Abécédaire · Le facteur c, ou le QI des groupes

Le facteur c, ou le QI des groupes « Un groupe a toujours le QI de son membre le plus bête. » La formule court les dîners, et elle a l’air d’une évidence. En 2010, la revue Science a publié de quoi la démentir. Anita Woolley et Thomas Malone, avec leurs collègues de l’université Carnegie Mellon et du MIT, répartissent 699 personnes en groupes et leur font enchaîner des épreuves sans rapport entre elles : énigmes visuelles, remue-méninges, jugements moraux, négociation. Les groupes bons à une épreuve tendent à être bons aux autres. Comme l’intelligence individuelle a son facteur g, l’intelligence d’un groupe aurait son facteur c, pour « collective ».

Le plus étonnant est ce qui le prédit, et ce qui ne le prédit guère. L’intelligence moyenne des membres n’y est que faiblement liée, celle du plus brillant à peine davantage. Ce qui compte : l’attention des membres aux autres, mesurée par un test où l’on devine les émotions d’après le seul regard, et l’égalité des tours de parole. « Les groupes où quelques personnes monopolisaient la conversation étaient moins intelligents collectivement. » Que les groupes travaillent en face-à-face ou par écrit, sans jamais se voir, la règle tient.

En 2021, une méta-analyse de 22 études et de 1 356 groupes confirme le fil principal : « le processus de collaboration du groupe compte davantage que la compétence de ses membres ». La même année, 2 économistes de Harvard, protocole déposé à l’avance, identifient des « équipiers » qui font réussir leur groupe au-delà du prévisible ; ils ne se distinguent ni par le QI, ni par le diplôme, ni par la personnalité, mais par leur intelligence sociale.

Soyons francs : le facteur c est discuté. Une équipe d’Édimbourg trouve en 2017 que le QI des membres explique environ 80 % des différences entre groupes ; la méta-analyse de 2021, corrigée en 2022, ramène à 19,6 % la part commune des performances. Il serait donc faux d’écrire que « le QI d’un groupe dépasse la moyenne des QI de ses membres » : les 2 échelles ne se comparent pas. Ce que la science autorise est plus utile. L’intelligence d’un groupe ne se réduit pas à celle de ses membres : elle dépend de la manière dont il délibère.

Et sur ce point, les preuves sont massives. Un problème de logique classique, que réussissent environ 10 % des gens seuls, est résolu par environ 80 % des groupes qui en discutent. Sur des problèmes difficiles dont la solution se démontre, des groupes de 3 à 5 personnes font mieux que le meilleur d’autant d’individus travaillant seuls. Et c’est le bon argument qui l’emporte, pas le plus sûr de lui : le membre qui a raison convainc presque toujours le groupe, même quand il n’est pas le plus assuré. Les gens ne sont pas bêtes. Ils raisonnent mal seuls, et bien ensemble.

À une condition, que le #PIC a écrite dans ses textes : la contradiction. Seuls, ou entre gens qui pensent pareil, nous ne faisons que conforter nos préjugés. Des groupes de 7 tirés au sort, donc divers ; anonymes, donc sans vedette qui monopolise la parole ; nourris d’arguments opposés : l’Agora citoyenne applique ces leçons à l’échelle d’un pays. Un groupe n’est pas une moyenne. C’est une manière de parler ensemble.

Pour répondre à ceux qui vous l’objectent, voyez l’Autodéfense : « Les gens sont trop bêtes : 50 abrutis l’emporteront toujours sur 10 esprits éclairés », « L’intelligence collective, c’est une utopie de start-up », « Les Français ne se parlent plus : délibérer ensemble est impossible », « Milgram l’a prouvé : les gens obéissent, ils suivront n’importe qui », « Les Français sont des veaux ».

En 30 secondes

On vous dit : « Un groupe, c’est toujours aligné sur le plus bête. » Répondez :

1.Seuls, environ 10 % des gens résolvent un problème de logique classique ; en groupe, environ 80 %.

