Titre IV — De l’entrée, de la cooptation et de la sortie

Titre IV — De l’entrée, de la cooptation et de la sortie. 8 articles. Chaque article se commente et se note sur sa propre page.

Version 1 du 24 septembre 2026 — première publication. Les versions antérieures de cet article seront accessibles ici dès la première modification.

Article premier — Des deux statuts Le mouvement distingue deux statuts, également honorables et de nature différente. L’adhérent entre dans le cerveau collectif : il y débat, y propose et vote en plénière, contribue à son rythme et ne doit de comptes qu’à lui-même. Le membre de la Forge y vote au même titre ; il conçoit en outre, exécute et engage le mouvement par sa parole.

Le passage du premier au second ne s’obtient ni par l’ancienneté ni par l’insistance : il suppose la cooptation prévue à l’article 3.

Régime : impératif. Source : Pacte de Cincinnatus des Sept, préambule ; décision du 30 septembre 2026.

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Article 2 — Du parrainage Le mouvement se transmet d’une personne à une autre. L’histoire de Sissa, qui réclama un grain de blé sur la première case de l’échiquier et le double sur chacune des suivantes, n’est pas ici une obligation de rendement : elle est une inspiration. Elle rappelle qu’un mouvement qui attend d’exister pour recruter n’existera jamais, et que le geste le plus efficace d’un membre n’est pas ce qu’il produit, mais celui qu’il fait venir. Nul n’en est comptable ; chacun en est porteur.

Régime : indicatif. Source : Guide de bienvenue, v2 ; décision du 24 septembre 2026.

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Article 3 — De la procédure de cooptation Toute candidature à la Forge est formellement présentée sur le canal sécurisé principal. Le candidat renseigne au préalable les questionnaires d’entrée, dont les réponses demeurent confidentielles et sont effacées sur simple demande au moment d’un départ. La candidature est ouverte à l’opposition pendant vingt et un jours francs. Passé ce délai, l’absence d’objection formelle vaut consentement, et aucune opposition tardive n’est recevable.

Régime : impératif. Source : Pacte de Cincinnatus des Sept, art. 22.

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Article 4 — Du droit d’opposition et de ses motifs légitimes Chaque membre de la Forge dispose d’un droit d’opposition sur l’intégration d’un candidat. Ce droit est une arme de protection collective, et non un instrument de tri idéologique. Il est nul lorsqu’il se fonde sur les convictions politiques, religieuses ou philosophiques du candidat, ou sur ses alliances passées. Il n’est recevable que pour un motif de sécurité opérationnelle ou d’intégrité morale : duplicité documentée, profil de saboteur, toxicité comportementale établie.

Toute opposition doit être motivée devant le Collège des Soixante-dix-sept, qui la lève si elle s’avère sans fondement factuel.

Régime : impératif. Source : Pacte de Cincinnatus des Sept, art. 22 et 23.

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Article 5 — De la transparence d’identité L’anonymat est un réflexe légitime face au monde extérieur. Entre membres de la Forge, il ne l’est pas : l’identité réelle de chacun est connue et vérifiable par les autres. Cette transparence réciproque est le socle de la confiance organique du groupe. Elle ne s’étend pas aux adhérents, dont l’anonymat demeure protégé.

Régime : impératif. Source : Pacte de Cincinnatus des Sept, art. 1.

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Article 6 — De la sortie honorable Tout membre peut quitter le mouvement à tout moment, sans avoir à s’en justifier et sans qu’aucun reproche puisse lui en être fait. Une sortie respectueuse du présent Protocole — confidentialité maintenue, passation assurée, absence de dénigrement — emporte l’effacement des données personnelles sensibles du partant après une période de sûreté, et garantit la bienveillance mutuelle. Le droit de s’en aller est un droit, non une faveur.

Régime : impératif. Source : Pacte de Cincinnatus des Sept, art. 19.

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Article 7 — De la révocation et de ses garanties L’appartenance à la Forge est révocable. La révocation est prononcée par le Collège des Soixante-dix-sept selon la procédure contradictoire du Titre VII et doit être motivée.

En cas de menace immédiate pour la sécurité du collectif, une suspension conservatoire peut être décidée sans délai ; elle ne vaut pas sanction et ouvre la procédure contradictoire dans les quinze jours. Aucune clause du mouvement ne peut priver un membre de ses voies de recours de droit commun.

Régime : impératif. Source : Pacte de Cincinnatus des Sept, art. 6, réécrit ; Charte éthique, art. 8.

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Article 8 — Des alliances et de la protection contre l’entrisme Avec qui l’on parle, avec qui l’on s’allie. Le #PIC parle à quiconque accepte de débattre avec lui : tout interlocuteur est un citoyen, et nul n’est exclu de la délibération. Il ne s’allie pas pour autant avec n’importe qui.

Ses alliances se nouent avec des citoyens et des organisations qui veulent, comme lui, rendre au peuple la décision confisquée — démocratie directe, référendum d’initiative citoyenne, libération de la souveraineté populaire — qui s’interdisent la violence, ce qui s’apprécie sur des faits publics (appels, actes, condamnations) et non sur des réputations, et qui ne mettent en cause ni l’égale dignité des personnes ni les droits que la Constitution d’urgence place hors d’atteinte de tout vote, quelles que soient par ailleurs leurs oppositions avec lui.

