On vous dit :
« Vous n’aurez jamais vos cinq cents parrainages. En 2022, Asselineau, Taubira ou Koenig n’y sont pas arrivés, avec plus de notoriété et de moyens que vous. Et depuis que les noms des parrains sont publiés, les maires ont peur de signer. »
Voici ce que vous pouvez répondre
C’est l’obstacle le plus sérieux, et il est réel : en 2022, Christiane Taubira, François Asselineau et Gaspard Koenig n’ont pas réuni les 500 signatures. Mais la barrière ne mesure ni la notoriété ni l’argent : la même année, Nathalie Arthaud en a obtenu 576, pour 0,56 % des voix. Ce qui fait la différence, c’est un réseau qui visite les maires un par un, pendant des mois. Et la réserve est immense : en 2022, 8 712 maires ont parrainé un candidat, quand la France compte près de 35 000 communes. La publication des noms ? Le Conseil constitutionnel lui-même invite à relativiser son effet dissuasif. Nous ne demandons pas au maire de nous soutenir : son parrainage permet une candidature, il ne l’endosse pas. Il laisse le pays répondre à une question qu’on ne lui a jamais posée.
Sources : Loi n° 62-1292 du 6 novembre 1962 relative à l’élection du Président… · Conseil constitutionnel · Proposition de loi organique n° 3478 · Martial Foucault. Le détail et les citations sont dans l’onglet « Références utiles ».
Pour aller plus loin
La règle est connue. La loi organique du 6 novembre 1962 exige au moins 500 présentations d’élus habilités (maires, parlementaires, conseillers départementaux et régionaux, présidents d’intercommunalité, etc.), venant d’au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer, sans que plus d’un dixième viennent d’un même département.
Chaque élu ne présente qu’un candidat, et sa présentation est irrévocable. Depuis la loi organique du 25 avril 2016, le Conseil constitutionnel publie, au fil des dépôts, le nom et la qualité de chaque parrain.
Les formulaires ne sont envoyés aux élus qu’après le décret de convocation ; ils doivent parvenir au Conseil au plus tard le sixième vendredi précédant le premier tour, soit le 12 mars 2027 si le premier tour a bien lieu le 18 avril.
Les chiffres de 2022 disent 2 choses à la fois. D’abord, que la barrière est réelle : Christiane Taubira (274 parrainages), François Asselineau (293) ou Gaspard Koenig (107) ont échoué.
Ensuite, qu’elle n’est pas proportionnée au poids électoral : Nathalie Arthaud, qui fera 0,56 % des suffrages exprimés, en a réuni 576 ; Philippe Poutou 596. Ce qui a fait la différence n’est ni l’argent ni les sondages, mais un réseau qui visite les maires, un par un, pendant des mois.
La publication des noms effraie, et il faut le dire honnêtement aux maires.
Mais le Conseil constitutionnel lui-même a relevé, après l’élection de 2022, que 13 672 formulaires avaient été reçus (contre 14 586 en 2017), et que ce bilan conduisait à relativiser l’idée d’une dissuasion massive.
Sur les 13 427 parrainages validés en 2022, 8 712 venaient de maires : c’est dire que l’immense majorité des maires n’a présenté personne.
Notre plan en découle : essaimer, puis converger. Cet automne et cet hiver, chaque militant qui le peut rencontre un maire de sa commune, sans rien promettre ni presser ; fin janvier, quand les formulaires arrivent en mairie, il revient rappeler que c’est au maire lui-même de les poster avant le 12 mars.
À l’approche de l’échéance, les mouvements qui partagent le même ADN mutualisent leurs parrainages. La page « Convaincre un maire » détaille la méthode en 6 gestes et les 6 objections qu’on entend en mairie.
Le verrou n’a pas toujours eu cette taille. En 1962, la loi qui organise l’élection du Président au suffrage universel n’exige que 100 présentations d’élus.
Mais les candidatures se multiplient (6 en 1965, 7 en 1969, 12 en 1974), et la loi organique du 18 juin 1976 relève le seuil à 500, venant d’au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer, sans que plus d’un dixième proviennent d’un même département.
Le filtre peut se défendre dans son principe ; son critère, l’assentiment des élus, se discute.
En 2012, la commission de rénovation et de déontologie de la vie publique présidée par Lionel Jospin proposait d’ouvrir le parrainage aux citoyens : 150 000 signatures d’électeurs, venant d’au moins 50 départements, sans que l’un d’eux en fournisse plus de 5 %.
