« Vous allez diviser le vote et faire élire le pire »

On vous dit :

« En vous présentant, vous allez disperser les voix et faire élire le pire. Souvenez-vous du 21 avril 2002 : Lionel Jospin a manqué le second tour de moins de deux cent mille voix, pendant que les petites candidatures en prenaient des millions. »

Voici ce que vous pouvez répondre

Le premier tour sert à choisir, le second à trancher : la Constitution l’a voulu ainsi. Et les voix que nous cherchons ne sont dans la poche de personne. Au premier tour de 2022, plus de 12,8 millions d’inscrits se sont abstenus, quand le candidat arrivé en tête réunissait 9,8 millions de voix. C’est là que nous allons : vers ceux qui ne votent plus, parce qu’on ne leur demande jamais que de choisir un maître. Nos électeurs viennent de droite, de gauche et d’ailleurs ; nous ne sommes l’annexe d’aucun camp, et nous ne donnerons de consigne à personne. Le vote utile vous fait choisir, élection après élection, le moins pire. Nous proposons, pour une fois, un vote qui serve à décider.

Sources : Conseil constitutionnel · Constitution du 4 octobre 1958 · Notre stratégie — le détail et les citations sont dans l’onglet « Références utiles ».

Pour aller plus loin

Prenons l’argument au sérieux, parce que 2002 est un fait.

Au premier tour, Jacques Chirac obtient 19,88 % des suffrages exprimés, Jean-Marie Le Pen 16,86 % et Lionel Jospin 16,18 % : moins de 200 000 voix séparent les deux derniers, alors que Christiane Taubira en recueille 660 000 et Jean-Pierre Chevènement plus d’un million et demi.

Que certaines candidatures aient pesé sur ce résultat, c’est probable ; qu’elles aient eu tort d’exister, c’est une autre affaire.

Car le même scrutin compte près de 11 700 000 abstentionnistes, et celui de 2022 plus de 12 800 000.

La grève du vote est, comme l’écrit notre stratégie, lucide et parfaitement inutile : ils gouvernent très bien sans vous. Notre cible n’est pas l’électeur d’un camp, c’est l’électeur qui a cessé de croire que son bulletin sert à quelque chose.

Le vote utile est le verrou de l’alternance. Il transforme chaque élection en choix du moindre mal, et il assure aux deux ou 3 forces installées qu’aucune question nouvelle ne viendra troubler le second tour. Notre stratégie le résume : changer de maître laisse le trône intact.

Un bulletin #PIC au premier tour ne dit pas « je préfère un tel à un tel » ; il dit « je veux décider moi-même », et c’est un message que le second tour ne peut pas exprimer.

Enfin, le #PIC ne prend aucun parti sur les questions de fond : son unité se fait sur la manière de décider. Il ne peut donc être accusé d’affaiblir la gauche plutôt que la droite, ou l’inverse, sans que l’accusateur ne révèle d’abord son propre camp.

Les relances probables

« Les abstentionnistes ne se déplaceront pas pour vous. »

Peut-être. C’est tout notre travail de terrain, commune par commune. Mais si nous ne les convainquons pas, nous ne prendrons de voix à personne : l’objection se détruit elle-même.

« Vous ferez 1 %, et ce 1 % manquera à quelqu’un. »

Un pour cent n’appartient à personne. Aucun candidat n’est propriétaire des voix des autres, et aucun électeur ne doit son bulletin au candidat qui a peur de le perdre.

« Et au second tour, vous appellerez à voter pour qui ? »

Nous ne donnerons de consigne à personne : nos électeurs ne nous appartiennent pas. Mais nous ne nous tairons pas : entre les deux tours, nous poserons aux deux finalistes la même question écrite, et nous publierons leurs réponses mot pour mot. Voyez la riposte « Au second tour, vous appellerez à voter pour qui ? ».

« Le 21 avril a traumatisé le pays. »

Oui, et il a surtout révélé qu’un président pouvait être élu avec moins d’un électeur inscrit sur sept au premier tour. C’est ce système que nous proposons de changer, pas les électeurs qu’il faut culpabiliser.

Les pièges à éviter

  • Ne dites pas que les études montrent que le #PIC attire surtout des abstentionnistes : aucune donnée ne le prouve à ce jour.
  • Ne confondez pas pourcentage des inscrits et pourcentage des suffrages exprimés.
  • Ne vous moquez pas des électeurs de Taubira ou de Chevènement en 2002 : ils ont usé d’un droit, comme nous.
  • Ne donnez jamais de consigne de vote pour le second tour : notre doctrine est une question publique posée aux deux finalistes, pas une consigne (Notre stratégie) ; la réponse complète est dans la riposte « Au second tour, vous appellerez à voter pour qui ? ».

Références utiles

Les citations, les ouvrages, les études et les chiffres sur lesquels repose cette réponse, avec leurs sources. Pour vérifier, approfondir, et répondre à qui vous demandera d’où vous tenez vos arguments.

Conseil constitutionnel, résultats du premier tour de l’élection présidentielle du 21 avril 2002 : inscrits 41 194 689, votants 29 495 733, exprimés 28 498 471 ; Chirac 5 665 855 (19,88 %), Le Pen 4 804 713 (16,86 %), Jospin 4 610 113 (16,18 %), Chevènement 1 518 528 (5,33 %), Taubira 660 447 (2,32 %). consulter la source

Conseil constitutionnel, décision n° 2022-195 PDR du 13 avril 2022 : inscrits 48 747 876, votants 35 923 707 (soit 12 824 169 abstentionnistes), Emmanuel Macron 9 783 058 voix. consulter la source

Constitution du 4 octobre 1958, article 7, alinéa 1 : « Le Président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages exprimés. Si celle-ci n’est pas obtenue au premier tour de scrutin, il est procédé, le quatorzième jour suivant, à un second tour. ». consulter la source

Notre stratégie, « Le diagnostic : quatre impasses, et une porte » : « L’abstention est lucide, et parfaitement inutile : ils gouvernent très bien sans vous. ». consulter la source

Notre stratégie, même section (impasse « L’alternance ») : « Changer de maître laisse le trône intact. Le « moins pire » d’aujourd’hui fournit l’hybris de demain ». consulter la source

Version 1.3 du 5 octobre 2026 — encadré « Entre nous » et réponse courte réécrits (lot 3). Version 1.2 du 2 octobre 2026 — encadré « Entre nous », adressé au militant qui porte la réponse. Version 1.1 du 27 septembre 2026 — harmonisation avec les textes validés le 27 septembre : doctrine du second tour (aucune consigne de vote, une question publique aux deux finalistes) ; renvoi à la nouvelle riposte « Au second tour, vous appellerez à voter pour qui ? » ; la section devient l’Autodéfense, kit de répartie du #PIC. Version 1 du 25 septembre 2026 — première publication.

Le procédé, dans le Lexique du Pouvoir : L’atomisation et l’individualisme · La fenêtre d’Overton

Le mot juste, dans l’Abécédaire : La convergence des verticalités

Pour agir : notre stratégie · nos réponses à la presse

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