2.Sur des problèmes difficiles dont la solution se démontre, des groupes de 3 à 5 font mieux que le meilleur d’autant d’individus seuls, et c’est le bon argument qui l’emporte, pas le plus sûr de lui.

3.L’intelligence d’un groupe tient d’abord à sa façon de délibérer : parole partagée, écoute des autres, contradiction. C’est ce que la Constitution d’urgence organise.

Pour aller plus loin

La découverte de 2010

L’expérience fondatrice compte 2 études. Dans la 1re, 40 groupes de 3 personnes passent jusqu’à 5 heures sur des tâches puisées dans les 4 familles classiques du travail en groupe (produire des idées, choisir, négocier, exécuter), avant une épreuve finale : une partie de dames contre un ordinateur. Dans la 2e, 152 groupes de 2 à 5 personnes enchaînent les tâches avant une épreuve de conception architecturale. Le QI de chacun est mesuré au début de la séance.

Un 1er facteur explique 43 % puis 44 % des écarts de performance entre groupes ; le 2e, à peine 18 % et 20 %. Ce facteur c prédit mieux l’épreuve finale que le QI moyen ou maximal des membres. Les corrélations, toutes études réunies, dessinent un portrait inattendu : 0,15 avec le QI moyen, 0,19 avec le QI du plus brillant, 0,26 avec la sensibilité sociale moyenne, 0,23 avec la proportion de femmes (un effet qui passe largement par la sensibilité sociale, en moyenne plus élevée chez elles), et −0,41 avec l’inégalité des tours de parole, mesurée par des badges électroniques sur une partie des groupes. La cohésion, la motivation et la satisfaction des membres, elles, ne prédisent rien.

La sensibilité sociale était mesurée par un test au nom parlant, « lire l’esprit dans le regard » : on montre des photographies où l’on ne voit que les yeux, et il faut deviner l’état mental de la personne. Retenez la leçon, elle est contre-intuitive : ce n’est pas la bonne ambiance qui fait l’intelligence d’un groupe. C’est la circulation de la parole, et l’attention à ce que l’autre pense.

Par écrit, sans jamais se voir

En 2014, la même équipe, emmenée par David Engel, refait l’expérience avec 272 adultes de la région de Boston, répartis au hasard en 68 groupes de 4 : 32 travaillent en face-à-face, 36 uniquement par messagerie écrite, sans jamais se voir. Le facteur c réapparaît dans les 2 cas, et le test du regard prédit l’intelligence du groupe aussi bien en face-à-face (corrélation de 0,53) qu’en ligne (0,55), « alors même que ces derniers ne communiquent que par écrit et ne se voient jamais ». Et partout, les groupes où une ou 2 personnes dominaient la discussion étaient moins intelligents. Pour un mouvement citoyen qui délibère largement en ligne, ce n’est pas un détail : l’intelligence collective n’exige pas de se voir, elle exige de s’écouter.

La méta-analyse de 2021, et sa correction

En 2021, Christoph Riedl, Young Ji Kim, Pranav Gupta, Thomas Malone et Anita Woolley rassemblent 22 études passées par la même plateforme en ligne : 1 356 groupes de 2 à 7 personnes, 5 279 individus, étudiants, travailleurs des plateformes, militaires, joueurs en ligne. Le facteur unique se retrouve. Et son 1er prédicteur est le processus de collaboration (répartir le travail selon les compétences, se coordonner, choisir une stratégie), devant la compétence individuelle, loin devant la taille du groupe ou sa composition. Les poids varient selon la tâche : au sudoku, la compétence individuelle pèse pour plus de la moitié dans ce que l’on parvient à expliquer ; à la remise en ordre de mots, le processus y pèse pour 55 %. Toutes choses égales d’ailleurs, un groupe situé un cran au-dessus des autres en intelligence collective (un écart type) accroît sa performance de 18 %, à 12 % près.