Reprise dans une proposition de loi organique en 2020, l’idée n’a jamais été adoptée.
Les maires sont les élus en qui les Français ont le plus confiance, et parmi les plus éprouvés. Selon le baromètre du CEVIPOF de janvier 2026, 60 % des Français font confiance au maire de leur commune, contre 34 % à leur député.
Mais une note du même CEVIPOF (juin 2025) a compté 2 189 démissions volontaires de maires entre juillet 2020 et le printemps 2025, un nombre multiplié par quatre par rapport au mandat 2008-2014.
La porte de l’élection présidentielle est donc gardée par des élus que le système épuise.
La Constitution d’urgence leur propose une commune « échelon premier de la Démocratie française », à laquelle nulle intercommunalité ne peut plus être imposée sans référendum local (Constitution d’urgence, Titre VII, article 2).
Les relances probables
« Les maires subissent des pressions : de l’intercommunalité, des partis, des financeurs. »
C’est vrai, et l’Association des maires de France l’a dit elle-même. La réponse est d’abord collective : plus les maires qui parrainent sont nombreux, moins chacun est exposé. Elle est ensuite l’objet même du #PIC : une commune qui ne dépendrait plus d’intercommunalités imposées ni de dotations discrétionnaires n’aurait plus à craindre qui que ce soit (Constitution d’urgence, Titre VII).
« Parrainer un inconnu, c’est se ridiculiser. »
Un parrainage n’est pas un vote : il dit seulement qu’une question mérite d’être posée au pays. Un maire sans étiquette qui parraine une candidature sans programme, dont le seul objet est de rendre la décision au peuple, prend le moins partisan des risques.
« Et si vous ne les avez pas le 12 mars ? »
Alors il n’y aura pas de bulletin #PIC en avril 2027, et nous l’aurons dit à l’avance. Mais chaque maire rencontré, chaque conseil municipal qui aura discuté de la Constitution d’urgence, reste acquis pour la suite. Nous ne jouons pas un coup unique ; nous construisons un réseau.
« Vous promettrez quelque chose en échange. »
Jamais. Toute contrepartie est interdite, et notre méthode l’écrit en toutes lettres : aucune promesse, aucune insistance, aucune menace électorale. Un refus poli est une réponse ; une porte laissée ouverte, un succès.
Les pièges à éviter
- Ne dites jamais que le parrainage est confidentiel : depuis 2016, le nom de chaque parrain est publié par le Conseil constitutionnel.
- Ne dites pas « trois maires sur quatre ne parrainent personne » comme une loi éternelle : c’est le constat de 2022. Datez-le.
- N’annoncez jamais un nombre de promesses de parrainage que le mouvement n’a pas publié et vérifié : un chiffre gonflé serait retourné contre nous en mars.
- Ne citez pas Jacques Cheminade comme un modèle politique : il sert seulement à prouver que la barrière des 500 n’est pas une affaire de score électoral.
- Ne dites pas qu’un militant peut déposer les formulaires : c’est l’élu lui-même qui les envoie au Conseil constitutionnel. La voie électronique prévue par la loi n’est pas garantie pour 2027.
Pour prolonger
Dans l’Abécédaire et le Lexique du Pouvoir :
Dans nos textes :
Dans l’Autodéfense :
Références utiles
Les citations, les ouvrages, les études et les chiffres sur lesquels repose cette réponse, avec leurs sources. Pour vérifier, approfondir, et répondre à qui vous demandera d’où vous tenez vos arguments.
