La Forge · le guide des premières semaines

Vous entrez dans la Forge ? Bienvenue, et pas de garde-à-vous, hein.

Ce guide est pour vous si vous venez d’être coopté dans la Forge (l’équipe stratégique du #PIC), ou si vous voulez savoir, avant de postuler, à quoi ressemblent les premières semaines. Il dit comment on arrive, comment on travaille, et selon quelles règles. Tout ce qui le fonde est écrit dans le Protocole ; le reste, qui est interne, vous est transmis une fois arrivé.

« Celui qui sait a le devoir d’enseigner à celui qui ne sait pas. »
Le Protocole, Titre VIII, article 1.

L’esprit

Le sérieux est dans les règles, pas dans l’ambiance.

La Forge est une charge, et le Protocole le dit sans fard. Ce n’est une raison ni pour s’y ennuyer, ni pour s’y épuiser.

Le premier message que vous recevrez ressemblera à peu près à ceci : « bienvenue dans le cercle des gens smart et sympa qui se battent pour la démocratie ». C’est à moitié une plaisanterie et à moitié un programme. Ici, on ne se prend pas au sérieux ; on prend au sérieux ce qu’on fait.

Personne ne vous demandera de travailler comme un foudre de guerre. Le Protocole attend des membres de la Forge une disponibilité plus grande que celle d’un adhérent (Titre II, article 3), mais il ne fixe ni horaire ni cadence, et il ne mesure personne à son rendement. Chacun apporte ce qu’il sait faire, à sa manière, et c’est ainsi que la créativité de chacun trouve naturellement sa place.

La Forge n’est pas l’agora. La démocratie pour laquelle nous nous battons se joue à l’échelle d’un peuple, et la contradiction y est, à bon droit, rugueuse. Ici, nous sommes une équipe : on s’y contredit sur le fond, on s’y valorise dans la forme, parce que personne ne crée quand il a peur de se tromper. C’est ce que la recherche appelle la sécurité psychologique, et le Protocole en fait une règle (Titre V, article 7).

Tout commence par des conversations à bâtons rompus, et c’est voulu. On le répète souvent entre nous : le plus important, c’est qu’on garde le contact. Un collectif bénévole ne tient ni par la discipline ni par la ferveur ; il tient parce que les gens ont plaisir à s’y retrouver.

Vos premières semaines

Pas une incorporation : une arrivée.

La formation s’étale sur plusieurs semaines, et elle est informelle d’un bout à l’autre. Voici comment les choses se passent d’ordinaire. Aucune de ces étapes n’est un examen, aucune n’est chronométrée.

  1. Vous rejoignez les messageries

    Les liens sont plus bas sur cette page : un clic suffit, sauf pour Signal, où l’entrée est validée à la main. On vous y souhaite la bienvenue, et chacun est invité à faire connaissance. C’est là que tout commence : dans des discussions à bâtons rompus qui font du bien. Les canaux, un par un →

  2. Quelqu’un vous prend par la main

    Il n’y a ni tuteur désigné ni parrain officiel, et c’est délibéré : les parrainages se font d’eux-mêmes, par bonne volonté. Comme on le dit à chaque nouvel arrivant : « il y aura toujours quelqu’un pour te prendre par la main ». Si personne ne s’est encore manifesté, demandez. Le Protocole fait même de la transmission un devoir pour celui qui sait (Titre VIII, article 1).

  3. Vous apprenez en faisant

    Ni cours magistral, ni épreuve d’entrée : on apprend en travaillant à côté de ceux qui sont là depuis plus longtemps. Un outil ne vous est pas familier ? Dites-le, sans gêne : l’ignorance technologique n’est un motif d’exclusion pour personne. Les textes du mouvement, le Manifeste, la Constitution et le Protocole, se lisent à votre rythme, et se commentent.

  4. Vous rejoignez la plénière

    Une fois par semaine, en visioconférence, la plénière réunit le cerveau collectif, dont la Forge fait partie. Sa date peut changer d’une semaine à l’autre : chaque militant engagé en est averti par courriel. L’ordre du jour est publié avant la séance, chacun peut y inscrire un point, et un compte rendu écrit est conservé.

  5. Vous venez aux directs

    Le #PIC tient régulièrement des directs, annoncés sur nos canaux. Vous pouvez y intervenir, et c’est même l’idée : poser des questions, anticiper les objections, affûter votre esprit critique. On y discute aussi, comme dans un atelier constituant, de ce que contient la Constitution.

Comment on travaille

Sept règles, une ligne chacune.

Le détail est dans le Protocole, où chaque article se commente. Voici ce qui sert dès la première semaine.

Décider

Débattre avant, s’y tenir après

Les décisions ordinaires se prennent à la majorité simple des présents et représentés, une fois la controverse exprimée. Ensuite, la décision est celle de tous, quel qu’ait été le vote de chacun.

Titre V, article 4 →

S’absenter

Qui s’absente mandate les présents

Vous ne pouvez pas venir ? Déléguez votre voix, ou faites confiance à ceux qui sont là. Ce n’est pas une punition : c’est ce qui permet à un collectif bénévole de décider sans attendre l’unanimité.

Titre V, article 3 →

Dépenser

Pas un euro sans vote

Aucune dépense ni prestation rémunérée sans discussion, vote et contrat écrit. Tout le reste est bénévole, et le reste le demeure.

Titre V, article 5 →

Se parler

Les canaux de travail servent au travail

Les conversations libres ont leurs espaces à elles. Et chacun se tient au courant de ce qui a été décidé, sans attendre qu’on vienne le lui dire.

Titre VIII, article 2 →

Relayer

L’effort compte, pas l’audience

Le membre de la Forge relaie et défend ce que fait le mouvement. On lui demande un effort, jamais un résultat : « nul n’est comptable de son audience ».

