emprunt commun que les États devront rembourser, lui a versé 2,2 milliards de plus.
L’agriculteur français ne reçoit pas l’argent de l’Europe : il reçoit une partie de l’argent de la France, après un détour par Bruxelles et sous des règles écrites ailleurs.
Ce que la PAC n’a pas empêché
La PAC existe depuis plus de 60 ans, et nos campagnes vont mal. En septembre 2022, le Sénat dressait ce constat : la France « est passée de deuxième à cinquième exportateur mondial en vingt ans » ; elle est « déficitaire avec l’Union européenne en matière alimentaire depuis 2015 » ; et son potentiel productif s’érode, avec moins d’exploitations chaque année. Parmi les causes, le rapport relève « une faible défense par l’État dans les accords de libre-échange ».
Ces accords, la France ne les négocie plus elle-même : la politique commerciale commune est une compétence exclusive de l’Union, comme le rappelle le Parlement européen. C’est la Commission qui négocie au nom des 27, et nos agriculteurs en subissent les arbitrages.
Après la sortie : une politique agricole décidée ici
Rien ne tomberait du jour au lendemain. À la date de la sortie, les règlements européens « demeurent en vigueur en tant que lois et règlements nationaux, sauf en ce qu’ils supposent l’intervention des institutions de l’Union » ; une loi désigne les autorités nationales qui reprennent les fonctions jusque-là exercées par l’Union (Titre XVIII, article 8). Les règles de la PAC deviennent les nôtres, et nous pouvons les changer.
Le financement, lui, devient national : il ne dépend plus d’une négociation à 27 tous les 7 ans, mais du choix des Français. Et si la loi déçoit, le peuple peut s’en saisir par le référendum d’initiative citoyenne.
Quant aux accords commerciaux, la France choisira : le Conseil des Sept négocie avec les États tiers le maintien des seuls accords conclus par l’Union « dont l’intérêt de la Nation commande la reprise » (même article). Avec nos voisins, notre Constitution prévoit « des accords de coopération entre nations souveraines, notamment pour le commerce » (Titre XVIII, article 7).
Ce que nous concédons
Le vrai risque n’est pas la subvention, c’est le marché. Une partie de nos produits agricoles se vend chez nos voisins ; sans accord, des droits de douane pourraient les frapper. La riposte « Regardez le Brexit : vous voulez nous infliger la même chose » rappelle ce qu’a coûté au Royaume-Uni la sortie du marché unique et de l’union douanière. La négociation intéressera pourtant les 2 côtés : selon le Sénat, nos voisins nous vendent plus de denrées alimentaires qu’ils ne nous en achètent.
Nous concédons aussi que l’économie ne serait pas entière dès le premier jour. La part de la France dans les emprunts communs de l’Union et ses autres engagements en cours seront réglés par l’accord de retrait, après « un audit public et contradictoire des sommes réclamées et des actifs revenant à la France, publié avant que le peuple se prononce sur l’accord » (Titre XVIII, article 8). Enfin, les chiffres changent d’une année à l’autre ; ceux que nous citons sont ceux de 2025, tels que la Commission les publie.
Les relances probables
« Le budget de l’État ne paiera jamais autant que Bruxelles. »
Il paierait avec l’argent qu’il n’enverrait plus : près de 23 milliards en 2025, contre 9,4 de PAC. La question n’est pas de savoir si l’on peut, mais combien les Français veulent consacrer à leur agriculture.
« Nos exportations seront taxées à l’entrée du marché européen. »
C’est le vrai risque, et il se négocie : notre Constitution prévoit des accords de coopération, notamment pour le commerce. Selon le Sénat, nos voisins nous vendent plus de denrées alimentaires qu’ils ne nous en achètent ; ils ont autant intérêt que nous à un accord.
« Les aides seront sacrifiées au premier plan d’économies. »
Le risque existe dans tout budget, y compris le budget européen, que l’on renégocie tous les 7 ans. La différence : chez nous, la question pourra revenir devant le peuple par le référendum d’initiative citoyenne, si les 7 777 citoyens tirés au sort de l’Agora la jugent prioritaire.
« Et la concurrence des pays tiers ? »
Aujourd’hui, c’est la Commission qui négocie les accords de libre-échange au nom de la France. Demain, la France choisira les accords qu’elle reprend, et ceux qu’elle laisse tomber.
Les pièges à éviter
- Ne dites pas que la sortie serait sans risque pour les agriculteurs : l’accès au marché européen se négociera.
- Ne promettez pas un montant d’aides : la loi le fixera, et le peuple pourra s’en saisir.
