L’esprit d’équipe L’esprit d’équipe est ce qui reste quand on a tout réglementé, et ce qui manque quand on n’a fait que cela. Aucun statut ne le crée, aucun règlement ne le commande : il naît, ou ne naît pas, de la manière dont des femmes et des hommes se parlent et se contredisent, puis se relèvent les uns les autres.
Dans un mouvement de bénévoles, il porte un nom plus ancien et plus exigeant : l’amitié. Personne n’y est retenu par un salaire ni tenu par une hiérarchie. On n’y reste que parce qu’on s’y estime, et l’on n’y donne que ce qu’on a de plus rare, du temps et de la bonne volonté.
Les mouvements citoyens meurent jeunes, presque tous. L’adversaire les achève moins souvent qu’on ne le croit : il lui suffit, la plupart du temps, d’attendre que l’usure et le soupçon fassent leur œuvre.
Le #PIC en tire une conviction. La proximité, que l’entreprise réduit à un sourire de façade, est notre première source d’énergie et de résilience. Aucun décret ne la produit : on l’inspire, et on la reconnaît d’instinct. Bon sens et bonne volonté, toujours.
Ce qui nous dépasse n’est pas au-dessus de nous : il est entre nous. Les philosophes parlent de « transcendance dans l’immanence » ; nous disons, plus simplement, l’amitié. Notre Protocole la désigne sans prétendre la régir, parce qu’on ne légifère pas sur l’amitié : on l’inspire. Les vieilles amitiés s’improvisent. Encore faut-il les avoir faites.
Pour répondre à ceux qui vous l’objectent, voyez l’Autodéfense : « C’est une secte, avec son gourou », « Vous exigez la démocratie pour la France, pas pour votre mouvement ».
Pour aller plus loin
« Les vieilles amitiés s’improvisent. »
Georges Courteline
Un article qui ne sert à rien
Le 5 octobre 2026, nous avons ajouté à notre Protocole un article qui ne sert à rien. Il ne fonde aucun manquement et n’expose personne à la moindre sanction. Il est écrit au régime indicatif, ce qui revient à dire qu’il n’est opposable à personne. Trois phrases le résument, que chacun peut lire en ligne (Titre V, article 7-1) : la règle ne fait pas l’équipe ; tout se joue dans la manière ; ce qui compte le plus ne se décrète pas.
C’est peut-être le plus important de tous.
Nous avions pourtant beaucoup écrit. Une Constitution d’urgence d’abord, puis un Protocole de plus de cinquante articles, pour régler, du recrutement à la décision, la vie d’un mouvement qui prétend faire de l’intelligence collective une méthode de gouvernement. Nous avions proscrit la moquerie et le procès d’intention ; nous avions posé que l’on critique le travail et jamais la personne ; nous avions même fait de la sécurité psychologique une règle impérative. Et nous avons découvert, chemin faisant, ce que savent depuis toujours ceux qui ont conduit des hommes : une personnalité malveillante peut respecter chaque ligne d’un règlement sans jamais en épouser l’esprit, et une équipe peut obéir à toutes ses règles en mourant lentement de froid.
Ce qui manquait ne s’écrit pas. Il fallait pourtant l’écrire, ne serait-ce que pour dire qu’il ne s’écrit pas. Ces pages n’ont pas d’autre objet que de réfléchir à voix haute à ce qui fait tenir ensemble des femmes et des hommes qui ne se doivent rien, et qui choisissent pourtant, chaque matin, de continuer.
La nécrologie des ferveurs
Il faut commencer par la vérité la plus amère, puisque nous faisons profession de dire le vrai : les mouvements citoyens ne durent pas. Presque aucun. Ils naissent dans l’allégresse d’un soulèvement, et ils meurent dans la mesquinerie d’un fil de discussion. L’adversaire les achève moins souvent qu’on ne le croit ; le plus souvent, il n’a qu’à attendre. La fatigue fait le reste, et la susceptibilité, et la rumeur, et cette petite guerre des ego qui commence le jour où l’on s’aperçoit que la cause pourrait réussir, et qu’il faudra bien, alors, que quelqu’un en ait eu l’idée.
