« Au second tour, vous appellerez à voter pour qui ? »

On vous dit :

« Et au second tour, quand votre candidat sera éliminé, vous appellerez à voter pour qui ? Vous refusez le front républicain, vous vous abritez derrière la “liberté de l’électeur” : c’est Ponce Pilate. Votre silence fera élire l’extrême droite. Et si c’est elle qui vous promet le RIC, vous la soutiendrez ? »

Voici ce que vous pouvez répondre

Si notre candidat n’est pas qualifié, nous ne donnerons de consigne à personne : nos électeurs ne nous appartiennent pas, et une consigne se suit mal. En 2022, Valérie Pécresse avait annoncé qu’elle voterait Emmanuel Macron ; selon Ipsos, 53 % de ses électeurs l’ont fait, et 18 % ont voté Marine Le Pen. Mais nous ne nous tairons pas. Entre les deux tours, nous poserons aux deux finalistes la même question, par écrit : vous engagez-vous à soumettre au peuple, dans les 6 mois, un référendum d’initiative citoyenne que seuls les citoyens pourront déclencher ? Leurs réponses seront publiées mot pour mot. Celui qui dira oui n’obtiendra pas notre soutien pour autant ; chaque électeur jugera ce que vaut sa signature. Ni barrage, ni courte échelle : ce n’est pas notre silence qui élit quelqu’un, c’est le vote des Français.

Sources : Constitution du 4 octobre 1958 · Public Sénat · Emmanuel Macron · La France insoumise — le détail et les citations sont dans l’onglet « Références utiles ».

Pour aller plus loin

Commençons par le droit et par les faits. Au second tour, « seuls peuvent s’y présenter les deux candidats qui […] se trouvent avoir recueilli le plus grand nombre de suffrages au premier tour » (Constitution de 1958, article 7).

Aucune consigne n’a de valeur juridique : l’électeur est seul dans l’isoloir. Et les consignes se suivent mal.

En 2022, Jean-Luc Mélenchon répétait « pas une seule voix à Madame Le Pen » ; selon Ipsos, 42 % de ses électeurs ont voté Emmanuel Macron, 17 % Marine Le Pen, 17 % blanc ou nul et 24 % se sont abstenus.

Valérie Pécresse avait déclaré : « je voterai en conscience Emmanuel Macron » ; 53 % de ses électeurs l’ont fait, 18 % ont voté Marine Le Pen. Une consigne ne transporte pas des électeurs, elle affiche une allégeance.

Pourquoi pas le « front républicain » ? Parce qu’il fabrique des mandats que personne n’a donnés.

Le soir de sa réélection, Emmanuel Macron l’a reconnu lui-même : nombre de ses électeurs avaient voté pour lui « non pour soutenir les idées que je porte mais pour faire barrage à celles de l’extrême droite ».

Selon Ipsos, c’était le cas de 42 % de ses électeurs, et 46 % des électeurs de Marine Le Pen votaient d’abord contre lui. Le barrage transforme chaque élection en choix du moindre mal, et laisse gouverner 5 ans sur un programme que la moitié des votants n’approuvait pas.

Nous défendons une démocratie agonistique : aucun mouvement n’est exclu de la délibération, et une idée, même détestable, se défait par la réfutation au grand jour.

Refuser de faire barrage n’est pas soutenir : nous ne faisons la courte échelle à personne.

Ce que nous ferons, précisément, est écrit dans notre doctrine du second tour.

Nous n’avons pas de programme (Protocole, Titre I, article 6), donc rien à négocier : ni désistement, ni poste, ni mesure.

Nous avons un seul critère, qui porte sur la procédure et jamais sur le fond : qui accepte de rendre au peuple une part du pouvoir de décider ?

Entre les deux tours, nous poserons donc aux deux finalistes, le même jour et dans les mêmes termes, une question écrite : s’engagent-ils à soumettre au peuple par référendum, dans les 6 mois de leur entrée en fonctions, un référendum d’initiative citoyenne dont le déclenchement n’appartienne qu’aux citoyens ?