Titre VIII, article 4 →

Prendre la parole

En son nom, librement ; au nom du #PIC, sur mandat

Nul ne s’exprime au nom du mouvement sans mandat. Chacun s’exprime en son nom propre sans avoir à s’en excuser.

Titre VIII, article 5 →

Se contredire

Le travail se critique, la personne se respecte

La contradiction est d’or, la forme est due : ni moquerie, ni procès d’intention, ni ton cassant. Chacun ici donne son temps, et la bonne volonté s’use vite.

Titre V, article 7 →

Où l’on se parle

Six outils, chacun son usage.

Trois messageries s’ouvrent d’un clic. Signal examine chaque demande ; les documents partagés s’ouvrent sur invitation, une fois dans la Forge. Le choix des outils est lui-même une décision collective, et révisable (Titre VIII, article 1).

WhatsApp

Le sas d’accueil

C’est en général là qu’on arrive, qu’on dit bonjour et qu’on fait connaissance.

Rejoindre le WhatsApp

Signal

Le plus confidentiel

C’est là qu’on discute à bâtons rompus. L’entrée y est validée à la main : demander à le rejoindre ne garantit pas d’y être admis aussitôt. Chaque demande est pourtant étudiée sans attendre, et rapprochée des échanges que nous avons déjà eus avec vous. Une fois dedans, activez les notifications.

Demander à rejoindre Signal

Discord

Le partage d’information

Rangé par thèmes, c’est l’endroit où l’on retrouve ce qui a été mis en commun, et où l’on approfondit. Il est ouvert à tous.

Rejoindre le Discord

Telegram

Le canal d’information

Les annonces du mouvement, sans bavardage.

Rejoindre le canal Telegram

Courriel

Les convocations

C’est par courriel que chaque militant engagé apprend la date de la prochaine plénière, et que partent les invitations aux documents partagés.

Google Workspace

Les documents partagés

Une fois intégré à la Forge, vous recevez par courriel l’invitation à rejoindre notre répertoire de documents en ligne. D’où l’importance de donner une adresse électronique valable : c’est par elle que passent toutes les invitations.

Un réflexe de prudence. Les seuls liens d’invitation officiels sont ceux de cette page et de la page de nos canaux. Si l’on vous en propose un autre au nom du #PIC, vérifiez auprès de nous avant de cliquer. Nos canaux →

Quand ça coince

Les règles servent surtout à ça.

Un doute, un désaccord, une semaine impossible, l’envie de partir : tout est prévu, et rien de tout cela n’est une faute.

Vous doutez

« Le découragement est une information, non une faute. » Dites-le à qui peut en faire quelque chose, avec une proposition si vous en avez une. Ce qui use un collectif, ce n’est pas le doute, c’est le doute répété sans destinataire.

Le canal du doute →

Vous n’êtes pas d’accord

Dites-le, dedans comme dehors. La critique du mouvement, de ses décisions et de ses responsables est libre ; seul le dénigrement est proscrit, et il est défini strictement.

Titre VII, article 5 →

Vous n’avez pas le temps

Dites-le aussi, simplement. Signaler qu’on n’est pas disponible « est une contribution, pas un désengagement ».

Titre VIII, article 5 →

Vous voulez partir

Vous partez, quand vous voulez, sans vous justifier et sans reproche. Restent seulement, trois ans durant, la confidentialité de ce qui était interne et le refus du dénigrement.

Titre IV, article 6 →

Questions fréquentes

Ce qu’on se demande en arrivant.

Faut-il avoir tout lu avant d’arriver ?

Non. Personne n’a tout lu en arrivant, et personne ne vous interrogera. Les textes du mouvement se découvrent en travaillant ; quand une question se pose, on la pose, et quelqu’un sait où se trouve la réponse.

Qui sera mon parrain ?

Personne ne vous est attribué. Le parrainage, ici, est informel : il naît des conversations, de la bonne volonté et des affinités. Dans les faits, il y a toujours quelqu’un pour vous prendre par la main, et si vous avez l’impression d’être seul, dites-le dans les messageries : c’est la façon la plus sûre de ne plus l’être.

Qu’est-ce qui reste confidentiel ?

Les délibérations non publiques, les documents de travail et les échanges internes, pendant votre engagement et trois ans après votre départ (Titre VII, article 5). Ce guide, lui, est public : il ne contient rien d’interne. Les informations pratiques du quotidien, calendriers et documents de travail, vous sont transmises en interne.

Puis-je parler du #PIC autour de moi ?

Oui, et le plus souvent possible, en votre nom propre, sans avoir à vous en excuser. Parler au nom du mouvement, c’est autre chose : cela suppose un mandat (Titre VIII, article 5).

Mon identité sera-t-elle connue ?

Des autres membres de la Forge, oui : entre nous, l’identité de chacun est connue et vérifiable, c’est le socle de la confiance. Face au public, rien ne change : votre engagement vous appartient, et nul ne peut le révéler sans votre accord (Titre IV, article 5).

Je suis adhérent, pas membre de la Forge : ce guide me concerne-t-il ?

L’esprit, oui ; les règles de travail, non. L’adhérent débat, propose et vote en plénière, contribue à son rythme et ne doit de comptes qu’à lui-même (Titre IV, article 1). Votre guide à vous, c’est celui de l’adhérent. Toutes les façons de s’engager sont sur l’échelle de l’engagement.

Déjà coopté ? Bienvenue. Pas encore ? La porte est là.

La page de la Forge dit ce qu’elle est, ce qu’elle exige et comment on y entre. On peut aussi adhérer, et contribuer à son rythme.