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« Aussitôt qu’on nous montre quelque chose d’ancien dans une innovation, nous sommes apaisés. »
— Friedrich Nietzsche
Quelques repères, avant d’entrer dans le texte : on ne lit pas une Constitution comme on lit un tract, et il importe de savoir de quelle nature est ce document, et dans quel état d’esprit l’aborder.
Un projet de Constitution d’urgence. Ce qui suit n’est ni un commentaire ni un manifeste : c’est un projet de Constitution, conçu pour se substituer, par voie référendaire, à la Constitution du 4 octobre 1958. Nous l’appelons « Constitution d’urgence » parce qu’il a une fonction première et précise : rendre immédiatement opérationnel le mécanisme référendaire qui ouvre l’« Année Zéro ». Il a donc vocation à être soumis à un référendum contraignant — et non consultatif. Cette précision est décisive. L’Islande en a fait la douloureuse expérience en 2012 : un projet de constitution citoyenne, approuvé par une large majorité (jusqu’à près de 83 % sur certaines de ses dispositions), est resté lettre morte parce que la consultation n’avait qu’une valeur indicative — ce qui a permis à la classe politique en place de l’enterrer sans risque. Nous refusons de répéter cette faute.
Pourquoi nous avons suivi la structure de 1958. Nous avons délibérément calqué l’architecture de ce texte sur celle de la Constitution de la Ve République, pour la refonder ensuite en profondeur — là où elle installe un président, par exemple, nous installons une gouvernance collégiale à sept, inspirée du modèle suisse ; et ainsi de suite, titre après titre. Ce choix n’est pas une timidité : conserver un cadre familier est une exigence pédagogique. Chacun peut alors mesurer, noir sur blanc, la nature et la portée exactes de l’évolution proposée — car on comprend d’autant mieux une transformation qu’on peut la rapporter à ce qu’elle transforme.
Notre méthode : le strict nécessaire pour que la démocratie existe. La tentation, dans un tel exercice, est d’écrire trop — d’inscrire dans la Constitution des dispositions qui relèveraient, en réalité, de la loi ordinaire. Nous nous en sommes gardés, et avons tranché dans le vif selon un critère unique : ne retenir au rang constitutionnel que ce qui permet au processus référendaire de fonctionner, et donc à l’« Année Zéro » de s’enclencher. En somme, privilégier tout ce qui permet à la démocratie d’exister, et rendre le reste au peuple, qui en débattra.
De la « République » à la « Démocratie française ». Le lecteur remarquera que nous mettons le mot de « République » de côté au profit de celui de « Démocratie française ». Que l’on ne s’y méprenne pas : nous ne récusons pas la notion de République. Une République est le cadre neutre où s’affrontent librement toutes les valeurs ; en ce sens, une Démocratie française en demeure une. Ce que nous écartons, c’est le flou qui a fini par envelopper le terme, devenu un mot-valise que l’on charge de « valeurs » à géométrie variable — l’alibi commode des cordons sanitaires, par lequel le pouvoir en place se décrète plus « républicain » que ses adversaires. Nommer le régime « Démocratie française » referme ce piège : le mot énonce plus clairement le contrat social qu’il engage, et se laisse bien moins détourner qu’une « République » à tout faire. Le Préambule expose en détail la raison d’être de ce choix.
Un texte assumé comme perfectible — et fait pour évoluer. Nous présentons ce projet en toute humilité démocratique. Il est perfectible, et il doit être discuté ; mais il a le mérite d’exister et de poser une base assumée. Ce n’est pas un programme figé — un programme peut être déprogrammé —, c’est une pâte à remodeler : une fois adopté, le processus référendaire qu’il institue pourra réviser n’importe laquelle de ses dispositions. Sa vocation est double. Offrir un cadre solide le jour où tout bascule, pour qu’un élan populaire ne se dissolve pas dans le désordre — car le chaos révolutionnaire est trop souvent confisqué par ceux-là mêmes qu’il prétendait renverser. Et donner, dès aujourd’hui, une référence commune : un point d’appui pour en finir avec un système « républicain » à bout de souffle, et bâtir mieux, ensemble.
Votre parole compte. Parce que ce texte est une matière vivante, vos remarques nous sont précieuses. Chaque titre, et chaque article, peut être commenté et évalué. N’hésitez pas : c’est votre relecture qui rendra ce projet plus juste, et plus solide.

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