Nous publierons leurs réponses mot pour mot, et leurs silences. Chacun de nos électeurs en fera ce qu’il voudra.

Pourquoi un acte écrit plutôt qu’une promesse ? Parce que les promesses de campagne coûtent peu. Le 31 janvier 2007, tous les candidats invités ont signé le Pacte écologique de Nicolas Hulot.

Nous demandons à nos adversaires ce que nous exigeons de nous-mêmes : les Sept s’engageront devant notaire, sur leurs biens personnels, à ce que le président élu engage sans délai, dès son entrée en fonctions et par toutes les voies légales, le référendum sur la Constitution d’urgence, avec le même jour une question distincte sur la sortie des traités européens, et à rendre le pouvoir si le peuple rejette la Constitution (Constitution d’urgence, Titre II, article 5).

Et si notre candidat est qualifié ? Rien ne change, quel que soit l’adversaire : aucun accord d’appareil, aucun poste promis, tous les débats acceptés, un seul mandat, poser la question au peuple.

Nous parlerons aux électeurs de tous les candidats éliminés, jamais à leurs états-majors. Le second tour deviendra ce qu’il n’est jamais : un référendum sur le référendum.

Les relances probables

« Donc si le Rassemblement national promet le RIC, vous le soutenez ? »

Non. Nous ne soutenons personne, nous publions une réponse. Promettre le RIC, le RN l’a fait en 2022 : Marine Le Pen proposait d’abaisser à 500 000 électeurs le seuil de déclenchement d’un référendum d’initiative citoyenne. Notre question est plus exigeante : un acte écrit, daté, borné dans le temps, que seuls les citoyens puissent déclencher. Et c’est à l’électeur, pas à nous, de juger ce que vaut la signature de chacun. Voir aussi « Le RIC, d’autres partis le proposent déjà ».

« Ne pas choisir, c’est choisir. »

Nos électeurs choisiront, chacun pour soi. Ce que nous refusons, c’est de choisir à leur place. En 2017, la France insoumise elle-même avait consulté ses soutiens en précisant qu’il ne s’agissait pas « de déterminer une consigne de vote » : un peu plus d’un tiers ont choisi Emmanuel Macron, les autres le vote blanc ou nul, ou l’abstention.

« Le front républicain a sauvé la République en 2002. »

Il a fait élire un président avec des voix qui ne l’approuvaient pas, puis il a été invoqué à chaque élection suivante. En 2022, 42 % des électeurs du vainqueur votaient d’abord pour faire barrage. Un peuple qui ne vote que contre ne décide jamais pour : c’est cela que nous voulons changer.

« Et vous, personnellement, vous voterez quoi ? »

En citoyen, et dans l’isoloir. C’est une règle que le #PIC s’est donnée : tant que dure l’entre-deux-tours, les Sept ne rendent pas public leur vote, parce que, venant d’eux, il vaudrait consigne. Notre seule parole publique, c’est la question posée aux deux finalistes, et leurs réponses (Notre stratégie).

« Si votre candidat est au second tour face au RN, vous accepterez les voix de l’extrême droite ? »

Nous accepterons les voix de tous les électeurs, de gauche, de droite et d’ailleurs, et nous ne négocierons avec aucun appareil. Un électeur qui vote pour nous vote pour une seule chose : que le peuple décide lui-même, sous la protection d’une Constitution qui met la dignité de la personne hors d’atteinte de toute révision (Titre XVIII, article 3).

