Les stratégies d’opposition traditionnelles sont des impasses

[glossaire]La pathocratie représentative
« “s’opposer” politiquement avec des “programmes” alternatifs, dans ce système, dans ce jeu de dupes politique, sur l’échiquier qui nous est tendu, c’est se mettre au diapason de ce que Platon appelait déjà “théâtrocratie” : se prêter au jeu du cabotinage médiatique. »

En constatant l’inefficacité des luttes traditionnelles et l’ambition toxique des « histrions » politiques, le concept-clé ici le plus légitime serait celui de la « pathocratie représentative » ; on parle aussi d’ingénierie de la dissipation.

Ce concept explique pourquoi le système ne se contente pas de vous dominer, mais organise lui-même les formes de votre opposition pour s’assurer qu’elles ne mènent nulle part.

Par conséquent, on identifie ici la « Cause des Causes » comme un vol de la souveraineté constituante. La pathocratie représentative est le mécanisme par lequel des personnalités atteintes d’hybris narcissique capturent le désir de changement du peuple pour le dissiper dans une « Théâtrocratie » (spectacle médiatique). En vous incitant à manifester ou à élire le « moins pire », le système active une boucle de capture du glucose mental : vous dépensez votre énergie vitale dans des rituels qui valident la structure même que vous combattez. Les « histrions » ne sont pas des accidents du système, mais ses agents de maintenance, chargés de transformer votre colère en « bruit » électoraliste pour étouffer le « signal constituant ».

Aussi changer de président n’est-il qu’un leurre. La pathocratie représentative confirme que le problème n’est pas le « pilote », mais le « logiciel de pilotage ».

En nommant la Pathocratie, vous ôtez le masque « romantique » du politicien pour révéler sa nature déviante dans ce système : un individu forgé par l’intrigue qui se nourrit de votre abdication volontaire. La rupture proposée par le PIC n’est donc pas une alternance, c’est une exfiltration collective hors de la théâtrocratie pour reprendre le contrôle du « code source » institutionnel : la Constitution.

→ à lire dans le Lexique du Pouvoir

Face à cela, les stratégies d’opposition traditionnelles sont des impasses. Nombre de commentateurs spéculent sur les possibles successeurs au pouvoir actuel, les qualifiant d’opposants, d’alternance souhaitable, etc.

Or, « s’opposer » politiquement avec des « programmes » alternatifs, dans ce système, dans ce jeu de dupes politique, sur l’échiquier qui nous est tendu, c’est se mettre au diapason de ce que Platon appelait déjà « théâtrocratie » : se prêter au jeu du cabotinage médiatique.

Or, quand bien même incarnerait-on l’alternance de manière plus éthique ou sophistiquée : rentrer dans ce jeu « républicain » des tartuffes de la représentativité, participer à cette comédie ostensiblement vertueuse (contribuant à cette petite société du spectacle), s’abaisser à la séduction appuyée des médiacrates, s’humilier pour gagner leurs faveurs, c’est finalement contribuer à perpétuer la mise en scène de notre impuissance collective. Quiconque se présente aux élections est d’ailleurs atteint de l’inavouable complexe de l’élu et trahit la même ambition narcissique, a minima carriériste ou romantique (et menant tout droit à l’hybris ubuesque dont nous avons désormais tant de démonstrations). L’ardente aspiration au précieux trône est caractéristique d’une époque qui ne fabrique plus que des histrions (le politicien est un influenceur comme les autres, il est juste infiniment plus corruptible), tous aussi déviants et toxiques les uns que les autres, parce que rompus aux luttes d’influences intestines dans leurs organes partisans, forgés par l’intrigue, le calcul, les trahisons, le cynisme électoraliste qui sont leur lot quotidien.

La foi dans une personnalité providentielle est touchante mais elle dénote une naïveté, probable fruit de notre imaginaire collectif, et se révèle une manifestation de notre état servile, à tout le moins puéril, dont nous devons nous départir. ÉLIRE le candidat qu’on estime le « moins pire » légitime le système. Attendre passivement un « éveil des consciences » mène à la résignation et permet au système de domination parlementaire de s’enraciner toujours plus profondément.

De même, manifester épuise en vain nos élans et nos aspirations démocratiques. Se mettre en rang de bataille dans la rue n’a plus qu’un impact anecdotique, éphémère, voire complètement nul, sur le processus législatif, qui n’a jamais pour autant cessé d’être pensé pour nous en tenir à l’écart. Sans mentionner le fait que ces manifestations sont infiltrées, manipulées, sabotées, diffamées, ce qui conduit encore plus à nous décourager.

Le seul recours viable à notre portée, pour échapper à notre aliénation, consiste par conséquent à élever la réflexion à une échelle systémique : sans refonte institutionnelle intégrale, au profit d’une démocratie directe authentique, dans laquelle nous serions législateurs, nous ne serons jamais souverains.

Toute autre solution que l’instauration du pouvoir constituant des citoyens eux-mêmes est un miroir aux alouettes : l’orchestration d’un leurre, ou d’une diversion structurelle conçue pour détourner et dévoyer nos aspirations et notre énergie démocratiques.

Version 2 du Manifeste, septembre 2026. Les versions antérieures de ce passage seront accessibles ici dès la première modification.

Vous commentez et notez ce passage ci-dessous. La discussion est regroupée ici pour ne pas alourdir la lecture du Manifeste.

Cliquez ici pour nous faire connaître votre niveau d'approbation
[Total: 0 Évaluation moyenne: 0]

Ce texte ne vaut que par les femmes et les hommes qui le tiennent.

Rejoindre le #PIC

Commentaires sur cette partie

0 commentaire