On vous dit :
« Votre Manifeste parle de “bétail électoral”, écrit qu’“élire, par définition, c’est abdiquer” et que l’abstention est “un immense service rendu au système”. Ceux qui votent sont des moutons, ceux qui ne votent pas des complices : vous méprisez le peuple que vous prétendez libérer, et vous lui demandez ses voix en 2027. »
Voici ce que vous pouvez répondre
Mépriser le peuple, c’est lui refuser la décision ; nous faisons l’inverse. Notre Constitution d’urgence lui donne le dernier mot, par référendum, au moins 4 fois par an.
Relisez la phrase du Manifeste : le « bétail », c’est ce que le système fait de nous, pas ce que nous sommes. Le mot appartient à ceux qui gouvernent les foules : Gustave Le Bon écrit en 1895 que « la foule est un troupeau servile », Walter Lippmann veut en 1925 vivre à l’abri d’un « troupeau désorienté ». Nous leur renvoyons leurs mots pour les réfuter.
Et « élire, c’est abdiquer », c’est la thèse de Rousseau : le peuple anglais n’est libre « que durant l’élection », ensuite « il n’est rien ».
Sources : Jean-Jacques Rousseau · Étienne de La Boétie · Gustave Le Bon · Walter Lippmann — le détail et les citations sont dans l’onglet « Références utiles ».
Pour aller plus loin
Un diagnostic écrit à la première personne
Le Manifeste parle à la première personne du pluriel : « nous aimions l’élection », « nous n’avons même plus la lucidité élémentaire ». Son diagnostic inclut son auteur.
Il décrit une condition que chacun partage, électeur ou abstentionniste, militant ou non, et il en accuse un mécanisme : une procédure qui réduit le citoyen à désigner, tous les 5 ans, celui qui décidera à sa place. Il prévient d’ailleurs qu’il force le trait (« Si l’on schématise de façon provocatrice »).
Notre Diagnostic le dit sans détour : « Les responsables politiques ne sont pas plus mauvais que nous. Ils obéissent à des règles qui les récompensent de trahir leurs promesses et ne les punissent jamais de le faire. » Ce sont les règles qui sont visées, jamais les personnes.
Des mots rendus à leurs auteurs
Ce vocabulaire rude a une longue histoire, et elle est du côté du peuple.
Vers 1548, Étienne de La Boétie écrit que « c’est le peuple qui s’asservit » et traite ses lecteurs de « complices du meurtrier qui vous tue, et traîtres à vous-mêmes » : non pour les humilier, mais parce qu’il les croit capables de se libérer d’un seul geste, celui de ne plus consentir.
En 1784, Kant raille les tuteurs qui abêtissent d’abord leur « bétail domestique », puis lui montrent le danger de marcher seul.
En 1840, Tocqueville redoute un pouvoir « tutélaire » qui réduirait chaque nation à « un troupeau d’animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger ».
Le mépris véritable est ailleurs : chez ceux qui tenaient la foule pour incapable de se gouverner, de Le Bon à Lippmann. Notre Lexique le dit en toutes lettres : « ce vocabulaire d’étable n’est pas le nôtre. C’est celui que nous prêtons aux ingénieurs sociaux ».
Une phrase ne peut pourtant pas être rendue à d’autres : « la docilité du bétail électoral » est écrite à la voix du Manifeste.
Lisez-la dans sa phrase : elle dit ce que la gouvernance par une élite exigeait du peuple, « une condition nécessaire à la gouvernance par l’élite ».
Notre Lexique reconnaît lui-même le risque : ce vocabulaire, « même mis dans la bouche des ingénieurs sociaux, il risque de coller à ceux qui le citent ». Nous ne retirons pas la formule ; nous refusons qu’on lui fasse dire que les électeurs sont des bêtes.
L’abstention, lucide et inutile
Sur l’abstention, le Manifeste ne condamne pas les abstentionnistes : il écrit que cette catégorie est « la plus à même d’adhérer à la démarche du PIC », et Notre stratégie juge l’abstention « lucide, et parfaitement inutile ».
Le « service rendu au système » décrit un effet, pas une faute : aucune élection présidentielle n’est annulée faute de participation, et le pouvoir gouverne aussi bien avec la moitié des inscrits qu’avec tous.
Le silence des urnes ne coûte rien à ceux qu’il prétend punir. D’où notre proposition : que ceux qui ne veulent plus élire puissent enfin voter, sur des questions précises, là où leur voix change réellement le résultat.
Le seul test qui vaille
Un mouvement qui mépriserait le peuple lui réserverait un rôle décoratif.