En 2022, les auteurs ont publié un correctif honnête : dans leur méta-analyse, la part commune des performances n’est pas de 44 %, comme une erreur de logiciel l’avait fait écrire, mais de 19,6 %. Le facteur existe ; il est plus modeste qu’annoncé, et bien plus modeste que dans les 2 petites études de 2010. Pour la méta-analyse, citez 19,6 %, jamais 44 %.

Les équipiers

La confirmation la plus solide vient d’ailleurs, et de plus haut. Dans Econometrica, l’une des revues d’économie les plus exigeantes au monde, Ben Weidmann et David Deming (Harvard) publient en 2021 une expérience au protocole déposé à l’avance. 255 participants passent d’abord des tests individuels (raisonnement, test du regard, personnalité), puis sont répartis au hasard dans plusieurs équipes de 3 successives, 343 groupes en tout. Le dispositif permet d’isoler l’apport propre de chacun à la réussite collective, au-delà de ses compétences personnelles.

Le résultat : certaines personnes font systématiquement dépasser à leur équipe la performance prévue. Ces « équipiers » obtiennent des scores nettement plus élevés au test du regard, mais ne diffèrent ni par le QI, ni par la personnalité, ni par l’éducation, ni par le sexe. Une compétence sociale, que l’on ne mesure dans aucun concours et que n’atteste aucun diplôme, améliore la performance d’un groupe à peu près autant que le QI de ses membres. Le pays de la méritocratie scolaire devrait méditer ce résultat.

La controverse, sans fard

Le facteur c a ses critiques, et ils sont sérieux. En 2017, Marcus Credé et Gwenith Howardson réanalysent 6 échantillons et jugent le soutien empirique « généralement faible » : le facteur général n’expliquerait que peu de chose dans de nombreuses tâches. La même année, Timothy Bates et Shivani Gupta, à Édimbourg, tentent 3 reproductions sur 312 personnes : un facteur de groupe réapparaît bien, mais le QI moyen des membres en explique environ 80 %, et ni la proportion de femmes ni l’égalité des tours de parole ne le prédisent. Leurs effectifs étaient faibles et, dans la 3e étude, plusieurs groupes ont atteint le plafond du test, mais l’objection demeure. En 2021, Luke Rowe, John Hattie et Robert Hester appellent à ne pas adopter la notion « prématurément », tant qu’elle n’aura pas été reproduite de manière indépendante. Ils notent pourtant que, dans les études disponibles, le facteur c prédit la performance (0,26) mieux que le QI moyen (0,06) ; et ils rappellent qu’ailleurs, dans les équipes de travail, QI moyen et performance sont corrélés à 0,28.

Que pouvons-nous en tirer, honnêtement ? D’abord que la compétence des membres compte : un mouvement citoyen ne peut pas prétendre qu’elle est indifférente. Ensuite que la question « le QI d’un collectif est-il supérieur à la moyenne des QI ? » est mal posée. Dans la méta-analyse de 2021, le score c d’un groupe est ramené, par convention, à une échelle de moyenne 100, comme le QI, mais il situe ce groupe par rapport aux autres groupes : un « QI collectif » de 115 signifie qu’un groupe fait mieux que la plupart des groupes, pas qu’il est plus intelligent qu’un individu de QI 115. Comparer les 2 revient à comparer des mètres et des kilos. Enfin, et c’est l’essentiel : la manière dont un groupe travaille ajoute, ou retranche, une part substantielle de son intelligence. C’est un levier d’organisation. Donc un levier politique.

Raisonner seul, raisonner ensemble

Faites l’essai. 4 cartes sont posées sur la table : E, K, 4, 7. Chacune porte une lettre d’un côté et un chiffre de l’autre. Règle : « si une carte porte une voyelle d’un côté, elle porte un chiffre pair de l’autre ». Quelles cartes faut-il retourner, et elles seules, pour vérifier la règle ? La plupart des gens répondent E et 4. La bonne réponse est E et 7 : retourner le 4 ne prouve rien, mais un 7 cachant une voyelle ruinerait la règle. C’est la tâche de sélection de Wason, l’une des épreuves de raisonnement les plus étudiées ; environ 10 % des gens la réussissent seuls.