- Ne présentez pas l’écart entre ce que la France verse et ce qu’elle reçoit comme une spoliation : il finance aussi des politiques communes, dont la cohésion des régions plus pauvres.
- Citez les chiffres avec leur année : ceux de 2025, publiés par la Commission européenne. Ils varient d’une année à l’autre.
Pour prolonger
Dans l’Abécédaire et le Lexique du Pouvoir :
- La subsidiarité ascendante
- La primauté du droit international
- La souveraineté populaire contre la souveraineté nationale
- Les globalistes
Dans nos textes :
- Constitution d’urgence, titre XVIII, art. 7 : le retrait des traités européens
- Constitution d’urgence, titre XVIII, art. 8 : la continuité du droit et les droits acquis
- Constitution d’urgence, titre I, art. 6 : le référendum d’initiative citoyenne
Dans l’Autodéfense :
- « Regardez le Brexit : vous voulez nous infliger la même chose »
- « Le vrai sujet de cette présidentielle, c’est le Frexit »
- « Votre souveraineté monétaire, c’est la sortie de l’euro »
- « Constitution adoptée, sortie rejetée : vous gouvernerez avec les traités que vous combattez »
- « Seule, la France ne pèsera plus rien »
Références utiles
Les citations, les ouvrages, les études et les chiffres sur lesquels repose cette réponse, avec leurs sources. Pour vérifier, approfondir, et répondre à qui vous demandera d’où vous tenez vos arguments.
Commission européenne, « EU spending and revenue 2000-2025 », fichier de données publié avec la page « Spending and revenue », année 2025, colonne France : en millions d’euros, ressource fondée sur la TVA (Own resources based on VAT) 4 198,0 ; ressource fondée sur le revenu national brut (Own resources based on GNI) 16 634,6 ; financement des réductions accordées à certains États membres (Gross reduction in the annual GNI-based contribution granted to certain Member States) 1 506,0 ; ressource fondée sur les emballages plastiques non recyclés 1 395,3 ; total des soldes et ajustements -772,2 ; Fonds européen agricole de garantie (EAGF) 7 424,3 ; Fonds européen agricole pour le développement rural (EAFRD) 1 954,4 ; total des dépenses de l’Union en France 16 391,3 ; plan de relance NextGenerationEU 2 244,4. Nos calculs : contribution de la France, ajustements compris, 22 961,7 ; PAC, 9 378,7 ; écart entre la contribution et les dépenses de l’Union en France, 6 570,4. consulter la source
Sénat, rapport d’information « Compétitivité : une urgence pour redresser la ferme France », L’essentiel, 28 septembre 2022 : « elle est passée de deuxième à cinquième exportateur mondial en vingt ans » ; « La France, « grenier de l’Europe », est désormais déficitaire avec l’Union européenne en matière alimentaire depuis 2015 » ; « une faible défense par l’État dans les accords de libre-échange ». consulter la source
Parlement européen, fiches thématiques sur l’Union européenne, « Le traité de Lisbonne » : « Cela s’applique à l’union douanière, aux règles de concurrence, à la politique monétaire pour les États membres dont la monnaie est l’euro, à la conservation des ressources biologiques de la mer et à la politique commerciale commune, y compris les accords commerciaux ». consulter la source
#PIC, Constitution d’urgence, Titre XVIII, article 8 : « les règlements et autres actes de l’Union qui y étaient directement applicables demeurent en vigueur en tant que lois et règlements nationaux, sauf en ce qu’ils supposent l’intervention des institutions de l’Union ou la réciprocité des autres États » ; « Le règlement des engagements qui s’étendent au-delà, y compris la part de la France dans les emprunts contractés en commun au nom de l’Union et le remboursement de sa part au capital des institutions financières de l’Union et du Mécanisme européen de stabilité, est fixé par l’accord de retrait. Il est précédé d’un audit public et contradictoire des sommes réclamées et des actifs revenant à la France, publié avant que le peuple se prononce sur l’accord » ; « Le Conseil des Sept négocie avec les États tiers le maintien, au nom de la France, des accords conclus par l’Union dont l’intérêt de la Nation commande la reprise ». consulter la source
#PIC, Constitution d’urgence, Titre XVIII, article 7 : « Sortir de ces traités n’est pas sortir de l’Europe. La France propose aux États européens des accords de coopération entre nations souveraines, notamment pour le commerce, la recherche, la circulation des personnes et la sécurité ». consulter la source
Version 1 du 5 octobre 2026 — première publication.
Le procédé, dans le Lexique du Pouvoir : Les globalistes · La dette comme discipline
Le mot juste, dans l’Abécédaire : La subsidiarité ascendante · La primauté du droit international · La souveraineté populaire contre la souveraineté nationale
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