Titre IV · Article 8 — Des alliances et de la protection contre l’entrisme

Article 8 — Des alliances et de la protection contre l’entrisme Avec qui l’on parle, avec qui l’on s’allie. Le #PIC parle à quiconque accepte de débattre avec lui : tout interlocuteur est un citoyen, et nul n’est exclu de la délibération. Il ne s’allie pas pour autant avec n’importe qui.

Ses alliances se nouent avec des citoyens et des organisations qui veulent, comme lui, rendre au peuple la décision confisquée — démocratie directe, référendum d’initiative citoyenne, libération de la souveraineté populaire — qui s’interdisent la violence, ce qui s’apprécie sur des faits publics (appels, actes, condamnations) et non sur des réputations, et qui ne mettent en cause ni l’égale dignité des personnes ni les droits que la Constitution d’urgence place hors d’atteinte de tout vote, quelles que soient par ailleurs leurs oppositions avec lui.

Ces oppositions ne sont pas un obstacle : c’est souvent leur nombre même qui rend l’alliance nécessaire, dans l’esprit de la démocratie agonistique.

Coopérer sans se dissoudre. Une alliance porte sur un objet précis, public et limité dans le temps : un référendum d’initiative citoyenne, une campagne de parrainages, une action locale. Elle ne vaut ni fusion, ni absorption, ni subordination, et n’emporte aucun transfert de nom, d’adhérents, de fichiers, de fonds ou d’accès aux canaux internes.

Qui engage le mouvement. Nulle alliance ne peut être conclue au nom du #PIC sans une discussion en plénière, un vote à la majorité simple et un écrit qui en fixe l’objet, la durée, les engagements de chaque partie et l’identité de ceux qui la signent.

Tout engagement financier obéit à la triple validation du Titre V, article 5. Une fusion ou une absorption, qui touche à l’existence même du mouvement, requiert la majorité qualifiée définie au Titre V, article 2, puis l’approbation des adhérents consultés. Les alliances en vigueur sont publiées sur le site.

Savoir à qui l’on parle. On ne négocie qu’avec des interlocuteurs dont l’identité et le mandat sont connus et vérifiables. Toute proposition de rapprochement, qu’elle vienne d’un membre, d’un tiers ou d’un intermédiaire, est portée à la connaissance du Collège des Soixante-dix-sept avant toute suite.

Les signaux d’alerte. Appellent une vérification préalable : l’urgence imposée ; l’exigence de secret à l’égard des membres ; la demande de fichiers, d’accès ou de mots de passe ; un prix d’entrée, comme renoncer à un principe ou écarter un membre ; l’impossibilité de savoir qui dirige l’organisation proposée. Un signal d’alerte n’est pas une accusation : il suspend la décision, il ne condamne personne.

L’accès par degrés. Le premier degré, celui des adhérents, ouvre les documents publics et les espaces de débat. Le deuxième, celui des membres de la Forge, ouvre les travaux internes dès la cooptation.

Le troisième ouvre les données personnelles des membres, les fichiers, les négociations d’alliance en cours et la stratégie non publique : il n’est accordé qu’à ceux qui en ont besoin pour leur mission, désignés par la plénière après trois mois au moins d’appartenance à la Forge. Le Collège des Soixante-dix-sept tient le registre de ces accès, le revoit chaque trimestre et retire sans délai ceux qui ne sont plus nécessaires.

Nul ne connaît que ce qu’il lui faut connaître : le cloisonnement protège autant les membres que le mouvement.

L’entrisme à but d’infiltration. On entend par là l’entrée dans le mouvement, ou dans une alliance avec lui, en dissimulant une allégeance ou une mission contraire à ses fins, pour le diviser, le capter, le discréditer ou le détourner. Il ne se présume jamais des opinions, des croyances ni des engagements passés d’une personne (Titre IV, article 4). Il ne s’établit que par des faits documentés — duplicité avérée, dissimulation d’identité, actes de sabotage — et se juge selon la procédure contradictoire du Titre VII.

En cas de menace immédiate, la suspension conservatoire de l’article 7 du présent titre peut être prononcée.

Contre la paranoïa. Le soupçon est l’arme la moins coûteuse de l’adversaire, et un classique de toutes les guerres subversives : il n’a même pas besoin d’infiltrer, il lui suffit de faire croire qu’il l’a fait. Un mouvement qui se sait visé glisse aisément vers la défiance généralisée, et accomplit alors lui-même le travail de ceux qui voulaient le diviser.

C’est pourquoi nul ne peut être désigné comme infiltré, en public comme en privé, sans décision rendue au terme de la procédure contradictoire du Titre VII ; porter une telle accusation sans faits établis est un manquement et, lorsqu’elle est rendue publique, un dénigrement au sens de l’article 5 du Titre VII, « De la confidentialité, de la critique et du dénigrement », dont l’exposé des motifs dit pourquoi le mouvement se garde de la rumeur autant que de l’infiltration.

Chaque membre bénéficie de la présomption de bonne foi. La vigilance protège le mouvement ; le soupçon généralisé le détruirait plus sûrement que n’importe quel agent.

Régime : impératif. Source : décisions du 25 septembre 2026 ; riposte de l’Autodéfense « Convergez ! Pourquoi ne rejoignez-vous pas les autres mouvements ? » et « Le #PIC s’allie avec n’importe qui ». Précédents documentés : le programme COINTELPRO du FBI, dont la commission sénatoriale Church a établi en 1976 qu’il s’employait à semer la discorde entre groupes militants et à faire passer des militants loyaux pour des informateurs ; la chasse à la taupe menée à la CIA par James Angleton, qui paralysa son propre service pendant des années ; Gary T. Marx, sur l’agent provocateur et l’informateur (American Journal of Sociology, 1974) ; le cloisonnement des réseaux de la Résistance.

Version 2 — 27 septembre 2026 : le renvoi à l’article 5 du Titre VII est mis à jour : l’accusation d’infiltration portée sans faits établis reste un manquement et, rendue publique, constitue un dénigrement au sens de cet article. Voir les versions précédentes

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