Donnez-la maintenant à des petits groupes qui en discutent : environ 80 % la réussissent. Le chiffre, qui agrège plusieurs études depuis 1998, est rapporté par 2 chercheurs français, Hugo Mercier, aujourd’hui à l’Institut Jean-Nicod (CNRS), et Dan Sperber, dans un article de 2011 soumis à 24 commentaires critiques de leurs pairs. Les transcriptions montrent que les participants ne se rallient qu’une fois convaincus ; et l’intelligence générale ne corrèle qu’à 0,33 avec la réussite à cette épreuve. Leur explication a renouvelé la psychologie du raisonnement : nous ne raisonnons pas d’abord pour trouver la vérité seuls, mais pour produire et évaluer des arguments face aux autres. « Quand les mêmes problèmes sont placés dans un cadre argumentatif approprié, les gens se révèlent d’habiles argumentateurs. » Le biais de confirmation, défaut du penseur solitaire, devient une force dans le débat : chacun cherche les failles des arguments d’autrui, et le groupe garde ce qui résiste.

Plus fort que le meilleur

Le groupe peut-il dépasser son meilleur membre ? Sur les problèmes difficiles qui ont une solution démontrable, oui. En 2006, Patrick Laughlin et ses collègues de l’université de l’Illinois soumettent à 760 étudiants des énigmes de décodage (trouver quel chiffre se cache derrière chacune de 10 lettres), seuls ou en groupes de 2 à 5. Les groupes de 3, 4 et 5 trouvent la solution en moins d’essais que le meilleur d’autant d’individus travaillant seuls ; les groupes de 2 ne font qu’égaler le meilleur des 2. Conclusion des auteurs : des groupes de 3 personnes sont « nécessaires et suffisants » pour faire mieux que les meilleurs individus sur des problèmes hautement intellectuels.

Nous vous devons la nuance, la voici. En 2021, une équipe du MIT et de l’université de Pennsylvanie (Abdullah Almaatouq, Duncan Watts et leurs collègues) compare 197 groupes de 3 à des individus seuls sur des problèmes d’affectation de difficulté croissante : les groupes battent souvent le membre moyen, rarement le meilleur ; ils deviennent plus efficaces que le plus efficace seulement quand la tâche est complexe, et ils perdent du temps sur les tâches simples. La leçon n’affaiblit pas la démocratie, elle la précise : confiez l’exécution simple à une personne, les problèmes complexes à un collectif. C’est exactement le partage que fait une constitution bien construite entre ceux qui exécutent et ceux qui décident.

L’argument plutôt que l’aplomb

Reste le soupçon le plus répandu : dans un groupe, c’est le plus sûr de lui qui gagne. Emmanuel Trouche (CNRS), Emmanuel Sander (Paris 8) et Hugo Mercier l’ont testé en 2014, en France, en 4 expériences. Confrontés à des arguments contre leur réponse, beaucoup adoptent la bonne réponse, et presque personne une mauvaise ; les moins confiants ne cèdent pas davantage que les plus confiants. En groupe, « le membre du groupe qui avait la bonne réponse parvenait presque toujours à convaincre le groupe, même lorsqu’il n’était pas le plus confiant ». Et beaucoup transfèrent ensuite leur compréhension à des problèmes nouveaux, y compris des enfants de 10 ans. La qualité des arguments l’emporte sur l’assurance. C’est une bonne nouvelle pour la démocratie, et une mauvaise pour les plateaux de télévision.

Quand le groupe devient bête

Le groupe n’est pas intelligent par nature. Hugo Mercier et Hélène Landemore l’ont résumé en 2012 dans un article qui fait le pont entre la psychologie et la science politique : la délibération réussit quand des opinions diverses s’affrontent, et elle échoue quand les participants pensent déjà pareil ou quand une opinion domine au point de réduire les autres au silence. « Quand les gens raisonnent seuls ou entre pairs qui pensent comme eux, ce biais de confirmation les conduit à renforcer leurs attitudes initiales. » La chambre d’écho et la spirale du silence ne sont pas des fatalités de la nature humaine : ce sont des défauts d’architecture, que l’on peut corriger, comme le montrent les entrées La sécurité psychologique et L’esprit d’équipe.