Les « boutiques », ces formations qu’un homme tient comme on tient un commerce, avec une enseigne et une clientèle fidèle, durent un peu plus, voilà tout. Elles n’exigent de personne qu’il pense, seulement qu’il suive ; l’intelligence collective n’y entre pas, elle dérangerait le patron. Et la plupart meurent avec leur fondateur, quand ce n’est pas avant lui. Robert Michels l’avait observé dès 1911 dans la social-démocratie allemande, pourtant vouée à l’égalité : « qui dit organisation dit tendance à l’oligarchie ». On appelle cela la loi d’airain de l’oligarchie, et l’on aurait tort de croire que la bonne volonté en dispense.
L’histoire, à cet égard, n’est pas une maîtresse consolante. Vilfredo Pareto a écrit qu’elle était un cimetière d’aristocraties ; elle est tout autant un ossuaire de fraternités. Tenez : le 14 juillet 1790, sur le Champ-de-Mars, des fédérés venus de toute la France s’embrassaient sous une pluie battante ; quatre ans plus tard, on s’envoyait les uns les autres à l’échafaud. Le 29 décembre 1790, Robespierre signait comme témoin l’acte de mariage de Camille Desmoulins, son ancien condisciple ; le 5 avril 1794, il laissait conduire le marié à la guillotine, et la jeune veuve l’y suivait huit jours plus tard. Trois ans et trois mois : le temps qu’il a fallu à la pureté pour dévorer une amitié. Elle a tué plus de fraternités que la tyrannie, cette passion de ceux qui aiment l’humanité au point de ne plus supporter les hommes.
Un mouvement qui ignore qu’il est mortel se conduit comme s’il avait l’éternité devant lui ; il gaspille ses amitiés comme un héritier gaspille sa fortune, et se réveille ruiné. Nous préférons savoir.
Le facteur humain
Le facteur humain, c’est le nom poli que les ingénieurs donnent à la cause de presque toutes les catastrophes. Dans un mouvement de bénévoles, il est à la fois la panne et le moteur.
Un bénévole n’est retenu ni par un contrat ni par la peur de perdre quoi que ce soit. Il donne ce qu’il a de plus rare, du temps arraché au sommeil et aux siens, et ce qui reste de lui quand la journée a tout pris. Cela fait des équipes admirables, et d’une fragilité de verre. Celui qu’on a blessé ne fait pas de scandale ; il s’en va sans bruit, et ce sont souvent les plus scrupuleux qui partent les premiers. La bonne volonté ne se rachète pas. Elle s’use à coups de canif, et chaque coup paraît si petit à celui qui le donne.
Ajoutez à cela ce que l’époque a inventé de plus traître pour la conversation : le message écrit. Sans visage, sans voix, sans ce sourire qui désamorçait jadis la phrase la plus rude, il arrive à son destinataire nu comme une lame. Le lecteur y met le ton qu’il redoute, rarement celui que l’auteur y avait mis. Je le confesse volontiers : il m’est arrivé d’écrire à une heure du matin, dans la fièvre d’un combat, des messages que j’ai passé la matinée à réparer (ceux qui travaillent avec moi en savent quelque chose). On ne fonde pas un mouvement sur des saints. On le fonde sur des gens fatigués qui acceptent de s’excuser.
David Hume, sceptique en presque tout, ne doutait pas de ceci : les esprits des hommes sont des miroirs les uns pour les autres. Ils se renvoient leurs passions, leurs sentiments et leurs opinions, qui se répercutent de l’un à l’autre et ne s’éteignent que par degrés insensibles. Une seule phrase méprisante circule dans un groupe comme une onde ; une seule phrase généreuse aussi. Le facteur humain est donc un climat, que chacun assombrit ou éclaire, à chaque message, sans même y penser.