Ces oppositions ne sont pas un obstacle : c’est souvent leur nombre même qui rend l’alliance nécessaire, dans l’esprit de la démocratie agonistique.

Coopérer sans se dissoudre. Une alliance porte sur un objet précis, public et limité dans le temps : un référendum d’initiative citoyenne, une campagne de parrainages, une action locale. Elle ne vaut ni fusion, ni absorption, ni subordination, et n’emporte aucun transfert de nom, d’adhérents, de fichiers, de fonds ou d’accès aux canaux internes.

Qui engage le mouvement. Nulle alliance ne peut être conclue au nom du #PIC sans une discussion en plénière, un vote à la majorité simple et un écrit qui en fixe l’objet, la durée, les engagements de chaque partie et l’identité de ceux qui la signent.

Tout engagement financier obéit à la triple validation du Titre V, article 5. Une fusion ou une absorption, qui touche à l’existence même du mouvement, requiert la majorité qualifiée définie au Titre V, article 2, puis l’approbation des adhérents consultés. Les alliances en vigueur sont publiées sur le site.

Savoir à qui l’on parle. On ne négocie qu’avec des interlocuteurs dont l’identité et le mandat sont connus et vérifiables. Toute proposition de rapprochement, qu’elle vienne d’un membre, d’un tiers ou d’un intermédiaire, est portée à la connaissance du Collège des Soixante-dix-sept avant toute suite.

Les signaux d’alerte. Appellent une vérification préalable : l’urgence imposée ; l’exigence de secret à l’égard des membres ; la demande de fichiers, d’accès ou de mots de passe ; un prix d’entrée, comme renoncer à un principe ou écarter un membre ; l’impossibilité de savoir qui dirige l’organisation proposée. Un signal d’alerte n’est pas une accusation : il suspend la décision, il ne condamne personne.

L’accès par degrés. Le premier degré, celui des adhérents, ouvre les documents publics et les espaces de débat. Le deuxième, celui des membres de la Forge, ouvre les travaux internes dès la cooptation.

Le troisième ouvre les données personnelles des membres, les fichiers, les négociations d’alliance en cours et la stratégie non publique : il n’est accordé qu’à ceux qui en ont besoin pour leur mission, désignés par la plénière après trois mois au moins d’appartenance à la Forge. Le Collège des Soixante-dix-sept tient le registre de ces accès, le revoit chaque trimestre et retire sans délai ceux qui ne sont plus nécessaires.

Nul ne connaît que ce qu’il lui faut connaître : le cloisonnement protège autant les membres que le mouvement.

L’entrisme à but d’infiltration. On entend par là l’entrée dans le mouvement, ou dans une alliance avec lui, en dissimulant une allégeance ou une mission contraire à ses fins, pour le diviser, le capter, le discréditer ou le détourner. Il ne se présume jamais des opinions, des croyances ni des engagements passés d’une personne (Titre IV, article 4). Il ne s’établit que par des faits documentés — duplicité avérée, dissimulation d’identité, actes de sabotage — et se juge selon la procédure contradictoire du Titre VII.

En cas de menace immédiate, la suspension conservatoire de l’article 7 du présent titre peut être prononcée.

Contre la paranoïa. Le soupçon est l’arme la moins coûteuse de l’adversaire, et un classique de toutes les guerres subversives : il n’a même pas besoin d’infiltrer, il lui suffit de faire croire qu’il l’a fait. Un mouvement qui se sait visé glisse aisément vers la défiance généralisée, et accomplit alors lui-même le travail de ceux qui voulaient le diviser.

C’est pourquoi nul ne peut être désigné comme infiltré, en public comme en privé, sans décision rendue au terme de la procédure contradictoire du Titre VII ; porter une telle accusation sans faits établis est un manquement et, lorsqu’elle est rendue publique, un dénigrement au sens de l’article 5 du Titre VII, « De la confidentialité, de la critique et du dénigrement », dont l’exposé des motifs dit pourquoi le mouvement se garde de la rumeur autant que de l’infiltration.

Chaque membre bénéficie de la présomption de bonne foi. La vigilance protège le mouvement ; le soupçon généralisé le détruirait plus sûrement que n’importe quel agent.

Régime : impératif. Source : décisions du 25 septembre 2026 ; riposte de l’Autodéfense « Convergez ! Pourquoi ne rejoignez-vous pas les autres mouvements ? » et « Le #PIC s’allie avec n’importe qui ». Précédents documentés : le programme COINTELPRO du FBI, dont la commission sénatoriale Church a établi en 1976 qu’il s’employait à semer la discorde entre groupes militants et à faire passer des militants loyaux pour des informateurs ; la chasse à la taupe menée à la CIA par James Angleton, qui paralysa son propre service pendant des années ; Gary T. Marx, sur l’agent provocateur et l’informateur (American Journal of Sociology, 1974) ; le cloisonnement des réseaux de la Résistance.

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Les mots de ce titre, dans l’Abécédaire : La révocabilité

Ce qu’il combat, dans le Lexique du Pouvoir : Le principe de distinction

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