Titre V — De la décision collective

Titre V — De la décision collective. 7 articles. Chaque article se commente et se note sur sa propre page.

Version 1 du 24 septembre 2026 — première publication. Les versions antérieures de cet article seront accessibles ici dès la première modification.

Article premier — De la plénière La plénière réunit le cerveau collectif selon un rythme régulier, porté à la connaissance de tous. Son ordre du jour est publié avant la séance. Tout membre peut y inscrire un point. Un compte rendu écrit est établi et conservé : une décision dont il n’existe aucune trace écrite n’est pas une décision.

Régime : impératif. Source : Usage établi ; Guide de bienvenue, v2.

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Article 2 — Des majorités Les décisions ordinaires sont prises à la majorité simple des présents et représentés. La révision du présent Protocole, l’exclusion définitive d’un membre, l’engagement d’une dépense significative et toute fusion ou absorption du mouvement requièrent une majorité qualifiée : les deux tiers des suffrages exprimés, la moitié au moins des membres du cerveau collectif ayant pris part au vote.

Faute de ce quorum, un second vote se tient quinze jours plus tard au moins : il n’exige plus de quorum, mais toujours les deux tiers. Est significative toute dépense qui excède le montant fixé et publié par la plénière. Le vote est acquis dès lors que la controverse préalable a pu s’exprimer pleinement.

Régime : impératif. Source : Charte éthique, art. 1 et 2.

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Article 3 — Du consentement par défaut L’absence lors d’une prise de décision vaut mandat donné aux présents. Nul ne peut contester après coup une décision prise en son absence s’il n’a pas délégué sa voix. Cette règle n’est pas une pénalité : elle est la condition pour qu’un collectif bénévole puisse décider sans être paralysé par l’attente de l’unanimité.

Régime : impératif. Source : Pacte de Cincinnatus des Sept, art. 4.

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Article 4 — De la loyauté d’exécution Une fois la décision prise, elle devient la décision de tous. Chaque membre la défend publiquement, quel qu’ait été son vote, et s’abstient de tout sabotage passif. Cette règle est l’exacte contrepartie du droit au dissensus garanti au Titre I : on ne peut réclamer la liberté du débat avant sans consentir à la discipline après.

Régime : impératif. Source : Pacte de Cincinnatus des Sept, art. 4 ; Constitution d’urgence, Titre II, art. 4.

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Article 5 — De la triple validation des engagements Aucune dépense ni aucune prestation rémunérée ne peut être engagée sans, dans cet ordre : une discussion préalable en plénière, un vote de validation, et la signature d’un contrat écrit avant le début des travaux.

Tout travail entamé hors de ce formalisme est réputé bénévole. Nul ne présente au mouvement une facture qu’il n’a pas fait valider.

Régime : impératif. Source : Pacte de Cincinnatus des Sept, art. 9.

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Article 6 — Du canal du doute Le découragement est une information, non une faute. Les doutes, les critiques structurelles et les constats d’échec s’adressent en priorité aux instances ou dans les sessions de retour d’expérience prévues à cet effet, où ils sont recueillis et traités. Ce qui est proscrit n’est pas le doute, mais sa diffusion répétée sans destinataire et sans proposition, qui n’informe personne et démobilise tout le monde.

Régime : impératif. Source : Pacte de Cincinnatus des Sept, art. 10, réécrit.

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Article 7 — De la sécurité des échanges L’atelier n’est pas l’agora. La démocratie pour laquelle le mouvement se bat se joue à l’échelle d’un peuple, et la contradiction publique y est, à bon droit, rugueuse. Les espaces internes du mouvement, la Forge, la plénière et les messageries, sont d’une autre nature : des ateliers, où des bénévoles travaillent ensemble sans salaire qui les retienne ni hiérarchie qui autorise à les rudoyer.

Chacun doit pouvoir y proposer, se tromper, interroger ou reconnaître une erreur sans craindre la moquerie, le soupçon ou l’humiliation. C’est ce que l’on appelle la sécurité psychologique : nul ne crée là où il a peur de se tromper.

La forme est due. La critique porte sur le travail, jamais sur la personne, et s’accompagne autant que possible d’une proposition. Sont proscrits dans les échanges internes la moquerie, le sarcasme, le procès d’intention et le ton cassant, qui ne réfutent rien et découragent tout le monde.

Chacun bénéficie de la présomption de bonne foi, et celui qui donne son temps a droit, au moins, à la reconnaissance de son effort.

Le fond reste libre. La présente règle ne porte que sur la forme. Elle complète l’article 5 du Titre VII sans en restreindre la liberté de critique, et ne permet d’écarter aucune objection en raison de son contenu : la contradiction est la matière première de l’atelier.

Quand la forme cède. Le manquement répété à cette règle, après un rappel resté sans effet, relève des manquements du Titre VII et de sa procédure contradictoire. Une hostilité systématique envers le travail commun est un signal d’alerte : elle peut, si des faits l’établissent, relever de l’entrisme défini à l’article 8 du Titre IV.

Ce que le mouvement n’est pas. Il accueille des personnes ; il ne peut tenir lieu ni de soin, ni de la reconnaissance qui manque à chacun. Qui vient y chercher autre chose qu’un travail commun se trompe d’adresse, et on le lui dit avec égards.

Régime : impératif. Source : décision du 29 septembre 2026 ; Amy C. Edmondson, The Fearless Organization, 2018 ; propos de Louis Fouché en réunion du mouvement.

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Article 7-1 — De la manière La règle ne fait pas l’équipe. L’article 7 dit ce qui est proscrit ; il ne peut dire ce qui fait tenir des femmes et des hommes ensemble dans la durée. Critiquer le travail et jamais la personne est un minimum que chacun a fait sien, et qu’une personnalité malveillante sait respecter à la lettre sans en épouser l’esprit.

Tout se joue dans la manière. Un commentaire froid, cassant ou soupçonneux n’est pas ce qu’on attend de ceux qui traverseront ensemble des temps difficiles, et au cœur desquels doivent naître des réflexes d’amitié. La critique demeure nécessaire, vitale même ; elle gagne à venir entourée de prévenance. Le mouvement n’attend de personne aucune obséquiosité : il attend de chacun l’effort de bâtir des liens qui durent, et préfère le propos qui galvanise à celui qui refroidit.

Ce qui ne se décrète pas. Le présent article ne fonde aucun manquement ni aucune sanction : cela ne se réglemente pas, et le prétendre serait ridicule. Il fallait pourtant l’écrire. Le supplément d’âme ne se décrète pas ; sans lui, le mouvement n’ira nulle part.

Régime : indicatif. Source : décision du 5 octobre 2026.

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