Ce que le #PIC en tire

La Constitution d’urgence fait de ces résultats des règles. Dans l’Agora citoyenne, chacun délibère « en groupes de sept, formés par tirage au sort, au sein desquels nul ne connaît l’identité des autres » : le tirage au sort produit la diversité, l’anonymat empêche qu’une vedette, un titre ou une réputation monopolise la parole. Et « chacun peut quitter son groupe à tout moment », pour être affecté par le sort à un autre. La liste d’un groupe naît des classements individuels de ses membres, et « n’est retenue que si quatre membres du groupe au moins y ont concouru » : pas de décision confisquée par 2 bavards. Les Formulateurs placent chaque question dans le cadre argumentatif que réclament Mercier et Sperber : experts contradictoires, note citoyenne exposant les arguments opposés. Notre Protocole fait du dissensus une méthode et ouvre un canal du doute. Et l’Université populaire de l’intelligence collective existe pour une raison que la psychologue Deanna Kuhn opposait déjà à Mercier et Sperber : le raisonnement s’éduque.

On demande souvent si le peuple est assez intelligent pour décider. La science retourne la question : nos institutions sont-elles assez intelligentes pour laisser le peuple réfléchir ensemble ? Un hémicycle où quelques ténors monopolisent la parole, un débat télévisé où l’on coupe l’adversaire, un réseau social où la colère rapporte : voilà des machines à faire baisser l’intelligence collective d’une nation. Nous proposons d’en construire une qui le fasse monter.

Références utiles

Les ouvrages, les études et les documents sur lesquels reposent cette entrée et sa démonstration, avec leurs sources. Pour vérifier, approfondir, et aller lire par vous-même.

Anita Williams Woolley, Christopher F. Chabris, Alex Pentland, Nada Hashmi et Thomas W. Malone, « Evidence for a Collective Intelligence Factor in the Performance of Human Groups », Science, vol. 330, 2010, p. 686-688, DOI 10.1126/science.1193147 (résumé et p. 2 de la version Science Express) : This “c factor” is not strongly correlated with the average or maximum individual intelligence of group members but is correlated with the average social sensitivity of group members, the equality in distribution of conversational turn-taking, and the proportion of females in the group. […] In other words, groups where a few people dominated the conversation were less collectively intelligent than those with a more equal distribution of conversational turn-taking. (« Ce “facteur c” n’est pas fortement corrélé avec l’intelligence individuelle moyenne ou maximale des membres du groupe, mais il est corrélé avec la sensibilité sociale moyenne des membres, l’égalité dans la répartition des tours de parole et la proportion de femmes dans le groupe. […] Autrement dit, les groupes où quelques personnes monopolisaient la conversation étaient moins intelligents collectivement que ceux où les tours de parole étaient répartis plus également. » ; trad. IA). consulter la source

David Engel, Anita Williams Woolley, Lisa X. Jing, Christopher F. Chabris et Thomas W. Malone, « Reading the Mind in the Eyes or Reading between the Lines? Theory of Mind Predicts Collective Intelligence Equally Well Online and Face-To-Face », PLoS ONE, vol. 9, n° 12, 2014, e115212 : the ToM measure is equally predictive of collective intelligence in both face-to-face and online groups, even though the online groups communicate only via text and never see each other at all. (« La mesure de la théorie de l’esprit prédit l’intelligence collective aussi bien dans les groupes en face-à-face que dans les groupes en ligne, alors même que ces derniers ne communiquent que par écrit et ne se voient jamais. » ; trad. IA). consulter la source