Un monde qui use les bonnes volontés
Il faut le dire sans paranoïa, mais il faut le dire : nous ne vivons pas dans un monde neutre. Nous vivons dans un monde qui a appris à tirer profit de nos faiblesses et à nous rendre étrangers les uns aux autres. Il nous a éparpillés, chacun seul devant son écran (c’est ce que notre Lexique du Pouvoir appelle l’atomisation) ; il a fait de nos colères une marchandise, que des algorithmes méphitiques attisent et revendent ; il a pris nos mots les plus beaux, bienveillance, empathie, solidarité, et jusqu’à la fraternité, pour en faire des éléments de langage, si bien que plus personne n’ose les prononcer sans sourire.
Hésiode le savait déjà : le potier jalouse le potier. Aristote en a tiré la règle, nous envions nos proches bien plus que les puissants hors d’atteinte. Cette rivalité de proximité est le plus vieux secret des empires, diviser pour régner, et il n’a même pas besoin d’être enseigné : il suffit de le laisser jouer. Quelques soupçons bien placés, une rumeur sur les intentions de l’un ou sur l’argent de l’autre, et des gens qui se battaient pour la même chose se tirent dans les pattes, persuadés d’avoir démasqué un traître. Nul besoin de les combattre, ils s’en chargent eux-mêmes. Les stratégies les plus perverses ne cassent rien. Elles usent.
À mesure que la parole libre se paie, par une censure qui ne dit pas son nom et une répression qui préfère l’usure au fracas, un mouvement de bénévoles devient, qu’il le veuille ou non, un groupe de résistants. Et les résistants, ceux d’hier comme ceux d’aujourd’hui, ne tiennent que par la confiance. Dans les réseaux de la Résistance (toutes proportions gardées, et elles sont immenses), on ne recrutait pas sur curriculum : on recrutait sur parole, par un ami d’ami, en sachant qu’une seule défaillance pouvait coûter des vies. La confiance y avait un prix, et chacun savait lequel.
C’est ici que le mot de proximité doit être repris à ceux qui l’ont confisqué. Dans l’entreprise, la proximité est devenue une politique : des valeurs gravées dans le hall et un vocabulaire de bienveillance que les ressources humaines distribuent comme des badges. C’est le sourire de la réceptionniste au pied d’un cinq-étoiles, impeccable, et qui ne vous connaît pas. Il est cosmétique, et il sert à vendre ou à retenir, ce qui n’est déjà pas rien. Chez nous, la proximité ne sert ni à vendre ni à retenir. Elle est ce qui nous tient debout, notre première source d’énergie et notre dernière réserve quand tout le reste vient à manquer.
Ce qui ne se légifère pas
Que faire, alors ? La tentation est grande, et nous l’avons connue, de répondre par la règle : un article de plus, une charte de bonne conduite que chacun signerait en arrivant. C’est l’erreur de toutes les organisations qui confondent la vie avec son règlement intérieur. On ne légifère pas sur l’amitié. On ne doit JAMAIS légiférer sur l’amitié. Une amitié commandée devient une corvée ; une empathie sur ordre, une grimace de plus, dans un monde qui en compte déjà trop.
Aristote observait, au huitième livre de l’Éthique à Nicomaque, que les législateurs se soucient davantage de l’amitié que de la justice, et que des amis n’ont pas besoin de justice entre eux. Ajoutons ce qu’il ne dit pas : le législateur qui sait cela sait aussi qu’il ne peut pas produire l’amitié. Il peut seulement préparer le terrain où elle pousse, et s’abstenir de le piétiner. Cicéron, qui avait vu Rome se déchirer, fait dire à Lélius qu’ôter l’amitié de la vie, c’est ôter le soleil du monde.