La Constitution d’urgence fait l’inverse : référendum d’initiative citoyenne en toutes matières, sans seuil de signatures, puisque l’initiative appartient à 7 777 citoyens tirés au sort (Constitution d’urgence, Titre I, article 6) ; un peuple qui se prononce au moins 4 fois par an, et dont la décision « a force obligatoire » (Constitution d’urgence, Titre II, article 9) ; des citoyens tirés au sort pour formuler les questions ; des délégués révocables.
Et le #PIC s’applique la règle à lui-même : si le peuple rejette sa Constitution, le président élu démissionne. On ne donne pas le dernier mot à ceux qu’on méprise.
Les relances probables
« Mais c’est vous qui écrivez “bétail électoral”, pas Le Bon. »
Oui, et nous l’assumons comme une provocation qui renvoie aux gouvernants leur propre regard. Le Manifeste parle du « passage du “bétail obéissant” au “peuple constituant” » : c’est une sortie ouverte à tous, par le référendum, pas un tri entre bons et mauvais Français. Jugez-nous sur les institutions que nous proposons, pas sur une image isolée.
« Des abstentionnistes “nihilistes”, “blasés, irrécupérables” : vous condamnez un tiers du pays. »
C’est la phrase la plus dure du Manifeste, et nous ne la défendons pas mot pour mot. Elle décrit l’état où le système voudrait maintenir chacun, pas un jugement sur des personnes : le même texte voit dans les abstentionnistes la catégorie « la plus à même d’adhérer à la démarche du PIC ». Le #PIC existe précisément parce qu’il ne tient personne pour irrécupérable.
« Vous réservez la pensée à une élite, et vous comptez la rendre “très digeste pour le commun des mortels”. »
L’expression est malheureuse, et le Manifeste en dit l’intention juste avant : il se reconnaît « encore exigeant » et promet d’être « décliné, expliqué, rendu très accessible en termes simples ». Rendre un texte lisible par tous, c’est l’inverse de réserver la décision à quelques-uns : toute notre stratégie repose sur le vote de chacun.
« Vous traitez les Français d’enfants avec votre “néoténie civique”. »
Nous accusons le tuteur, pas l’enfant. Le mot d’étable est de Kant, qui voulait qu’on sorte de la minorité où nous tiennent ceux qui décident à notre place. La néoténie civique est une hypothèse de notre Lexique, présentée comme telle, et sa conclusion est simple : on ne grandit qu’en décidant.
« Et pourtant vous demandez aux gens d’élire votre candidat. »
Une dernière fois, pour un seul nom, et à une condition écrite d’avance : soumettre la Constitution d’urgence au référendum dès l’entrée en fonctions, et démissionner si le peuple la rejette. Nous nous servons de l’élection pour rendre la décision, pas pour la garder. Voyez « Vous faites ce que vous dénoncez ».
Les pièges à éviter
- Ne jamais nier que ces mots figurent dans le Manifeste : citez-les exactement, avec leur phrase, puis ramenez à l’argument (un mécanisme, pas des personnes).
- Ne jamais employer à l’oral, à la première personne, « les électeurs sont du bétail » ou « les abstentionnistes sont complices » : dites « le système traite les citoyens comme… ».
- Ne pas défendre littéralement « nihilistes […] blasés, irrécupérables » ni « le commun des mortels » : reconnaissez la maladresse, puis donnez l’intention.
- Ne pas avancer de chiffres de participation sans leur source et leur date.
- Ne pas citer comme authentique la phrase prêtée à Guizot : le Manifeste reconnaît lui-même qu’on ne la trouve pas dans ses écrits.
Pour prolonger
Dans l’Abécédaire et le Lexique du Pouvoir :
- Le tirage au sort
- La révocabilité
- La néoténie civique
- La paracosmie systémique
- La servitude volontaire
Dans nos textes :
- Deux piliers méconnus soutiennent cette architecture de la dépossession
- Manifeste du #PIC
- Comprendre
- Constitution d’urgence, titre I, art. 6 : le référendum d’initiative citoyenne en toutes matières
- Constitution d’urgence, titre II, art. 9 : le peuple souverain, cinquième cercle
Dans l’Autodéfense :
Références utiles
Les citations, les ouvrages, les études et les chiffres sur lesquels repose cette réponse, avec leurs sources. Pour vérifier, approfondir, et répondre à qui vous demandera d’où vous tenez vos arguments.
Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social, 1762, livre III, chapitre XV (Wikisource, édition de 1762) : « Le peuple Anglois pense être libre ; il se trompe fort, il ne l’est que durant l’élection des membres du Parlement ; sitôt qu’ils sont élus, il est esclave, il n’est rien. ». consulter la source
Étienne de La Boétie, Discours de la servitude volontaire (rédigé vers 1548), éd. J.-F. Payen, Paris, 1853 ; Project Gutenberg n° 62051 (orthographe d’origine ; modernisée dans la réponse) : « Soiés resolus de ne seruir plus; et vous voilà libres. […] c’est le peuple qui s’asseruit; qui se coupe la gorge; qui, aiant le chois ou d’estre serf, ou d’estre libre, quitte sa franchise, et prend le ioug ». consulter la source
Gustave Le Bon, Psychologie des foules, Félix Alcan, 1895, livre II, chapitre III (« Les meneurs des foules et leurs moyens de persuasion ») ; Project Gutenberg n° 24007 : « La foule est un troupeau servile qui ne saurait jamais se passer de maître. ». consulter la source
Walter Lippmann, The Phantom Public, Harcourt, Brace and Company, 1925, chapitre XIV (« Society in its Place »), p. 155 ; notre traduction : « Le public doit être remis à sa place, afin qu’il puisse exercer ses propres pouvoirs, mais tout autant, et peut-être davantage, afin que chacun de nous puisse vivre à l’abri du piétinement et des mugissements d’un troupeau désorienté. » : « The public must be put in its place, so that it may exercise its own powers, but no less and perhaps even more, so that each of us may live free of the trampling and the roar of a bewildered herd. ». consulter la source
Emmanuel Kant, « Beantwortung der Frage: Was ist Aufklärung? », Berlinische Monatsschrift, décembre 1784 (Wikisource allemand) ; notre traduction : « Après avoir d’abord abêti leur bétail domestique, et veillé avec soin à ce que ces paisibles créatures n’osent pas faire un pas hors du chariot d’enfant où ils les ont enfermées, ils leur montrent ensuite le danger qui les menace si elles essaient de marcher seules. » : « Nachdem sie ihr Hausvieh zuerst dumm gemacht haben, und sorgfältig verhüteten, daß diese ruhigen Geschöpfe ja keinen Schritt außer dem Gängelwagen, darin sie sie einsperreten, wagen durften; so zeigen sie ihnen nachher die Gefahr, die ihnen drohet, wenn sie es versuchen, allein zu gehen. ». consulter la source
Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, tome II (1840), quatrième partie, chapitre VI (Wikisource, édition de 1848) : « il réduit enfin chaque nation à n’être plus qu’un troupeau d’animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger. ». consulter la source
#PIC, Manifeste, « Deux piliers méconnus soutiennent cette architecture de la dépossession » : « Cette seconde catégorie est la plus à même d’adhérer à la démarche du PIC. ». consulter la source
#PIC, Notre stratégie, « Quatre impasses, et une porte » : « L’abstention est lucide, et parfaitement inutile : ils gouvernent très bien sans vous. ». consulter la source
#PIC, Diagnostic : « Les responsables politiques ne sont pas plus mauvais que nous. Ils obéissent à des règles qui les récompensent de trahir leurs promesses et ne les punissent jamais de le faire. ». consulter la source
#PIC, Lexique du Pouvoir, « La paracosmie systémique » : « Qu’on ne s’y trompe pas : ce vocabulaire d’étable n’est pas le nôtre. C’est celui que nous prêtons aux ingénieurs sociaux, et l’accusation est assumée, car ils l’ont écrit eux-mêmes. ». consulter la source
Constitution d’urgence, Titre II, article 9 — Du peuple souverain, cinquième cercle : « La décision du peuple a force obligatoire : elle a la valeur de la norme qu’elle adopte, modifie ou abroge, et s’impose à tous les pouvoirs constitués. […] Le peuple se prononce sur les questions parvenues à ce stade lors des votations ordinaires prévues au 1° […]. Les votations ordinaires ont lieu quatre fois par an, un dimanche, à des dates séparées de huit semaines au moins et de seize semaines au plus. ». consulter la source
Version 1.3 du 5 octobre 2026 — encadré « Entre nous » et réponse courte réécrits (lot 3). Version 1.2 du 2 octobre 2026 — citations de la Constitution d’urgence (Titre II, article 9) alignées sur le texte en vigueur ; encadré « Entre nous ». Version 1.1 du 28 septembre 2026 — réponse courte resserrée pour que le partage la reprenne en entier. Version 1.0 du 27 septembre 2026 — première publication ; la section devient l’Autodéfense, kit de répartie du #PIC. Les versions antérieures de cette page seront accessibles ici dès la première modification.
Le procédé, dans le Lexique du Pouvoir : La néoténie civique · La paracosmie systémique · La servitude volontaire
Le mot juste, dans l’Abécédaire : Le tirage au sort · La révocabilité
Pour agir : notre stratégie
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