Loi n° 62-1292 du 6 novembre 1962 relative à l’élection du Président de la République au suffrage universel, article 3, I, alinéa 2 (texte reproduit par le Conseil constitutionnel, rubrique « Fondements textuels ») : « Une candidature ne peut être retenue que si, parmi les signataires de la présentation, figurent des élus d’au moins trente départements ou collectivités d’outre-mer, sans que plus d’un dixième d’entre eux puissent être les élus d’un même département ou d’une même collectivité d’outre-mer. ». consulter la source
Même article, I, alinéa 12 (publicité des présentations, issue de la loi organique n° 2016-506 du 25 avril 2016) : « Au fur et à mesure de la réception des présentations, le Conseil constitutionnel rend publics, au moins deux fois par semaine, le nom et la qualité des citoyens qui ont valablement présenté des candidats à l’élection présidentielle. Une fois envoyée, une présentation ne peut être retirée. ». consulter la source
Conseil constitutionnel, site de l’élection présidentielle 2022, « Tous les parrainages validés », dernière publication du 7 mars 2022 (13 427 parrainages validés) et fichier CSV téléchargeable (décompte par candidat et par mandat). consulter la source
Conseil constitutionnel, décision n° 2022-198 PDR du 16 juin 2022, Observations sur l’élection présidentielle des 10 et 24 avril 2022, partie 1 : « Ce bilan chiffré conduit à relativiser diverses affirmations entendues durant la période de recueil des parrainages, selon lesquelles la publicité intégrale des parrainages validés, dont le législateur organique a fait le choix en 2016, dissuaderait massivement les élus habilités à présenter des candidats à le faire ». consulter la source
Conseil constitutionnel, décision n° 2017-169 PDR du 26 avril 2017 (résultats du premier tour) : Jacques Cheminade, 65 586 voix sur 36 054 394 suffrages exprimés, soit 0,18 %. consulter la source
Conseil constitutionnel, décision n° 2022-195 PDR du 13 avril 2022 (résultats du premier tour) : Nathalie Arthaud, 197 094 voix sur 35 132 947 suffrages exprimés, soit 0,56 %. consulter la source
Insee, code officiel géographique au 1er janvier 2026 : 34 875 communes en France métropolitaine et dans les départements et régions d’outre-mer (annonce de l’Insee ; page de référence insee.fr/fr/information/8740222). consulter la source
Conseil constitutionnel, « Historique de la procédure de parrainage », site de l’élection présidentielle 2022 ; loi organique n° 76-528 du 18 juin 1976 : « Cette règle a été observée pendant les trois premières élections présidentielles au suffrage universel direct de 1965, 1969 et 1974, pour lesquelles ont été admis à participer, respectivement, 6, 7 et 12 candidats. » ; « Pour être candidat ou candidate, il faut désormais : avoir rassemblé 500 parrainages à son nom ; qu’ils proviennent d’au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer […] sans que plus du dixième de ces 500 signatures (soit 50) proviennent d’un même département ou territoire ». consulter la source
Proposition de loi organique n° 3478 (Assemblée nationale, XVe législature, 26 octobre 2020), exposé des motifs, citant le rapport de la Commission de rénovation et de déontologie de la vie publique présidée par Lionel Jospin, Pour un renouveau démocratique, 2012 : « les signatures devraient émaner d’un minimum de 50 départements (ou collectivités d’outre-mer), sans qu’un département ou une collectivité ne puisse fournir plus de 5 % des parrainages, soit 7 500 signatures citoyennes au maximum par département ou collectivité » (seuil proposé : 150 000 signatures) ». consulter la source
Martial Foucault, « Les démissions de maires : enquête sur un phénomène sans précédent », note de recherche du CEVIPOF, 19 juin 2025 : « Le nombre de démissions volontaires de maires a été multiplié par 4 entre 2008-2014 et le mandat en cours. Avec près de 2 200 démissions depuis juillet 2020 (date d’installation des conseils municipaux), c’est environ 6 % de maires qui ont quitté leur fonction depuis leur élection. ». consulter la source
CEVIPOF, Baromètre de la confiance politique, vague 17 (terrain du 12 au 28 janvier 2026, OpinionWay), confiance dans les personnalités politiques : « Confiance : « Le ou la maire de votre commune » 60 % ; « Votre député(e) » 34 %. ». consulter la source
Version 1.4 du 5 octobre 2026 : encadré « Entre nous » et réponse courte réécrits (lot 3). Version 1.3 du 2 octobre 2026 : encadré « Entre nous », adressé au militant qui porte la réponse. Version 1.2 du 27 septembre 2026 : la section devient l’Autodéfense, kit de répartie du #PIC. Version 1.1 du 25 septembre 2026 : ajout de relances, de références et de développements tirés des cailloux blancs et des directs, vérifiés. Version 1 du 25 septembre 2026 : première publication.
Le procédé, dans le Lexique du Pouvoir : Le principe de distinction · L’architecture de capture systémique · Le verrou des parrainages
Le mot juste, dans l’Abécédaire : L’involution et la méta-candidature
Pour agir : convaincre un maire · notre stratégie · nos réponses à la presse
Le doute, bienvenu : une erreur, un contre-exemple, une source plus solide ? Dites-le en commentaire. Notre Protocole fait du doute un canal, non une faute.
Voir l’échéance des parrainages, le 12 mars 2027, sur la frise du chemin du #PIC →
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