L’amitié ne se démontre pas davantage qu’elle ne se décrète. Montaigne, pressé de dire pourquoi il avait tant aimé La Boétie, n’a trouvé qu’une réponse, la plus belle de notre langue : « Parce que c’était lui, parce que c’était moi. » C’est l’aveu que l’essentiel échappe à la raison qui instruit des dossiers. Faisons donc confiance à l’intuition, qui reconnaît un ami bien avant que l’esprit ait fini de peser le pour et le contre ; et adossons-la à deux vertus qu’aucun diplôme ne délivre et que tout le monde possède, pourvu qu’on s’en serve : le bon sens et la bonne volonté. Toujours.
La Boétie lui-même, dans ce Discours de la servitude volontaire qui hante notre réflexion, a écrit sur l’amitié des lignes que tout militant devrait connaître. Elle est, dit-il, « un nom sacré », « une chose sainte », qui ne se met jamais qu’entre gens de bien et s’entretient moins par les bienfaits que par la bonne vie. Le tyran, lui, n’a pas d’amis. Autour de lui, les méchants s’assemblent : « ils ne s’entr’aiment pas, mais s’entrecraignent ; ils ne sont pas amis, mais ils sont complices ». Tout est là. Ce qui distingue un mouvement d’une boutique, au fond, c’est la nature du lien : dans la boutique, des complices tenus par la crainte ou l’intérêt ; dans un mouvement digne de ce nom, des amis tenus par l’estime.
Puisqu’on ne peut pas légiférer, on peut inspirer. C’est tout le sens de cet article de notre Protocole qui « ne sert à rien » : il se contente de montrer. L’exemple est la seule loi qui ne s’impose à personne, et que tout le monde finit par suivre.
La transcendance immanente
Reste le plus difficile : dire ce que l’amitié fait de nous.
Les philosophes ont une formule pour désigner ce qui nous dépasse sans nous quitter : la « transcendance dans l’immanence ». Elle vient d’Edmund Husserl, qui l’employait en 1913, dans ses Idées directrices pour une phénoménologie, à propos du moi pur, présent dans chacune de nos pensées sans se confondre avec aucune. Luc Ferry l’a reprise à la fin du siècle dernier pour dire la spiritualité de notre temps : une fois les dieux retirés du monde, le sacré ne disparaît pas, il change d’adresse. Il ne descend plus d’en haut ; il se découvre entre les êtres, dans l’amour qu’on leur porte et dans ce qu’on serait prêt à risquer pour eux.
Ce qui nous dépasse n’est pas au-dessus de nous : il est entre nous. Une équipe véritable produit quelque chose qu’aucun de ses membres ne contenait, une intelligence ou une audace dont aucun n’aurait été capable seul, et pourtant cette chose n’existe nulle part ailleurs qu’en eux. Elle les excède, et elle n’habite qu’eux. C’est exactement ce que nous appelons l’intelligence collective : une transcendance qui ne quitte jamais le plancher des vaches.
Spinoza, philosophe de l’immanence s’il en fut, démontrait par la raison ce que le vieil adage disait depuis toujours, que l’homme est un dieu pour l’homme : rien n’est plus utile à un homme qu’un autre homme qui vit sous la conduite de la raison. Saint-Exupéry, qui avait connu la fraternité des équipages de l’Aéropostale, l’a dit à sa manière : « Liés à nos frères par un but commun et qui se situe en dehors de nous, alors seulement nous respirons et l’expérience nous montre qu’aimer ce n’est point nous regarder l’un l’autre mais regarder ensemble dans la même direction. » Le but est hors de nous : voilà la transcendance. Le regard est partagé : voilà l’immanence.
Mesurez la portée politique de cette idée. Le gourou est une transcendance de pacotille : pour le voir, il faut lever les yeux. L’ami est une transcendance immanente : il suffit de tourner la tête. On devine laquelle des deux fabrique des fidèles. Nous récusons l’homme providentiel, et nous le récuserons toujours (c’est le sens de notre méfiance envers l’incarnation). On me fera observer que le #PIC a un fondateur, et que c’est lui qui signe ces lignes. Justement : contredisez-le, il en a besoin. Ce que nous ne récusons pas, c’est la providence que des femmes et des hommes peuvent être les uns pour les autres.