Christoph Riedl, Young Ji Kim, Pranav Gupta, Thomas W. Malone et Anita Williams Woolley, « Quantifying collective intelligence in human groups », PNAS, vol. 118, n° 21, 2021, e2005737118 ; correctif, PNAS, vol. 119, n° 19, 2022 : We also find that, overall, group collaboration process is more important in predicting CI than the skill of individual members. […] The standardized factor loadings range between 0.27 and 0.52 (all P < 0.001) with average variance extracted of 19.6%. (« Nous constatons aussi que, globalement, le processus de collaboration du groupe compte davantage que la compétence de ses membres pour prédire l’intelligence collective. […] Les saturations factorielles standardisées vont de 0,27 à 0,52 (toutes P < 0,001), avec une variance moyenne extraite de 19,6 %. » ; trad. IA). consulter la source

Ben Weidmann et David J. Deming, « Team Players: How Social Skills Improve Team Performance », Econometrica, vol. 89, n° 6, 2021, p. 2637-2657 (résumé de la version de travail NBER 27071, 2020) : Some people consistently cause their group to exceed its predicted performance. We call these individuals “team players”. Team players score significantly higher on a well-established measure of social intelligence, but do not differ across a variety of other dimensions, including IQ, personality, education and gender. (« Certaines personnes font systématiquement dépasser à leur groupe la performance prévue. Nous les appelons des “équipiers”. Ils obtiennent des scores nettement plus élevés à une mesure éprouvée de l’intelligence sociale, mais ne diffèrent pas sur diverses autres dimensions, dont le QI, la personnalité, l’éducation et le sexe. » ; trad. IA). consulter la source

Marcus Credé et Gwenith Howardson, « The structure of group task performance–A second look at “collective intelligence”: Comment on Woolley et al. (2010) », Journal of Applied Psychology, vol. 102, n° 10, 2017, p. 1483-1492 (résumé) : the empirical support for the construct is generally weak. Specifically, we show that the general factor explains only little variance in the performance on many group tasks. (« Le soutien empirique en faveur du construit est généralement faible. Plus précisément, nous montrons que le facteur général n’explique que peu de variance dans la performance à de nombreuses tâches de groupe. » ; trad. IA). consulter la source

Timothy C. Bates et Shivani Gupta, « Smart groups of smart people: Evidence for IQ as the origin of collective intelligence in the performance of human groups », Intelligence, vol. 60, 2017, p. 46-56 (résumé) : Contrary to prediction, individual IQ accounted for around 80% of group-IQ differences. Hypotheses that group-IQ increases with number of women in the group and with turn-taking were not supported. (« Contrairement à la prédiction, le QI individuel expliquait environ 80 % des différences de QI de groupe. Les hypothèses selon lesquelles le QI de groupe augmente avec le nombre de femmes et avec l’alternance des tours de parole n’ont pas été confirmées. » ; trad. IA). consulter la source

Luke I. Rowe, John Hattie et Robert Hester, « g versus c: comparing individual and collective intelligence across two meta-analyses », Cognitive Research: Principles and Implications, vol. 6, article 26, 2021 (résumé) : We caution against prematurely embracing notions of the c-factor unless it can be independently and robustly replicated and demonstrated to be incrementally valid beyond the g-factor in group performance contexts. (« Nous mettons en garde contre une adoption prématurée de la notion de facteur c tant qu’il n’aura pas été reproduit de manière indépendante et robuste et qu’il n’aura pas démontré une validité supplémentaire par rapport au facteur g dans les contextes de performance de groupe. » ; trad. IA). consulter la source

Hugo Mercier et Dan Sperber, « Why do humans reason? Arguments for an argumentative theory », Behavioral and Brain Sciences, vol. 34, n° 2, 2011, p. 57-74 (résumé et § 2.3) : Poor performance in standard reasoning tasks is explained by the lack of argumentative context. When the same problems are placed in a proper argumentative setting, people turn out to be skilled arguers. […] However, when participants had to solve the task in groups, they reached the level of 80% of correct answers. (« Les mauvaises performances aux tâches classiques de raisonnement s’expliquent par l’absence de contexte argumentatif. Quand les mêmes problèmes sont placés dans un cadre argumentatif approprié, les gens se révèlent d’habiles argumentateurs. […] Cependant, quand les participants devaient résoudre la tâche en groupe, ils atteignaient 80 % de bonnes réponses. » ; trad. IA). consulter la source

