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Version 2 du Manifeste, septembre 2026

[glossaire]L’architecture de capture systémique

« Nous vivons dans l’illusion de la démocratie. Ce que nous nommons « République » n’est, dans les faits, qu’une oligarchie élective, un système conçu avec une précision redoutable pour organiser notre impuissance. »

Le concept « d’architecture de capture systémique » permet de comprendre que ce que nous percevons comme des « crises » ou des « dysfonctionnements » sont en réalité les fonctionnalités nominales d’un système conçu pour s’auto-préserver en absorbant toute velléité de souveraineté.

Ainsi l’impuissance n’est-elle pas une faille, ni un « bug », mais le produit fini de l’institution. De la « volonté initiale de 1789 » à la « rationalisation du Parlement de 1958 », nous observons le déploiement d’une « architecture de capture ». Ce dispositif transforme le citoyen en « biomasse humaine » pilotable par une ingénierie sociale qui recycle l’énergie démocratique dans des circuits fermés (l’élection, le débat parlementaire stérile).

Le Léviathan cybernétique moderne n’a plus besoin d’être brutal pour être totalitaire ; il lui suffit d’affranchir l’exécutif de tout contrôle pour que le pouvoir s’autonomise et devienne sa propre finalité.

Si l’on parle de « totalitarisme soft » et de « domestication »,  le concept d’architecture de capture systémique explique pourquoi changer de visage au sommet ne change rien à la structure : le logiciel de 1958 a été conçu pour « rationaliser » (comprendre : neutraliser) la souveraineté populaire.

En nommant cette architecture, vous passez du simple constat de l’injustice à la compréhension technique de la prison. Pour le PIC, l’enjeu n’est plus de « mieux élire » à l’intérieur de cette architecture, mais de la rendre obsolète en restaurant le seul pouvoir capable de la briser : le Pouvoir Constituant Citoyen.

→ à lire dans le Lexique du Pouvoir

Nous vivons dans l’illusion de la démocratie. Ce que nous nommons « République » n’est, dans les faits, qu’une oligarchie élective, un système conçu avec une précision redoutable pour organiser notre impuissance.

Ce n’est pas un accident de parcours, ni le fruit d’une incompétence passagère : c’est le résultat d’une volonté constituante initiale non dissimulée (dès 1789), d’une confiscation par les représentants élus d’une souveraineté qui ne leur appartenait pourtant pas, d’une ingénierie sociale qui, génération après génération, a gagné en sophistication : un « totalitarisme soft » qui anesthésie la volonté populaire par la division, la guerre cognitive permanente menée contre le peuple, pour le pousser à la fragmentation par la guerre idéologique de tous contre tous. Ce qui constitue un paradoxal retour partiel à « l’état de nature » (ensauvagement concomitant de la société aidant), ce que le premier contractualiste Thomas Hobbes appelait « la guerre de tous contre tous » et qui justifiait, selon lui, le recours à un sévère contrat social fictif créant un État fort, le Léviathan, sans aucun contre-pouvoir, conçu pour endiguer la violence d’une population alors qualifiée de « populace », jugée naturellement enragée…

Et nous y sommes : notre réalité contemporaine montre précisément, à la fois, un gouvernement par la peur et l’inexistence d’un contrat social digne de ce nom : les humains sont menés par leurs « représentants » selon les techniques développées par les ingénieurs sociaux. D’aucuns vont jusqu’à parler de « domestication », de « déshumanisation », affirmant que nous serions considérés comme une biomasse humaine, du « bétail ». Et peut-être est-ce bien le point de vue cynique de certains élus en dépit du fait qu’il en existe probablement de bien intentionnés. Ce qui est factuel toutefois, c’est que les citoyens, réduits à la portion congrue de leur statut « d’électeurs », souffrent d’un extrême déficit de souveraineté pour se défendre contre les abus des pouvoirs politiques.

La Constitution du 4 octobre 1958, loin d’être une amélioration comme on l’entend souvent dans le récit officiel promu par les dominants du moment, fut un facteur aggravant de notre dépossession démocratique avec la confiscation par « le gouvernement » de nombreux pouvoirs de décision auparavant dévolus au Parlement : ce qu’on a appelé la rationalisation du Parlement en 1958 a, en fait, encore accru les pouvoirs de « l’exécutif ».

Il ne faut pas s’en laisser accroire, il ne faut pas perdre de vue l’essentiel : dans toutes les prétendues « Constitutions » depuis 1789, il n’est laissé aux citoyens rigoureusement AUCUN pouvoir politique de décider de quoi que ce soit. Dans toutes les premières « Républiques » parlementaires, c’est le Parlement, c’est-à-dire une assemblée de représentants élus (aucunement représentatifs de la population) qui fait la loi, qui décide tout, et la population ne peut jamais rien décider. Le soi-disant « progrès » de la Ve République, c’est que, maintenant, c’est le gouvernement qui décide de tout en ayant asservi le Parlement à l’aide de nombreuses règles qui assujettissent le Parlement à l’arbitraire du Président et de ses Ministres.

C’est ainsi que la confiscation des mécanismes de décision, tenant le peuple à l’écart de tout pouvoir, n’a fait que s’amplifier au gré des versions successives de nos « Constitutions » : comme partout sur Terre, faute d’une vraie constitution d’origine citoyenne, les pouvoirs, et notamment le pouvoir exécutif, s’autonomisent, c’est-à-dire s’affranchissent progressivement de tout contrôle, jusqu’à devenir autoritaires et bientôt totalitaires.

Remplacée le 25 septembre 2026 par la version 3 : le constat « rigoureusement aucun pouvoir » depuis 1789 est remplacé par une affirmation vérifiable : le peuple a parfois été consulté, mais n’a jamais eu l’initiative ni la garantie que sa réponse serait respectée.

Ce texte ne vaut que par les femmes et les hommes qui le tiennent.

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