Réhabiliter notre humanité
Tout cela ne serait que littérature si l’enjeu n’était pas aussi grave. Notre objectif le plus profond tient en un mot que chacun croit connaître : le dialogue. Le maintenir quand tout pousse à le rompre ; continuer de parler avec celui qui nous contredit, et même avec celui qui nous a blessés. Hannah Arendt, méditant sur Lessing en 1959, a écrit que nous humanisons ce qui se passe dans le monde et en nous-mêmes en en parlant, et que c’est en en parlant que nous apprenons à être humains. Les Grecs, rappelait-elle, nommaient philanthrôpia cette humanité qui naît du discours entre amis.
Voilà pourquoi l’esprit d’équipe nous importe bien au-delà de l’efficacité : nous y jouons, à notre échelle, une vaste entreprise de réhabilitation de notre humanité, dans un monde qui s’emploie à nous déshumaniser, à faire de nous des administrés plutôt que des citoyens, et des lignes comptables encombrantes plutôt que des êtres en quête de sens. Le jour où des machines sauront tout faire à notre place (et ce jour approche), une chose leur restera impossible : l’amitié. Si nous ne savons pas être amis, autant travailler avec des agents virtuels. Ils ne se vexent jamais et ne partent pas. Ils ne restent pas non plus à vos côtés quand tout s’effondre.
L’empathie est notre seule planche de salut. C’est aussi la seule qu’on ne puisse pas clouer de force. Elle se communique, à la manière des miroirs de Hume ; elle ne s’impose pas. Simone Weil a écrit que l’attention est la forme la plus rare et la plus pure de la générosité. L’attention, c’est-à-dire ce temps qu’on prend pour relire un message avant d’y répondre, pour demander à quelqu’un comment il va vraiment, pour remercier celui que personne n’a remercié. Notre architecture procède par cercles de Sept : à sept, on se connaît encore par son prénom, on sait qui vient d’avoir un enfant et qui est à bout sans oser le dire. Albert Camus a ramassé en une ligne toute révolte digne de ce nom : « Je me révolte, donc nous sommes. »
Il y a dans l’histoire de France de ces heures où tout semble perdu, où les institutions ne tiennent plus que par l’habitude et les hommes que par la peur. Ce sont presque toujours, alors, quelques amis, réunis dans une arrière-salle, dans une cuisine ou dans un maquis, qui ont rallumé ce que les palais avaient laissé s’éteindre. On s’attache moins à ce qu’on a gagné ensemble qu’à ce qu’on a traversé ensemble ; une amitié se mesure à ce qu’on a perdu pour elle, et qu’on ne regrette pas.
Les vieilles amitiés s’improvisent, disait Courteline. Je l’entends ainsi : on se retrouve après dix ans comme si l’on s’était quitté la veille. C’est le privilège de celles qu’on a pris le temps de faire. Les nôtres, il faut les faire maintenant, pendant qu’il fait encore beau, pour qu’elles sachent s’improviser au plus fort de l’orage.
L’esprit d’équipe, au fond, n’est rien d’autre que cela : une vieille amitié en train de naître.
Frédéric Bascuñana
Références utiles
Les ouvrages et les textes sur lesquels reposent cette entrée et son article, avec leurs sources quand elles sont en libre accès. Pour vérifier, approfondir, et aller lire par vous-même.