Patrick R. Laughlin, Erin C. Hatch, Jonathan S. Silver et Lee Boh, « Groups perform better than the best individuals on letters-to-numbers problems: effects of group size », Journal of Personality and Social Psychology, vol. 90, n° 4, 2006, p. 644-651 (résumé) : These results suggest that 3-person groups are necessary and sufficient to perform better than the best individuals on highly intellective problems. (« Ces résultats suggèrent que des groupes de 3 personnes sont nécessaires et suffisants pour faire mieux que les meilleurs individus sur des problèmes hautement intellectuels. » ; trad. IA). consulter la source

Abdullah Almaatouq, Mohammed Alsobay, Ming Yin et Duncan J. Watts, « Task complexity moderates group synergy », PNAS, vol. 118, n° 36, 2021, e2101062118 (résumé et p. 3) : We find that interacting groups are as fast as the fastest individual and more efficient than the most efficient individual for complex tasks but not for simpler ones. […] while interacting groups often outperform the average member of a nominal group (weak synergy), they rarely outperform the best member (strong synergy). (« Nous constatons que les groupes en interaction sont aussi rapides que l’individu le plus rapide et plus efficaces que l’individu le plus efficace pour les tâches complexes, mais pas pour les tâches plus simples. […] Si les groupes en interaction surpassent souvent le membre moyen (synergie faible), ils surpassent rarement le meilleur membre (synergie forte). » ; trad. IA). consulter la source

Emmanuel Trouche, Emmanuel Sander et Hugo Mercier, « Arguments, more than confidence, explain the good performance of reasoning groups », Journal of Experimental Psychology: General, vol. 143, n° 5, 2014, p. 1958-1971 (résumé) : Moreover, the group member with the right answer nearly always managed to convince the group even when she was not the most confident. These results show that argument quality can overcome confidence among the factors influencing the discussion of intellective tasks. (« De plus, le membre du groupe qui avait la bonne réponse parvenait presque toujours à convaincre le groupe, même lorsqu’il n’était pas le plus confiant. Ces résultats montrent que la qualité des arguments peut l’emporter sur l’assurance parmi les facteurs qui influencent la discussion de tâches intellectuelles. » ; trad. IA). consulter la source

Hugo Mercier et Hélène Landemore, « Reasoning Is for Arguing: Understanding the Successes and Failures of Deliberation », Political Psychology, vol. 33, n° 2, 2012, p. 243-258 (résumé) : According to this theory, individual reasoning mechanisms work best when used to produce and evaluate arguments during a public deliberation. It predicts that when diverse opinions are discussed, group reasoning will outperform individual reasoning. […] When people reason either alone or with like-minded peers, this confirmation bias leads them to reinforce their initial attitudes, explaining individual and group polarization. (« Selon cette théorie, les mécanismes individuels du raisonnement fonctionnent le mieux lorsqu’ils servent à produire et à évaluer des arguments au cours d’une délibération publique. Elle prédit que, lorsque des opinions diverses sont discutées, le raisonnement en groupe surpasse le raisonnement individuel. […] Quand les gens raisonnent seuls ou entre pairs qui pensent comme eux, ce biais de confirmation les conduit à renforcer leurs attitudes initiales, ce qui explique la polarisation individuelle et collective. » ; trad. IA). consulter la source

#PIC, Constitution d’urgence, Titre II, article 8, 3° : « Au cours de chaque cycle, ses membres délibèrent en groupes de sept, formés par tirage au sort, au sein desquels nul ne connaît l’identité des autres ; chacun peut quitter son groupe à tout moment, et il est alors affecté par le sort à un autre groupe. […] elle n’est retenue que si quatre membres du groupe au moins y ont concouru ». consulter la source

Version 1 du 21 octobre 2026 : première publication.

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