Les pièges à éviter

  • Ne dites jamais « ils se valent » ni « bonnet blanc et blanc bonnet » : nous ne jugeons pas les finalistes, nous ne les mettons pas pour autant sur le même plan moral.
  • Ne promettez pas d’appeler à voter pour celui qui signera : notre doctrine est une question publique, pas une consigne conditionnelle.
  • Ne faites aucun pronostic sur l’élimination de notre candidat, et ne dites pas « quand il sera éliminé » : dites « s’il est qualifié, rien ne change ; s’il ne l’est pas, voici ce que nous ferons ».
  • Ne dites pas que le vote blanc « compte » : depuis la loi du 21 février 2014, et pour l’élection présidentielle depuis la loi organique du 25 avril 2016, il est décompté à part, mais n’entre pas dans les suffrages exprimés.
  • Ne citez aucun élu ni aucun article de Politoscope pour prouver notre équilibre : Politoscope est un média, le #PIC est un mouvement ; ne mélangez pas les deux.
  • N’employez pas l’expression « front républicain » sans la définir : dites « l’appel à voter contre un candidat, quel qu’il soit ».
  • Ne rendez pas public votre propre vote de second tour si vous êtes l’un des Sept, et ne parlez jamais au nom du mouvement sans mandat (Protocole, Titre VIII, article 5).
  • Ne donnez pas les dates de scrutin comme définitives avant la parution du décret de convocation.

Références utiles

Les citations, les ouvrages, les études et les chiffres sur lesquels repose cette réponse, avec leurs sources. Pour vérifier, approfondir, et répondre à qui vous demandera d’où vous tenez vos arguments.

Constitution du 4 octobre 1958, article 7 (texte en vigueur, site du Conseil constitutionnel) : « Si celle-ci n’est pas obtenue au premier tour de scrutin, il est procédé, le quatorzième jour suivant, à un second tour. Seuls peuvent s’y présenter les deux candidats qui, le cas échéant après retrait de candidats plus favorisés, se trouvent avoir recueilli le plus grand nombre de suffrages au premier tour. ». consulter la source

Public Sénat, « Présidentielle : 42 % des électeurs de Jean-Luc Mélenchon se sont reportés sur Emmanuel Macron », avril 2022 (sondage Ipsos-Sopra Steria, 21 au 23 avril 2022) : « 42 % des électeurs de Jean-Luc Mélenchon se sont reportés sur le bulletin Emmanuel Macron (contre 17 % pour Marine Le Pen). Seuls 17 % ont voté blanc ou nul et 24 % se sont abstenus. Le chef de l’Etat a pu aussi bénéficier d’un report des voix des électeurs de Yannick Jadot (65 % contre 6 % pour Marine Le Pen), de Valérie Pécresse (53 % contre 18 % pour Marine Le Pen). ». consulter la source

Public Sénat, « Second tour de la présidentielle : qui appelle à voter pour qui ? », 11 avril 2022 : « Malgré les profondes divergences que j’ai martelées au long de la campagne, je voterai en conscience Emmanuel Macron » (Valérie Pécresse) ; « Pas une seule voix à Madame Le Pen » (Jean-Luc Mélenchon). ». consulter la source

Public Sénat, « Sondage : 42 % des électeurs d’Emmanuel Macron ont d’abord voté pour faire barrage à Marine Le Pen », 24 avril 2022 (Ipsos-Sopra Steria, 21 au 23 avril 2022, quatre mille inscrits) : « ils étaient 42 % à vouloir voter pour lui afin de faire barrage à Marine Le Pen. Parmi les électeurs de la présidente du Rassemblement national, 46 % voulaient d’abord « faire barrage à Emmanuel Macron ». consulter la source

Emmanuel Macron, allocution du 24 avril 2022 au Champ-de-Mars, reprise au compte rendu de la séance de questions au Gouvernement de l’Assemblée nationale (XVIᵉ législature, question n° 202) : « Nombre de nos compatriotes ont voté ce jour pour moi, non pour soutenir les idées que je porte mais pour faire barrage à celles de l’extrême droite ». ». consulter la source