Aristote, Éthique à Nicomaque, livre VIII, chapitre 1, trad. Fr. Thurot, Paris, Hachette, 1881 : « les législateurs s’en préoccupent plus que de la justice » ; « quand les gens sont amis, il n’est pas besoin de justice ». consulter la source
Cicéron, Laelius de amicitia, 44 av. J.-C., XIII, 47 : « Solem enim e mundo tollere videntur ei, qui amicitiam e vita tollunt » (ils semblent ôter le soleil du monde, ceux qui ôtent l’amitié de la vie ; notre traduction). consulter la source
Étienne de La Boétie, Discours de la servitude volontaire, écrit vers 1548, publié en 1576 : l’amitié, « nom sacré » qui ne se met qu’entre gens de bien, et le tyran entouré de complices, qui s’entrecraignent au lieu de s’entr’aimer.
Michel de Montaigne, Essais, livre I, chapitre 28, « De l’amitié », 1580-1595 : « Si on me presse de dire pourquoi je l’aimais, je sens que cela ne se peut exprimer qu’en répondant : parce que c’était lui, parce que c’était moi » ; la réponse fut ajoutée de sa main, en deux temps, sur l’exemplaire de Bordeaux. consulter la source
Baruch Spinoza, Éthique, 1677, partie IV, proposition 35, corollaire et scolie : rien n’est plus utile à l’homme qu’un homme qui vit sous la conduite de la raison ; d’où l’adage : l’homme est un dieu pour l’homme.
David Hume, A Treatise of Human Nature, 1739-1740, livre II, partie II, section 5 : « The minds of men are mirrors to one another » (les esprits des hommes sont des miroirs les uns pour les autres ; notre traduction). consulter la source
Robert Michels, Les Partis politiques. Essai sur les tendances oligarchiques des démocraties, 1911, trad. française 1914 : « Qui dit organisation dit tendance à l’oligarchie. » ; la « loi d’airain de l’oligarchie », observée dans la social-démocratie allemande.
Hésiode, Les Travaux et les Jours, vers 25 ; Aristote, Rhétorique, livre II, chapitre 10 : « le potier jalouse le potier », ou comment l’on envie ses proches, ses pareils, bien plus que ceux qui sont hors d’atteinte.
Edmund Husserl, Idées directrices pour une phénoménologie, 1913, trad. Paul Ricœur, Paris, Gallimard, 1950, § 57 : le moi pur, « transcendance dans l’immanence » ; le lien mène à une étude des usages de la formule chez Husserl. consulter la source
Antoine de Saint-Exupéry, Terre des hommes, Paris, Gallimard, 1939, chapitre VIII : « Liés à nos frères par un but commun et qui se situe en dehors de nous, alors seulement nous respirons et l’expérience nous montre qu’aimer ce n’est point nous regarder l’un l’autre mais regarder ensemble dans la même direction. »
Simone Weil, lettre à Joë Bousquet, 13 avril 1942 : « L’attention est la forme la plus rare et la plus pure de la générosité. »
Albert Camus, L’Homme révolté, Paris, Gallimard, 1951 : « Je me révolte, donc nous sommes. »
Hannah Arendt, « De l’humanité dans de sombres temps. Réflexions sur Lessing », 1959, dans Vies politiques, Paris, Gallimard, 1974 : « We humanize what is going on in the world and in ourselves only by speaking of it, and in the course of speaking of it we learn to be human. » (nous n’humanisons ce qui se passe dans le monde et en nous-mêmes qu’en en parlant, et c’est en en parlant que nous apprenons à être humains ; notre traduction). consulter la source
Luc Ferry, L’Homme-Dieu ou le Sens de la vie, Paris, Grasset, 1996 : l’humanisme de l’Homme-Dieu, où le sacré ne disparaît pas mais se loge dans l’amour des personnes ; le lien mène à un compte rendu de l’ouvrage. consulter la source
#PIC, Le Protocole, Titre V, article 7-1, « De la manière », 5 octobre 2026 : « Le supplément d’âme ne se décrète pas ; sans lui, le mouvement n’ira nulle part. » consulter la source
Version 1 du 6 octobre 2026 — première publication. Les versions antérieures de cette entrée seront accessibles ici dès la première modification.
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