La France insoumise, « Résultats de la consultation des insoumis.es sur le second tour de l’élection présidentielle », 2 mai 2017 : « Il ne s’agissait pas de déterminer une consigne de vote mais d’organiser la prise de parole des insoumis.es au sujet de leurs choix de second tour. […] 87818 insoumis.es, soit 36,12%, pour un vote blanc ou nul ; 84682 insoumis.es, soit 34,83%, pour un vote Emmanuel Macron ; 70628 insoumis.es, soit 29,05%, en faveur d’une abstention ». consulter la source

Public Sénat, « Il y a 10 ans, le “Pacte Hulot” installait l’écologie en politique » : « Le 31 janvier 2007, tous les candidats – dont Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, mais pas Jean-Marie Le Pen, non convié – signent le texte au musée du Quai Branly. ». consulter la source

Public Sénat, « Marine Le Pen détaille sa “révolution référendaire” », 12 avril 2022 : « Mais surtout, la mesure phare de cette « révolution référendaire » consiste à abaisser à 500 000 électeurs la barre de déclenchement d’un référendum d’initiative citoyenne (RIC), qui permettrait d’abroger une loi ou d’en proposer une nouvelle. ». consulter la source

Code électoral, article L. 65, troisième alinéa, dans sa rédaction issue de la loi n° 2014-172 du 21 février 2014 visant à reconnaître le vote blanc aux élections ; règle étendue à l’élection présidentielle par la loi organique n° 2016-506 du 25 avril 2016 : « Les bulletins blancs sont décomptés séparément et annexés au procès-verbal. Ils n’entrent pas en compte pour la détermination des suffrages exprimés, mais il en est fait spécialement mention dans les résultats des scrutins. Une enveloppe ne contenant aucun bulletin est assimilée à un bulletin blanc. ». consulter la source

#PIC, Protocole, Titre I, article 6 — Du refus du programme : « Le mouvement ne présente pas de programme et ne s’engage sur aucun contenu de politique publique. Il s’engage sur une procédure et sur une date de sortie. ». consulter la source

#PIC, Abécédaire, « La démocratie agonistique » : « D’où son refus du « cordon sanitaire » : une idée, même détestable, se défait par la réfutation au grand jour, non par l’exclusion, qui la fortifie dans l’ombre. ». consulter la source

#PIC, Notre stratégie, « Et au second tour ? Notre doctrine ». consulter la source

#PIC, Protocole, Titre VIII, article 5 — De la parole publique et de la réactivité : « Nul ne s’exprime au nom du mouvement sans mandat ; chacun s’exprime en son nom propre sans avoir à s’en excuser. ». consulter la source

Version 1.3 du 5 octobre 2026 — encadré « Entre nous » et réponse courte réécrits (lot 3) ; 7 liens qui s’affichaient en code brut réparés. Version 1.2 du 2 octobre 2026 — encadré « Entre nous », adressé au militant qui porte la réponse. Version 1.1 du 28 septembre 2026 — réponse courte resserrée pour que le partage la reprenne en entier. Version 1.0 du 27 septembre 2026 — première publication ; la section devient l’Autodéfense, kit de répartie du #PIC. Les versions antérieures de cette page seront accessibles ici dès la première modification.

Le mot juste, dans l’Abécédaire : La démocratie agonistique · La République

Pour agir : notre stratégie

Le doute, bienvenu : une erreur, un contre-exemple, une source plus solide ? Dites-le en commentaire. Notre Protocole fait du doute un canal, non une faute.

Vous commentez et notez cette riposte ci-dessous. Une meilleure réponse, une objection plus forte, une référence qui manque : vos contradictions nourriront les versions suivantes.

Cliquez ici pour nous faire connaître votre niveau d'approbation
[Total: 0 Évaluation moyenne: 0]

Un argument ne vaut que par ceux qui le portent.

Rejoindre le #PIC

Commentaires sur cette riposte

0 commentaire

Envoyer un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *